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Wake: siège de résistance des marines

Moins connue que les batailles du front Européen, la guerre du Pacifique n'en reste pas moins tout autant meurtrière et décisive dans la fin de la seconde guerre mondiale.
MODERATEUR ; alfa1965

Wake: siège de résistance des marines

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Utaha_Beach  Nouveau message 24 Fév 2004, 18:59

Intuition

L'amiral Kimmel, le commandant malchanceux de la flotte du Pacifique à Pearl Harbor, avait prédit que les Japonais, dès le début des hostilités, viseraient Wake; les premières troupes américaines y étaient arrivés en août 1941. En novembre, alors que presque toutes les pièces avaient été mises en place, il y vait encore moins de 400 marines pour les servir. Si l'île de Wake n'avait qu'un tier de ses effectifs, elle manquait aussi de beaucoup d'autre choses. En particulier, une grande partie du matériel d'artillerie n'était pas arrivé. Les radars, enfin, destinés à Wake, attendaient toujours sur les quais de Pearl Harbor. Il n'y avait ni mines, ni fil de fer barbelés, ni infrastructure pour l'aviation.

Le 4 décembre, pourtant, les avions de chasse arrivèrent. Douze nouveaux avions Grumman "Wildcat" de l'escadrille de chasse n°211 de la marine (V.M.F. 211), décollèrent du porte-avion Enterprise et se posèrent sur l'île. Cela porta le total des marines rampants et volant à 449. Le major James P.S Devereux, commandait les troupes au sol; le commandant de la 211ème escadrille était le major Paul A. Putnam. le commandant W.S Cunnigham, qui avait relevé Devreux le 28 novembre, avait pris le commandement de l'île.

Wake n'était pas la seule base du Pacifique où les préparatifs de guerre étaient poussés. La veille du jour où Putnam fit poser ses Wildcat sur Wake, le contre-amiral Kajioka, arborant sa marque sur le croiseur Yubari, avait ancré une flotte de croiseurs, de destroyeurs, de transports et de sous-marins au large de Roi-Namur, dans le grand lagon de Kwajalein. Protégé par la flotille aérienne n°24, basée sur le lagon, Kajioka avait pour mission de s'emparer de Wake. Après un bombardement massif par l'aviation, Kajioka devait débarquer de occuper l'île.

Le 8 décembre 1941, à 6H50, une nouvelle parvint d'Hawaii: les Japonais attaquaient Pearl Harbor et Hickham Field. Quelques minutes plus tard, l'alerte avait sonnée pour les marines. Les hommes s'élancèrent avec leurs fusils et leurs casques; les camions, cahotant sur le corail, gagnèrent les emplacement des batteries.

Les premiers "Banzaï"

Vers midi, des rafale de pluies cachaient Wake. Tandis que les Wildcat patrouillaient vers le nord, trente-six bombardiers japonais, volant bas, apparurent au sud. L'officier commandant une batterie anti-aérienne les vit le premier. Il hurla la nouvelle dans le téléphone de campagne et donna l'ordre à ses cannoniers d'ouvir le feu.

Le terrain d'atterissage de Wake subit le plus gros de l'attaque. Sept chasseurs américains furent incendiés et explosèrent. Les incendies dévorèrent rapidement les quelques réserves d'outillage et de pièces de rechange et la radio air-sol fut criblée d'éclats. Sur les 55 hommes et officiers au sol, quand les Japonais frappèrent, l'escadrille 211 eut 23 tués (dont 3 pilotes) et 11 blessés.
Un pilote japonais a déclaré par la suite:
"Dans chaque avion, les pilotes avaient un large sourire. Chacun agitait ses ailes pour dire Banzaï." Ils le pouvaient. Ils avaient détruits les deux tiers des avions de Wake, infligé de lourds dommages à l'île et regagné leur base sains et saufs. Toujours méthodiques, les bombardiers revinrent le lendemain à 11h45 mais, cette fois-ci, les pilotes n'eurent guère l'occasion de sourire. Avant qu'ils eussent pu lâcher leurs bombes, les quatres chasseurs de Putnam encore en état de se battre foncèrent sur eux. un bombardier fut atteint et tomba en vrille; puis les batterie ouvrirent le feu. Un second bombardier explosa; d'autres laissaient derrière eux des traînées de fumée. Harcelés par la DCA américaine, les Japonais bombardèrent encore Wake, semant partout la ruine et le feu, mais seul 14 bombardiers retournèrent à la base non sans mal.

Malgré les pertes infligés au Japonais par les chasseurs et la DCA, et les trois autres bombardiers détruits le jour suivant, l'miral Kajioka s'estima satisfait. Avec ces batîments rasés, les incendies qui s'étaient déclarés et les larges cratères causés par les bombes, l'île offrait un spectacle de désolation. Aussi le 9 décembre, la flotte japonaise partit à l'assault de Wake. Arrivés au large le 11 novembre, avant l'aube, les troupes japonaises commencèrent à prendre place dans les péniches de débarquement. Quand le jour se leva, le vaisseau amiral de Kajioka, deux autres croiseurs et six destroyeurs ouvrirent le feu sur l'île. Se rapprochant peu à peu, les Japonais cannonèrent longuement Wake, et ne recurent aucune réplique.

A travers un mur de feu

A 6h15, après 45 minutes de bombardement, le major Devreux comprit que le moment était venu: les Japonais se trouvaient maintenant à portés de leurs canons. Il donna l'ordre d'ouvrir le feu. La batterie de Peacock point toucha au but la première. Cinq projectiles de 127mm trouèrent la ligne de flottaison du vaisseau amiral Kajioka et explosèrent. Des brèches ainsi pratiqués dans la coque s'échappèrent des torrent de fumée et de vapeur; une autre salve suivit. Le Yubari ralentit et s'éloigna, tandis qu'un destroyer dégageait un écran de fumée pour dissimuler le navire.

A l'autre bout de Wake, la batterie de 127 de l'île de Wake avait suivi la progression des trois destroyeurs. Quand le Yubari fut touché, ceux-ci se rapprochèrent de la plage, tout en continuant à tirer. Près du récif, le Hayate, qui se trouvait en tête, se placa paralèllement au rivage. Ainsi exposé, à trois kilomètres, il formait une cible tentante pour la batterie . L'officier chargé de l'artillerie fait un rapide calcul et ordonne le feu. Un obus est tiré et un nuage de fumée se dégage. Une fois celui-ci dissipé, les américains se rendent compte que le bateau est en train de couler. c'est le premier navire de guerre détruit depuis le début des hostilités.

La batterie s'attaqua alors au destroyeur suivant; qui comme le Hayate, s'enfonca dans un nuage de fumée. Les canons atteignirent un autre destroyeur et une péniche de débarquement. Peu arpès 7 heures, Kajiota battait en retraite.

La V.M.F. 211 entra en action. A l'aube, Putnam avait pris l'air avec les quatre Wildcat encore en état. Il étaient chargés de carburant et de munitions ainsi que de bombes au cas ou aucun Zéros ne décollerait. Voyant Kajiota se retiré, Putnam fit piqué ses avions et bombarda les navires. Les Grummans revenaient à la base dès qu'il avait largué une bombe et repartait à l'assault. Lors de la deuxième attaque, le destroyeur Kisaragi, recouvert de grenade, bombes et carburant, offrit un magnifique feu d'artifice. Bilan: les canons de Wake et les avions de Putnam avaient arretés une attaque amphibie, coulé deux navires de guerre, endomagé sept autres et mis hors de combat 700 Japonais (presque tous tués) et ils n'avaient eux que 4 blessés. Mais deux précieux Wildcats avaient été touchés et s'étaient écrasés.

Pour les défenseurs de Wake, les jours qui suivirent cette attaque se fondirent les uns dans les autres. Chaque jour, il connurent une puissante attaque aérienne mais les chasseurs et les canons américains purent répliquer. Mais les ressources de Wake s'épuisent. Le 17 décembre, le commandant envoya à Pearl Harbor un résultat des raids japonais: la moitié des véhicules étaient détruits, tous les entrepots réduits à néant et le moral des soldats était au plus bas.

Une emcombrante relique

Pendant ce temps, des renforts avaient quittés Pearl Harbor sous le commandement du contre-amiral F.J Fletcher: le porte-avion Saratoga avec une nouvelle escadrille de Wildcats pour Wake, trois croiseurs équipés de canons de 203mm et neuf destroyeurs. Mais le seul convois d'aide fut freiné par l'unique pétrolier disponible pour le ravitaillement ( un modele de la WW1). Si bien qu'il reçurent l'ordre de faire demi-tour 3 jours après leur départ. Mais s'ils avaient su qu'un convois maritime japonais se trouvait à portée de leur avions, peut-etre l'histoire de Wake aurait été différente.

Le 21 décembre, Kajiota quitta de nouveau Roi-Namur, mais cette fois avec plus de croiseurs et de destroyeurs et un bataillon de débarquement rapidement amené de Saipan. Il y avait aussi deux porte-avions, le Soryu et le Hiryu. En enfin, Kajiota savait que Wake avait perdu son dernier avion dans un combat desesperé contre des Zéros.

Grand uniforme et drapeau blanc

Le 23, peu arpès minuit, sous les rafales de vent et de pluie, les Japonais se massèrent devant la plage sud de Wake. Des bateaux de débarquement devaient encadrer les destroyeus, quand ils fonceraient sur les plages de l'île et des commandos entreraient sur des canots pneumatiques. Au signal, tous se dirigeraient vers la plage et les destroyeur s'échouraient.

Un projecteur fit jaillir un faisceau de lumière et les mitrailleuses ouvrirent le feu. Le seul canon américain orienté vers les destroyeurs échoués se trouvaient près de l'aérodrome. Il logea 15 obus dans un navire. Les Japonais quittèrent le navire qui explosa et se fendit en deux. A la lumière de l'explosion, les petits groupes de défenseurs virent les Japonais débarqués sur la plage.

A l'aibe, 1000 Japonais au moins avaient atteints le rivage et progressaient parmi les buissons et les cailloux, le long de la langue de terre qui s'étend au sud de Wake; ils dépassèrent l'aérodrome mais furent arretés netr devant le retranchement tenus par les survivants de la V.M.F. 211. Selon la tradition de leur armes, les quelques aviateurs restant s'étaient regroupés en groupe d'infanterie. Au nord du périmètre, Devereux occupait une ligne fragile qui coupait l'autre bras de terre, mais ils n'étaient que qurante contre des centaines. Il faisait jour maintenant et les bombardiers pilonnait l'île.

Devereux alla trouvé Cunningham pour lui demander de l'aide. Devant sa réponse négative, Devereux lui expliqua que la situation était desespérée. Cunningham revêtit son grand uniforme et se preparait à la reddition. Devereux, la honte dans le regard, se dirigea vers les Japonais, un drapeau blanc à la main.

Sans radar, avec moins de la moitié des servants nécessaires pour ses canons, sans réserves d'infanterie, Wake était condamnée, dès lors qu"elle n'avait plus d'aviation. Mais le courage des quelques marines qui résistèrent pendant deux semaines, coulant des bateaux japonais, abanttant près de 21 avions et luttant jusqu'à la fin avec des fusils et des baïonnettes, affermit la résolution de leurs compatriotes.


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Utaha_Beach  Nouveau message 24 Fév 2004, 19:00

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Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Carl  Nouveau message 24 Fév 2004, 23:02

Merci Utaha_Beach ça va compléter mon doc. sur le Pacifique :D


 

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Carl  Nouveau message 24 Fév 2004, 23:02

Merci Utaha_Beach ça va compléter mon doc. sur le Pacifique :D


 

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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Utaha_Beach  Nouveau message 26 Fév 2004, 11:02

De rien. Mais ce qui est bête, c'est qu j'aurais mieux fait d'arriver plus tôt sur ce forum, car maintenant, le choix des sujets est très réduit! Je voulais faire un post sur la Luftwaffe, mais Nimitz m'a coupé l'herbe sous le pied. :lol: :lol: . Mais c'est pas grave et je trouverais bien d'autres sujets.


 

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Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de jeunot  Nouveau message 26 Fév 2004, 11:43

c'est pas grave, il reste plein d'autre sujet , dailleur je vous en prépare un pour bientot


 

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Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de Utaha_Beach  Nouveau message 26 Fév 2004, 12:09

Et moi, jeviens de finir le mien sur l'armée de l'air française durant la campagne de France! :lol: :lol: . Je suis trop content!


 

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Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Carl  Nouveau message 26 Fév 2004, 13:16

Utaha_Beach a écrit:Et moi, jeviens de finir le mien sur l'armée de l'air française durant la campagne de France! :lol: :lol: . Je suis trop content!


Moi j'en fais une sur l'OSS


 

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Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de Utaha_Beach  Nouveau message 26 Fév 2004, 14:20

C'est quoi l'OSS? Un organisation secrete? Désolé, mon savoir n'est pas très grand! :oops: :oops:


 

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Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Carl  Nouveau message 26 Fév 2004, 14:22

Utaha_Beach a écrit:C'est quoi l'OSS? Un organisation secrete? Désolé, mon savoir n'est pas très grand! :oops: :oops:


Office of Strategic Services, créé en 1942, qui diviendra plutard la CIA.


 

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