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Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 03 Sep 2013, 18:41
de Puyol
Quel est l'humeur de Hitler pendant les premières semaines de l'opération Barbarossa ?

Quel est l'humeur de Hitler pendant les premières semaines de l'opération ? Il est radieux ! Il est convaincu que la Russie sera vaincue.
L'angoisse de Hitler commence trois ou quatre semaines après le déclenchement des opérations. Hitler se rend compte que l'Armée rouge n'est pas aussi vulnérable qu'il le pensait initialement.

Vous avez sans doute lu quelques articles ou livres qui signalent cette euphorie initiale de Hitler et des généraux allemands. Ce fil a pour but d'apporter des précisions sur ce sujet.

Re: Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 03 Sep 2013, 18:48
de Prosper Vandenbroucke
C'est bien d'avoir ouvert un nouveau fil à ce sujet car il me semble que tu avais déjà posé la question dans le fil sur le vol de Hess:
viewtopic.php?f=17&t=30264&p=456883&hilit=humeur+de+Hitler#p456883
mais là c'était hors sujet.
Les débats sont ouverts!!!
Amicalement
Prosper ;)

Re: Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 03 Sep 2013, 19:24
de fbonnus
Il était dans sa dynamique gagnante et "folle" .... l'avenir va très certainement le décevoir ...

A vous lire

Amicalement

Re: Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 03 Sep 2013, 23:23
de Bruno Roy-Henry
Il me semble qu'Hitler était optimiste jusqu'au franchissement de la Dvina et du Dniepr. A partir de septembre, la résistance russe se durcit et l'inquiétude des généraux de la Wehrmacht remonte jusqu'à lui : le nombre des divisions détruites dépasse le nombre des divisions identifiées en juin et il en reste toujours. En même temps, le chiffre des pertes allemandes ressemble de plus en plus aux pertes de 14/18... Seule la prise de Moscou paraît désormais comme l'épreuve suprême qui verra, en cas de succès, l'effondrement de l'URSS !

Re: Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 04 Sep 2013, 05:31
de Audie Murphy
Les premières semaines de Barbarossa ne peuvent que réjouir le Führer. Ses objectifs sont atteints, la surprise semble totale et « un coup de pied dans ces ruines pourries les fera s'effondrer.» Les premiers signes de l'hiver commenceront à inquiéter les dirigeants nazis. Ce n'est que lorsque la Wehrmacht commencera à piétiner devant Moscou et que Stalingrad résistera aux limites du possible que le Führer commencera à déchanter.

Re: Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 04 Sep 2013, 07:05
de RoCo
Bonjour,

Je pense que l'euphorie d'Hitler et de la plupart des généraux va encore durer jusqu'après la bataille de Wjasma-Brjansk. Avec les énormes pertes de l'Armée Rouge à cette bataille et celle de Kiew en octobre, on pensait l'armée sovjétique incapable de continuer la guerre. Même si, après la continuation de l'avance vers Moscou la Wehrmacht va encore avoir quelques succès, le temps va désormais jouer contre les allemands. Tout les plans ont été faits sur base d'une campagne courte (la seule que l'Allemagne pouvait envisager au vu de ses ressources) et finie avant le début de l'hiver .

De plus, je pense qu'une première fracture entre AH et certains généraux s'était déjà faite le 21 aout, quand il décide d'arrêter les Panzergruppen Hoth et Guderian dans leur attaque sur Moscou et de les faire bifurquer vers le nord et le sud.
Que Guderian vient expliquer son point de vue comme un élève devant le maître d'école n'y changera rien .

Roger

Re: Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 04 Sep 2013, 09:36
de François Delpla
Ce que je vais écrire n'apprendra rien aux lecteurs des fils sur Hess et sur Dunkerque (entre autres) : la seule chose qui puisse rendre vraiment Hitler euphorique, à partir de la venue de Churchill au pouvoir, c'est sa chute, ou du moins l'espoir que celle-ci soit quasiment acquise, à brève échéance.

Re: Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 04 Sep 2013, 10:02
de RoCo
Bonjour Françcois,

Au moment que les allemands auraient atteint leur but à l'est, càd la capitulation
de l'armée soviétique avant l'hiver, le problème Churchill serait devenu insignifiant .
Je sais que vous êtes en plein milieu d'une discussion concernant le Haltebefehl, mais de
là à résumer la deuxième guerre mondiale à une guerre personnelle entre Hitler et
Churchill............?

Bonne journée
Roger

Re: Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 04 Sep 2013, 10:27
de François Delpla
RoCo... et ses frères sont invités à ne pas caricaturer.

Hitler prend par sa guerre sur deux fronts un risque majeur.
Il le sait.
L'histoire de grand-papa, de papa et aussi hélas encore de grand frère n'envisage même pas qu'il le sache et le croit euphorique, persuadé que l'URSS va s'effondrer en trois mois etc.
En fait, il n'en est pas persuadé : ce n'est qu'un pari; il espère que la Providence ne va pas le laisser en plan et, donc, va favoriser cet écroulement. Et que, comme tu le dis, la question "Churchill" deviendra très secondaire.
Le discours de Churchill le soir même de l'attaque, et le fait que le lendemain les capitalistes du monde entier ne le traitent pas de tous les noms, est un premier coup très dur dans cet espoir. Il signifie : même si l'ennemi oriental s'écroule demain matin, la paix est une autre paire de manches.
Puis très vite l'organisation de la résistance soviétique elle-même, galvanisée par le discours stalinien du 3, est une catastrophe quotidienne.
Mais dans ces cas-là il incombe au chef de donner le change.

C'est pourquoi Puyol a bien raison de faire un appel au peuple pour obtenir des témoignages concrets sur son euphorie, dont jusqu'ici il avait entend parler par des historiens, sans références précises semble-t-il.

Re: Barbarossa suscite l'euphorie

Nouveau messagePosté: 04 Sep 2013, 10:50
de François Delpla
PS.- J'invite tout un chacun à prendre connaissance du discours de Churchill, suffisant à mon avis pour provoquer le désordre digestif que Hitler avoue à Goebbels le 18 août :
http://www.ibiblio.org/pha/policy/1941/410622d.html

Voilà bien un échantillon de ce dont la guerre froide nous a privés : non pas que ce discours ait été alors retiré de la circulation, mais à coup sûr il n'a pas trouvé sa juste place dans l'histoire du siècle et il urge de la lui donner, notamment pour relativiser le préjugé de l'euphorie hitlérienne.