Lorsqu'il quitte le roi Victor-Emmanuel III après son entretient Villa Savoia, Mussolini, déchargé de sa fonction de Chef du Gouvernement pense à aller se retirer chez lui, en Romagne à la Rocca delle Caminate. Une ambulance des Carabinieri s'avance au lieu de son Alfa, il est contraint de monter à bord par le capitano dei CCRR Vigneri avec son secrétaire de Cesare. Ils sont conduits à la caserne Podgora puis à la caserne des élèves-carabiniers, via Legnano. De Cesare est enfermé dans la prison romaine de Regina Coeli. Mussolini reçoit une lettre de Badoglio lui demandant l'endroit où il désire être conduit. Il choisit tout naturellement de retourner chez lui à la Rocca. Mais au lieu de prendre la direction du nord, la voiture, rideaux fermés se dirige vers le sud, à Gaeta. Il monte à bord du Persefone accueilli par l'amiral Maugeri pour être transféré à la colonie pénitentiaire pour confinati de Ponza, le 28 juillet.
Dans l'île, Mussolini est en isolement, il peut échanger quelques lettres avec sa femme Rachele qui ignore son lieu de détention. Pour brouiller les pistes, il change de geôle et est conduit sur l'île de la Maddalena près des côtes sardes, le 6 août, à bord du torpilleur français Panthère, prise de guerre, toujours accompagné de Maugeri. Le 18 août, il aperçoit un Storch survoler l’île. Il ne sait pas qu'à bord, le Haupstürmführer Otto Skorzeny a été chargé par Hitler de retrouver sa trace et de le faire libérer. Mussolini passe son temps à lire l’œuvre complète de Nietszche, cadeau du Führer pour ses 60 ans. Le 28 août, un hydravion amerrit pour venir le prendre et l'emmener sur le lac de Bracciano. Là, une ambulance (cela commence à devenir une habitude) vient le chercher pour l'emmener au Gran Sasso, à l'hôtel Campo Imperator, dans les Abruzzes. 250 Carabinieri sont chargés de le surveiller. Sa femme Rachele reçoit la visite d'un policier lui demandant de préparer une valise pour son mari, avec des vêtements chauds. Elle joint un long manteau noir et un chapeau romagnol à larges bords : le capelaz. C'est dans cette tenue que la libération de l'ex-dictateur sera immortalisée.
Finalement, le lieu d'incarcération est découvert par les Allemands lors d'écoutes téléphoniques. Le 12 septembre, une opération (Unternehmen Eiche) menée par Skorzeny et les paras du Lehrbataillon du major Mors à bord de planeurs DFS 230 procède à sa libération.
Le général de la police Fernando Soleti accompagne les pars pour éviter toute effusion de sang. L'inspecteur Giuseppe Gueli, chargé d'éliminer le Duce en cas de tentative de libération ne fait rien pour passer à l'acte.

Mussolini et son fameux capelaz, Skorzeny au milieu de Fallschirmjäger et de soldats italiens

Le Major Harald Mors, concepteur de l’Unternehmen Eiche et chef du Lufwaffe-Lehrbataillon, à droite de Mussolini . L’Hauptmann endosse une blouse de saut M42.
LE SEJOUR EN ALLEMAGNE.
Après l'envol du Storch piloté par le capitaine Gerlach, avec à bord Skorzeny et Mussolini, le petit avion atterrit à Pratica del Mare. Le Duce exprime son intention de se rendre à la Rocca mais il est contraint de monter à bord d'un HE-111 qu'il l'emmène à Vienne peu avant minuit. Il reçoit un coup de fil d'Hitler, il lui annonce être malade et fatigué (selon Göbbels). Le lendemain 13 septembre, il part pour Munich où il retrouve sa femme et ses enfants. Le jour suivant, il part en avion pour la Wolfsschanze pour rencontrer Hitler en compagnie de son fils Vittorio.
Lors des premiers entretiens, le Führer lui impose le retour sur la scène politique et il ne peut se soustraire : Hitler menace de faire de l'Italie un gouvernement général comme en Pologne. Le soir, il rencontre les membres du «gouvernement provisoire», formé par les Emigrés fascistes : Alessandro Pavolini, Renato Ricci, Giovanni Preziosi (ancien prêtre défroqué, antisémite notoire à la solde des Allemands) et Roberto Farinacci, vieux compagnon de route de tous les combats, souvent opposé au Duce (il avait proposé sa propre motion lors de la nuit du Grand Conseil).
Le 15 septembre, il s'entretient à nouveau avec Hitler pour envisager la mise sur pied d'une nouvelle armée italienne et d'une Restauration fasciste. Le soir-même, les ondes de Radio-Rome annoncent le retour de Mussolini et la création du Parti Fasciste Républicain (PRF) à la place du Parti National Fasciste. Ce sera aussi les retrouvailles amères avec son gendre Ciano.

Se Connecter





















dans: