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Band of Brothers : la valeur de la reconstitution historique

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MODÉRATEUR: Vincent Dupont

Band of Brothers : la valeur de la reconstitution historique

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 25 Déc 2005, 11:23

Je commence à revisionner la fameuse série Band of Brothers, en 10 épisodes, qui retrace l'entraînement, la formation et les combats sur le front de l'ouest de la Easy Company, 2nd Battalion, 506th Parachute Infantry Regiment, 101st US Airborne Division.

Je me suis dit qu'il était intéressant de revenir sur la reconstitution historique de cette mini-série. Je vais donc reprendre chaque épisode l'un après l'autre pour le commenter ; je commence par la fin de l'épisode 1 et l'épisode 2, puisque ce sont les combats à proprement parler qui m'intéressent.

Episode 2 -Jour J

La fin de l'épisode 1, Currahee, qui voit l'embarquement des paras dans les C-47 et le décollage de ces derniers, avec dans les dernières images le Lieutenant Winters regardant par la porte latérale toute la flotte des appareils de transport survolant un convoi maritime en route vers la Normandie, dans la nuit du 6 juin, est certainement un des plus beaux moments de la série. On notera au passage le magnifique canon anti-aérien Bofors de 40 mm servi par les Tommies sur la piste d'envol.

La 101st Airborne est en route vers la Normandie, transportée par 443 appareils de type C-47 Dakota (merci à Patrick Elie). Par rapport à ce qui est présenté dans la série, nous savons que le stick du lieutenant Winters a été largué juste à l'est de Sainte-Mère-Eglise, environ une demi-heure avant l'arrivée du 505th P.I.R. de la 82nd Airborne Division. Concernant la DCA, il y avait une batterie de Flak à Sainte-Mère-Eglise avec des canons de 88 mm, il est donc probable que les C-47 ont été sous le feu de ces engins. Mais la plupart des appareils et des paras en l'air ont certainement plus eu à affronter des tirs de fusils et de MG, avec quelques tirs de pièces de 20 mm (tels le Flakvierling que l'on voit faire feu de ses quatre tubes quand Winters s'enfuit avec Hall). En tout cas, il devait certainement y avoir plus de balles traçantes que de grosses explosions de gros calibre dans le ciel comme on peut le voir dans l'épisode 2.

Après le saut, les paras de la 101st tentent tant bien que mal de se regrouper. Ils marchent vers l'est puis le sud pour atteindre leurs objectifs. Mais ce n'est pas en longeant une voie ferrée comme cela est montré (il n'y en a pas dans le secteur en question) ; par ailleurs, à ce moment-là, Winters fait partie d'un groupe où se sont amalgamés près de 160 paras (!). Toujours est-il qu'il y a bien une embuscade contre un détachement d'Osttruppen (des volontaires de l'URSS ou ex-soldats de l'Armée Rouge, souvent membres de minorités écrasées par le pouvoir soviétique, servant dans l'armée allemande, nombreuses unités présentes en Normandie dans la zone du débarquement), près de Beuzeville-au-Plain, près de l'endroit d'ailleurs où s'est écrasé l'avion du Lieutenant Meehan.

Autre scène cocasse : quand les paras se réapprovisionnent en munitions et autres sur les corps trouvés par hasard, ils semblent tout surpris par la retombée des obus de marine. Il s'agit de munitions de 8 et 14 pouces (respectivement 203 mm pour le croiseur, et 356 mm pour le cuirassé) tirées par le croiseur USS Quincy et le cuirassé USS Texas. Seulement, on sait par des témoignages de paras que ces obus étaient nettement visibles avant d'atterrir (car très lents) et qu'ils avaient un bruit qu'on entendait de très loin. Par ailleurs, les navires ne pilonnaient pas des objectifs placés à longue distance dans l'intérieur des terres ; en tout cas pas le jour-J, semble-t-il (par contre, pour l'assaut contre Carentan).

L'histoire du Lieutenant Speirs abattant les prisonniers allemands semble en fait largement apocryphe. Les vétérans de la Easy Company ont eu vent de rumeurs à ce sujet mais bien après le 6 juin. Et aucune preuve ni aucun témoignage tangible ne vient appuyer ces faits, même s'il est évident que des scènes de ce genre ont bien pu se produire (dans toutes les armées d'ailleurs).

La scène de l'attaque de la batterie des obusiers de 105mm allemands au manoir de Brécourt est certainement un des grands points forts de la série. A noter par ailleurs une erreur de doublage (mais cette série en est remplie, visiblement le doublage n'a pas été conseillé ou même fait ce qui aurait été la meilleure solution par des spécialistes du langage militaire) : au début les paras croient que c'est une batterie de 88 qu'ils vont détruire ; quand Winters fait son rapport à Strayer, il dit : "Ils étaient de la 105ème et pas de la 88ème.". Erreur grossière, vous avez compris que ce qu'il disait, c'était que les canons n'étaient pas des 88 mais des obusiers de 105.

Image
Le champ près du manoir de Brécourt, lieu de la célèbre attaque de la Easy, aujourd'hui.


A la fin de l'épisode, lorsque Winters regarde l'horizon à Sainte-Marie du Mont, on peut déduire qu'il regarde en fait Culoville, à 4 ou 5 km au sud-ouest, où est établi le QG du colonel Sink. Par contre il n'y a pas de plan d'eau à cet endroit.
Dernière édition par Kelilean le 13 Jan 2006, 18:39, édité 4 fois.


 

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Episode 3 : Carentan

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 25 Déc 2005, 11:28

C'est certainement l'épisode de la série où les combats tiennent la plus grande place : on a d'ailleurs deux scènes assez construites en une cinquantaine de minutes (attaque d'une partie de Carentan et bataille des haies).



Le 506th P.I.R. encercle Carentan sur le côté ouest, par une manoeuvre durant la nuit du 11 au 12 juin. Il passe à l'attaque le 12 au matin en direction de l'est, entrant dans la ville par une petite portion située juste au sud de la ligne de chemin de fer. Il rencontre une jonction en "T" avec la route courant en direction du sud vers Perriers et se disperse à gauche et à droite de la route pour nettoyer les bâtiments des Allemands qui s'y sont installés.



Pendant la scène de combat urbain, on remarque plusieurs détails -plusieurs erreurs. Le schéma de camouflage des casques allemands, ceux des Fallschirmjäger (parachutistes), n'est pas le bon ; sur plusieurs images on remarque que certains fusils M1 Garand (fusil standard de l'US Army durant la Seconde guerre mondiale) sont des modèles postérieurs datant de la guerre de Corée (évidemment il faut avoir le coup d'oeil lol).



A noter aussi le magnifique canon antichar Pak 36 de 37 mm équipé d'une charge creuse (appelée en allemand Steilgranate 41) qui tire un obus sur l'adjudant Lipton (blessé à la cuisse et au visage). Cette munition a été créée en février 1942 et a donné un second souffle à ce canon obsolète ; une version spéciale existait pour les troupes aéroportées. Pourquoi un si faible calibre de canon antichar me direz-vous? eh bien justement car il est facilement transportable par air et rapide à manoeuvrer et à déplacer au sol, qualités essentielles pour des troupes parachutistes. D'ailleurs cela vaut aussi pour les divisions aéroportées alliées : en juin 1944, pour celles des Etats-Unis, les canons antichars standards sont ceux de 57 mm, faible calibre quoique supérieur, mais pas assez puissant pour détruire les derniers modèles de blindés allemands.



Par ailleurs, quand Winters dit à Compton au poste de secours qu'ils vont attaquer à l'est, sur les hauteurs, c'est faux car ce secteur est du ressort du 501st P.I.R., autre régiment de la 101st (avec la fameuse Hill 30). La Easy Company et le 506th vont en fait remprunter le chemin par lequels ils sont venus, au sud-ouest de Carentan, avant de poursuivre vers l'ouest dans une zone près de Douville connue ensuite sous le nom de "Bloody Gulch" (le ravin sanglant). C'est là qu'ils passent la nuit du 12 au 13 juin et qu'ils livrent ensuite un violent combat contre une Kampfgruppe allemande formée d'éléments de la 17. SS-Panzergrenadier Division Götz von Berlichingen et du 6. Fallschirmjäger Regiment.



Après les combats dans Carentan, quand les soldats discutent sur une place du bourg, ils évoquent à nouveau la tuerie soi-disant commise par le Lieutenant Speirs ; quand ils ont des flashbacks sur ces images, surprise un des Allemands prisonniers est un Waffen-SS (on voit clairement les runes sur le col). Or aucun SS n'intervient dans le secteur des troupes aéroportées avant le 12-13 juin justement et la 17. SS Panzergrenadier Division.



Autre erreur un peu plus loin, dans la nuit après l'incident de la baïonette, quand Blithe rencontre Speirs, ils échangent les mots de passe du 6 juin : Flash-Thunder (foudre-tonnerre). Or toutes les forces alliées changent de mot de passe tous les trois jours à partir du lendemain du D-DAY, ceux-ci sont donc obsolètes le 13 juin...



Concernant la bataille du Ravin Sanglant (nous la baptiserons ainsi), elle débute à 6h00 du matin heure française, l'intervention des blindés américains de la 2nd Armored se situant à 14h30.

Image
Photo prise en mai 2004 du Ravin Sanglant.


Les forces allemandes dans l'épisode sont composées de l'infanterie para (6ème régiment, pas de problèmes) et des Waffen-SS de la 17. SS Panzergrenadier Division. En ce qui concerne les blindés qui apparaissent : on voit ce qui semble être un Jagdpanther (totalement farfelu, cette division se serait trouvée bien chanceuse si elle avait disposé de ce genre de matériels ; une seule unité en a été équipée en Normandie, la schwere Panzerjäger-Abteilung 654, mais elle opérait dans le secteur oriental -britannique- de la bataille de Normandie...), un StuG III et ce qui semble être un Marder III. Historiquement, cette unité comporte le SS-Panzer-Abteilung 17 fort de trois compagnies comportant des StuG III, IV et même des Panzer IV. Une source donne 37 StuG pour le 1er juin 1944. Il y a aussi des Jagdpanzer dans le SS-Panzerjäger-Abteilung 17 (selbstfahrl. = autopropulsé ; mais quel(s) type(s) d'automoteurs, des Marder...?). Une autre source donne 42 StuG III, 3 Panzerbefehl (chars de commandement) et 12 Flakpanzer 38 qui auraient accompagnés l'unité à partir du 17 juin. Mais les blindés ne sont engagés qu'en juillet ; les StuG interviennent en effet seulement le 13 juin, il est donc possible que quelques-uns aient pu participer au combat, mais très peu. Par ailleurs, la présence de Sdkfz 251 transports de troupes est mal venue, puisque la 17.SS, division formée en France avec des fonds de tiroir pourrait-on dire, se trouve comme d'autres unités blindées et/ou mécanisées dans une situation de pauvreté matérielle : 2 des 6 compagnies d'infanterie sont devenues cyclomobiles (avec des vélos) par la force des choses!.



Bref, on peut dire qu'il y a bien eu une volonté louable de présenter des matériels allemands fidèlement reconstitués (les blindés sont très bien rendus) ce qui est appréciable lorsqu'on se souvient de films comme la bataille des Ardennes (1965) avec Henry Fonda, Charles Bronson et Robert Shaw, où les fameux Tigres II sont joués par des chars américains des années 50-60... pathétique!. Nous sommes bien entrés dans une période de plus grande fidélité historique, malgrè l'exigence "grand public" de la série. Par contre, on pêche encore largement par l'effet "gros mastodonte" qui amène à montrer des blindés certes superbes mais qui n'ont pas leur place dans les combats évoqués (et je vous assure que c'est très simple de vérifier!).



Le 66th Armored Regiment de la 2nd Armored Division qui intervient dans la mêlée tire durant l'affrontement pas moins de 225 obus de 75 mm et plus de 75 000 balles de cartouche cal. 30. Son arrivée tombe à point nommé puisque les paras étaient à court de munitions. Certains d'entre eux d'ailleurs grimpent d'eux-mêmes sur les blindés pour utiliser les mitrailleuses cal. 50 de tourelle!. D'autres prennent les boîtes de munitions que leur apportent les tankistes. Les vénérables M2 de 12,7 mm sont utilisées pour déloger les snipers des arbres, mais les Allemands s'accrochent, certains quittent leurs emplacements pour attaquer les blindés américains, d'autres restent dans leurs trous en tirant sur les Sherman avec leur MP 40 jusqu'à ce que les tanks leur roulent dessus... la guerre dans toute sa splendeur (!). Les Shermans sont accompagnés par de l'infanterie portée : le 3rd Battalion du 41st Armored Infantry Regiment.



A noter aussi qu'effectivement les compagnies Dog et Fox qui tenaient les flancs de la Easy battent en retraite. L'explication pour la première est certainement qu'elle s'est retrouvée face à une opposition blindée beaucoup plus forte que devant la Easy et les paras sont bien connus pour être dépourvus d'armes lourdes, en particulier d'armes antichars (problème qu'on retrouve ensuite durant Market-Garden). En revanche, la Fox Company perd pied beaucoup plus rapidement ; d'ailleurs, en partie suite aux réclamations de Winters, le commandant de cette unité sera démis de ses fonctions par la suite (bien que ce fut un ancien de camp Toccoa, Géorgie, le lieu de formation du régiment).



A noter par rapport à ce que j'ai dit plus haut que la fin heureuse du combat suite à l'arrivée des Shermans est un peu exagérée : en face on a un Jagdpanther (mal placé comme je l'ai rapporté), qui avec son canon de 88 mm 71 calibres peut ne faire qu'une bouchée de 4 ou 5 Shermans...



A la fin de l'épisode, on mentionne que 65 pertes sont enregistrées à la Easy Company avant son retrait du front et son retour en Angleterre. Mais on compte moins de 5 tués au combat en Normandie, le reste étant mort dans le crash de l'avion du Lieutenant Meehan ; les autres sont les blessés. A noter aussi que le soldat Albert Blithe n'est pas mort juste après la guerre ; il combat en Corée et meurt en service actif seulement en 1968 (!).
Dernière édition par Kelilean le 06 Jan 2006, 20:01, édité 3 fois.


 

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Episode 4 : les remplaçants

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 25 Déc 2005, 12:02

Le quatrième épisode de la série évoque une des défaites cuisantes des forces alliées sur le front occidental : la célèbre opération Market-Garden, qui débute le 17 septembre 1944 et se transforme en un fiasco pour les troupes aéroportées engagées, notamment la 1st British Airborne Division du général Urquhart.

Le plan de l'opération avait été conçu par le maréchal Montgomery, dans le but à la fois de couper court aux difficultés logistiques frappant alors les armées alliées, du fait de l'éloignement de plus en plus important de la base de ravitaillement (la Normandie) et de l'absence de contrôle d'un port viable plus proche (comme Anvers, libéré début septembre mais dont les débouchés étaient minés par les Allemands, sans compter que ces derniers contrôlaient les îles de l'estuaire de l'Escaut), mais aussi de réaliser le "coup de grâce" pour achever la Wehrmacht ; en effet, après trois mois de campagne en France, les Alliés sont saisis d'une bouffée euphorique, étant fermement convaincus que l'armée allemande est aux abois.

Le plan lui-même est en fait très simple : trois divisions et demi aéroportées (82nd et 101st US, 1st British et une brigade polonaise, général Sosabowski) doivent être larguées sur la Hollande occupée, du sud au nord (respectivement dans les environs d'Eindhoven, Nimègue et Arnhem) et sont chargées de capturer tous les ponts, notamment, de leurs secteurs avant d'être rejointes par les forces terrestres perçant le front allemand sur la ligne de départ, c'est à dire grosso modo la frontière belgo-hollandaise. L'assaut au sol (Garden, l'assaut aéroporté étant Market) est mené essentiellement par la Guards Armoured Division, du XXX Corps britannique du général Brian Horrocks.

Le propos n'est pas ici de décrire l'opération Market-Garden (on peut y passer des heures). Simplement il faut retenir que l'opération est très ambitieuse, certainement trop ; trop dans le sens où elle a été planifiée trop vite, sans tenir compte de paramètres essentiels. Et d'abord le renseignement : les Allemands sont loin d'être défaits à cette date, les parachutistes vont l'apprendre à leurs dépens. Dans le secteur d'Arnhem, en effet, des éléments de deux redoutables unités allemandes sont en cours de reconstitution : les 9. et 10. SS Panzerdivisionen Hohenstaufen et Frundsberg. Par ailleurs, d'autres unités adhoc, des Kampfgruppen hétéroclites mais d'une surprenante valeur combative ont été formés notamment par le général Student, à la frontière belgo-hollandaise, mais aussi par la suite dans la région d'Arnhem et d'Osterbeek (sous le nom de division von Tettau, du nom de son chef). Concernant les forces allemandes, on peut aussi parler du nombre important de pièces de Flak installées en Hollande qui causeront bien des soucis aux appareils alliés comme aux parachutistes chargés de prendre les objectifs au sol. Enfin, la proximité de la frontière allemande donne à la Wehrmacht la possibilité d'amener sur place des renforts, et notamment des unités blindées.

Concernant l'épisode de Band of Brothers, on peut commencer par relever une erreur dans la scène où la Easy enfile son matériel avant le saut. "Bull" Randlemann conseille à un de ses apprentis d'enlever son parachute de réserve (les paras américains sautent avec un parachute dorsal, le principal, et un ventral en cas de pépin avec le premier). Or le saut de Market-Garden s'effectue en plein jour à haute altitude, à 400 ou 500 m. A cette altitude, on a largement le temps de se servir de deux parachutes. Cependant, avec l'expérience, il a dû arriver que les paras américains ne sautent qu'avec le ventral et délaisse le dorsal... je vais regarder des photos de l'opération pour voir si on peut dégager des tendances.

On a ensuite l'impression durant le saut qu'il n'y a aucune opposition de la part des Allemands, en particulier de la DCA. Ceci est inexact, en particulier concernant la 101st : il y avait deux routes pour les avions effectuant le largage, une pour les deux autres divisions et une pour la 101st. Or cette dernière est sur la route survolant le plus grand nombre d'emplacement de Flak, malgrè le travail de préparation effectué par les bombardiers, chasseurs et chasseurs-bombardiers alliés. La division subit ainsi les plus lourdes pertes en aéronefs abattus de la journée du 17 septembre, quoique minimes bien sûr. Par exemple, un des C-47 transportant les Pathfinders (éclaireurs) de la 101st est descendu par la Flak.

Le 506th P.I.R. doit initialement attaquer vers le sud le long de la fameuse Hell's Highway (la route de l'enfer, la seule route en dur montant du sud vers le nord, celle employée par les blindés britanniques), dans le but de faire la jonction avec la division blindée des Gardes, alors que son objectif prioritaire est le célèbre pont de Son, situé au nord de sa Drop Zone. Le 506th passe la nuit du 17 au 18 à mi-chemin entre Son et Eindhoven, à Bokt. Quand le 506th approche d'Eindhoven, les compagnies F, H et I sont prises à partie par deux canons de 88 et un tir d'armes légères. Il faut les déloger ; c'est la compagnie F qui parvient à neutraliser les deux pièces avec un tir de grenades à fusil et de mortier de 60 mm. La série montre ainsi de manière un peu simpliste la Easy entrant facilement dans Eindhoven déjà en fête.

Image
Un des deux canons de 88 détruits lors de la prise d'Eindhoven. On remarque les nombreux cercles peints sur le tube, victoires sur des appareils ou des véhicules alliés.


La scène d'épuration vis-à-vis des femmes dans Eindhoven est là encore un effet de style voulu par les réalisateurs de la série, ce genre de scènes est hélas plus courant lors de la libération de la France que dans celle des Pays-Bas. Dans ce dernier pays, les femmes sont tout simplement bannies et complètement déconsidérées, les hommes purement et simplement éxécutés. Ce genre de choix scénaristique pour faire sensation et attirer le grand public tout en tronquant un peu la vérité -du moins en la simplifiant - se retrouve avec le problème du meurtre des prisonniers allemands par le Lieutenant Speirs ou dans la scène que je n'ai pas évoquée d'un para de la Easy éxécutant dans l'épisode 3, lors des combats de rue dans Carentan, un para allemand titubant après être sorti d'un bâtiment détruit par une roquette de bazooka, avec son Colt 45, à bout portant... tout cela est évidemment bien polémique.

La Easy Company avec des éléments de la A Company grimpent ensuite sur des Cromwell de la division des Gardes, en direction du nord-est d'Eindhoven, pour tester les défenses et les troupes allemandes à l'est de la Hell's Highway. Près du village de Nuenen, ils se heurtent à des blindés allemands et sont contraints de battre en retraite.

D'abord, que voyons-nous du côté allemand dans cet engagement? De l'infanterie bien sûr, mais aussi des blindés... et là le bât blesse, encore une fois. Le premier que nous apercevons est un Sdkfz 251 ; mis à part le fait que le véhicule s'expose directement aux coups des tanks alliés (soit ces Allemands sont stupides, soit ils manquent d'expérience, soit c'est mal venu), il ne semble pas qu'il y ait eu des éléments d'une unité mécanisée dans le secteur (bon en étant large des éléments de la Frundsberg). Ensuite, le premier char allemand à apparaître est un Tigre I... étant donné qu'il a dû être reconstitué pour la série (à moins qu'on ne l'ait piqué à ceux qui en avaient fait pour Saving Private Ryan, où il était d'ailleurs tout aussi mal placé), il fallait bien le mettre quelque part... seulement à cette époque, les Tigres I commencent à être remplacés dans les s. Panzer-Abteilungen par leurs grands frères les fameux Tigres II Königstiger, même si les Tigres I se rencontrent jusqu'à la fin de la guerre. En l'occurence, la seule unité à ma connaissance équipée de Tigres -mais de Tigres II- engagée dans cette bataille est la 3. Kompanie du s. Panzer-Abteilung 506, mais elle intervient contre les paras britannniques au nord, subissant d'ailleurs des pertes assez lourdes (au moins 5 engins sur 15) dues sans doutes à l'inexpérience et à une mauvaise utilisation des blindés, mais aussi au tir précis des PIAT des Reds Devils.
Que voyons-nous ensuite ? notre Jagdpanther ressuscité de l'enfer qui revient comme par miracle sur dans ce paisible village hollandais (rappelez-vous il fumait beaucoup avant de se sortir des haies près de Carentan, où d'ailleurs il n'avait rien à craindre des Sherman de la 2nd Armored qu'il aurait aisément pu pulvériser avec son 88 71 calibres). Il y a bien eu une unité équipée de Jagdpanther engagée dans les contre-attaques allemandes, la s. Panzerjäger-Abteilung 559, mais il semble qu'elle ait été plutôt engagée au nord contre les Britanniques ; d'ailleurs, les équipages étant insuffisamment formés et expérimentés, les pertes seront là aussi conséquentes. A noter d'ailleurs que le véhicule de la série est un peu trop petit comparé à un "vrai" Jagdpanther, il fait plutôt penser à un Hetzer. Enfin, nous retrouvons notre bon vieux StuG III là encore revenu des limbes de Carentan (rappellez-vous là encore, une roquette de bazooka dans le ventre!).
En tout état de cause, l'engagement à Nuenen a été amplifié pour les besoins de la série. Les combats de la Easy à Veghel et Uden sont totalement oblitérés. A noter aussi que dans cet épisode, on rejoint ce que je disais concernant l'épisode 3 : le Jagdpanther, évidemment appuyé correctement par de l'infanterie et d'autres blindés, ne fait qu'une bouchée des Shermans et autres Cromwells.

A noter aussi à la fin de l'épisode, au moment de la recherche de "Bull" Randleman, plusieurs véhicules intéressants du côté allemand : un Sdkfz 251/22 avec canon antichar Pak 40 de 75 mm, et ce qui semble être un Marder III mais pas le même que celui de l'épisode III : le canon est en effet placé à l'arrière (production tardive donc) alors que le précédent avait son canon à l'avant (production précoce). C'est peut-être aussi une Wespe (automoteur d'artillerie de 105 mm).
Dernière édition par Kelilean le 06 Jan 2006, 19:58, édité 3 fois.


 

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Lothar  Nouveau message 26 Déc 2005, 12:11

1 correction à apporter à propos de l'attaque sur Carentan:

La 17èm panzergrenadier SS n'a jamais été rapatrié du front de l'est ( tu dois confondre avec les 9 et 10 èm panzer SS).Elle a été formé et entrainé en France (c'est d'ailleurs la seule unité SS à avoir combattu exclusivement sur le front ouest )


 

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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 26 Déc 2005, 13:48

1 correction à apporter à propos de l'attaque sur Carentan:

La 17èm panzergrenadier SS n'a jamais été rapatrié du front de l'est ( tu dois confondre avec les 9 et 10 èm panzer SS).Elle a été formé et entrainé en France (c'est d'ailleurs la seule unité SS à avoir combattu exclusivement sur le front ouest )


En effet tu dois avoir raison, comme j'ai travaillé parallèlement sur les 9. et 10. SS-Panzerdivisionen, je me suis emporté dans mon élan (mdr), à voir tous les Waffen-SS en prendre plein la gueule sur le front de l'est.

Petit rappel :

La divison a été formée en octobre 1943 près de Poitiers. Elle se constitue de beaucoup de cadres venant d'unités de remplacement ou de conscrits, et de Volksdeutsche d'origine roumaine surtout. Son surnom Götz von Berchilingen fait référence à un célèbre chevalier allemand du XVème siècle qui avait perdu au combat sa main droite, et l'avait remplacée par une "prothèse" (lol) : d'où l'emblème de l'unité, un poing en acier.

Image
Le SS-Obersturmbannführer Otto Binge assure la formation de la division ; le SS-Brigadeführer Werner Ostendorff prend le commandement de la 17. SS en janvier 1944. Celle-ci fait alors partie du LXXX. Armee Korps.
Comme je l'avais déjà dit plus haut, un des graves problèmes de la division est son manque criant de véhicules. Récupérant des matériels français, elle réussit à être à peu près motorisée en mars 1944 (malgrè de grosses carences persistantes), mais son régiment blindé ne comporte semble-t-il que des canons d'assaut, en attendant des chars. Le 1er juin, elle stationne à Thouars, en Vendée.

Le 11 juin, premier engagement avec l'ennemi, en l'occurence les paras de la 101st qui se heurtent à son Aufklärungs-Abteilung envoyé en avant. La bataille du Ravin Sanglant voit ensuite la contre-attaque du SS-Panzergrenadier Regiment 37 appuyé par les StuG du Panzer Abteilung (confirmation donc) et les paras du 6. Fallschirmjäger Regiment de l'Oberst von der Heydte. Les paras, assez malmenés, sont finalement victorieux grâce à l'appui du Combat Command A de la 2nd US Armored Division.

Je corrige de suite l'erreur et merci encore!.

Amicalement,

:wink:


 

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Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Drade  Nouveau message 28 Déc 2005, 13:44

Merci Kelilean !! Passionnant ton exposé .
J'avais quant à moi noté d'énormes erreurs en ce qui concerne le doublage en français, également la présence anachronique de SS dans les premiers épisodes, mais je dois avouer que c'était à peu près tout !!
Encore merci pour toutes ces précisions, c'est du grand art !!!
Cordialement.


 

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Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de sgtarno  Nouveau message 28 Déc 2005, 14:14

:o Salut

Impressionnant ton exposé ! Tu l'as visualisé combien de fois ? Je trouve que dans cette serie, que les Allemands n'ont jamais fait la guerre, ils se font avoir comme des chiens ! alors que sa devrait etre les Americians car ils n'ont jamais fait la guerre auparavant ! :wink:


 

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Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 28 Déc 2005, 14:28

Merci Kelilean !! Passionnant ton exposé .
J'avais quant à moi noté d'énormes erreurs en ce qui concerne le doublage en français, également la présence anachronique de SS dans les premiers épisodes, mais je dois avouer que c'était à peu près tout !!
Encore merci pour toutes ces précisions, c'est du grand art !!!
Cordialement.


Merci pour tes compliments. J'ajoute qu'il y a encore sans doute beaucoup à dire, je ne fais que poser la première pierre de l'édifice (lol). On a déjà déblayé quelques trucs avec ça.

Tout autre remarque intéressante du même ordre sur la série est bienvenue, comme celle qu'avait faite Lothar (impardonnable de ma part lol).


 

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Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 28 Déc 2005, 14:30

Salut

Impressionnant ton exposé ! Tu l'as visualisé combien de fois ? Je trouve que dans cette serie, que les Allemands n'ont jamais fait la guerre, ils se font avoir comme des chiens ! alors que sa devrait etre les Americians car ils n'ont jamais fait la guerre auparavant !


Merci encore pour ces compliments. J'ai regardé la série tellement de fois que je ne compte plus :lol: .
Au fait, je précise que la suite des critiques sur les autres épisodes sera sans doute reportée à plus tard car j'ai du boulot qui m'attend... il reste surtout les épisodes 5, 6, 7 et 8 au niveau des combats à commenter.

Amicalement,

:wink:


 

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Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de sgtarno  Nouveau message 28 Déc 2005, 14:42

:o Salut

Ce qui m'a surpris c'est lorsqu'ils ont appris le deces de Roosevelt, il ont fait aucun hommage militaire ! Est-ce vrai ? :wink:


 

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