Prosper Vandenbroucke a écrit:Bien possible Loïc, seulement je me souviens d'être tombé à la flotte dans le même canal tout habillé et je m'en suis sorti également . Il est vrai que ce n'était pas en 1940 et que je ne portais, ni de "Stalhelm, ni de bottes, ni de masque anti-gaz et encore moins une Kar 98

Prosper, tomber dans la flotte, tout habillé, pompes comprises, est une chose, mais, avec le barda du combattant 39-45, une toute autre!

Le
Kar 98 pesait 4 kg, la ceinture, autour de la taille, avec ses cartouchières devait allègrement flirtouiller avec les 3 kg, plus le masque à gaz, etc. Tu rajoutes le reste, la tenue en drap de laine qui s’imprégnait de flotte, les demi-bottes, soigneusement et réglementairement graissées qui, elles, se transformaient, dès lors, en "piscines"(!) et tu as une petite idée de la situation, quand, en plus, le courant est "merdique" - même dans un canal! -.
Les Alliés, aussi bien lors de leurs débarquements en Italie qu'en Normandie, avaient ainsi perdu bon nombre d'hommes de leurs premières vagues d'assaut amphibies, par noyade - notamment quand leurs péniches avaient été lourdement endommagées, y compris sur des hauts fonds très proches du rivage -.
Déjà, contrairement, à ce qui se raconte, dans les décennies 30-40, la pratique militaire de la natation était très limitée - y compris chez les Matafs, mais pour d'autres raisons!

-. On apprenait, éventuellement, au biffin de base, à barboter, au mieux, lamentablement, sans pour autant en faire un Johnny Weissmüller. Seuls, à l'époque, les US-Marines, mais, surtout, les unités de commandos étaient entrainées à se démerdaver dans l'environnement aquatique "océanique";
Durant la décennie 1960, nous étions, dans la Marine Nationale, moins de 40%, au sein de l'Equipage et du corps des officiers mariniers, a avoir décroché le brevet de natation! Son obtention nous faisait, ainsi, de bénéficier de
50 points de nage, qui permettaient de compléter son total personnel de points et, ainsi, pour certains d'entre nous, limités, suivant les spécialités, dans le domaine de l'instruction générale, de pouvoir postuler aux cours de formation de gradés.
Sauf que dans "La Royale" , il a très longtemps existé, y compris de mon temps, une vieille "légende" à la vie très dure, qui, au demeurant, à l'expérience, est très loin d'en être une; car, en cas de naufrage en haute mer, il n'existe que trois solutions, soit on coule avec le bâtiment, soit on parvient à sauter à la mer, où, la plupart du temps, sans sauvetage très rapide, on décède, dans des eaux froides, d’hypothermie, ou dans des mers chaudes, bouffé par les requins! J'oublie, volontairement, les "gars" noyés dans la nappe de mazout, diffusée par les réservoirs du bâtiment en train de sombrer ou ceux aspirés par la "dépression" générée par le "sombrage" du bâtiment.
Il convient de ne pas rêver, à bord d'un navire de guerre de surface, même de nos jours, lors d'un affrontement direct, les chances de survie de l'équipage se résument, au mieux et dans le meilleur des cas, à moins de 10% de son effectif! Je ne parle même pas des équipages de sous-mariniers, qui, s'ils sont identifiés et repérés, sont désormais voués - quelque soit leur profondeur de plongée ou presque - à 100% de pertes!
