Il y a une différence "symbolique" presque fondamentale entre les bombardements "classiques" et les bombardements nucléaires. Sur Tokyo, par exemple, trois vagues de bombardiers - pas loin de 1000 appareils, au total - s'étaient succèdées. Sur Horishima, 3 appareils, dont deux d'observation, sur Nagazaki - qui , au passage, faute de visibilité, était passée du statut de cible secondaire à celui de cible prioritaire! - , 2 - le 3ème B-29 d'observation ayant du faire demi-tour -, seulement, avaient survolé les deux villes, à haute altitude, entrainant, à chaque fois, la fin de l'alerte aérienne.
Personne - hormis quelques rares scientifiques de très haute volée, de toute manière, contraints au "secret défense" du plus haut niveau -, ne pouvait, alors, imaginer qu'un unique bombardier, à l'aide d'un seul largage, puisse générer autant de pertes humaines et de dégâts, en si peu de temps! Cà fait, aussi, partie de la "Légende" (hélas, aussi véridique que monstrueuse), dans laquelle baignent, désormais, depuis 75 ans, les seuls dégâts réellement constatés, en temps de guerre, engendrés par l'utilisation de l'arme nucléaire!
Je peux, certes, totalement, me planter, mais l'US Army n'avait, alors, probablement, aucune notion sérieuse de l'importance des dégâts humains et matériels que pouvaient causer ces largages, les seuls et uniques effectués, depuis lors, hormis des campagnes d'essais, réalisées après aout 1945, dans des zones les plus paumées possibles, comme le premier essai de la bombe A, à la mi-juillet 1945, dans le désert du Nevada.
Il n'est pas du tout impossible que "l'apprenti-sorcier" et "ses cousins" se soient fait très peur à ces occasions. Il semble, d'ailleurs, à la lecture des très rares opinions relevées (très tardivement... 20 ans plus tard ou plus!), parmi le personnel de l'équipe Manhattan, après l'explosion-test de juillet 1945 , il y avait eu de très sérieux états d'âme.
La froideur (volontairement) scientifique des rapports établis sur les dégâts constatés, après les deux bombardements - notamment, celui rédigé par "Manhattan Project" - semblent, aussi, en dire long sur la "prise en compte" des répercussions philosophiques très compliquées qui pouvaient en découler, alors que, par exemple, les bombardements aériens "traditionnels", en engendrant, dans certains cas, +/- 100 000 morts, eux, n'ont jamais, sérieusement, été remis en question!
Depuis août 1945, le spectre d'un unique appareil, larguant une seule bombe, a foutu une trouille monumentale à l'ensemble de la planète (et, aussi, à ses principaux dirigeants, disposant de l'arme nucléaire!), au point qu'on en était arrivé à inventer le terme " d'armes de dissuasion", en évoquant, quelque soit le camp, les bombes et ogives nucléaires!

A posteriori, c'est la seule conséquence "bénéfique" (tout est relatif!) du résultat du largage des deux bombes atomiques d'août 1945, sur le Japon.