Les témoignages d’époque font état d’une fuite en avant, d’une véritable débandade, tandis que l’aviation alliée mitraille les véhicules de guerre allemands. Le fier envahisseur… arrivé en juin 1940 ne songe plus qu’à sauver sa peau…
On y retrouve les termes habituels du vocabulaire journalistique utilisé lors de "la Libération"...
fuite en avant,
débandade,
fier envahisseur...de juin 1940 (qui)
ne songe plus qu'à sauver sa peau.
C'est sûr que de voir l'Occupant devoir se calter vite faite, constituait une réelle satisfaction pour les Occupés, mais de là à parler d'une
véritable débandade, il y avait de la marge. D'ailleurs, les Alliés s'en étaient vite rendus compte, une fois que les troupes allemandes s'étaient repositionnées
Il y avait, effectivement, un contexte particulier de l'armée allemande qui "plaidait" en faveur de cette supposée
débandade, son manque patent de véhicules motorisés de transport. Du coup, elle avait donné le spectacle de colonnes où se côtoyaient des camions, y compris "à gazogène", des charrettes hippomobiles réglementaires ou civiles réquisitionnées (comme pour les camions, les autobus et automobiles), des blindés, des motocyclettes, des vélos (1 Million de cycles produits chaque année, en 1943 et 1944, pour les besoins de la Heer!) et des pinpins "piétons" agglutinés sur les véhicules. Il y avait eu, alors une contraste saisissant, à l'arrivée des troupes alliées, où il n'y avait pas le moindre bourrin à l'horizon.
Des agriculteurs du Ternois ont eux-mêmes été mobilisés avec chevaux et chariots pour transporter les Allemands et leur matériel jusqu’aux Pays-Bas.
Si c'est écrit, c'est surement arrivé, néanmoins l'infanterie allemande était, elle-même, largement pourvue en conducteurs (compétents) d'attelage, avec un parc de 4000 bourrins au sein de chaque
Infanterie-Division. Il n'est pas impossible, non plus, que ces paysans "réquisitionnés" avaient, avant tout, servi "d'écrans", pour contraindre les maquis à ne pas attaquer ces convois..."
Mef, les Gars, éviter de tirer sur ces charrettes, car ce sont des gens de chez nous qui les conduisent! ".
C'était arrivé, par exemple, en Bretagne, lors du repli des troupes sur la Poche de Lorient; les allemands ayant subi, en cours de route, des tirs de maquisards, qui leur avaient dézingué plusieurs officiers, dans le secteur de Riec-sur-Bélon (Finistère), ils avaient, ainsi, en traversant la petite bourgade, regroupé une cinquantaine "d'otages", dont le Maire et une partie du Conseil Municipal, en promettant de les relâcher - ce qu'ils avaient fait! - s'ils parvenaient sans encombre jusqu'à Lorient. A partir de là, ils avaient pu tranquillement parcourir les derniers 30 kilomètres!
Les maquisards et francs-tireurs, plus ou moins isolés, constituent la pire engeance pour des troupes régulières. Les armées napoléoniennes en avaient sérieusement bavé en Espagne; sans s’arrêter à la Guerre de Sécession, en 1870-1871, durant la guerre-franco-prussienne de 1870-1871, au tout début du conflit, il y avait eu des actions isolées, mais c'était surtout, à dater de septembre et le "coup d'état républicain" du 4 septembre, que la nouvelle gouvernance avait largement encouragé les actes de francs-tireurs, qu'il ne faut pas confondre avec les troupes régulières française (Garde Nationale, etc.), constituées de bric et de broc, après les défaite à l'Est, la fessée de Sedan, en août 1870, puis la capitulation, à l'automne, de la place-forte de Metz.
L'armée allemande en avait gardé un souvenir très douloureux, car, durant son occupation partielle du territoire français, ces actions de francs-tireurs "isolés" lui avaient coûté aussi chère en pertes humaines que ses engagements en ligne!
Durant les quarante années suivantes, les Conventions de Genève avaient "affiné" les règles d'engagement des formations de francs-tireurs, qui, officiellement, devaient être engagées "en formation ou en ligne", comme toute armée régulière, et arborer des marques distinctives bien visibles; ces dernières contraintes avaient d'ailleurs posé de sérieux problèmes au III.Reich, quand, en 1944, il avait entrepris de mettre sur pied la Volksturm!
... Mais revenons au début du XX
ème siècle et à l'entrée, à l'été 1914, des troupes allemandes dans nos départements nordistes (Pas -de-Calais et Nord). Après sa coûteuse expérience de 1870-1871, la
Kaiserliche Armee avait décidé de sévir le plus brutalement possible, afin de limiter au maximum les vocations de "franc-tireur"! Le résultat n'avait pas été "joli-joli", car bon nombre de francs-tireurs réels ou supposés avaient été passés par les armes, au mieux après un simulacre de jugement militaire, quand ils n'avaient pas été abattus sur place!
Côté français, c'était encore plus compliqué, car, dès 1830 et l'entrée de nos troupes en Algérie, elles s'étaient très vite retrouvées confrontées à un certain nombre de tribus hostiles - hostiles, de fait, à tout, que ce soit l'autorité du Divan turque, celle du Bey ou de la France!

-. Il ne s'agissait plus "d'armée régulière", mais de formations tribales guerrières -.
Là, grosso merdo, l'armée française avait généralement fait preuve d'une très grande souplesse d'intentions, y compris en Afrique Noire, en se contentant, le plus souvent, après leur défaite, de l’allégeance officielle de leurs chefs; les plus rétifs d'entre eux étant éventuellement "conviés" à séjourner quelques temps, dans des résidences locales ou françaises, certes forcées, mais qui n'avaient rien d'une situation d'emprisonnement, vu qu'ils y étaient traités, eu égard à leur rang et position, en tant que "invités" de la République. C'était essentiel pour éviter toute intention de rébellion de la population.
NOTA : Nous nous étions un très gros poil loupés en expédiant Mohamed V, roi héréditaire du Maroc et descendant du Prophète (!), en l'expédiant, en 1953, en résidence surveillée en Corse, puis, l'année suivante, à Madagascar, tout en essayant de placer sur le trône, le Glaoui, un vieil homme aux intentions certes paisibles, mais qui, en tant que chef d'une tribu minoritaire, n'avait aucune de voir la population marocaine le rallier! A dater de 1953, nous (les coloniaux") avions commencé à déserter Casablanca - grosse cité urbaine très cosmopolite pourtant réputée pour son calme "historique" -, car les "terroristes" marocains balançaient des grenades sur les terrasses des cafés et brasseries, ainsi que dans les cinémas du centre-ville!
On était, alors, plus d'un an avant le "massacre de la Toussaint", à la Toussaint 1954, qui sera déroulera en Algérie. Vous me direz, à l'époque, l'armée française s’apprêtait à prendre une tôle "monumentale" à Dien-Bien-Phu, était dans ses petits souliers (mais çà se savait peu!) à Madagascar, tandis que, en Algérie, la Toussaint 1954 avait marqué le "démarrage définitif" de l'insurrection armée indépendantiste algérienne.
De toute manière, à l'instar plus ou moins de ce qui s'était passé en Indochine, nous avions, déjà, "sur le râble", les Ricains, les Brits - grands faux-culs devant l'Eternel! - et l'URSS avec ses "satellites"! C'était perdu d'avance!
Certes, je viens un très gros poil de déborder du sujet "annexe" francs-tireurs et partisans, mais, à ces occasions asiatiques et africaines, l'armée française était parvenue à "démontrer" ses capacités efficaces de "contre-guérilla" - comme on les désigne de nos jours! -, sauf que les décisions gouvernementales politiques avaient aimablement glissé, pour des raisons de "concorde internationale", leurs résultats. Au moment des négociations ultimes en 1962, à Evian, le FLN et l'ALN, deux entités algériennes, au demeurant concurrentes, avaient été militairement virées du territoire algérien, mais, Chut!
Les conséquences politiques sont une chose, mais, en gros, entre 1945 et 1962, l'armée régulière française avait découvert, à son détriment, l'action des réseaux armés politiques de francs-tireurs, maquisards et partisans, formations qu'elle avait, elle-même, encouragé depuis un "bon siècle"... mais passons!
Mon Dieu, j'ai failli oublier les formations de partisans mexicains, qui, en sus, de l'armée régulière (même considérée comme rebelle), n'avaient cessé d'harceler gravement le corps expéditionnaire français!