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ENTREVUE AVEC LA FILLE DE SHIRO ISHII

Moins connue que les batailles du front Européen, la guerre du Pacifique n'en reste pas moins tout autant meurtrière et décisive dans la fin de la seconde guerre mondiale.
MODERATEUR ; alfa1965

ENTREVUE AVEC LA FILLE DE SHIRO ISHII

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de romualdtaillon  Nouveau message 05 Fév 2008, 17:59

Grâce à l’aimable complicité de Shiro, (dont je connais maintenant l’identité secrète !!!), j’ai pu enfin mettre la main sur l’entrevue qu’a accordée Harumi Ishii, la fille du célèbre criminel de guerre, à Masanori Tabata, journaliste du Japan Times.

Mlle Ishii, née en 1925, a travaillé comme secrétaire particulière de son père au quartier-général de Pingfang (près de Harbin) en 1945 et après la reddition, au domicile des Ishii à Tokyo, sténographiant une grande partie des entrevues livrées par celui-ci aux enquêteurs américains. L’article publie une photo la montrant assise à une table de banquet entre deux de ces enquêteurs.

Rappelons que cet article a été écrit en août 1982, dans la foulée des révélations de l’existence de l’unité 731 par la publication d’articles de John Powell dans le Bulletin of Concerned Asian Scholars et dans le Bulletin of Atomic Scientists, ainsi que dans l’ouvrage à succès Akuma no Hoshoku (La voracité du Diable ) de Seiichi Morimura.

Voici des extraits de la première partie de cette entrevue :

Un génie

« N’eut été de la guerre et de son orientation professionnelle, son génie aurait pu s’épanouir dans un autre champ que la science médicale, possiblement la politique. Mon père aurait pu être un homme d’état tout à fait unique.

Ce qu’il a fait, ou qu’il aurait supposément fait dans le cadre de ses fonctions comme officier médical et soldat de l’Armée impériale, doit être dénoncé selon tous les principes moraux; mais nous ne devons pas oublier que ça s’est produit dans des circonstances extrêmement anormales. C’était la guerre.

Je crois que ces recrues enrôlées dans les écoles supérieures par les unités ont aussi été victimes. Ils étaient naïfs. Ce n’était certainement pas de leur propre chef qu’ils ont commis des choses si horribles à d’autres humains. Ils n’avaient pas d’autre choix que d’obéir aux ordres. »


L’évacuation

« Comme ma mère avait été élevée de manière traditionnelle, elle était très réservée et c’est moi qui étais appelée à jouer le rôle d’hôtesse à notre manoir de Harbin. Notre résidence appartenait initialement à un noble russe à l’époque du Tsar. C’était un manoir superbe, un peu comme dans Autant en emporte le Vent.

Peu avant l’invasion soviétique, mon père faisait la navette aérienne entre Pingfang et le quartier général de l’Armée à Changchun. Il était parti pour 4 jours alors que l’on nous a ordonné d’évacuer en train le 11 août. Nous avons embarqué dans les wagons alors que des experts en explosif détruisaient les bâtiments.

Peu avant, j’avais entendu mon père parler avec ses hommes au sujet d’une « bombe à l’uranium ». Je me souviens que mon père a dit : « Devrions-nous utiliser l’arme maintenant ? » Je n’avais pas la moindre idée de la nature de cette arme mais je réalise maintenant qu’il faisait référence aux armes bactériologiques que son équipe avait développées. Plus tard, j’ai entendu que le plan avait été abandonné car l’Empereur s’y était opposé. (NDR/Rappelons que Hirohito n'a autorisé l'emploi de ces armes qu'à l'encontre des populations orientales http://www.debarquement-normandie.com/phpBB2/viewtopic.php?t=7432)

Comme j’étais la fille du commandant, on m’a ordonné de diriger un groupe d’enfants. Il y avait des milliers de femmes et d’enfants dans ce train. Le train a été dirigé vers Pusan quant nous avons appris que la guerre était terminée. Personne n’employa le terme « défaite ».


