17 Pounder Mk I-Mk VII
Dès la mi-avril 1941, le choix du successeur du canon antichar de « 6 livres » était arrêté ; les calculs établis pour assurer les meilleures performances possibles avaient retenu un calibre de « 3 inches » (76,2 mm) capable d’imprimer, via un tube de 55 calibres à un obus antichar AP/APC, d’un poids 17 livres, une Vo de 2700 feet per second (823 m/s).
A l’instar du « 2 livres », la pièce de 17 livres avait été conçue pour être installé à bord d’une tourelle de char, sauf que, à l’époque, un tel blindé n’étant pas encore en service, sa mise au point avait été menée à partir d’un affût tracté ! La « réplique » en bois avait été présentée et acceptée en août 1941, tandis qu’un ordre pour la production de 250 tubes était placé en décembre suivant. Contrairement au « 6 livres », dont la mise en production avait exigé l’arrêt préalable de celle du « 2 livres », afin de disposer du parc de machines-outils nécessaires, la fabrication de la pièce de « 17 livres », elle, avait l’avantage d’exploiter le parc d’usinage des obusiers de campagne ainsi que leur stock de pièces détachées.
En avril 1942, les premiers exemplaires du «17 livres » effectuaient leurs essais, leurs attributions et prises en main en unités débutant le mois suivant. A ce stade, l’affût définitif pour la version tractée étant encore en cours de mise au point, les 100 premiers exemplaires vont être installés sur des affûts de l’obusier de campagne de 25 livres (25 Pdr Field Gun/Howitzer), reconnaissables, entre autres, grâce à leur bouclier pare-éclats droits, d’où l’intitulé de 17/25 Pdr. "Pheasant" (faisant) attribué à cette toute première série de canons antichars.
Chaine de production de 25 Pdr Howitzer...

Sur le terrain, ces premiers exemplaires vont être engagés en AFN, dès fin 1942, avec une panoplie d’obus, qui se résumait à deux modèles de munitions antichars (AP, armour Piercing, & APC, Armour Piercing Capped (obus sans et avec coiffe déformable de pénétration), complétée, courant 1943, avec un projectile muni d’une coiffe balistique (APCBC), et un lot d’explosifs (HE) très peu performants.
Clichés de 17/25 Pdr. « Pheasant », l‘un pris en AFN…
.jpg)
… celui-ci, en Sicile, à l’été 1943…
.jpg)
deux autres de ce modèle "tôtif"...
.jpg)
.jpg)
L’affût « définitif » du « 17 livres » ne sera en dotation que dans les tous derniers jours de la Campagne en Afrique du Nord, en mai 1943. Entre temps, les servants des « Pheasants » s’étaient, certes, coltinés une pièce peu maniable qui affichait +/- 3 tonnes sur la balance, mais ils s’étaient néanmoins très rapidement consolés en regard de ses performances antichars, ses deux obus AT, alors en service, dézinguant à 914 yards, respectivement, 109 mm (AP) et 118 mm (APC) de blindage incliné à 30°! Ces premières pièces ont aussi la particularité d’être souvent dépourvues d’un frein de bouche, emploi qui ne va se généraliser que sur la version tractée équipée de l’affût « définitif »
17 Pdr AT dans sa version définitive « tractée »…
En Italie...

En Normandie, le 27 juin 1944, durant l'Opération Epsom...

En septembre 1944, déployé sur la route d'accès du Pont de Nimègue, aux Pays-Bas...

Courant juin 1944, un nouveau modèle HE, désigné HC (Hight Capacity), était entré en dotation, puis, fin août 1944 la panoplie de munitions antichars du « 17 livres » s’était enrichie d’un perforant à noyau de carbure de tungstène (APCR), d’un autre, sous-calibré, muni d’un sabot détachable (APDS) et .
A noter que, si les Alliés, de leurs côtés, avaient également mis au point une gamme d’obus à charge creuse, contrairement aux Allemands, ce type d’obus n’avait guère été utilisé avec leurs canons antichars, car ils avaient l’avantage de disposer de suffisantes ressources en tungstène - tandis que, dès fin 1942, Albert Speer avait été contraint de réserver l’essentiel de son emploi à la fabrication d’outils de coupe !-. Les Allemands avaient mis au point, au fil du temps, une gamme de munitions à charge creuse (Hl/A, Hl/B, Hl/C) peu coûteuses à produire, les deux dernières versions citées (Hl/B, Hl/C) perçant, allègrement 75 mm, voir 90 mm de blindage incliné, à 1000-1200 m, avec une dispersion raisonnable (résultat de la faible Vo imprimée au projectile, de l’ordre de 400 à 450 m/s, avec un canon à âme rayée!)… Les bazookas, Piat, Panzerschreck et Panzerfaust tiraient leurs pélots (à charge creuse), avec des tubes "lisses" et une Vo de l’ordre 150 à 180 m/s… d’où leurs faibles portées « efficaces », de l’ordre de 60 à 150 m, résultats « directs » de leurs dispersions !
Il y avait aussi un problème avec les munitions « à noyaux » et « à sabots détachables », car en raison de leur moindre poids, qui était bien souvent de moins de la moitié de celle d’un obus AP ou APC, leur portée efficace maximale ne dépassait guère 1200 m, sachant, de surcroit que les dispositifs de visée optique britanniques, durant la Seconde Guerre Mondiale, avaient souffert d’une qualité de production « médiocre » !
701 pièces de 17 livres tractés seront livrées en 1942, 1817, en 1943, et 5430, en 1944.
Ordnance 32 Pdr
Pour terminer ce tour d’horizon des canons antichars tractés britanniques, rares clichés du « 32 livres », projet très peu documenté qui n’aboutira pas et se résumera à deux démonstrateurs convertis désormais en « pots de fleurs ».

.jpg)

Se Connecter











dans: