
Ce blog, qui date de 2022, est consacré aux "
Malgré-Nous" du petit bourg de Barr et des villages proches (Saint-Pierre, etc.), situés dans le Bas-Rhin, au sud d'Obernai, sur la "Route des Vins" et dans ce qu'on appelle aussi le "Piémont des Vosges".
Feu mon ex-beau-père (Georges Silber) figure d'ailleurs dans la liste nominative, avec son "cursus" plus ou moins détaillé.
A propos de ce cursus, pas plus tard qu'il y a quinze jours de çà, nous avions été amenés à constater, mon beau-frère (son fils) et moi que nous avions de "sérieuses divergences", quant à son parcours final, en mars-avril-mai 1945.
Temps 1 : Le récit établi par son propre fils provient des rares confidences paternelles ( il n'était pas très causant, le bougre!

), mais, pour des raisons affectives, professionnelles, puis parentales, le rejeton, qui avait, lui-même, "migré" en 1968-1969, dans le Haut-Rhin, avait (fort logiquement) résumé ses incursions au domicile paternel à quelques événements particuliers.
Temps 2 : A dater de septembre 1978, nous avions, mon épouse (sa fille), notre "lardon" et moi, déménagé de Nancy pour nous installer à Barr. Là, notre "lardon unique et préféré" avait quasi-quotidiennement séjourné +/- longtemps chez ses grands-parents maternels.
Il y avait eu, alors, une situation un peu particulière, car, en grandissant, notre fils, né en décembre 1973, s'était retrouvé, au fil du temps, être, à très peu de choses près, l'unique "confident" intime de son grand-père. L'évocation de ses souvenirs de guerre étaient épisodiques, car il n'y avait pas règle temporelle pour "ses confidences" aléatoires et, en plus, le grand-père s'exprimait plus facilement en dialecte qu'en français (!).
Le plus grand regret actuel de mon fils a toujours été d'être, alors, beaucoup trop jeune pour comprendre à minima la complexe situation militaire allemande. Néanmoins, il y a de "gros détails", qui lui avaient été confiés, en aparté, comme on dit "
entre la poire et le fromage", qui divergent sérieusement du récit établi par son propre fils.
Son unité d'artillerie lourde, transférée de Norvège dans les Ardennes, à la fin de l'automne 1944, dans le cadre de "
Wacht am Rhein", aurait fini, selon ses confidences à son petit-fils, par échouer dans les derniers combats de défense de Vienne, avant de devoir retraiter, puis d'effectuer sa reddition, le "8 mai 1945" (sic), dans le secteur de Berschtesgaden, tenu, alors, par l'US Army.
Avec la narration de mon beau-frère, j'ai personnellement un " tout petit" problème à propos du supposé versement de son "père", dans la 2
ème DB, avant la fin du conflit; car, un, le "Pôvre" s'exprimait déjà très difficilement en français, avec un accent "germanique" à couper au couteau - ce qui ne facilitait surement pas ses relations sociales au sein de la formation -, deux, même avec ses compétences d'artilleur acquises au sein de la
Heer, il ne pouvait pas intégrer la "2
ème DB", sans une nécessaire préalable période d'instruction sur le matériel utilisé, etc.! ... Il était très surement passé par un camp de transit, où on avait soigneusement vérifié son "identité française", avant de le renvoyer dans ses foyers, mais, selon moi, çà s'était arrêté là!
De ce que j'ai personnellement connu parmi mes proches, j'avais pu constater (à posteriori!) que le "discours" des Anciens "
Malgré Nous" avait évolué entre la fin des années "50", où, en gros, il fallait une très généreuse absorption de boissons alcoolisées, en petit comité, pour finir, parfois, par délier les langues. J'avais, alors, vu, mon "Paternel", pur produit français du Sud-Ouest, ancien maquisard, puis officier-élève à l'été 1945, ouvrir de "grands yeux" en découvrant le passé militaire, dans notre salon familiale, d'un de ses proches collaborateurs, chef du service administratif et comptable de la société, ancien "
Malgré-Nous" de la
Totenkopf sur le Front Est. On était, au mieux, fin 1959-début 1960, sachant que, à l'époque, en Alsace, il était de règle de fermer sa gueule" sur son supposé "passé nazi"!
En ce qui concerne le grand-père de mon "fiston", décédé d'un cancer généralisé à l'été 1984, j'aurais tendance à penser, que contrairement à son propre fils, précédemment, il "s'était (enfin) lâché" auprès de son petit-fils, lui-même, beaucoup trop jeune pour en comprendre toutes les subtilités!
Cà explique, au passage, l'extrême difficulté actuelle souvent rencontrée pour tenter d'établir le plus correctement possible le parcours militaire de ces "
Malgré-Nous", qui, à l'époque, étaient, eux-mêmes, bien souvent décédés, pour diverses raisons, dans leur "soixantaine" entamée!
Je vous rassure, tout de suite, il n'était pas question que, il y a 15 jours de çà, je m'embarque dans une conversation "technico-historique" compliquée à souhait avec mon (ex) beau-frère, avec qui, même divorcé de sa sœur depuis 40 ans (!), j'entretiens d'excellentes relations amicales et familiales!