La collaboration avec les américains

« Autant que j’en sache, c’est exact qu’un pacte a été conclu. Mais ce sont les américains qui ont approché mon père, pas l’inverse. Ce sur quoi je voudrais insister est ceci : n’est-il pas important que pas un seul homme sous le commandement de mon père n’ait jamais été accusé comme criminel de guerre ? Je suis vraiment désolée pour ceux qui ont eu à vivre en réclusion forcée afin d’échapper à d’éventuelles poursuites mais n’eut été du courage de mon père en concluant ce pacte avec les occupants…vous savez ce que je veux dire.

On m’a dit que la première chose que le général MacArthur a fait en atterrissant à la base navale d’Atsugi c’est de s’enquérir au sujet de mon père. « Où est le Lieutenant-général Ishii? »

Mon père m’a confié après quelques temps qu’il n’avait pas tout livré sur ses recherches. « J’ai livré environ 80% des résultats. L’autre 20%, il est dans ma tête. »

Comme mon père était malade, ma présence était permise à ses côtés pendant les interrogatoires. Ils ont duré des mois, presqu’un an, à compter de juin 1946. Les entrevues étaient menées par un interprète. Comme je pouvais dactylographier, on m’a demandé de taper la conversation et c’est devenu une routine quotidienne. Je servais aussi d’estafette, apportant les transcriptions au quartier général d’Ichigaya.

Les entrevues sont rapidement devenues détendues et je servais aux américains des mets occidentaux ou japonais. L’enquêteur en chef s’appelait Arvo Thompson. Il se disait un émissaire du président Truman. Il a littéralement supplié mon père pour obtenir les données secrètes sur les armes bactériologiques. Il a insisté sur le fait qu’elles ne devaient pas tomber entre les mains des soviétiques. Le Major-général Charles Willoughby a aussi assisté à une réception à notre domicile.

Un jour, les américains m’ont annoncé que des officiers russes voulaient visiter mon père. Ils m’ont averti de ne pas montrer devant eux un seul signe de la complicité dont nous avions fait preuve même si nous reconnaissions quelqu’un. Nous avions chez nous un macaque apprivoisé que nous avions ramené de Chine et il aimait beaucoup certains soldats américains. Alors, il a sauté sur l’épaule de l’un d’eux devant les soviétiques qui s’échangeaient des regards.

Ils avaient délibérément mis les russes à l’écart en dépit de leurs demandes répétées pour interroger mon père. Les russes ne sont venu que deux fois et les américains étaient toujours présents.

Je peux jurer sur l’honneur de mon père qu’il a conclu ce pacte pour sauver la vie de ses hommes. En fait, il a dit aux officiers américains qui l’interrogeaient à son chevet qu’il ne se préoccupait pas de ce qui pouvait lui arriver. Il s’est même offert comme bouc-émissaire, déclarant assumer toute responsabilité pour les actes de l’unité 731. »


Daughter'eye View of Lt. General Ishii, Chief of Devils's Brigade, 29 août 1982


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de hada  Nouveau message 07 Fév 2008, 12:10

merci beaucoup ;)

on peut déja voir la différence entre les propos de la fille de ishii
et celle de tôjô.


 

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Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de romualdtaillon  Nouveau message 07 Fév 2008, 15:30

hada a écrit:merci beaucoup ;)

on peut déja voir la différence entre les propos de la fille de ishii
et celle de tôjô.


Ça me fait plaisir, c'est surtout intéressant car c'est un document rarement cité.

C'est vrai que Harumi Ishii apparait moins négationniste que certains descendants de Tōjō http://www.debarquement-normandie.com/phpBB2/viewtopic.php?t=7333.

Par contre, il faut avouer que les actes commis par Ishii, parmi les plus abominables de toute l'histoire de l'humanité, sont difficilement justifiables en vertu de quelconque principe idéologique alors que ceux de Tōjō sont plus diffus... Les défenseurs de ce dernier, sans entrer dans les détails des abus de la kempeitai, vont faire vibrer la corde du nationalisme comme dans le film Fierté.

Néanmoins, on note que Harumi, qui connaissait bon nombre de membres de l'unité 731, semble beaucoup plus préoccupée par les "tourments" des pauvres vétérans qui ont du vivre dans la réclusion pour échapper aux poursuites que par ceux des victimes des "travaux" et des armes...


 

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de St Ex  Nouveau message 07 Fév 2008, 18:40

Merci Romuald, c'est tjrs intéressant.

St Ex


 

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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de romualdtaillon  Nouveau message 08 Fév 2008, 14:50

St Ex a écrit:Merci Romuald, c'est tjrs intéressant.

St Ex


Merci St Ex, j'ajoute de plus ici un document digne d'intéret que j'ai retrouvé dans mes archives : une photo du clan Ishii prise en 1938, au temps de leur splendeur.

On y voit Harumi, deuxième à gauche sur la première rangée mais également les deux frères du grand salopard, qui, on l'oublie, travaillaient tous deux au sein de l'unité 731 et ont séjourné en septembre 1945 au quartier général du sanctuaire de Kanazawa à Tokyo après l'évacuation des bâtiments de Pingfang.

Image


 

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Re: ENTREVUE AVEC LA FILLE DE SHIRO ISHII

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 09 Fév 2008, 06:27

Bonjour,
Merci Romuald.
romualdtaillon a écrit:"Je crois que ces recrues enrôlées dans les écoles supérieures par les unités ont aussi été victimes. Ils étaient naïfs. Ce n’était certainement pas de leur propre chef qu’ils ont commis des choses si horribles à d’autres humains. Ils n’avaient pas d’autre choix que d’obéir aux ordres. »

Et aller la vieille antienne des pauvres bourreaux obliges d'obeir aux ordres....
« Autant que j’en sache, c’est exact qu’un pacte a été conclu. Mais ce sont les américains qui ont approché mon père, pas l’inverse. Ce sur quoi je voudrais insister est ceci : n’est-il pas important que pas un seul homme sous le commandement de mon père n’ait jamais été accusé comme criminel de guerre ? Je suis vraiment désolée pour ceux qui ont eu à vivre en réclusion forcée afin d’échapper à d’éventuelles poursuites mais n’eut été du courage de mon père en concluant ce pacte avec les occupants…vous savez ce que je veux dire.

Pauvres criminels obliges de se cacher ! J'en ai les larmes au yeux.

Je suppose que les autorites americaines n'ont toujours pas reconnu la realite des "pactes" passes par Mac Arthur ?


 

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Re: ENTREVUE AVEC LA FILLE DE SHIRO ISHII

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de romualdtaillon  Nouveau message 09 Fév 2008, 14:52

Daniel Laurent a écrit:Bonjour,
Merci Romuald.

Et aller la vieille antienne des pauvres bourreaux obliges d'obeir aux ordres....
Pauvres criminels obliges de se cacher ! J'en ai les larmes au yeux.

Je suppose que les autorites americaines n'ont toujours pas reconnu la realite des "pactes" passes par Mac Arthur ?


C'est une excellente question ! À ma connaissance, il n'y a jamais eu reconnaissance de ce pacte en bonne partie en raison du fait que nombre de sources, y compris l'auteur Seiichi Morimura (La voracité du Diable), ont accusé les E-U d'avoir utilisé les armes issues des recherches d'Ishii contre les communistes pendant la guerre de Corée, ce qui a fermement été nié par l'armée américaine.

En 1952, après une plainte officielle à l'ONU du gouvernement coréen, le biochimiste indépendant Joseph Needham, invité par le gouvernement chinois à faire enquête sur des débris de bombe assimilés par les communistes à une bombe biologique identique au modèle Uji-50 élaboré par Ishii, a émis un rapport avec douze collègues du Suède, France, Brésil et URSS, déclarant qu'.il y a avait bien eu usage de ces armes par les E-U.

En plus d'analyses de puces et de rongeurs contaminés, ils ont fondé leur rapport sur les témoignages de prisonniers américains qui aurait confessé de tels bombardements en Corée du nord, ainsi que celui de civils coréens et chinois qui ont fait état de vols à basse altitudes d'avions américains, de largages de puces à Kan Nan, ainsi que d'épidémies d'anthrax....

P.S.
J'ai oublié de mentionner que les fonctions des deux frères d'Ishii étaient très importantes :

Takeo supervisait les systèmes de sécurité des prisonniers humains afin qu'aucun ne puisse s'échapper pendant que Mitsuo supervisait ceux des autres espèces et la reproduction des divers cobayes.


 

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Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Igor  Nouveau message 10 Fév 2008, 22:06

Bonsoir

Concernant l'usage d'armes bactériologiques par les Etats-Unis en Corée, voici ce qu'on peut lire sur wikipedia:

Un débat récurrent : la question des armes biologiques américaines

Dans une note datée du 21 décembre 1951, le secrétaire d'État américain à la Défense, Robert Lovett, demanda aux chefs d'état-major interarmes (Joint Chiefs of Staff) de fournir des directives « pour l'emploi d'armes chimiques et bactériologiques. [27] » ; confrontés au même problème de l'énorme supériorité numérique chinoise, les Japonais avaient, avant 1945, déjà songé aux mêmes moyens et les Américains avaient soigneusement récupéré les résultats de leurs travaux. Selon la Chine et la Corée du Nord, ces armes auraient été utilisées sur une grande échelle dès le début de l'année 1952 [28].

L'utilisation de l'arme biologique fut mise en cause, à tort, le 22 février 1952 lorsque le ministre des Affaires étrangères nord-coréen, Pak Hon-Yong, accusa officiellement les Américains d’avoir répandu en Corée du Nord des « insectes-vecteurs » diffusant la peste, le choléra et « d’autres maladies ». Deux jours plus tard, Zhou Enlai porta la même accusation et, le 8 mars, il affirma qu’entre le 29 février et le 5 mars des avions américains avaient répandu à soixante-huit reprises des insectes porteurs de germes pathogènes sur la Mandchourie.

Le 12 mars 1952, le secrétaire d’État américain Dean Acheson sollicita officiellement le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de mener une enquête dans les régions signalées par les Nord-Coréens et les Chinois. Le CICR présenta sa requête le même jour à la Corée du Nord et à la Chine, puis de nouveau le 28 mars, le 31 mars et le 10 avril. Ses démarches ne reçurent jamais de réponse de la part des autorités chinoises et nord-coréennes. [29]

Les États-Unis soumirent alors au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution en vertu de laquelle le CICR serait invité à mener des investigations en Chine et en Corée du Nord. Malgré dix voix sur onze en faveur de la motion américaine, le projet de résolution ne put être adopté, l'URSS y mettant son veto. Après une nouvelle initiative américaine à l’ONU, en avril 1953, elle se déclara prête à retirer ses accusations, à condition que les États-Unis, de leur côté, renoncent à demander une investigation.

Dès lors, il paraissait clair que les allégations de la Corée du Nord reposaient sur des preuves forgées de toutes pièces. Ce fut effectivement le cas. En effet, des documents soviétiques publiés en 1998 évoquent une mise en scène macabre organisée par les Nord-Coréens et leurs conseillers soviétiques.

Ainsi, le 18 avril 1953, le lieutenant-général V. N. Razuvaev, ambassadeur soviétique en Corée du Nord, informa Beria, membre du Politburo et chef de la Sécurité d'État, le futur KGB, qu’en février/mars 1952, « en collaboration avec des conseillers soviétiques, un plan d’action avait été imaginé par le ministère de la Santé nord-coréen) » et que, par la suite, les mesures suivantes furent prises : mise en quarantaine de régions qu’on prétendait infectées de la peste ; enfouissement de cadavres dans des fosses communes, puis révélation de ces charniers à la presse internationale ; envoi à Pékin de « matériel » en vue de son exhibition, avant l’arrivée prévue des deux commissions internationales [30] autorisées à l'examiner. [31]

Le 2 mai 1953, le Kremlin chargea l’ambassadeur soviétique à Pékin, V. N. Kuznetsov, de transmettre le message suivant à Mao :

« Le gouvernement soviétique et le Comité central du PCUS furent induits en erreur. La diffusion par la presse d’informations concernant l’utilisation par les Américains d’armes bactériologiques en Corée était basée sur des informations fallacieuses. Les accusations contre les Américains étaient fausses. [32] »

Et, à l’intention du chargé d’affaires soviétique en Corée du Nord :

« Nous recommandons que la question d’une guerre bactériologique (…) ne soit plus abordée au sein d’organisations internationales et d’organes de l’ONU. (…) Les ouvriers (sic) soviétiques impliqués dans la fabrication de la soi-disant preuve d’un emploi d’armes bactériologiques seront sévèrement punis. [33] »

La thèse chinoise et nord-coréenne fut reprise en 1988 par deux historiens canadiens, Stephen Endicott et Edward Hagerman, professeurs à l'université de York (Toronto) et auteurs de The United States and Biological Warfare. Secrets from the Early Cold War and Korea (Indiana University Press, Bloomington et Indianapolis, 1988), puis de nouveau dans un article publié dans la collection Manières de voir du Monde Diplomatique (août-septembre 2003). Dans cet article, MM. Endicott et Hagerman disent s'être appuyés sur des archives américaines « dévoilées parcimonieusement » (sic) (cf. plus bas le commentaire du professeur Ed Regis) et sur des documents provenant des archives gouvernementales et militaires de Pékin. [34] Ils citent par ailleurs un extrait d’une lettre du 12 avril 1977 envoyée à M. Endicott par M. John Burton, chef démissionnaire du Département australien des Affaires étrangères en 1952 et membre de la International Scientific Commission ayant examiné le « matériel » bactériologique fourni par les Chinois (cf. plus haut le rapport de Razuvaev à Beria).

« Je suis allé en Chine en 1952, écrit John Burton, pour évaluer les affirmations sur la guerre bactériologique. Sans détailler les preuves, je suis revenu convaincu que les officiels chinois croyaient que celles-ci étaient concluantes. À mon retour, Alan Watt, mon successeur comme chef du département australien des affaires étrangères, m'a informé que, à la lumière de mes déclarations, il avait cherché des réponses à Washington et qu'il avait été informé que les Américains avaient utilisé des armes biologiques en Corée, mais uniquement à titre expérimental. [35] »

Les documents d'archives américains et les témoignages recueillis par les professeurs Endicott et Hagerman font état d'un programme complet d'armes biologiques : « bombes à plumes », porteuses de spores du charbon céréalier, aérosols provoquant l'infection des voies respiratoires, « insectes vecteurs » pouvant diffuser le choléra, la dysenterie, la typhoïde et le botulisme. Ces armes devaient être opérationnelles pour le 1er juillet 1954, «avec des capacités (…) susceptibles d’être mises en œuvre dès le mois de mars 1952 ».

Est-ce que les Américains se sont livrés en Corée à des expériences destinées à tester l’efficacité de ces armes ? se demandent MM. Endicott et Hagerman. La réponse est positive, disent-ils, « selon des documents conservés dans les archives gouvernementales et militaires chinoises » et selon le rapport d’un expert canadien qui concluait que, « malgré quelques anomalies (sic), les indices chinois étaient fiables. » MM. Endicott et Hagerman admettent cependant que « parmi les réfutations les mieux connues » des accusations chinoises et nord-coréennes figure « un rapport rédigé par trois savants canadiens à la demande du gouvernement américain. [36] »

Dans un article paru le 27 juin 1999 dans le New York Times, Ed Regis, professeur à la Rutgers University et auteur de The Biology of Doom: The History of America's Secret Germ Warfare Project (New York: Henry Holt and Company, 1999), souligne que, dans leurs travaux, Endicott et Hagerman reconnaissent implicitement que 20 années de recherches ne leur ont pas permis de découvrir un seul document d’archives américain qui prouverait une utilisation quelconque de l'arme bactériologique en Corée et en Chine. Ils acceptent les documents de circonstance fournis par les Chinois et les Nord-Coréens sans la moindre analyse quant à leur fiabilité, dit le professeur Regis, alors qu'on sait pertinemment que les Chinois et les Nord-Coréens récrivaient l’histoire dans un but propagandiste, et qu’ils avaient les moyens, les motifs et l’occasion de forger des preuves. Par conséquent, conclut-il, l’allégation extrêmement contestable d’Endicott/Hagerman (« their extraordinary dubious claim ») équivaut en fait à une disculpation de l’accusé.

Les historiens ont mis en évidence que la guerre bactériologique américaine n'a jamais existé et qu'elle a été montée de toutes pièces par le journaliste australien Wilfred Burchett, qui était un agent d'influence travaillant pour le compte de l'URSS[37]. Le journaliste français Pierre Daix a démontré dès 1976 dans son ouvrage J'ai cru au matin comment l'Australien avait construit cette affaire.


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Cordialement

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Re: ENTREVUE AVEC LA FILLE DE SHIRO ISHII

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de St Ex  Nouveau message 11 Fév 2008, 16:46

P.S.
J'ai oublié de mentionner que les fonctions des deux frères d'Ishii étaient très importantes :

Takeo supervisait les systèmes de sécurité des prisonniers humains afin qu'aucun ne puisse s'échapper pendant que [b]Mitsuo [/b]supervisait ceux des autres espèces et la reproduction des divers cobayes.[/quote]

Bjr Romuald,

Tu veux dire quoi, là, exactement. La 731 faisait aussi des études sur la reproduction??? Humaine ??? But ??? Pourquoi ???

St Ex


 

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Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de romualdtaillon  Nouveau message 11 Fév 2008, 20:53

Igor a écrit:Bonsoir

Concernant l'usage d'armes bactériologiques par les Etats-Unis en Corée, voici ce qu'on peut lire sur wikipedia:

Dans une note datée du 21 décembre 1951, le secrétaire d'État américain à la Défense, Robert Lovett, demanda aux chefs d'état-major interarmes (Joint Chiefs of Staff) de fournir des directives « pour l'emploi d'armes chimiques et bactériologiques. [27] » ; confrontés au même problème de l'énorme supériorité numérique chinoise, les Japonais avaient, avant 1945, déjà songé aux mêmes moyens et les Américains avaient soigneusement récupéré les résultats de leurs travaux. Selon la Chine et la Corée du Nord, ces armes auraient été utilisées sur une grande échelle dès le début de l'année 1952 [28].

Les historiens ont mis en évidence que la guerre bactériologique américaine n'a jamais existé et qu'elle a été montée de toutes pièces par le journaliste australien Wilfred Burchett, qui était un agent d'influence travaillant pour le compte de l'URSS[37]. Le journaliste français Pierre Daix a démontré dès 1976 dans son ouvrage J'ai cru au matin comment l'Australien avait construit cette affaire.


Merci, je n'avais pas pris connaissance de cet article. Intéressantes informations... malgré le fait qu'elles ne semblent pas tout à fait à jour.

Ainsi, Wikipedia affirme de façon laconique que "les Japonais" avaient "déjà songé" avant 1945 à l'emploi d'armes chimiques et bactériologiques alors que les travaux d'historiens comme Yoshiaki Yoshimi ont démontré qu'il y avait bien eu autorisation régulière de ces armes par Hirohito et le Quartier général impérial. On cite notamment la bataille de Wuhan où les armes chimiques ont été autorisées à 375 reprises et la zone de Changde, où de l'aveu notamment de membres de l'unité 731 condamnés au procès de Khabarovsk, des puces contaminées par la peste ont été relâchés en 1941 et provoqué une épidémie.

Ce dernier cas avait entre autres été analysé par Joseph Needham et publicisé lors d'une conférence de presse à Chongqing. Le rapport de ce même Needham est complètement ignoré par Wikipedia, alors qu'il avait fait pourtant grand bruit même en France dans le journal à sympathie communiste L'Humanité. Quant à la remarque finale péremptoire "les historiens ont mis en évidence que la guerre bactériologique américaine n'a jamais existé", je remarque que la source est un article de 1977 (!!!) de l'auteur français Jean-François Revel, La Nouvelle Censure, duquel on recommande aussi un ouvrage de 2002, L'Obsession Anti-Américaine...

Néanmoins, ces éléments permettent de relancer une question primordiale : peut-on prêter foi à des allégations faites par des régimes totalitaires reconnus pour leur habitude de trafiquer les faits ? Des régimes biaisés comme ceux de la Corée du Nord et de la Chine communiste ont-ils une quelconque crédibilté face à une démocratie comme les États-Unis ?

Je n'ai pas de réponse aussi catégorique que Wikipedia et M. Revel. Toutefois, deux faits demeurent : le gouvernement américain a conclu un pacte avec des criminels pour s'approprier des travaux de recherche sur des armes bactériologiques et des biochimistes de divers pays ont publié un rapport de plusieurs centaines de pages dénonçant l'utilisation d'armes bactériologiques à Kan Nan par l'armée américaine et la protection donnée par cette armée à Shiro Ishii.


 

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