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17 septembre 1944 : Market Garden , ou l'enlisement des Alliés en Hollande :

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...
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17 septembre 1944 : Market Garden , ou l'enlisement des Alliés en Hollande :

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Mahfoud06  Nouveau message 17 Sep 2013, 20:26

17 septembre 1944 : Market Garden , ou l'enlisement des Alliés en Hollande :

Texte provenant de Wikipedia : ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ra ... ket_Garden )



L'opération Market Garden est une opération militaire alliée essentiellement aéroportée de la Seconde Guerre mondiale qui se déroula en septembre 1944.

Il s'agissait d'une tentative principalement menée par les armées britanniques de prendre des ponts franchissant les principaux fleuves des Pays-Bas occupés par les Allemands. Le succès aurait permis aux Alliés de contourner la ligne Siegfried et d'accéder à l'un des principaux centres industriels du 3e Reich, la Ruhr, et donc de terminer plus rapidement la guerre.

Cette opération proposée par le maréchal britannique Montgomery avait rencontré l'opposition des généraux américains Patton et Bradley, qui voulaient continuer leur offensive au sud.

Ils avaient encore en mémoire les paroles du vainqueur d'El Alamein qui se faisait fort de s'emparer de Caen dès le soir du 6 juin 1944, alors que la ville n'était tombée que le 21 juillet.


En fait, la vraie motivation du Field-marshall britannique tenait plus du domaine de l'ego que d'une réelle logique stratégique.

Selon les témoignages rapportés par le journaliste américano-irlandais Cornelius Ryan, la mésentente entre le commandant en chef du 21e Groupe d’armées britanno-canadiennes et le général Dwight Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe, atteignait à cette époque des sommets et l'on n'était pas loin du point de rupture entre ces deux fortes personnalités.


Ainsi, Montgomery se propose de lancer une puissante offensive au nord du front, manœuvre qui devra permettre de contourner le Westwall et de déboucher ultérieurement sur le bassin de la Ruhr, cœur économique du Troisième Reich. Ce plan est soutenu par le cabinet de guerre et l'état major impérial. Winston Churchill est loin d'adhérer aux prévisions des services de renseignements qui décrivent une Wehrmacht au bord de la rupture.


Le premier ministre de sa Majesté tempère donc l'excès d'optimisme de ses généraux, en adressant une note au Général Ismay, secrétaire du comité des Chefs d'état-major, dans laquelle il avertit notamment : « Il ne faut pas sous estimer l'effet galvanisant que produira sur le moral de l'ennemi le fait de faire front à la lisière du sol natal ».

Le plan a été soumis à Eisenhower dès le 13 août 1944.


Les trois mois de batailles ayant suivi l'invasion se sont traduits par une consommation énorme en munitions, en carburant et en ravitaillement.

Une situation d'autant plus préoccupante que les ports de déchargement, ceux d'Arromanches et de Cherbourg, sont trop loin du front. Or les villes portuaires les plus proches sont inutilisables : Rouen est en ruine, Le Havre et Dunkerque sont encore solidement tenues par les garnisons allemandes.


Enfin, libérée le 5 septembre, Anvers est inexploitable car la 70e division d'infanterie allemande occupe encore les rives de l'Escaut.

À la lumière de ces éléments, sachant qu'une offensive généralisée ne peut être déclenchée, Eisenhower accepte le plan de Montgomery. Si cette opération avait entièrement réussi, elle aurait peut-être raccourci la durée de la guerre et ouvert de nombreuses et intéressantes opportunités militaires et politiques aux Alliés.


Mais ses objectifs finaux ne furent pas atteints malgré la libération d'une partie du territoire néerlandais et la création d'une base d'opérations qui nécessitera un nombre important de troupes pour la conserver, lors de la bataille de l'Escaut menée par les forces canadiennes.

Avance alliée la première quinzaine de septembre 1944 :

Fin août 1944, les Alliés viennent de libérer Paris, la Seine est franchie, une avance de 15 jours sur le calendrier est constatée. Dès lors, le général Eisenhower estime que la pause prévue sur le fleuve n'est plus nécessaire.

En un peu plus de deux semaines, le nord-est de la France (à l'exception de l'Alsace-Lorraine et des Vosges) et une grande partie de la Belgique sont libérés. Un temps d'arrêt est marqué.

