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Les plus grandes batailles du front de l'Est

Après l'opération Barbarossa, les forces de l'Axe contraignent l'URSS au repli.
Après une série de succès, l'Allemagne s'enlisera progressivement puis cédera à Stalingrad et à Koursk.
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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 41  Nouveau message de Finril56  Nouveau message 07 Nov 2017, 09:23

Bonjour

Pas d'accord.
Tu parles de brigades cotés soviétiques? Durant la contre offensive de l'hiver 41-42 ce sont des....bataillons qui existent coté blindés.
Car les brigades vont se montrer encore trop grosses à gérer pour les faibles capacités de commandement disponible. Problème encore aggravé par le manque de moyens de communication modernes. Pour ne rien arranger, les pertes ont été telles qu'il n'y a plus assez de blindés pour mettre en place le nombre de brigades prévu.
Bref les brigades vont disparaitre dès novembre 1941 pour reapparaitre en mars 1942 avant de re-disparaitre courant 43.

La raison de l'arret de l'avance n'a absolument rien mais alors rien à voir avec une montée en puissance de leur efficacité tactique. La tactique restera un vrai talon d'Achille chez les soviétiques durant la majeure partie de la Seconde Guerre Mondiale. La faute, en grande partie, à un encadrement de sous officier et d'officiers subalternes peu formés et n'ayant que très peu souvent des initiatives. En défense c'est moins le cas car cela necessite un peu moins de talent. En combat urbain comme à Stalingrad, les hierachies ne tiennent plus trop le controle et c'est les individus qui prennent le dessus. Et là, un soldat soviétique (ou russe) se montre souvent bien au dessus de son adversaire. Ce n'est pas pour rien que, dès les guerres napoléonnienne, on dit qu'il faut tuer un russe deux fois pour le voir tomber.
Pour en revenir à la raison du ralentissement. Elle est en bonne partie du à des soucis de logistique. Les allemands n'ont plus les moyens de soutenir une avance aussi rapide. Pour qu'un blindé roule il lui faut de l'essence, des pieces de rechanges, de l'huile, des munitions et de quoi nourrir les équipages. Or tout cela n'arrive plus qu'au compte goutte dès aout 1941. Avancer signifie tarir encore plus le peu qui arrive. Inutile et surtout très dangereux. D'où un ralentissement croissant de l'avance des blindés que n'aidera en rien les multiples contre attaques soviétiques (mais souvent lancés n'importe comment sans coordination et qui ne feront que faire monter les pertes)

Sinon beaucoup d'erreurs dans ce que tu écris.

Premiere erreur: le T-70. En octobre 1941 il y en a tres precisement 0 dans l'Armee Rouge. Idem en novembre et en décembre. Pourquoi? mais la raison est très simple. Ce char entre en production en.....mars 1942. Impossible pour lui d'etre en place à ce moment là.

Seconde erreur: Tu as oublié un autre char très courant dans l'arme blindée soviétique: le BT-7 (plus présent que le BT-5 par exemple. A mon avis tu as confondu le T-70 et le BT-7

Troisième erreur: les T-34 et les KV-1. Durant la contre offensive de l'hiver 41-42 il n'y en avait que très peu encore en activité. La grande majorité a été perdue depuis longtemps. Quand aux nouveaux, les usines les fabriquant ne sont pas encore totalement en place du coté de Tankograd. De plus ses chars sont laissés en reserve le temps d'instruire et de mettre en place les brigades et les quelques corps blindés qui sont montés durant la période. Il faut attendre le printemps 42 et le désastre de l'offensive sur Kharkov pour voir, enfin, ces blindés apparaitre en masse dans les rangs soviétiques.

Quatrième erreur: Le Pak 36 est tout a fait capable de gerer les T-26, BT et meme le T-70. De plus, en 1941, il est devenu minoritaire dans les unités de pointe au profit du PaK 38. La campagne de France a déjà bien montré qu'il était urgent de virer les PaK36 des unités de premiere ligne.

Cinquiéme erreur (ou plutot approximation): tu parles de PanzerJägers...non c'est en fait les PanzerJäger. Abt.
Parce que les PanzerJägers c'est autre chose. Au début c'est un bricolage où l'on monte un canon antichar (un 47mm tcheque monté sur un chassis de Pz-I) nomme Pz.Jg-1 et qui existe déjà en 1940.
Puis, très vite, les allemands vont monter des canons de 88 sur des halftracks (qui existe avant Barbarossa et qui furent, par exemple, utilisé durant la bataille de Smolensk) puis des canons de 75mm (le pak 40) sur des chassis francais Lorraine (le Marder 1). Puis, et là encore très rapidement, ils vont utiliser le PaK40 mais aussi les excellent ZiS-3 soviétique sur des chassis de Pz-II (le Marder II). Ces bricolages seront a même néanmoins de traiter correctement les T-34 et autres KV-1.

Ce qui nous amène à la sixième erreur: le PaK40. Le programme n'est absolument pas lancé en octobre 1941. Il date de 1939 quand les services d'espionnage font part de la mise en place d'une nouvelle génération de blindés soviétiques encore plus coriaces que les precedentes. Il sera accéléré durant l'année 1940 quand les allemands constateront que leurs PaK ne percent pas les blindés Matilda II et B1bis et souffrent face aux S-35.
De fait les premiers exemplaires arrivent sur le front en Novembre 1941 (à une époque où ils ne sont pas hyper utiles du fait de la disparition des T-34 et des KV-1 de la ligne de front

Quand à Dodolf il n'avait justement rien compris à ce qui fait la force de l'arme blindée: sa mobilité. C'est pas moi qui le dit c'est Guderian pour qui la meilleure arme d'un char c'est son moteur (entendre par là sa capacité à se deplacer vite et loin, sa mobilité quoi).
Du coup il va s'enticher du Tiger qui s'averera être un char incapable de servir dans les PzD car il ralentit l'ensemble de la maneuvre. Pire même il faut lui détacher des chars de support pour le protéger des canons adverses ponctionnant encore plus la masse de maneuvre des PzD en manque chronique de blindés (on trouvera encore dans certaines des PzD des Pz-38(t) jusqu'en mars 1943). l'EM de la PanzerWaffe ne s'y trompe pas et retirera le Tiger des dotations organiques des PzD pour les reverser au sein d'unité plus statique chargée de défendre un secteur ou de faire une percée initiale (les s.Pz.Abt qui existent depuis la fin 42) où ils trouverent un role plus à la mesure de leur capacité.
Pour le Panther il ne perdra pas tant que cela en mobilité pourtant. Comme quoi on peut tres bien allier mobilité, blindage et canon...comme le T-34 le fit par exemple

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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 42  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 07 Nov 2017, 11:48

BorisChapochnikov a écrit:Concrètement, diriez-vous que Stalingrad fut une plutôt une bataille ou une campagne ? Et Koursk, Bagration ?

Perso : Stalingrad = bataille (au sein d'une opération)
Koursk = bataille (au sein d'une opération)
Bagration = opération / campagne


Stalingrad est une bataille, incontestablement ; au sein d'une campagne : Fall Blau !
D'autant qu'il y a bien unité de lieu. L'unité de temps est particulièrement large mais il s'agit d'une bataille urbaine suivie d'un siège avec une continuité ininterrompue des opérations.

Koursk est également une bataille... à l'échelle de la Seconde Guerre mondiale, c'est à dire avec une mobilité et des moyens qui permettent une plus grande étendue du champ de bataille.

Bagration... je connais moins bien... mais je n'y vois pas d'unité dans l'espace tant le front d'attaque me semble démesuré (idem pour Barbarossa 3 ans plus tôt). Il s'agit d'une vaste offensive ponctuée d'affrontements parfois indépendants des uns des autres et puis la durée en font une campagne, à mon sens.

Quant au terme "opération", il n'a pas lieu d'être, je trouve. L'opération est une action militaire planifiée. Celle-ci peut être microscopique (le raid contre le radar de Brunevalle engage une compagnie appuyée par une flottille assez légère, opération Biting) ou continentale ! (Barbarossa).
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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 43  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 07 Nov 2017, 12:02

Définition "militaire", du mot "opération" selon le Larousse :

Ensemble des combats et des manœuvres exécutés par des forces militaires dans une région en vue d'atteindre un objectif précis

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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 44  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 07 Nov 2017, 12:06

Loïc Charpentier a écrit:Définition "militaire", du mot "opération" selon le Larousse :
Ensemble des combats et des manœuvres exécutés par des forces militaires dans une région en vue d'atteindre un objectif précis


Le terme désigne donc à la fois une bataille, une campagne, comme toute autre action planifiée jusqu'à la plus petite échelle (l'assassinant d'HEIDRICH par exemple).
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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 45  Nouveau message de Tarpan  Nouveau message 07 Nov 2017, 13:07

+1 avec dog red

Stalingrad, Koursk, l'on nomme une ville ou un endroit proche (relativement) de cette ville donc un point de repaire géographique pouvant comme le dit Dog Red avoir une échelle variable vu les moyens mobiles. En histoire militaires c'est presque toujours ainsi que l'on désigne un affrontement de masse relativement localisé.

Entiérement d'accord avec la définition d'opération en tant qu'action militaire planifiée pouvant comprendre une ou plusieurs batailles, mais ayant un but tactique généralement au sein d'une campagne plus stratégique (Torsh, Jubilee, Market-Garden, Zitadel...)

La Campagne (vaste étendue de pays plat et découvert) quand à elle désigne généralement un pays.

Pour en revenir au grande bataille à part Moscou, Stalingrad, Koursk, Leningrad (siége), on cite généralement LES batailles de Rostov, Kharkov, Smolensk, Minsk, Sébastopol (siége) et il en manque sans doute, à savoir aussi peut être ce que l'on entend par PLUS grandes batailles en terme d'effectif, de résultat stratégique, tactique, historique, de propagande ?

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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 46  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 07 Nov 2017, 15:34

Tarpan a écrit:Pour en revenir au grande bataille à part Moscou, Stalingrad, Koursk, Leningrad (siége), on cite généralement LES batailles de Rostov, Kharkov, Smolensk, Minsk, Sébastopol (siége) et il en manque sans doute, à savoir aussi peut être ce que l'on entend par PLUS grandes batailles en terme d'effectif, de résultat stratégique, tactique, historique, de propagande ?


J'ai de grandes lacunes concernant le front Est... mais en tant que passionné d'histoire militaire... Kharkov me semble une bataille tout à fait particulière.
Rarement citée au rang des "grandes batailles de la Seconde guerre mondiale", la ville en connaîtra pourtant 4 ! C'est dire le caractère éminemment stratégique de cette ville ! :|

La troisième bataille de Kharkov en février 1943 est un chef d'œuvre d'art opérationnel allemand avec un MANSTEIN au sommet de son art !
La maestria avec laquelle il fait roquer ses forces blindées pour briser le fer de lance soviétique sauve l'entièreté de la Heeresgruppe Süd ! Les Allemands évitent un Bagration avec 15 mois d'avance !
Dernière fois où HITLER se plie à la volonté d'un de ses généraux. Le Führer faisait littéralement dans son fr.c pendant que son stratège menait les opérations avec le plus grand sang froid.

La raspoutitsa empêchera de rafler entièrement la mise et laissera le saillant de Koursk... ::pipo::
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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 47  Nouveau message de Finril56  Nouveau message 07 Nov 2017, 16:05

Stalingrad est à la fois une bataille et une campagne. Il est d'ailleurs assez faux de n'associer Stalingrad qu'à Blau. Il ne faut pas oublier la phase soviétique qui débute avec Ouranos et qui n'a absolument plus rien à voir avec Blau.
Bataille avec les combats qui se déroule dans la ville en elle même. Bataille en deux parties d'ailleurs avec une premiere partie où les allemands attaquent puis une seconde partie où les allemands défendent. Avec, entre les deux phases, un siège.
Campagne avec tout les combats qui se déroulent autour de Stalingrad avant et après les combats dans la ville en elle même. Le tout avec plusieurs opérations: Ouranos et Malo Saturn coté soviétique et Wintergewitt coté allemand. IL y a aussi l'opération soviétique qui se déclenche en janvier 1943 pour détruire les troupes allemandes encerclées. Et ne pas oublier la poussée initiale allemande qui dérive de Blau.
Bref un cas assez atypique au final.

Kursk c'est une opération. Zitadel est son nom. Elle comportera deux batailles distinctes. L'une se passe au nord et l'autre se passe au sud. Chacune est menée indépendament de l'autre par des généraux différents (des deux cotés). Les deux batailles auront d'ailleurs des résultats très différents. Le tout faisant partie de la campagne d'été 1943 qui comprendra en plus Kutusov et Rumyantsev deux opérations soviétiques visant Orel et Kharkov plus d'autres opérations moins connus.

Bagration même combat que Kursk. C'est une opération. Ca n'est pas une campagne car elle a des objectifs très limitées dans le temps et dans l'espace. La campagne d'ete 1944 comprend ainsi l'opération Bagration, l'opération Lvov/Sandomierz, les offensives dans les pays baltes plus quelques opérations dans le sud.
Comparée Bagration et Barbarossa c'est une erreur. Barbarossa couvre nettement plus de terrain et à un but précis: detruire l'URSS.
Bagration couvre assez peu de terrain (en gros à peine un tiers du front), court sur peu dans le temps (quelques semaines contre quelques mois pour Barbarossa) et surtout à des buts beaucoup moins importants. Le but c'est de reprendre la Biélorussie et l'importante ville de Minsk. Elle sert aussi à attirer et fixer les réserves allemanes pour lancer d'autres opérations sur d'autres points du front. Bagration est juste le coup d'envoi de la campagne d'été, pas la campagne en elle même.


Tarpan a écrit:La Campagne (vaste étendue de pays plat et découvert) quand à elle désigne généralement un pays.

Pas tout à fait d'accord...surtout pour les combats à l'Est. Une campagne couvre plutôt une suite d'opérations coordonnées s'étalant sur une plage de temps précise. Ces campagnes sont le plus délimités par la saisonalité. En effet le climat russe impose deux pauses obligatoires pour les armées (la Raspoutisa passe par là). L'arrivée de l'hiver modifie aussi un peu la donne (surtout pour les allemands). On parle ainsi de campagne d'été, d'automne, de printemps et d'hiver.
Par exemple la campagne d'été 1944 couvre ainsi les territoires finlandais, soviétiques mais aussi roumains. La campagne de début 1945 couvre l'Allemagne, la Pologne, la Hongrie et la Finlande (et il me semble quelques combats en Norvège). On ne donc pas parler de campagne désignant un pays (au contraire du front Ouest).

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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 48  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 07 Nov 2017, 16:42

On s'éloigne un peu du sujet mais je vous propose quand même mon avis:
En ce qui me concerne, une bataille est un engagement entre deux parties belligérantes mais qui n'est pas limité dans le temps. On parle de "Bataille de Stalingrad" et pourtant cela à durer plusieurs mois, là où d'autres "batailles" ne dureront ou ne durèrent qu'une seule journée (enfin pratiquement 24 heures)
Une "Campagne" quant à elle, à un but stratégique. Par exemple, et là je change de théâtre d'opérations, la campagne des Îles Solomon avait pour but, non seulement, d'empêcher des débarquements japonais en Australie mais également pour but de faire reculer lesdits japonais.
Le territoire concerné par une 'campagne" n'est pas vraiment défini.Si l'on prend l'exemple de la "bataille" de Guadalcanal on se rend compte que cette "bataille" fait partie intégrante de la "campagne" des Îles Solomon.
Bien amicalement
Prosper ;) ;)
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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 49  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 07 Nov 2017, 16:56

J'envie tes certitudes Ludovic ;)

Elles démontrent bien l'énormité de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre à l'Est en particulier. Les échelles de batailles, campagnes et opérations sont largement dépassées au regard des notions classiques.

Sans vouloir ergoter, il me semble malgré tout :

Finril56 a écrit:Stalingrad est à la fois une bataille et une campagne. Il est d'ailleurs assez faux de n'associer Stalingrad qu'à Blau. Il ne faut pas oublier la phase soviétique qui débute avec Ouranos et qui n'a absolument plus rien à voir avec Blau.
Bataille avec les combats qui se déroule dans la ville en elle même. Bataille en deux parties d'ailleurs avec une premiere partie où les allemands attaquent puis une seconde partie où les allemands défendent. Avec, entre les deux phases, un siège.
Campagne avec tout les combats qui se déroulent autour de Stalingrad avant et après les combats dans la ville en elle même. Le tout avec plusieurs opérations: Ouranos et Malo Saturn coté soviétique et Wintergewitt coté allemand. IL y a aussi l'opération soviétique qui se déclenche en janvier 1943 pour détruire les troupes allemandes encerclées. Et ne pas oublier la poussée initiale allemande qui dérive de Blau.
Bref un cas assez atypique au final.


que pour moi Stalingrad est une bataille commençant par l'assaut allemand à la fin de l'été, prolongé par les différentes phases de combat urbain et parachevé par l'encerclement de novembre consécutif à Uranus. Il y a là unité d'espace et de temps... un intervalle de temps fort long mais marqué par la continuité des opérations. Opérations dans le cadre général de l'offensive d'été allemande qui, faute de terme plus approprié, s'apparente à une campagne. Les opérations menées sur un secteur de la ville influent directement sur les autres, ce qui correspond à la définition contemporaine de "bataille" au sens stratégique. C'est en tous cas ce qu'il me semble.

Conséquence du succès d'Uranus, petit Saturne vise Rostov et sort du cadre de la bataille de Stalingrad, tout comme Wintergewitter qui est une opération de sauvetage à part entière conséquemment à la bataille de Stalingrad en train d'être perdue.

Tout est question de perception évidemment... Il est néanmoins communément admis que toutes ces opérations sont menées dans le cadre de ce que l'on appelle "La bataille de Stalingrad". Aucun historien ne les a jusqu'ici qualifiées de "Campagne de Stalingrad".

Finril56 a écrit:Kursk c'est une opération. Zitadel est son nom. Elle comportera deux batailles distinctes. L'une se passe au nord et l'autre se passe au sud. Chacune est menée indépendament de l'autre par des généraux différents (des deux cotés). Les deux batailles auront d'ailleurs des résultats très différents. Le tout faisant partie de la campagne d'été 1943 qui comprendra en plus Kutusov et Rumyantsev deux opérations soviétiques visant Orel et Kharkov plus d'autres opérations moins connus.


Tout est "opération"... et ne nous aide pas à qualifier de bataille ou de campagne. Koursk : 2 batailles distinctes effectivement. Deux pinces destinées à se rejoindre... ...mais qui ne se rejoindront jamais. Il me semble que cela répond à la définition d'actions menées aux 2 ailes ayant une influence directe l'une sur l'autre. Evidemment, l'échelle n'est pas celle de Cannes :D

Si tous ceux qui considèrent Koursk comme une bataille se trompent... ils sont fort nombreux ;)

Finril56 a écrit:Comparée Bagration et Barbarossa c'est une erreur.


Je ne les compare pas en tant que telles mais en terme d'échelle, elles dépassent de loin les autres offensives menées à l'Est.

Mais le fond pour moi n'est pas de catégoriser ou de coller des étiquettes à tout prix mais de prendre conscience de l'évolution de l'art de la guerre à travers le temps, la Seconde Guerre mondiale et son théâtre d'opérations le plus vaste en particulier.

Tout cela laisse une large part à l'appréciation et aux nuances (EDIT Prosper en donne un excellent exemple avec le théâtre du Pacifique).
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Re: Les plus grandes batailles du front de l'Est

Nouveau message Post Numéro: 50  Nouveau message de Finril56  Nouveau message 07 Nov 2017, 17:12

Dog Red a écrit:
Tarpan a écrit:Pour en revenir au grande bataille à part Moscou, Stalingrad, Koursk, Leningrad (siége), on cite généralement LES batailles de Rostov, Kharkov, Smolensk, Minsk, Sébastopol (siége) et il en manque sans doute, à savoir aussi peut être ce que l'on entend par PLUS grandes batailles en terme d'effectif, de résultat stratégique, tactique, historique, de propagande ?


J'ai de grandes lacunes concernant le front Est... mais en tant que passionné d'histoire militaire... Kharkov me semble une bataille tout à fait particulière.
Rarement citée au rang des "grandes batailles de la Seconde guerre mondiale", la ville en connaîtra pourtant 4 ! C'est dire le caractère éminemment stratégique de cette ville ! :|

La troisième bataille de Kharkov en février 1943 est un chef d'œuvre d'art opérationnel allemand avec un MANSTEIN au sommet de son art !
La maestria avec laquelle il fait roquer ses forces blindées pour briser le fer de lance soviétique sauve l'entièreté de la Heeresgruppe Süd ! Les Allemands évitent un Bagration avec 15 mois d'avance !
Dernière fois où HITLER se plie à la volonté d'un de ses généraux. Le Führer faisait littéralement dans son fr.c pendant que son stratège menait les opérations avec le plus grand sang froid.

La raspoutitsa empêchera de rafler entièrement la mise et laissera le saillant de Koursk... ::pipo::


En fait non doublement.
D'abord les deux offensives soviétiques lancés dans la région sont au bout du rouleau bien avant la contre attaque de Manstein.
Les unités du Groupe Mobile Popov qui doivent se rabattre sur les arrières allemands à Dnepropetrovks et Zaporye sont toutes en panne d'essence et ne peuvent donc plus du tout avancer courant janvier....donc AVANT l'offensive de février-mars lancé par Manstein. Quand ce dernier attaque cette pointe blindé compte....25 chars en etat. Plus vraiment une menace donc.
Les troupes qui doivent avancer vers Poltava et Krementchoug sont dans le même état...usées jusqu'a à la corde et incapable d'actions offensives.
Aucun risque de Bagration donc. Skachock et Zvesdia (c'est le petit nom des offensives dans la région) qui doivent atteindre le Dnepr n'ont pas les moyens de leurs ambitions. Joukov s'oppose d'ailleurs à ces offensives qu'ils sait impossible à mener à bien. C'est Staline qui impose sa vue (pour la dernière fois de la guerre d'ailleurs). D'ailleurs cet echec cuisant va lui faire comprendre de facon clair et assez définitive qu'il ne doit plus se meler de la planification des offensives suivantes.

Ensuite rafler la mise? ben non. A aucun moment Manstein ne peut rafler la mise.
D'ailleurs quelle mise? Detruire l'Armée Rouge? avec quoi? 4 PzD usées (GD, Das Reich, Totenkopf et Leibstandarte) et pas d'infanterie? Ne me fait pas rire. La Stavka rameute tout un front pour rétablir la situation. En effet la totalité des troupes retenues à Stalingrad à eu le temps de se reposer, de se recompleter et de venir prendre position face à l'offensive de Manstein. Ce sont donc des troupes fraiches et hautement aguerries qui arrivent donc en masse sur le front. Bien plus qu'il n'en faut pour stopper une avance. Pour avancer de Kharkov à Belgorod quelques 150 kms plus loin il faudra presque trois semaines de combat. Plus ennuyeux il est incapable de franchir le Donetz qui devient une ligne de défense redoutable pour les soviétiques. L'avance est bel et bien brisé Eavant la Rasputisa.
Mais Manstein, qui n'est plus à un mensonge près dans ces memoires, va minimiser la résistance russe pour expliquer son arret et tout coller sur le dos de la Rasputisa.
De plus la Stavka possède encore une armée blindée de réserve fraiche qui est prête à frapper (la 5eme Armée de la Garde...celle qui sera sacrifiée à Kursk). Elle dispose aussi d'un autre front tout frais qui attend (le Front de la Steppe de Konev). Bref si la situation devenait vraiment dangereuse il y avait de quoi infliger une méchante gifle à Manstein. Mais en mars 43, la Stavka a déjà la tête tournée vers le coup d'après et commence déjà à mettre en place le piège de Kursk.

Le bilan final du contre est d'ailleurs plutot maigre. Une seule armée soviétique encerclée et détruite (ironie de l'histoire il s'agit, là aussi, de la 6eme Armée). Le Groupe Mobile Popov pourtant à l'arret sauve l'essentiel de ses personnels (ce qu'il y a de plus précieux) et arrive à s'extirper du piège de Manstein. Le tout avec des divisions allemandes dans un état déplorable et qui sont bien contentes que tout s'arrete enfin.

Alors la maneuvre est certes brillante dans sa conception et sa mise en oeuvre. Il fallait vraiment garder la tete froide pour faire face à une situation qui paraissait désespérée. Mais elle frappe un adversaire qui est, lui aussi, au bout du bout du rouleau et totalement incapable de se défendre. Et quand ce dernier arrive enfin à rameuter des troupes plus fringantes, l'avance allemande ralentit puis s'embourbe faute de moyens. Car, contrairement aux sovietiques, Manstein n'a plus de reserves à engager pour "rafler la mise". I
l faut donc relativiser pas mal la portée du contre.

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