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Varsovie, des nouveaux documents

Après l'opération Barbarossa, les forces de l'Axe contraignent l'URSS au repli.
Après une série de succès, l'Allemagne s'enlisera progressivement puis cédera à Stalingrad et à Koursk.
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Nouveau message Post Numéro: 21  Nouveau message de Borovic  Nouveau message 29 Juil 2008, 09:32

Bonjour Audie,

... Pour moi, l'ordre d'arrêt a été transmis le 27 juillet 1944 (en fonction du plan prévisionel d'encerclement de Varsovie de Rokossowski et du changement radical des mouvements des unités du 1° Front biélorusse).
... Quant à la raison, je ne pense pas que ce soit pour anéantir l'anti-soviétique Gouvernement polonais en exil à Londres. C'est déja fait avec l'assassinat de Sikorski à Gibraltar. Bien au contraire, Londres lui offrait sur un plateau la peau de AK (Plan "Tempête"). La cause de cet arrêt ? ... l'élimination physique - l'assassinat -de milliers de combattants de la Résistance anticommuniste qui stationnent sur les arriéres de l'Armée Rouge et s'apprêtent à former un Gouvernement à Varsovie. Staline a agi en politique, pas en militaire. L'arrêt devant Varsovie est parfaitement logique .... pour tout stalinien.

Bonne journée

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Nouveau message Post Numéro: 22  Nouveau message de Audie Murphy  Nouveau message 29 Juil 2008, 17:33

Merci des précisions Borovic.
You'd better run for cover before I start to smile...

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Nouveau message Post Numéro: 23  Nouveau message de Borovic  Nouveau message 29 Juil 2008, 17:57

Witam !

... la mort de Sikorski est d'actualité en ce moment. La Pologne demande d'exhumation de sa dépouille pour des examens scientifiques plus approfondis permettant d'affirmer qu'il était déja mort avant la chute de l'appareil. Belle empoignade en perspective.
La thése de l'assassinat de Sikorski par Staline prend un "drôle" de tournant, en y mêlant Churchill.
Ce fait "touche" de pres notre forum et le fil sur le Notre Dame d'Etel où est en photo son aide de camp le L.V. Poniekowski en visite à Beyrouth, en même temps que Sikorski, juste avant "le dernier vol" pour Gibraltar. Poniekowski aurait donc été assassiné dans les mêmes circonstances en même temps que son patron.
"Ca gratouille", coté anglais.
Affaire à suivre !

Bonne journée

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Nouveau message Post Numéro: 24  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 02 Sep 2008, 20:05

Contrairement à ce qu'affirme Borovic, le général Sikorski est décédé, non des suites d'un assassinat, mais d'un banal accident d'avion.

Staline avait beau considérer Sikorski comme un gêneur, il ne l'a pas pour autant supprimé. En fait, la thèse de l'accident a le mérite de la vraisemblance, et d'être soutenue par des éléments révélés par un pseudo-historien qui s'était acharné à vouloir démontrer la culpabilité... de Churchill, ce qui ne manque pas de sel.

Rappel des faits : en fin de soirée du 4 juillet 1943, près de deux mois après l'annonce de la découverte d'un charnier d'officiers polonais à Katyn (officiers massacrés par les Soviétiques, pain bénit pour la propagande nazie), le Liberator qui transportait le général Sikorksi s'écrasait près de Gibraltar, quelques instants après avoir décollé de l'aérodrome britannique.

Sa mort fut une véritable catastrophe pour le gouvernement polonais en exil. Sikorski, héros de guerre, politicien doué, homme intègre, incarnait la résistance polonaise à l'envahisseur nazi. Avec lui disparaissait, en plein contentieux avec Moscou, le seul individu suffisamment charismatique pour défendre avec le brio requis les intérêts de la Pologne face aux prétentions soviétiques. Ce alors que le Kremlin prenait prétexte du désarroi polonais consécutif à la découverte du charnier de Katyn pour se désolidariser des collègues du général.

Les circonstances de la mort de Sikorski ont fait l'objet d'une petite polémique récemment ressuscitée. Accident ou sabotage ? En ce qui concerne la seconde hypothèse, rien n'est venue la confirmer. Aucune trace de sabotage n'a été relevée. Aucune preuve n'a été apportée.

En revanche, l'hypothèse de l'accident est bien plus crédible. Voici pourquoi.

