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Re: Mon meilleur ennemi (Klaus Barbie)

Nouveau messagePosté: 23 Mar 2010, 19:25
de FredSmith
Je réécoute Hôtel Terminus, puis je vais me pencher sur Mon meilleur ennemi.

Au passage, je cherche depuis longtemps The Nazi Hunter : The Beate Klarsfeld story (avec Farrah Fawcett). Ce téléfilm m'avait marqué lorsque j'étais enfant et j'aimerais le revoir, par nostalgie (j'étais trop jeune pour en avoir une vision critique). Quelqu'un saurait si on peut retrouver ce film dans quelque méandre virtuel et légal? Vous pouvez me répondre en PM. Merci!

Frédéric

Re: Mon meilleur ennemi (Klaus Barbie)

Nouveau messagePosté: 29 Mar 2010, 14:30
de FredSmith
Bonjour,

J'ai écouté Mon meilleur ennemi hier, après avoir réécouté Hôtel Terminus la veille.

Ma première et principale critique est à l'effet que Mon meilleur ennemi est un film inutile, lorsqu'on a vu Hôtel Terminus. Le film de Kevin Macdonald est un calque synthétisé du film de Marcel Ophuls, offert vingt ans plus tard.

90% des gens interviewés par Macdonald l'avaient déjà été par Ophuls. Le 10% additionnel consiste en quelque historien se prononçant sur l'affaire a posteriori mais n'amenant que des banalités (ou des théories conspirationnistes...). On a l'impression qu'ils ne font office que de "remplaçants" pour les quelques gens interviewés par Ophuls vingt ans plus tôt mais aujourd'hui décédés. S'en dégage l'impression d'un réalisateur qui nous dit "aha! Regardez, mon film est pertinent car je vous présente des gens qui n'étaient pas dans le film d'Ophuls!".

Bref, le seul intérêt est de voir comment les gens interviewés par Ophuls pour son film de 1988 on vieillit, si tant est que cela nous intéresse. Car le discours est le même, parfois mot à mot. Les images d'archives sont les mêmes, notamment celles où l'on voit René Hardy parler des "cocos"...

Ça frôle le plagiat.

Malgré que le film de Macdonald soit plus récent, il n'apporte strictement rien de neuf. Le film se conclut avec la culpabilité de Barbie, et la réaction de Jacques Vergès au sortir de la cour...comme pour Hôtel Terminus (si l'on fait abstraction de la dernière scène, très touchante, avec Mme Kaddouche). Macdonald n'évoque la mort de Barbie en 1991 que par une petite phrase qui apparait sur l'écran avant le générique. C'est, en somme, le seul élément nouveau d'information de ce film, puisque Ophuls a fait Hôtel Terminus alors que Barbie croupissait toujours en prison.

Pour être juste, je dois dire que Macdonald apporte quelques éléments nouveaux, mais n'ayant que très peu à voir avec Barbie à moins de croire à une grande conspiration mondiale orchestrée par les services secrets américains. Certains éléments circonstanciels sont troublants, mais Macdonald ne dépasse jamais le stade théorique de la conspiration. Les éléments les plus crédibles étaient déjà présentés par Ophuls en 1988.

Pour terminer sur une note positive, je recommande chaudement Hôtel Terminus. :mrgreen: