Mouais, alors, il ne devait pas rester des masses de Lorientais qui résidaient alors dans l'agglomération "au sens large", car, ma parentée étant originaire de Lorient, je crois (peut-être à tort) était assez bien renseigné sur la situation.
De ce que j'avais compris, fin 1943 ou début 1944, l'administration française en place avait jugé préférable "d'ordonner" l'évacuation de la ville, car les bombardements alliés menés sur la base sous-marine de Kémoran avaient eu la très fâcheuse tendance à s'étendre sur la ville, elle-même, distante "à vue de nez" de 4 à 5 km de ladite base fortifiée. Quinze ans après, le cimetière communal de Ploemeur, d'où on voyait "au loin" (!) la base, constituait encore la "limite méridionale" de l'agglomération lorientaise.
Je peux surement me tromper, mais d'après les récits de mes grand-mère et mère lorientaises de souches, la
Flak allemande avait été amenée à devoir déployer des unités anti-aériennes mobiles (semi-chenillés, etc.), dans les avenues et rues de la cité, en gros, pour qu'elles parviennent à choper dans leurs viseurs, les appareils de bombardement à basse altitude, alors que ces derniers effectuaient "leurs ressources" pour grimper en altitude!
"Résultats des courses", les Alliés avaient alors entrepris également le bombardement de Lorient, pour tenter de se débarrasser de cette menace anti-aérienne, rendant, dès lors, la vie quotidienne intenable, voire mortelle! L'essentiel de la population lorientaise avait alors, été "invitée" à quitter la ville, pour aller chercher refuge, comme elle le pouvait, dans les campagnes voisines. Mes grand-mère (veuve) et mère (célibataire) avaient ainsi trouvé refuge à Riec-sur-Belon, dans le Finistère, où la conserverie, où bossait ma mère, disposait d'une usine - cette dernière ayant l'extrême chance d'être employée, à 23 balais, comme "secrétaire de direction" et aussi de bénéficier de relations personnelles, au sein de la famille dirigeante... - je ne cache rien!

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Bref, en avril 1945, alors que la mise en place de la "Poche de Lorient", par les Allemands datait, elle-même, de l'été 1944, la ville et ses "faubourgs" mitoyens, avaient déjà été désertés, depuis plusieurs mois, par leurs populations. Cà avait été loin d'être simple pour une partie d'entre elles, mais cette situation de "réfugiés" était nettement moins périlleuse que de vouloir rester sur place!
Personnellement, j'ai de gros doutes sur la réalité de la "légende" faisant référence, au "
4 avril 1945", à de supposés lorientais évacués durant une trêve convenue avec le CCIR. Non seulement l'agglomération lorientaise avait déjà été transformée en ruines à "98%", mais il n'y avait plus, depuis un long bail, la moindre épicerie encore en service, sans parler de la situation générale (distribution de flotte, d’électricité inexistantes, etc.!)