Un sac postal avait été retrouvé sur la piste d'atterrissage, étant tombé du Liberator qui allait s'écraser en mer, non loin de là. Or tous les témoins ont affirmé que la porte arrière de l'appareil avait été fermée avant le décollage. De même le mécanicien navigant avait signalé que "tout était en ordre dans la cabine, ce qui impliqu[ait] que les trappes des soutes à bombes [avaient été] bien fermées" (David Irving, La mort mystérieuse du général Sikorski, Robert Laffont, 1969, p. 221).

Comment ce sac avait-il pu s'échapper de l'avion ? Le pilote, flight commander tchèque du nom Edward Prchal, seul survivant de l'accident, supposa, si l'on en croit Irving, que le sac n'avait "pu être perdu que par l'ouverture du logement de la roue avant du train d'atterrissage".

Je cite David Irving (op. cit., p. 221-222) :

C'est possible. Dans le Liberator aménagé en transport, le poste bombardier, dans le nez vitré de l'appareil, était utilisé comme soute et on y mettait du courrier. En principe, les sacs étaient arrimés, l'écoutille fermée.

Mais le dimanche matin, 4 juillet, vers 7 heures, un homme est monté à bord prendre des sacs de courrier. On ne l'a su que par hasard au cours de l'enquête. Prchal, Kelly, son mécanicien navigant et les autres l'ignoraient. Le caporal Hopgood, de garde dans l'appareil, a déclaré : "L'homme est allé dans la soute à bombes AVANT prendre les sacs... Il l'a vu aller vers l'avant. La soute à bombes était aménagée en compartiment voyageurs. Le wing-commander Falk pense que Hopgood a voulu dire dans le compartiment du bombardier à l'avant.

L'homme de l'A.D.R.U. prend son ou ses colis. Il déplace les autres sacs pour trouver ceux qu'il cherche et il referme mal l'écoutille (nous restons dans le domaine des hypothèses). Le mécanicien, dans sa dernière inspection de l'avion, durant le point fixe en bout de piste, constate que les trappes de soutes à bombes sont bien fermées mais ne pense pas à se rendre dans le compartiment du bombardier où, à sa connaissance, personne n'est entré.

Les trépidations des moteurs, le roulis de l'appareil qui roule pour aller en bout de piste secouent les sacs, les font glisser et l'un d'eux passe dans le logement de la roue avant du train. Quand l'avion démarre pour décoller, il tombe sur la piste.

Voilà qui expliquerait la perte du sac postal que retrouvera le lendemain le mitrailleur William Miller.

Mais où un sac est passé, un autre peut suivre. Un second sac de courrier prend donc le même chemin et va à son tour tomber par l'ouverture. A ce moment, l'avion a décollé. Prchal rentre son train. La roue avant en remontant repousse le sac postal dans l'appareil. Elle le repousse au dessus d'elle, jusqu'à le plaquer contre le plancher du poste de pilotage et contre les câbles des gouvernes de profondeur qu'il bloque.

Quand l'avion s'écrase en mer (ou au cours du repêchage), ne serait-ce que parce que la pression d'huile est tombée dans les vérins du train d'atterrissage, le sac est libéré et devient une épave comme les autres. C'est un sac ; en principe, il contient des lettres, du papier. Il n'a pas plus laissé de traces sur les câbles métalliques qu'un tampon de chiffons et les experts ne pourront déceler les points de friction en cherchant des éraflures qui n'existent pas.


David Irving a au moins précisé que cette hypothèse n'était pas de lui, mais de "certains milieux" (p. 221). Il ajoute également, p. 223 : "L'hypothèse est séduisante. Mais ce n'est qu'une hypothèse."

Cela étant dit, comme l'a dit le wing-commander Falk, cité par Irving, p. 222-223 :

Après avoir étudié les conclusions de la commission d'enquête, je suis maintenant plus convaincu que jamais que cette explication est la seule qui cadre au mieux avec les témoignages dont nous disposons. Pas une seule déposition n'infirme l'hypothèse ; plusieurs l'étayent.


Mais David Irving, remarquable crétin quand il s'y met, finira par nier l'évidence, et malgré son enquête qui établissait la certitude de l'accident, prétendra que le crash de l'appareil était d'origine criminelle, et que Winston Churchill a commandité le meurtre du général polonais ! Et à ce sujet, il commettra une superbe falsification de document à cet effet...

Bref, c'est sans doute un sac postal qui, en bloquant indirectement les commandes de l'appareil, est à l'origine de l'accident.

Dans ces conditions, prétendre que Churchill ou Staline aient commandité la mort de Sikorski me paraît manifestement erroné et peu sérieux.
« Choisir la victime, préparer soigneusement le coup, assouvir une vengeance implacable, puis aller dormir… Il n'y a rien de plus doux au monde » (Staline).

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Nouveau message Post Numéro: 25  Nouveau message de juin1944  Nouveau message 02 Sep 2008, 20:16

A tout acte, il existe une cause et la thèse de Borovic tient la route dans la mesure où il est tout à fait plausible que l'Armée rouge n'ait pas souhaité s'embarasser avec Sikorski surtout après un premier démentelement en septembre 1939 sans aucune arrière pensée. Pourquoi Staline aurait il eu plus de remords en 1944 ? Le sort de la Pologne après le futur Yalta était déjà scellé et prêt à sortir des cartons.

Nous sommes en accord sur un point : Staline a sciemment laissé se faire l'écrasement de Varsovie sans broncher une seule seconde.

Quelqu'un parmi ce parterre d'érudits connaitrait il un ouvrage évoquant la brigade SS Rona ? j'aimerais en savoir plus sur cette unité


 

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Nouveau message Post Numéro: 26  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 02 Sep 2008, 20:21

Borovic a écrit:Bonjour Audie,

... Pour moi, l'ordre d'arrêt a été transmis le 27 juillet 1944 (en fonction du plan prévisionel d'encerclement de Varsovie de Rokossowski et du changement radical des mouvements des unités du 1° Front biélorusse).


Impossible, pour deux raisons, l'une historique, l'autre logique :

1) Un ordre d'arrêt n'a pu être communiqué le 27 juillet 1944 au 1er Front de Biélorussie du maréchal Konstantin Rokossovski, puisque ce dernier recevra l'ordre, le lendemain, d'occuper Praga, qui faisait face à Varsovie sur la rive orientale du fleuve Vistule. A ce titre, il devait affronter cinq divisions de Panzer et quatre divisions d'infanterie assistées de deux brigades d'infanterie. Inutile de préciser que l'offensive soviétique tourna à la boucherie. Les Allemands cédaient le terrain pas à pas, infligeant de terribles pertes aux forces de Rokossovski. Et au matin du 31 juillet, les Panzer passèrent à l'attaque. Le 4 août, ils étaient parvenus à repousser l'Armée rouge, en certains points de 50 à 100 kilomètres. La pointe de l'offensive russe, la 2e armée blindée, avait perdu 425 chars et canons automoteurs sur 808 engagés au 18 juillet 1944 - voir George Bruce, L'insurrection de Varsovie, Robert Laffont, 1972, p. 117-139.

2) D'un point de vue logique, je ne vois pas pourquoi Staline aurait, le 27 juillet 1944, stoppé son offensive (au risque de mettre ses propres troupes en difficulté)... alors que la Résistance non-communiste n'avait pas encore pris les armes, ni même décidé de le faire. Bref, j'ai peine à comprendre votre raisonnement : Staline ordonne à l'Armée rouge de faire halte pour permettre aux nazis... de faire quoi ? Si l'Armée de l'Intérieur ne se révolte pas et reste dans ses quartiers, les Allemands n'ont aucun moyen de l'annihiler (ladite annihilation supposant effectivement une insurrection préalable), et Staline l'a, du coup, quelque peu dans l'os. Je le savais parfois peu fûté, mais à ce niveau d'imbécillité de sa part, j'éprouve quelques doutes.
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Nouveau message Post Numéro: 27  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 02 Sep 2008, 20:40

juin1944 a écrit:A tout acte, il existe une cause et la thèse de Borovic tient la route dans la mesure où il est tout à fait plausible que l'Armée rouge n'ait pas souhaité s'embarasser avec Sikorski surtout après un premier démentelement en septembre 1939 sans aucune arrière pensée. Pourquoi Staline aurait il eu plus de remords en 1944 ? Le sort de la Pologne après le futur Yalta était déjà scellé et prêt à sortir des cartons.


Que Staline ait un mobile est une chose, qu'il soit passé à l'acte en est une autre. Or, aucun élément n'est de nature à corroborer la thèse de l'attentat. Au contraire, tout milite pour l'accident.

On a suspecté, gratuitement, l'agent britannique pro-soviétique "Kim" Philby d'avoir organisé l'attentat. Mais la vie de Philby est bien connue - voir notamment Anthony Cave Brown, Philby père et fils. La trahison dans le sang, Pygmalion/Gérard Watelet, 1997. Rien ne le rattache au trépas du général polonais.

Quant au sort de la Pologne, il était tout sauf scellé en 1943. Ce n'est qu'au regard de la configuration militaire et politique de 1945 que l'avenir de ce pays s'est définitivement joué, lorsque les Anglo-Saxons ont constaté qu'ils avaient perdu tout droit de regard à ce sujet du fait de la disparition de l'A.K., et de l'occupation totale de l'Europe de l'Est par l'Armée rouge.

A supposer que le charnier de Katyn n'ait pas été découvert, ou que le gouvernement polonais en exil n'ait pas commis l'erreur (moralement compréhensible, politiquement accablante) de réclamer une enquête sur ledit massacre, ou que Sikorski n'ait pas été victime de cet accident d'avion, ou que l'armée allemande n'ait pas été capable de stopper l'Armée rouge devant Varsovie, permettant à l'A.K. de s'emparer de la ville dans de meilleures conditions, ou que les Alliés n'aient pas été retardés par l'offensive des Ardennes, le destin de la Pologne eût peut-être été autre.

Autrement dit, la satellisation de la Pologne est la résultante de la volonté stalinienne certes, mais surtout d'une suite d'événements parfaitement aléatoires qui ont progressivement réduit à néant la marge de manoeuvre des Alliés occidentaux - sachant que Roosevelt n'était qu'un très modeste supporter de la cause polonaise, comme en témoigne sa réaction à l'insurrection du 1er août 1944, et ce à l'inverse du pugnace Churchill.



Nous sommes en accord sur un point : Staline a sciemment laissé se faire l'écrasement de Varsovie sans broncher une seule seconde.


Tout à fait.



Quelqu'un parmi ce parterre d'érudits connaitrait il un ouvrage évoquant la brigade SS Rona ? j'aimerais en savoir plus sur cette unité


Faudra que je songe à vérifier...
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Nouveau message Post Numéro: 28  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 02 Sep 2008, 21:29

Juin1944 a écrit,
Quelqu'un parmi ce parterre d'érudits connaitrait il un ouvrage évoquant la brigade SS Rona ? j'aimerais en savoir plus sur cette unité

J'ai trouvé ceci:
http://www.abebooks.fr/search/sortby/3/ ... ki+Brigade
C'est en anglais, je ne le possède pas et je ne l'ai pas lu. Je ne suis donc pas en mesure d'émettre un avis au sujet de cet ouvrage.
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Amicalement
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Nouveau message Post Numéro: 29  Nouveau message de MOSCA  Nouveau message 02 Sep 2008, 23:12

Bonsoir,

Nicolas Bernard a écrit:
1) Un ordre d'arrêt n'a pu être communiqué le 27 juillet 1944 au 1er Front de Biélorussie du maréchal Konstantin Rokossovski, puisque ce dernier recevra l'ordre, le lendemain, d'occuper Praga, qui faisait face à Varsovie sur la rive orientale du fleuve Vistule.


Je n'ai jamais entendu parler de l'ordre du 28 juillet, par contre le wikipédia russe mentionne un ordre d'arrêt datant du 31 juillet, supposément avant le début de l'insurréction.


Inutile de préciser que l'offensive soviétique tourna à la boucherie. Les Allemands cédaient le terrain pas à pas, infligeant de terribles pertes aux forces de Rokossovski. Et au matin du 31 juillet, les Panzer passèrent à l'attaque.


Ah bon? Roko lui-même ne signale pas la c-att allemande avant le 1er aout.


Le 4 août, ils étaient parvenus à repousser l'Armée rouge, en certains points de 50 à 100 kilomètres.


Bigre! Pouvez montrer sur la carte SVP?

La pointe de l'offensive russe, la 2e armée blindée, avait perdu 425 chars et canons automoteurs sur 808 engagés au 18 juillet 1944 -


Exact, mais il s'agit des pertes comptables et non pas militaires. Parlant de bilans militaires soviétiques il faudrait au moins connaître celà, pour savoir de quoi on parle. Lors des grandes offenssives soviétiques de 1944, seuls 15-20% des blindés peuvent être considérés comme définitivement détruits. Le reste revient en unité au bout d'un délai allant de quelques heures, à quelque semaines. Reste à savoir combien de ces engins sont revenus en unité au 1er aout: l'inventaire donne un effectif de 679. S'agissant d'engins opérationnels uniquement, il y a un maintien des effectifs totaux à 800-850 exemplaires malgré deux semaines de combats incéssants.

La bataille début aout (1-10) aurait couté 100 à 150 blindés à la 2e AB sur les 790 improprement dits "perdus" lors de cette campagne. Pas de quoi imaginer un bain de sang.

et Staline l'a, du coup, quelque peu dans l'os. Je le savais parfois peu fûté, mais à ce niveau d'imbécillité de sa part, j'éprouve quelques doutes.


Déjà, s'il n'avait pas perdu autant de temps à désarmer les membres de l'AK ayant libéré Lublin de concert avec l'armée rouge, il aurait pu disposer des deux forces d'infanterie (qui se combattaient au même moment) autour de ses pointes blindées, rendant leur position autrement plus forte.

Cordialement,

Mosca
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Nouveau message Post Numéro: 30  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 03 Sep 2008, 01:24

MOSCA a écrit:Je n'ai jamais entendu parler de l'ordre du 28 juillet,


Cette directive est pourtant bien connue, et fonde l'interprétation des historiens ayant tenté de déterminer au mieux les intentions de Staline (voir les ouvrages de George Bruce et Henri Michel précités, ainsi qu'Evan Mawdsley, Thunder in the East, Hodder Arnold Books, 2005, p. 330). Elle émane de la STAVKA et a été communiquée le 28 juillet à Rokossovski et Joukov. Elle n'indique pas expressément que Varsovie doit être prise, mais que l'Armée rouge doit s'emparer de Praga au 5 août 1944 et avoir établi des têtes de pont au-delà de la Narew et de la Vistule, au sud et au nord de la capitale polonaise, puis de pousser sur Torun et Lodz.

Débordée au nord et au sud, Varsovie doit tomber comme un fruit mûr, sans combat, comme les Américains comptaient agir vis-à-vis de Paris, de même que l'Armée rouge avait évité une attaque directe de Kiev en 1943. Rien de surprenant, dans ces conditions, à ce que Staline ait déclaré aux représentants du Gouvernement polonais en exil qu'il s'attendait à la chute de la capitale pour le 6 août 1944 (ibid.).

Et il en était réellement persuadé. Une autre preuve en effet, parmi celles déjà énumérées, que Staline n'a pas prémédité l'insurrection du 1er août 1944 et qu'il n'a pas donné ce tout à fait imaginaire ordre d'arrêt que personne - visiblement et bizarrement - n'arrive à dater, c'est la Pravda qui nous la fournit.

Le quotidien officiel soviétique, en principe totalement soumis à la voix de son maître - et à ce titre d'une lecture intéressante pour décrypter ses intentions - expose le 2 août 1944, lendemain de l'insurrection (dont la nouvelle a du arriver après la rédaction de l'article) : "Vers Varsovie ! Dans une offensive, il y a toujours un moment où l'opération atteint son point culminant : alors la puissance et l'élan acquis permettent de prévoir infailliblement ce qui va suivre. A un pareil moment, la puissance de l'attaque est telle que rien ne saurait arrêter son avance victorieuse."

Cet article n'a aucun sens s'il ne s'inscrit pas dans ce qui sera, jusqu'au début du mois d'août, la ligne officielle : la chute de Varsovie est considérée comme imminente. Le journaliste Alexander Werth, en poste dans la capitale soviétique au moment des faits, relate d'ailleurs qu'"à Moscou on racontait que Rokossovski allait prendre Varsovie le 9 ou le 10 août" (op. cit., p. 294).

Et puis, tout à coup, pendant deux semaines, témoigne Werth, le silence tombe sur Varsovie. Ce n'est que le 16 août 1944 que le premier communiqué de presse russe tombe : "A l'est de Praga, nos troupes ont repoussé de très fortes attaques ennemies. Elles ont abandonné Ossow." Ce qui, traduit en langage courant, révélait que Varsovie ne serait pas prise. C'est à cet instant, d'ailleurs, que se multiplient les critiques officielles contre l'insurrection "criminelle" de l'Armée de l'Intérieur.

Ces valses-hésitations de la presse soviétique, condamnée à suivre les instructions du Kremlin, témoignent de l'irrésolution de Staline, et du fait que l'insurrection a déjoué ses plans. A l'inverse, si Staline avait stoppé ses troupes (!) et poussé on ne sait comment l'Armée de l'Intérieur à l'insurrection (re-!), la presse se serait fait immédiatement l'écho de ces durs combats autour de la capitale, puis immédiatement, dès le 1er août, stigmatisé l'Armée de l'Intérieur.



par contre le wikipédia russe mentionne un ordre d'arrêt datant du 31 juillet, supposément avant le début de l'insurréction.


Ah ? Maintenant, ce n'est plus le 27 juillet, mais le 31 ?

Blague à part, Wikipedia n'est pas une source... comment dire... fiable. Et les "surprenantes" difficultés rencontrées à dater un prétendu ordre d'arrêt stalinien de fin juillet m'incitent à croire en son inexistence.




Ah bon? Roko lui-même ne signale pas la c-att allemande avant le 1er aout.


C'est d'ailleurs ce qu'il déclare au journaliste Alexander Werth le 26 août 1944, reconnaissant également ce jour là que ses troupes ont été repoussées de "disons environ cent kilomètres" (op. cit., p. 299).

Mais la contre-attaque débute bel et bien le 31 juillet. Le 1er régiment blindé de la Hermann Göring, stationné à Wolomin, attaque en direction de Wolomin. La 19. PzDiv. prend l'offensive le même jour, vers Razymin, appuyée par la 4. PzDiv. à partir de Wyszkow. C'est le lendemain que la contre-attaque allemande prend de l'ampleur, avec l'intervention de la Wiking et de la Totenkopf, d'où peut-être le fait que Rokossovski, victime de la confusion propre aux batailles, ait ressenti le choc de l'offensive le 1er août.




Bigre! Pouvez montrer sur la carte SVP?


C'est de Rokossovski lui-même, auquel vous faites également confiance. J'ai cité ma source plus haut. Possible qu'il exagère. Le fait est que l'Armée rouge est repoussée par les Allemands, et c'est ce qui importe.



Exact, mais il s'agit des pertes comptables et non pas militaires. Parlant de bilans militaires soviétiques il faudrait au moins connaître celà, pour savoir de quoi on parle. Lors des grandes offenssives soviétiques de 1944, seuls 15-20% des blindés peuvent être considérés comme définitivement détruits. Le reste revient en unité au bout d'un délai allant de quelques heures, à quelque semaines. Reste à savoir combien de ces engins sont revenus en unité au 1er aout: l'inventaire donne un effectif de 679. S'agissant d'engins opérationnels uniquement, il y a un maintien des effectifs totaux à 800-850 exemplaires malgré deux semaines de combats incéssants.


Intéressant. Sources, sur les chiffres ?

Cela dit, on cause là d'une bataille qui s'étend sur quelques jours à peine, et dont l'instant décisif tourne autour de la première décade d'août. Les Soviétiques alignaient peut-être 800 exemplaires opérationnels, n'empêche que plusieurs centaines de blindés avaient été mis hors de combat, définitivement ou non, ce qui n'est pas sans conséquence, ce d'autant qu'il s'agissait cette fois d'affronter quatre Panzerdivisionen.



La bataille début aout (1-10) aurait couté 100 à 150 blindés à la 2e AB sur les 790 improprement dits "perdus" lors de cette campagne.


100 à 150 blindés définitivement perdus, ce sont d'emblée de lourdes pertes, en dix jours et sur ce secteur du front. Si l'on y ajoute les 700 blindés endommagés quoique réparables, on obtient tout de même une réelle saignée sur quelques jours à peine.



Pas de quoi imaginer un bain de sang.


Mouais. Allez dire ça aux trouffions de base - et surtout à leurs veuves et orphelins...



Déjà, s'il n'avait pas perdu autant de temps à désarmer les membres de l'AK ayant libéré Lublin de concert avec l'armée rouge, il aurait pu disposer des deux forces d'infanterie (qui se combattaient au même moment) autour de ses pointes blindées, rendant leur position autrement plus forte.


Possible, mais à chaque décision son contexte : fin juillet, Staline n'avait aucune raison de supposer que l'Ostheer serait capable de contrer l'offensive sur Varsovie.

Cordialement,

Nicolas Bernard
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