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Pearl Harbor

Moins connue que les batailles du front Européen, la guerre du Pacifique n'en reste pas moins tout autant meurtrière et décisive dans la fin de la seconde guerre mondiale.
MODERATEUR ; alfa1965

Nouveau message Post Numéro: 51  Nouveau message de Lulubeerlu  Nouveau message 13 Fév 2007, 22:23

Imperator a écrit:J'aimerais tout de meme rappeler que c'est l'Allemagen (...)

Bonsoir,

Je me permets toute fois de rappeler que les DD américains grenadaient allègrement les U-Boats depuis quelques mois...


 

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Nouveau message Post Numéro: 52  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 05 Juil 2007, 11:05

Certains forumeurs qui tirent leurs sources du super objectif réseau Voltaire, et qui s'inscrivent dans le révisionnisme d'un Pauwels, exploitent quelques faits qui peuvent apparaître troublants, notamment l'absence des porte-avions à Pearl Harbor ou la série de négligences américaines qui ont permis à l'armada japonaise de se positionner à distance de Pearl, sans être répérée.
Ayant l'habitude sur d'autres forums, de croiser le fer avec des pauwellistes , il faut disposer d'arguments précis et factuellement inattaquables pour démonter leur argumentation astucieuse !

Voici un article d'André Kaspi sur cette journée. Je me suis permis d'articuler l'article en paragraphes pour le rendre plus lisible. Comme d'habitude, je mets entre-parenthèses, en italiques et je fais précéder d'une *, mes réflexions personnelles. Je me suis permis de rajouter des photos et des liens concernant les divers protagonistes.

Source : Pearl Harbor : une provocation américaine ?, article d'André Kaspi dans, L'histoire n°101, juin 1987, p 34 à 44.

1) La confiance américaine.

La base de Pearl Harbor est située dans l'île d'Oahu, au coeur de l'archipel d'Hawaï, en plein océan, à 3 500 kms de Los Angeles, à 5 500 kms du Japon, à 7 000 kms de l'Australie. L'archipel occupe une position stratégique sur la "route des mandats" (Guam, Wake, Midway) que les USA administrent depuis un demi-siècle, sur la route des Philippines.
Une sentinelle avancée de l'Empire américain dans le Pacifique. La base abrite les bâtiments de la flotte du Pacifique :
- 6 à 8 cuirassés.
- 2 ou 3 porte-avions.
- des croiseurs, des destroyers, des sous-marins.
Contre les mauvaises surprises, la flotte est protégée par 25 000 hommes. Le général Short,

Image

, commandant des forces terrestres, exprimait sa satisfaction, le 7 avril 1941 :
"Ici à Hawaï, nous vivons tous dans une citadelle ou dans une île terriblement fortifiée."
D'ailleurs les experts sont formels. Si une force ennemie, japonaise sans doute, voulait s'emparer d'Oahu, elle se heurterait à une invincible résistance. (*L'invulnérabilité de Pearl était devenue un axiome, comme le credo militaire français des Ardennes infranchissables par une force mécanique ...)

2) L'attaque japonaise : une surprise totale.

Le dimanche 7 décembre 1941, un peu avant 8 heures, heure locale, l'attaque japonaise est une surprise totale.
Le contre-amiral Furlong en tête sur la photo ci-dessous, à Hawaï,

Image

à bord du mouilleur de mines Oglala,

Image,

qui attendait son petit-déjeuner lorsqu'une bombe explosa à quelques mètres de son bâtiment, s'exprima :
"Quel est ce pilote stupide qui a mal fixé son dispositif de bombardement ? ".

Même réaction de la part de Short qui pense que la Marine ne l'a pas informé de ces manoeuvres.
L'amiral Kimmel, qui commandait la flotte du Pacifique fut stupéfait par l'attaque, "complètement abasourdi, son visage aussi blanc que son uniforme !" selon une voisine.

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A 8 h 12, il télégraphie à toutes les unités de la flotte du Pacifique et à l'amiral Stark, chef des opérations navales :
" Les hostilités avec le Japon viennent de commencer par un raid aérien sur Pearl Harbor."

