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PHOTO : Soldats senegalais massacrés en juin 40

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...
MODÉRATEUR: gherla

Nouveau message Post Numéro: 21  Nouveau message de loulou  Nouveau message 15 Jan 2005, 18:28

Impréssionnant ta collection "clichés volés" :shock: et je trouve que l'intro à ton site est superbe !
Mes compliments au chef !


 

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Nouveau message Post Numéro: 22  Nouveau message de Yves  Nouveau message 16 Jan 2005, 00:26

(désolé j'avais loupé le début de cette discussion).
Comme Batler il y a quelques détails qui me font douter de la thèse du regroupement des corps avant l'enterrement.
- disposition des corps, je pense qu'il auraient été alignés avant d'être enterrés et dans ces cas là les corps sont généralement placés dos au sol, par ailleurs certains peuvent donner l'impression d'être restés tels qu'ils sont tombés.
- les casques sont toujours près des corps alors qu'il est très probable qu'en cas de déplacement ce sont des équipements qui ne sont pas emportés
- les soldats allemands n'ont pas l'air spécialement disposés à enterrer les corps, ils sont plus dans l'attitude de ceux qui découvrent la scène.

Enfin, tous cela ne sont que des suppositions, c'est clair que si on pouvait retrouver le lieu, les unités etc. ont pourrait en savoir plus et surtout ne pas partir sur des hypothèses aléatoires (je parle de ce que je viens d'écrire, hein...).
Quoi qu'il en soit cette photo m'a tout de suite fait penser à une scène d'exécution sommaire...


 

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Nouveau message Post Numéro: 23  Nouveau message de raca  Nouveau message 17 Jan 2005, 15:49

Un texte pour expliquer les photos :
*************
Une séance de torture

Ce texte fait partie du journal de Jean Moulin, "Premier Combat". Ce résistant français, mais également préfet d'Eure-et-Loire, a écrit ce texte au printemps 1941, lors d'une visite clandestine à sa famille.

Dans cet extrait, il raconte ce qu'il a vécu le 15 juin 1940, alors que les Allemands pénétraient en France et allaient arriver aux portes de la ville de Chartres.

Jean Moulin devait voir un général allemand, mais s'est fait arrêter et torturer par les Allemands pour qu'il reconnaisse que des soldats français des troupes coloniales ont commis des actes atroces.



" (...)

« Pensez-vous vraiment leur dis-je en refusant de prendre le papier, qu'un Français, et, qui plus est, un haut fonctionnaire français, qui a la mission de représenter son pays devant l'ennemi, puisse accepter de signer une pareille infamie ? »

La réaction est immédiate. Le meneur de jeu nazi se précipite sur moi et, rouge de colère, me menace du poing : « Nous n'accepterons pas, me crie-t-il, que vous vous moquez de l'armée de la Grande Allemagne ! Vous allez signer, m'entendez-vous, vous allez signer ! » Il m'a pris maintenant par le revers de ma vareuse et me secoue furieusement. Je ne me défends pas.

« Ce n'est pas, croyez-moi, répliquai-je, en me brutalisant que vous obtiendrez davantage que je commette une indignité. »

Alors, avec une force peu commune chez un petit bonhomme de cette espèce, il me projette violemment contre la table. Je titube un peu pour rétablir mon équilibre, ce qui déchaîne les rires des trois nazis.

Celui qui était assis tout à l'heure s'est maintenant levé et essaie dans un mauvais français, mais sur un ton plus calme, de me convaincre de l'obligation dans laquelle je suis de signer le « protocole ».

Le nazi. - Nous avons toutes les preuves que ce sont vos soldats qui ont commis ces atrocités.

Moi.- Je veux bien que vous m'indiquiez ces preuves.

Le nazi, prenant la feuille qu'il m'a tendue tout à l'heure. Aux termes du protocole, des effectifs français et notamment des soldats noirs ont emprunté, dans leur retraite, une voie de chemin de fer près de laquelle ont été trouvés, à 12 kilomètres environ de Chartres, les corps mutilés et violés de plusieurs femmes et enfants.

Moi. - Quelles preuves avez-vous que les tirailleurs sénégalais sont passés exactement à l'endroit où vous avez découvert les cadavres ?

Le nazi. - On a retrouvé du matériel abandonné par eux.

Moi. - Je veux bien le croire. Mais en admettant que des troupes noires soient passées par là, comment arrivez-vous à prouver leur culpabilité ?

Le nazi. - Aucun doute à ce sujet. Les victimes ont été examinées par des spécialistes allemands. Les violences qu'elles ont subies offrent toutes les caractéristiques des crimes commis par des nègres.

Malgré l'objet tragique de cette discussion, je ne peux m'empêcher de sourire : « Les caractéristiques des crimes commis par des nègres. » C'est tout ce qu'ils ont trouvé comme preuves ! ...

(...)

Le petit officier blond, que j'appelle désormais mon bourreau n°1, fait un geste au soldat qui pointe sa baïonnette sur ma poitrine en criant en allemand : « Debout ! »

Dans un sursaut douloureux, je me redresse. J'ai terriblement mal. Je sens que mes jambes me portent difficilement. Instinctivement, je m'approche d'une chaise pour m'asseoir. Le soldat la retire brutalement et me lance sa crosse sur les pieds. Je ne peux m'empêcher de hurler :

« Quand ces procédés infâmes vont-ils cesser ? » dis-je après avoir repris quelque peu mes esprits.

- Pas avant, déclare mon bourreau n°1, que vous n'ayez signé le « protocole ». Et à nouveau, il me tend le papier.

(...)

Ils me traînent maintenant jusqu'à une table où est placé le « protocole ».

Moi. - Non, je ne signerai pas. Vous savez bien que je ne peux pas apposer ma signature au bas d'un texte qui déshonore l'armée française.

Mon bourreau n°1. - Mais il n'y a plus d'armée française. Elle est vaincue, lamentablement vaincue. La France s'est écroulée. Son gouvernement a fui. Vous n'êtes plus rien. Tout est fini.

Moi. - Soit, mais il y a une chose qui, pour l'armée française, même vaincue, comptera toujours : c'est son honneur, et ce n'est pas moi qui contribuerai à l'entacher... D'autre part, si, comme vous le dites, je ne représente plus rien, pourquoi tenez-vous tant à ce que je signe votre « protocole » ?

(...)"


Extrait de Jean Moulin, "Premier combat", Paris, Les éditions de Minuit, 1983, p.89-94

Jean Moulin, préfet d'Eure-et-Loire en 39, entre dans la Résistance en 40. Il est l'homme clé et le pivot entre Londres et les résistants. De Gaulle a entièrement confiance en lui. Mais Vichy et la Gestapo le traquent et l'arrêtent le 21 juin 1943. Il meurt lors de son transfert en Allemagne.

http://hypo.ge-dip.etat-ge.ch/www/cliot ... tance.html

*************

:(


 

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Nouveau message Post Numéro: 24  Nouveau message de Papa schultz  Nouveau message 27 Jan 2005, 00:03

Pour info sur les massacres la totenkopf a massacré pendant la campagne de france. Des prisonniers essentiellement, comme au Paradis a Arras. Alors pourquoi pas des sengalais qui etait jugés pa Hitler comme inférieur?


 

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Nouveau message Post Numéro: 25  Nouveau message de raca  Nouveau message 27 Jan 2005, 14:23

Papa schultz a écrit:Pour info sur les massacres la totenkopf a massacré pendant la campagne de france. Des prisonniers essentiellement, comme au Paradis a Arras. Alors pourquoi pas des sengalais qui etait jugés pa Hitler comme inférieur?


et on peut aussi ajouter ceci :

***********
Serge Bilé présente "Noirs dans les camps nazis"
24/01/2005

Des noirs dans les camps de concentration nazis
© serge-bile.com

........Votre livre nous apprend que les premiers camps de concentration ont été créés en Afrique!

Les historiens se sont penchés sur le sujet en effet, et j'ai l'impression que c'est la première fois qu'il y a un écho national un peu plus fort à cette histoire.
On le sait maintenant, les premiers camps de concentration ont été construits en Namibie en 1904, pour exterminer les Héreros. Ce sont des camps à l'architecture similaire à ceux que les nazis mettront en place plus tard: des baraquements en bois, des fils de fer barbelés, des déportés tatoués, rachitiques, obligés de travailler de façon très dure. Il n'y avait pas de four crématoire, les héréros étaient directement pendus.
Des expériences médicales ont été conduites par un monsieur bien connu maintenant, le docteur Hoegen Fischer, qui aura plus tard pour bras droit Joseph Menguele qui sera le futur bourreau d'Auschwitz. On retrouve en Namibie un second personnage important, confirmant ainsi que tout a débuté en Namibie, c'est Goëring, le gouverneur de la Namibie, père du futur bras-droit d'Hitler.

Vous parlez également des lois de Nuremberg dont on a toujours pensé qu'elles étaient rédigées pour les juifs, vous affirmez qu'elles visaient aussi et surtout les noirs .

On l'oublie souvent, mais les allemands avaient des colonies, et beaucoup de noirs ressortissants de ces ex-colonies vivaient en Allemagne avant-guerre, et quand la guerre a éclaté, de nombreux afro-allemands qui ne connaissaient que l'Allemagne et aucun autre pays, ont vu leurs passeports retirés, les étudiants se ont été exclus des cours, ils se sont fait interdire de service militaire, quand à son arrivée au pouvoir Hitler a fait voter les fameuses lois de Nuremberg. Ce ne sont pas les seules humiliations qu'ils vivent puisque les males sont stérilisés, ceux qui violent les lois de Nuremberg qui interdisaient les rapports entre aryens et noirs sont systématiquement envoyés en camp de concentration. C'est comme ça que dès 1933-1935 certains sont déportés, même si les tous premières déportations datent de l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933 qui veut se venger de la honte noire vécue lors de l'occupation de la Rhénanie après la défaite de 1914-1918 qui a vu la Rhénanie occupée par des soldats noirs: pour Hitler ils ont souillé le sol rhénan.
De surcroît, des relations entre ces soldats et des allemandes sont nés 800 enfants métis.
Quand Hitler arrive au pouvoir il fait stériliser les enfants et envoie la moitié d'entre eux en camp de concentration.








Vous faites une distinction entre les noirs déportés d'autres pays comme la France pour faits de résistance, ou de communisme, alors qu'en Allemagne c'était du racisme pur et simple

En Allemagne une partie des "bâtard de Rhénanie" et de ceux qui enfreignaient les lois de Nuremberg étaient systématiquement envoyés en camp de concentration. Je me rappelle d'un afro-allemand qui venait du Tanganyka et qui a eu le malheur d'avoir une maîtresse allemande qui est tombée enceinte, et qui est allé à la mairie pour déclarer l'enfant: il a été immédiatement arrêté et déporté.

Les autres noirs ont été arrêtés soit parce qu'ils étaient résistants, soit parce qu'ils étaient communistes, et on oublie souvent que les noirs ont joué un rôle important pendant la seconde guerre mondiale.




Déporté allemand d'origine camerounaise (dans le documentaire de Serge Bilé)




Sait-on combien de noirs sont passés par les camps de concentration, et combien en sont sortis vivants?

Aucun historien ne s'étant penché sur le sujet des noirs en camp de concentration, aucune estimation n'a jamais été faite sur le sujet. Au moment de la seconde guerre mondiale, à l'exception d'Haïti, de l'Ethiopie et du Libéria il n'existait pas de pays noir indépendant, les noirs ont donc été comptabilisés sous la bannière de leur puissance coloniale. Rien ne permet par exemple de distinguer un noir français déporté d'un breton déporté.
John William par exemple qui est un déporté franco-ivoirien ne peut pas être distingué d'un déporté juif.
J'ai fait un travail d'extrapolation à partir du nombre d'afro-allemands qu'il y avait avant la guerre en Allemagne, et dans d'autres pays, j'estime à titre personnel qu'il y aurait eu entre 10.000 et 30.000 déportés noirs, et j'espère que ce sera étayé un jour par un travail d'historien.
Combien ont survécu? Dans le nombre de cas que j'ai pu découvrir ou rencontrer, je connais une dizaine de survivants.

Le rôle des noirs pendant la guerre a longtemps été tabou en France, vous avez pourtant pu vous exprimer sur de grands médias français, comment expliquez-vous le regain d'intérêt de la France pour le rôle des noirs pendant la guerre?

Je suis agréablement surpris par l'enthousiasme qu'il y a autour du livre, pour lequel l'éditeur a été surpris par l'engouement et est en rupture de stock. Ce que je sais c'est que lorsque j'ai fait le film, pendant 9 ans et 10 mois, le sujet n'intéressait personne. J'allais avec mon petit film sous le bras, il était diffusé dans de petits festivals, aucune télévision n'en voulait, John William m'accompagnait de temps en temps et discutait avec le public.
Comment expliquer le succès de ça? Je n'en sais rien, mais je sais que l'histoire est toujours écrite par le vainqueur, et le vainqueur ne veut voir que sa propre souffrance et pas celle des autres, c'est aux gens qui sont concernés de se battre pour que leur souffrance soit reconnue, trop portés sur l'esclavage peut-être n'avons-nous pas prêté suffisamment attention à cette histoire nous-mêmes, ou à d'autres, comme ce qui s'est passé au Congo avec le roi Léopold. Il nous revient à nous, journalistes comme historiens, de nous pencher sur ces choses-là.
Simone Veil me disait récemment qu'il avait fallu 20 ou 30 ans aux déportés juifs pour se faire entendre. S'il leur a fallu 30 ans, nous qui pesons encore moins dans le monde, nous qui étions encore en esclavage avant la guerre, ce ne sera pas facile, mais même s'il est vrai qu'on ne nous a pas beaucoup aidés, c'est à nous de nous battre.

Les soldats africains ont pris part à la guerre dans les mêmes conditions que les autres, mais le problème de leurs pensions reste cruellement ouvert

Je rappelle dans le livre que dès la fin de la guerre, il y a eu des révoltes des soldats africains parce qu'ils n'avaient pas la même solde que les soldats français "de souche", ils ont dénoncé ces injustices, plusieurs d'entre eux ont été rappatriés en Afrique, notamment au Sénégal, et c'est comme cela qu'il y a eu le massacre du camp de Thiaroye ([a2 info991.html voir article), dont je parle également.
Cette histoire d'injustice date de ce moment, et je trouve que l'attitude de la France est injuste, pour ces gens qui ont donné tout leur coeur, tout leur amour, tout leur sang, pour ce pays, et ils méritaient mieux que ça.

Dans ces moments il faut une posture honnête, et la France n'a pas été honnête vis-à-vis de ses tirailleurs africains, parce que les antillais ne connaissent pas ce problème, elle aurait pu faire un geste pour que les pensions de ces soldats africains soient les mêmes que les soldats français après l'indépendance, parce que le sacrifice qu'ils ont fait le méritaient. Ca tombe sous le coup du bon sens et de l'honnêté.

http://www.grioo.com/info3912.html

********
http://www.serge-bile.com/noirs_camps_nazis.htm
http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=330
http://www.awigp.com/default.asp?numcat=Afrogerman
http://www.afrology.com/soc/oubli-nazi.html
**********

:evil: :evil:


 

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