Les japonais disposent de moyens considérables. Entourés de 2 cuirassés, 2 croiseurs lourds, 11 croiseurs légers, 11 destroyers, 3 sous-marins, et les 6 porte-avions de l'amiral Nagumo,

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sont parvenus à moins de 400 kms de la pointe nord d'Oahu. C'est de là que vers 6 heures du matin, s'envole la première vague : 49 bombardiers chargés du bombardement horizontal, 40 avions lance-torpilles, 51 bombardiers en piqué, 43 chasseurs, soit 183 appareils. Une heure plus tard, envol de la deuxième vague : 168 appareils.
Short et Kimmel ont été totalement surpris par l'attaque nippone !
Le bilan est lourd. 2 403 morts, 1 178 blessés. La flotte a perdu 8 cuirassés, 3 croiseurs légers, 3 destroyers, 4 navires auxiliaires. Mais sur ces 18 bâtiments, 80% seront remis en état; la plupart d'entre-eux dataient de la 1ere guerre mondiale, alors que la flotte commençait à se doter de bâtiments ultra-modernes, comme les porte-avions.

3) Les négligences américaines.

De décembre 1941, à juillet 1946, 7 commissions administratives et une commission parlementaire ont mené des enquêtes approfondies. Au banc des accusés, le général Short et l'amiral Kimmel, l'un et l'autre démis de leurs fonctions et contraints de prendre leur retraite anticipée. Ils auraient commis "des erreurs de jugement", voire "des négligences dans l'accomplissement de leur devoir."
Short n'a pas prévu que les japonais pourraient entreprendre un raid aérien. Un radar existait à la pointe nord d'Oahu. Les opérateurs y ont relevé, le 7 décembre à 7 heures, la présence d'avions sur leur écran de contrôle, mais ils ont cru qu'il s'agissait d'appareils américains en provenance de Californie et leurs supérieurs n'ont pas su traiter correctement l'information.
Au fond, Short ne croyait pas à l'utilité du radar, qui n'était pour lui qu'un instrument d'instruction, pas un moyen de défense.
L'amiral Bloch,

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chargé de la défense navale de la base, s'entend mal avec Short et ne le met guère au courant de ce qu'il fait. En revanche, il tient à ce que la flotte soit amarrée dans la base chaque week-end.
Quant à Kimmel, le commandant en chef, il n'a pas ordonné de reconnaissances aériennes, pas transmis à Short tous les renseignements dont il disposait, pas compris ce que signifiait le silence soudain, le silence prolongé des porte-avions japonais dont il aurait dû essayer de préciser la localisation (*Toujours ce complexe de supériorité ...).
A sa décharge, on dira que le général MacArthur, dûment averti du raid de Pearl Harbor, n'a pas fait mieux que son homologue d'Oahu et passe pourtant pour un héros !

4) Kimmel un bouc-émissaire ?

Le "sacrifié" d'Oahu a cru cela, et l'a dit, jusqu'à la fin de sa vie, en 1968. C'est lui qui a popularisé la thèse révisionniste et rappelé inlassablement que les vrais responsables du désastre étaient à Washington.
Que d'occasions perdues, en effet, de mettre à jour, puis de contrecarrer les plans de la Marine japonaise ! Depuis l'été 1940, le service des transmissions de l'Armée a brisé le plus secret des codes diplomatiques japonais. Le système Pourpre est déchiffré par une machine spéciale qui, aux USA, existe en 8 exemplaires. Les télégrammes japonais qui ont été déchiffrés, les Magics, ne révèlent pas tout, puisque la Marine japonaise dispose de codes spéciaux, très souvent renouvelés, que les américains n'ont pas pu déchiffrer.
Mais quand même ...Le 24 septembre 1941, Tokyo demande à son consulat de diviser la base de Pearl Harbor en 5 secteurs et d'adresser des rapports sur chaque secteur. L'armée s'inquiète mais la Marine fait prévaloir l'opinion que les japonais, insatiables espions, ont décidé de réduire les coûts et le trafic radio.. Bien sûr, ni Kimmel ni Short ne sont prévenus ! Le 27 novembre, les deux officiers généraux reçoivent de Washington un télégramme faisant état d'une "menace de guerre". Washington s'attend au pire, mais ne dit pas que les négociations ont été rompues.
Short conclut qu'il suffit de déclarer l'alerte n°1, celle qui met en garde contre les saboteurs. Le télégramme, estime-t-il, revêt une signification spéciale pour les Philippines et non pour Hawaï.
Kimmel est plus inquiet, mais une menace de guerre n'est pas la guerre.
Enfin, le 7 décembre, le général Marshall, chef d'état-major de l'Armée, se convainc, à la lecture d'un Magic, que les japonais vont attaquer le jour même une base américaine. Il est 11h 58 à Washington, soit 6 h28 à Perl Harbor. Marshall ne téléphone pas, il télégraphie à Panama, San Diego, Hawaï et, en priorité, aux Philippines. (*Toujours cette idée de l'invulnérabilité de Pearl) Le télégramme parviendra à Pearl Harbor 8 heures et demi plus tard, alors que le raid est terminé depuis longtemps.
Ces inconséquences sont troublantes, mais elles sont explicables. Les services de renseignement travaillent en ordre dispersé. Leurs responsables sont parfois incompétents, parfois nonchalants, toujours soucieux de leur indépendance. La coordination n'existe pas et n'existera qu'avec la création de la CIA en 1947.
Roberta Wohlstetter (dans Peral Harbor: Warning and Decision, Stanford University Press, 1962) expliqua que tous les signaux sont parvenus au milieu des rumeurs et des bruits.
La véritable explication est ailleurs. Les responsables de la défense des USA n'imaginaient pas que les japonais attaqueraient la base de Pearl Harbor.
Joseph Grew, l'ambassadeur américain à Tokyo,

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avait fait part, dès le 27 janvier 1941, d'"un projet fantastique" sur la base de Pearl Harbor. Le 3 novembre, il observait que "la santé mentale des japonais ne peut être mesurée avec nos critères logiques, qu'ils peuvent soudainement se plonger "dans un conflit suicidaire avec les USA."
Le danger japonais n'est pas sous-estimé, mais les américains ont un complexe de supériorité par rapport aux "petits hommes jaunes".
Sans doute conviendrait-il de mettre également en cause Henry Stimson, le secrétaire à la Guerre,

Image,

et Frank Knox, le secrétaire à la Marine.

Image

Mais, après la guerre, l'interprétation révisionniste comme quoi le président Roosevelt, en personne, aurait pu être coupable de duplicité, de complicité voire d'une machination machiavélique pour imposer la guerre à un peuple en majorité pacifiste, va faire son chemin. Elle est soutenue par les partisans de l'isolationnisme.

5) Pearl Harbor : une machination pilotée par Roosevelt?

Des historiens comme Charles C.Tansill (Back Door to War : The Roosevelt foreign policy, 1933-1941, Henry Regnery Company, 1962) et Charles A.Beard ([i]President Roosevelt and the Coming of the War, 1941, Yale University Press, 1948) ont critiqué vigoureusement la politique étrangère de Roosevelt, et l'ont accusé d'avoir entraîné les USA dans la guerre, mais ne croient pas qu'il ait fait exprès d'avoir provoqué les japonais à Pearl Harbor.
Ce n'est pas le cas du contre-amiral Theobald, un proche de Kimmel qui ne mâche pas ses mots :
"Notre conclusion principale est que le président Roosevelt contraignit le Japon à faire la guerre en exerçant en permanence sur lui une pression diplomatique et économique, qui l'incita à ouvrir les hostilités par une attaque-surprise en maintenant la flotte du Pacifique dans les eaux hawaïennes comme appât.".(Le secret de Pearl Harbor, Paris, Payot, 1955 ).
Tout récemment, John Toland soutient que "la comédie des erreurs du 6 et du 7 décembre 1941 semble incroyable. Elle n'a de sens que si elle correspond aux prémisses d'une charade, si Roosevelt et son entourage le plus proche ont su qu'il y aurait une attaque."

A vrai dire, le scénario du complot machiavélique manque de solidité. Si Roosevelt avait dissimulé ce qu'il savait des intentions japonaises, il aurait dû bénéficier de la complicité de Stimson, de Knox, de Marshall, de Stark, de leurs subordonnés et de ceux qui ont eu les télégrammes entre les mains. Le complot serait vite devenu un secret de polichinelle! Et personne n'aurait jamais rien dit ? Ni aux commissions d'enquêtes ni, plus tard, aux historiens ?

Il est vrai que, le 27 novembre, dans une conversation avec Stimson, Roosevelt mentionne la probabilité d'une attaque japonaise. Rien d'étonnant, car cette probabilité est à cette date évoquée par tous. Mais le président ajoute, selon son ministre de la Guerre, qu'il faut manoeuvrer les japonais jusqu'à ce qu'ils tirent les premiers. Voici la preuve d'une préméditation, exultent les révisionnistes (*En effet c'est le coeur de l'argumentaire des révisionnistes !).
En fait l'interprétation du mot qu'emploie Roosevelt est très simple. Pour lui, les démocraties, les USA en particulier, doivent demeurer de farouches défenseurs de la paix. Pas question de déclencher une guerre préventive. Aux yeux de l'opinion américaine, encore marquée par l'isolationnisme, il faut tout faire pour éviter la guerre. Roosevelt, c'est à la fois une calomnie et une absurdité !
Force est de constater que le président des USA a réagi prudemment aux agressions nipponnes. Après le pacte tripartite, en septembre 1940 et l'occupation du Tonkin, les USA se contentent de mettre l'embargo sur les exportations de fer et de ferrailles à destination du Japon.
Le 28 juillet 1941, les japonais occupent le sud de l'Indochine. Les USA gèlent les avoirs japonais et annulent les licences d'exportation de pétrole.Le Japon ne dispose plus que de sa propre production, de quoi approvisionner sa flotte pendant un mois seulement. Dans deux ans, les réserves seront épuisées, d'autant que les Indes néerlandaises cessent de lui vendre du pétrole.
Le 17 octobre 1941, le clan belliciste prend le pouvoir avec la nomination du général Tojo au poste de Premier Ministre. Le 6 décembre, le président des USA télégraphie à l'empereur Hiro Hito pour le prier de renouer les négociations. La réponse du 7, déchiffrée par les services américains avant même que l'ambassadeur japonais ne la décode, ne laisse aucun doute. Ce sera la guerre.

Conclusion : je suis assez d'accord avec Kaspi. Il me semble que comme les français en 39-40 avec le "mur ardennais", la base de Pearl était vue comme invulnérable par les militaires (sauf par Patton, il me semble !), les négligences ont fait le reste !
Il est évident que les américains s'attendaient à une attaque japonaise, ils n'étaient pas idiots, mais ils ne savaient pas où cette attaque allait verser le "premier sang" !
Quant à ce fameux appel du 27 novembre 1941, de Roosevelt à Stimson, où le président insiste sur le fait qu'il faut laisser les japonais tirer les premiers, quoi de plus normal, lorsqu'on connaît la puissance du mouvement isolationniste américain, à cette époque !
Roosevelt aurait été machiavélique à ce point ? Personnellement, au vu de sa naïveté face à Staline, je suis assez circonspect. Je le vois plutôt comme un idéaliste pacifiste, plongé dans un monde qui devient fou !


 

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Nouveau message Post Numéro: 53  Nouveau message de Igor  Nouveau message 05 Juil 2007, 20:10

Un des arguments des révisionnistes, c'est le fait que les 3 porte-avions étaient absents de la base au moment de l'attaque.
Sous-entendu: Roosevelt voulait protéger le fleuron de l'US Navy.

Or des porte-avions seuls n'ont aucune valeur en mer. Ils ont besoin d'une escorte comportant des croiseurs, destroyers, sous-marins, dragueurs ...
Ce sont les fameuses task-forces, qui ont assuré la suprématie de l'US Navy sur la Marine japonaise.

Roosevelt aurait donc fait en sorte d'épargner les PA mais non les navires les accompagnant ? Pas très logique tout ça.
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 54  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 05 Juil 2007, 20:17

Igor a écrit:Un des arguments des révisionnistes, c'est le fait que les 3 porte-avions étaient absents de la base au moment de l'attaque.
Sous-entendu: Roosevelt voulait protéger le fleuron de l'US Navy.

Or des porte-avions seuls n'ont aucune valeur en mer. Ils ont besoin d'une escorte comportant des croiseurs, destroyers, sous-marins, dragueurs ...
Ce sont les fameuses task-forces, qui ont assuré la suprématie de l'US Navy sur la Marine japonaise.

Roosevelt aurait donc fait en sorte d'épargner les PA mais non les navires les accompagnant ? Pas très logique tout ça.


De plus, à l'époque, la suprématie du porte-avions n'était pas encore totalement prouvée ! Alors pourquoi sauver les porte-avions et laisser les cuirassés ?
Mais je crois que l'argument le plus pertinent de Kaspi est que pour mener cette politique machiavélique, Roosevelt aurait du impliquer beaucoup de personnes, dans le personnel politique et militaire. Or il est quasiment impossible que personne n'ait parlé par la suite ! Toutes les affaires sortent un jour ou l'autre ...le Watergate, l'Irangate etc ...car on ne peut pas vraiment contrôler l'information !


 

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Nouveau message Post Numéro: 55  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 06 Juil 2007, 06:49

Bonjour,
Il y a un argument tout bete a opposer aux fanatiques des complots qui nous depeignent un Roosevelt machiavelique laissant, en toute connaissance de cause, ses 'boys" se faire massacrer a Pearl Harbor pour pouvoir avoir enfin "sa" guerre.

Suite a P.H., les USA entrent en guerre sur une defaite, pas terrible.

Si Roosevelt avait ete informe du mouvement de l'armada japonaise, un petit telegramme secret a ses amiraux aurait mis l'ile en branle bas de combat pendant la nuit precedent l'attaque : Navires en chauffe, toutes ecoutilles fermees, equipages a leur postes, DCA en alerte, avions moteurs tournant sur les aerodromes, etc...

La duplicite japonaise aurait ete demontree, la guerre aurait ete declaree, mais le resultat de l'attaque aurait ete bien different ! Une veritable bataille aurait eu lieu, pas une seance de tir au pigeon, les aggresseurs auraient subit de graves pertes et la guerre aurait commence pour les USA sur un grand, euh, comment on dit "cocorico" aux USA ?
Enfin, vous m'avez compris.


 

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Nouveau message Post Numéro: 56  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 06 Juil 2007, 07:11

Daniel Laurent a écrit:Bonjour,
Il y a un argument tout bete a opposer aux fanatiques des complots qui nous depeignent un Roosevelt machiavelique laissant, en toute connaissance de cause, ses 'boys" se faire massacrer a Pearl Harbor pour pouvoir avoir enfin "sa" guerre.

Suite a P.H., les USA entrent en guerre sur une defaite, pas terrible.

Si Roosevelt avait ete informe du mouvement de l'armada japonaise, un petit telegramme secret a ses amiraux aurait mis l'ile en branle bas de combat pendant la nuit precedent l'attaque : Navires en chauffe, toutes ecoutilles fermees, equipages a leur postes, DCA en alerte, avions moteurs tournant sur les aerodromes, etc...

La duplicite japonaise aurait ete demontree, la guerre aurait ete declaree, mais le resultat de l'attaque aurait ete bien different ! Une veritable bataille aurait eu lieu, pas une seance de tir au pigeon, les aggresseurs auraient subit de graves pertes et la guerre aurait commence pour les USA sur un grand, euh, comment on dit "cocorico" aux USA ?
Enfin, vous m'avez compris.


Oui, d'ailleurs l'alerte a été donnée, mais trop tard ! Personne ne pensait que les Japonais pouvaient attaquer Pearl, bien trop éloignée du Japon !
D'ailleurs un Mac Arthur, pourtant averti de l'attaque de Pearl, a été surpris par l'attaque nippone sur les Philippines ! Ce qui souligne, d'après moi, un complexe de supériorité des américains sur les japonais !


 

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Nouveau message Post Numéro: 57  Nouveau message de romualdtaillon  Nouveau message 06 Juil 2007, 14:11

Daniel Laurent a écrit:Bonjour,
Il y a un argument tout bete a opposer aux fanatiques des complots qui nous depeignent un Roosevelt machiavelique laissant, en toute connaissance de cause, ses 'boys" se faire massacrer a Pearl Harbor pour pouvoir avoir enfin "sa" guerre.

Suite a P.H., les USA entrent en guerre sur une defaite, pas terrible.

Si Roosevelt avait ete informe du mouvement de l'armada japonaise, un petit telegramme secret a ses amiraux aurait mis l'ile en branle bas de combat pendant la nuit precedent l'attaque : Navires en chauffe, toutes ecoutilles fermees, equipages a leur postes, DCA en alerte, avions moteurs tournant sur les aerodromes, etc...


Excellent argument; il a d'ailleurs fallu attendre 6 mois avant que les États-unis ne réussissent à ralentir l'avance nipponne....

tietie007 a écrit:Oui, d'ailleurs l'alerte a été donnée, mais trop tard ! Personne ne pensait que les Japonais pouvaient attaquer Pearl, bien trop éloignée du Japon !
D'ailleurs un Mac Arthur, pourtant averti de l'attaque de Pearl, a été surpris par l'attaque nippone sur les Philippines !


Non seulement il a été surpris mais il avait refusé auparavant la requête du commandant de l'aviation en Extrême-orient, Lewis Brereton, qui souhaitait le bombardement des bases shôwa à Tai wan et ce refus a mené à la destruction au sol de la moitié des avions de la base aérienne Clark!!


 

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Nouveau message Post Numéro: 58  Nouveau message de Focus  Nouveau message 06 Juil 2007, 20:10

J'ai lu avec attention les réponses données à ma question basique (merci de la réponse) et j'en déduis que le point commun (des spécificirtés existent aussi) entre Pearl Harbor et, par ex la contr'offensive des Ardennes ... jusqu'aux deux tours et le bourbier iraquien, est le grand complexe de supériorite et d'invincibilite des américains.

De ce fait ce sont d'abord les "petits" qui trinquent. :(

Quel gachi tout de même.


Bonne journée / soirée à tous.

:)


 

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Nouveau message Post Numéro: 59  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 22 Juil 2007, 23:45

romualdtaillon a écrit:Non seulement il a été surpris mais il avait refusé auparavant la requête du commandant de l'aviation en Extrême-orient, Lewis Brereton, qui souhaitait le bombardement des bases shôwa à Tai wan et ce refus a mené à la destruction au sol de la moitié des avions de la base aérienne Clark!!


L'attitude de MacArthur est effectivement plus que surprenante. Il avait la possibilité de prévenir toute attaque surprise, les appareils japonais étant cloués au sol pour cause de mauvais temps, mais n'en fait rien.

Selon l'historien John Costello, le général américain aurait sciemment interdit toute action hostile suite à des pressions de son ami le Président philippin Quezon, lequel l'aurait convaincu de défendre à tout prix la neutralité des Philippines. En récompense de cette inaction - pour ainsi dire criminelle, en tous les cas catastrophique -, MacArthur touchera effectivement 500.000 dollars (soit 5 millions de dollars en valeur fixée à 1994) prélevés sur le Trésor philippin le 3 janvier 1942 - voir John Costello, Days of Infamy, Pocket Book, 1994, p. 260-277.

Mais MacArthur avait accès au service de déchiffrement du code diplomatique japonais, Magic, lequel avait fourni des renseignements révélant que les Japonais s'intéressaient de très près au potentiel militaire américano-philippin, et notamment à l'aviation de la base de Clark Field. L'historien William Bartsch, dans un remarquable ouvrage détaillant heure par heure le déroulement de ce désastre (December 8, 1941. MacArthur's Pearl Harbor, Texas A&M University Press, 2003), fait le point des responsabilités de chaque protagoniste, de Roosevelt aux officiers de la base eux-mêmes. Bartsch semble admettre que MacArthur s'est abstenu d'agir parce qu'il ne croyait guère en l'efficacité de l'aviation de bombardement stratégique, dont le concept lui avait été imposé par Washington en 1941 suite à l'entrée en service du modèle B-17. L'explication, toutefois, est un peu courte, car ne suffisant à éclaircir le refus catégorique de "Mac'" de bombarder Formose. En ce sens, l'espoir ultime de voir les Japonais éviter de frapper Manille a peut-être joué son rôle, moyennant finances.

Le fait est que MacArthur a fait son possible, avant même la fin du conflit, pour réduire à néant ses responsabilités et charger pleinement ses subordonnés, et notamment Brereton - ce qui ne manquait pas de sel lorsqu'on sait que c'était ce même Brereton qui avait milité pour un mobiliser l'aviation américaine contre Formose !
« Choisir la victime, préparer soigneusement le coup, assouvir une vengeance implacable, puis aller dormir… Il n'y a rien de plus doux au monde » (Staline).

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Nouveau message Post Numéro: 60  Nouveau message de romualdtaillon  Nouveau message 23 Juil 2007, 14:53

Nicolas Bernard a écrit:
romualdtaillon a écrit:Non seulement il a été surpris mais il avait refusé auparavant la requête du commandant de l'aviation en Extrême-orient, Lewis Brereton, qui souhaitait le bombardement des bases shôwa à Tai wan et ce refus a mené à la destruction au sol de la moitié des avions de la base aérienne Clark!!


L'attitude de MacArthur est effectivement plus que surprenante. Il avait la possibilité de prévenir toute attaque surprise, les appareils japonais étant cloués au sol pour cause de mauvais temps, mais n'en fait rien.

Selon l'historien John Costello, le général américain aurait sciemment interdit toute action hostile suite à des pressions de son ami le Président philippin Quezon, lequel l'aurait convaincu de défendre à tout prix la neutralité des Philippines. En récompense de cette inaction - pour ainsi dire criminelle, en tous les cas catastrophique -, MacArthur touchera effectivement 500.000 dollars (soit 5 millions de dollars en valeur fixée à 1994) prélevés sur le Trésor philippin le 3 janvier 1942 - voir John Costello, Days of Infamy, Pocket Book, 1994, p. 260-277.

Le fait est que MacArthur a fait son possible, avant même la fin du conflit, pour réduire à néant ses responsabilités et charger pleinement ses subordonnés, et notamment Brereton - ce qui ne manquait pas de sel lorsqu'on sait que c'était ce même Brereton qui avait milité pour un mobiliser l'aviation américaine contre Formose !



On oublie effectivement facilement cette prime financière qui permit à MA d'orchestrer sa propagande médiatique tout au long de la guerre.

Concernant la défense des Philippines, il appert que ce bon Douglas a non seulement refusé l'attaque préventive telle que prévue au plan Rainbow 5, mais a également négligé d'assurer la défense de la base.

Ainsi, les rapports indiquent que MA a appris l'attaque de Pearl Harbor le 8 décembre vers 3h00 du matin par l'écoute radio de son quartier gébéral. À 3h40, il aurait reçu un appel du brigadier Gerow de Washington. Or, entre 3h00 et 12h20, il ne prit aucune mesure spécifique pour assurer la défense de la base.

Brereton a tenté sans succès de rejoindre MA à partir de 5h00 alors que le service aérien de la marine shôwa bombardait le William B. Preston dans la baie de Davao près de Mindanao. Ce n'est qu'à 11h00 qu'il a reçu des nouvelles du général mais il était trop tard...

Comme vous le soulignez, l'hypothèse des "pressions" de Quezon a souvent été retenue pour expliquer l'inaction de MA. William Manchester, dans American Cesar, invoque "l'épuisement nerveux"...


 

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