Objectif : la Ruhr

L'objectif initial pour l'entrée en Allemagne est la région industrielle de la Ruhr, mais deux approches sont proposées : les Américains Patton et Bradley proposent de percer en direction de la ligne Siegfried qu'ils pensent être une coquille vide au moment des opérations. Le Britannique Montgomery suggère, quant à lui, de contourner cette ligne par une audacieuse opération combinée aux Pays-Bas. Eisenhower tranche en faveur du Britannique et laisse Patton sur le carreau en allouant le gros du carburant au maréchal britannique.

L'objectif secondaire est de prendre assez de terrain aux Allemands en sécurisant la Hollande pour s'assurer de la prise d'un port en eaux profondes comme Rotterdam ou Anvers en Belgique afin de raccourcir les lignes de ravitaillement alliées qui s'étirent de plus en plus depuis la Normandie.

Ainsi la prise de la Hollande permettrait non seulement d'atteindre rapidement le cœur industriel de l'Allemagne et donc d'espérer écourter les opérations occidentales à Noël 1944 tout en raccourcissant la chaîne logistique, vitale pour atteindre Berlin avant l'Armée rouge.

Cette opération répond à la tradition britannique de l'approche indirecte des opérations militaires. Déjà développée au cours de la Première Guerre mondiale par Winston Churchill, qui en restera un fervent défenseur tout au long de sa carrière politique, elle avait donné lieu au débarquement des Dardanelles en 1915 face à la Turquie.

Au cours du deuxième conflit mondial, elle s'était déjà manifestée par l'insistance britannique pour une approche par le théâtre d'opération méditerranéen (débarquement en Afrique du Nord, en Sicile, puis conquête de l'Italie) tandis que les Américains privilégiaient l'approche directe, consistant en un débarquement rapide en France.

En suggérant donc d'éviter et de contourner le point fort du front allemand, la ligne Siegfried, Montgomery pensait pouvoir affaiblir la position stratégique allemande en la privant d'un appui territorial important aux Pays-Bas tout en créant une menace de long terme sur le centre industriel de la Ruhr.

Opération Market et opération Garden : le plan :
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L'objectif final de l'opération combinée est de faire passer les blindés de l'autre côté du Rhin à Arnhem afin de se diriger directement vers la Ruhr et de terminer ainsi le conflit plus rapidement. Pour cela, ces derniers doivent franchir les nombreux fleuves et canaux que comptent les Pays-Bas. Les troupes aéroportées ont donc pour mission de s'emparer des ponts intacts situés sur la route Eindhoven-Grave-Nimègue-Arnhem tandis que les blindés devront parcourir les 107 km qui les séparent d'Arnhem le plus rapidement possible. Les renseignements qui parviennent à l'état-major (en provenance notamment de la résistance néerlandaise et également des reconnaissances aériennes) font état de mouvements de blindés SS sur Arnhem, aucune mesure particulière n'est prise.


Pire, la troupe n'est nullement informée du risque qu'elle court. Le général britannique Frederick Browning (en) commet là une erreur monumentale, qui va avoir de funestes conséquences.

Ses hommes vont sauter sur un secteur où stationnent les restes de deux divisions blindées SS, sans rien en savoir. Tout est fait comme si les Allemands n'avaient rien à opposer aux paras sur le sol des Pays-Bas. Le déclenchement est avancé au 17 septembre 1944.

Ce qui laisse une semaine aux Alliés pour en régler tous les détails, chose peu aisée lorsque l'on sait qu'il s'agit de l'opération aéroportée la plus vaste de la guerre.

Market : offensive aéroportée

Pour cette opération, l'essentiel des unités de la 1re armée aéroportée alliée sont engagées, le tout étant coiffé par le général Browning. Tirant les enseignements des parachutages du débarquement de Normandie, Browning choisit de lancer l'opération le jour afin d'éviter la dispersion des sticks que les sauts de nuit rendraient inévitable.


Ce choix a l'inconvénient de son avantage, à savoir qu'il facilite les tirs de Flak, les batteries antiaériennes allemandes, auxquels les C-47 Dakota sont très vulnérables.

la 101e division aéroportée américaine du général Taylor sera larguée au nord d'Eindhoven pour s'emparer du pont du village de Son sur le canal Wilhelmine et du pont de Veghel Zuid-Willemsvaart
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la 82e division aéroportée américaine du général Gavin sera larguée au sud de Nimègue pour prendre possession des ponts de Grave sur la Meuse et de Nimègue sur la Waal ainsi que du canal reliant ces deux fleuves.

enfin la 1re division aéroportée britannique du général Urquhart sera larguée au nord-ouest d'Arnhem afin de s'emparer de son pont.

Ultérieurement devra être déposée la 52e division d'infanterie britannique (en).

Ce dispositif est complété par la 1re Brigade indépendante de parachutistes polonais du major-général Sosabowski. Après la prise des objectifs, les troupes aéroportées devront attendre la venue des blindés.


La 1re DAB hérite ainsi de la mission de tenir Arnhem pendant quatre jours. Au total, ce sont 34 000 combattants qui viendront du ciel (soit largués en parachute, soit transportés en planeurs) pour ce qui sera la plus grande opération aéroportée de tous les temps. Ne sont pas inclus les effectifs de la 52e division d'infanterie britannique (en) car elle doit intervenir en dernier échelon à Arnhem.


Garden : offensive blindée :

C'est au XXXe corps d'armée britannique du général Horrocks qu'incombe la tâche d'effectuer la percée jusqu'à Arnhem depuis la tête de pont de Neerpelt, le XIIe corps d'armée couvrant son flanc gauche et le VIIIe corps d'armée son flanc droit. Dans le même temps, la Ire armée américaine lancera une offensive sur la Meuse. Le XXXe corps est censé rejoindre la 101e division aéroportée la première journée, la 82e la deuxième journée et la 1re division aéroportée le quatrième jour au plus tard.

Renseignements :

Alliés :

Un certain nombre de rapports sur les mouvements des troupes allemandes a atteint le haut commandement des forces alliées, y compris des détails sur l'identité et la localisation des formations blindées allemandes.


Le 16 septembre, Bletchley Park décrypte le mouvement de la 9e et 10e Panzerdivision SS à Nimègue et Arnhem, mais Montgomery refuse de modifier les plans d'atterrissage. Ces informations sur l'emplacement des Panzerdivisions ont été complétées par des photographies aériennes d'Arnhem prises par un vol de reconnaissance de la RAF, ainsi que par des messages de la résistance néerlandaise.


Craignant que la 1re division aéroportée puisse être en danger si elle atterrit à Arnhem, l'officier de renseignement de la division, le major Brian Urquhart, organise une réunion avec Browning (en) et lui présente les défenses à Arnhem. Browning rejette ses demandes et ordonne au médecin de la division d'envoyer Urquhart en congé maladie en raison de « tension nerveuse et d'épuisement ».

Allemands :


Von Rundstedt et Model prévoient une grande offensive alliée imminente en raison du grand nombre de rapports de renseignement qu'ils reçoivent. L'officier de renseignement du Groupe d'armées B croit que la Seconde armée va lancer une offensive dans la direction de Nimègue, Arnhem et Wesel avec pour principal objectif de parvenir à la zone industrielle de la Ruhr.


Il est convaincu que les troupes aéroportées seront utilisées dans cette offensive, mais n'est pas sûr de l'endroit où elles seraient déployées; il soupçonne la région de la ligne Siegfried, au nord d'Aix-la Chapelle ou peut-être même près de la Sarre.

Déroulement des opérations :

Jour 1 : dimanche 17 septembre 1944 :

Premiers succès :

L'opération Market Garden débute à l'aube, 1400 bombardiers Lancaster et B-17 se succèdent toute la matinée pour attaquer les terrains d'aviation de la Luftwaffe et les positions de la Flak, relayés ensuite par les chasseurs-bombardiers P-38 Lightning et P-47 Thunderbolt qui effectuent des mitraillages à basse altitude.


À 10h25mn, douze Short Stirling transportant les hommes de la 21st Independant Parachute Company et 6 Dakota du 9th US Troop Carrier Command décollent afin de larguer les éclaireurs devant précéder les trois divisions parachutistes alliées.


Deux heures plus tard, les Pathfinders sautent au nord d'Eindhoven, près du pont de Graves et à l'ouest d'Arnhem, pour délimiter les zones de largages et d'atterrissage des planeurs.


Une fois au sol, les éclaireurs anglais signalent les zones d'atterrissage et de parachutage en étendant au sol de larges panneaux orange et rouges.

Pendant ce temps, une armada de 1527 avions de transport et 478 planeurs, escortée par 919 chasseurs alliés, a décollé et survole la Manche. Plusieurs planeurs n'arriveront pas sur leur objectif car 22 d'entre eux rompent leur câble au-dessus de l'Angleterre et 4 autres tombent dans la Manche, les survivants étant recueillis par des vedettes de l' Air-Sea Rescue et des hydravions .

Le parachutage est un succès pour les Alliés. Au premier largage, la quasi-totalité des troupes sont arrivées sur leurs zones de parachutage. Pour la 82e division aéroportée, 89 % des soldats débarqués ont atterri sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones de largage et 84 % des planeurs se sont posés sur ou dans les 1 000 mètres de leurs zones d'atterrissage.


Cela contraste avec les opérations précédentes, où le largage de nuit avait provoqué un dispersement des unités allant jusqu'à 19 km.

Dans le sud, la 101e division aéroportée rencontre peu de résistance et capture quatre des cinq ponts. Le pont à Son saute lorsque les parachutistes américains s'approchent de lui, après avoir été retardés par un engagement de courte durée avec un canon de 88 mm et une mitrailleuse. Plus tard dans la journée, de petites unités de la 101e se déplacent au sud de Son.
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Des éléments de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l'opération Market Garden.

La cathédrale en arrière-plan est celle d'Eindhoven.
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Parachutage de troupes de la 82e division aéroportée près de Grave.

Au nord, de petits groupes de la 82e progressent vers Grave et prennent le pont à la hâte. Ils ont également réussi à capturer un pont d'une importance vitale, à Heumen, au confluent de la Meuse et du canal qui la relie au Waal. Le but principal de la 82e au cours de de cette journée a été d'occuper les hauteurs de Groesbeek et de créer ainsi une position de blocage afin de prévenir d'une attaque et d'empêcher les observateurs allemands de guider les tirs de l'artillerie. Browning et Gavin ont estimé que cela devait être la priorité de la division. Le 1er bataillon du 508e Régiment de parachutistes d'infanterie a été chargé, si possible de prendre le pont de Nimègue, mais à cause de la mauvaise communication, l'attaque ne commence pas avant la fin de la journée.


S'ils l'avaient attaqué plus tôt, ils auraient fait face à seulement une dizaine d'Allemands. Au moment où le 508e attaque, des troupes de reconnaissance du 9e bataillon de reconnaissance de SS arrivent. En effet, quelques heures plus tôt, sur une zone d'atterrissage américaine, des soldats allemands en fouillant un planeur accidenté ont trouvé sur le cadavre d'un officier les plans de l'opération, malgré les ordres très stricts interdisant d'emporter de tels documents.


L'attaque échoue, laissant le pont de Nimègue aux mains des Allemands.

Le contrôle de ce pont est vital, contrairement à certains des ponts vers le sud qui enjambent des petites rivières et des canaux et qui peuvent être remplacés par des unités du génie, car les ponts de Nimègue et Arnhem traversent deux bras du Rhin et ne peuvent être remplacés facilement. Si ces ponts ne peuvent pas être capturés et tenus, l'avance de XXXe Corps serait bloquée et l'opération Market Garden serait vouée à l'échec.

La 1re Division aéroportée atterrit sans incident grave, mais les premiers problèmes apparaissent peu après. Seulement la moitié de la division est arrivée avec la première vague et seulement la moitié d'entre eux (1re Brigade de parachutistes) peut avancer vers le pont. Le reste des troupes défend les zones de largage pour le prochain parachutage le jour suivant. Ainsi, l'objectif principal de la division doit être réalisé avec l'effectif d'une demi-brigade.


Alors que les parachutistes progressent à l'est d'Arnhem, l'escadron de reconnaissance de la division chemine vers l'avant pour s'emparer du pont. L'escadron constitué de jeeps se heurte aux positions défensives allemandes et est obligé de faire retraite.

Deux des trois bataillons de la 1re brigade de parachutistes, faisant face à une solide résistance allemande, sont contraints à faire halte pour la nuit à Oosterbeek. Le lieutenant-colonel John Frost du 2e bataillon arrive au pont d'Arnhem dans la soirée et met en place des positions défensives à l'extrémité nord. Deux offensives pour capturer le pont et l'extrémité sud sont repoussées.
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Parachutistes anglais à Arnhem.

Problèmes de communication :

Les radios britanniques ne fonctionnaient pas quelle que soit la distance. Il a été constaté après l'atterrissage que les radios étaient réglées sur des fréquences différentes, dont deux coïncidaient avec des stations de radio britannique et allemande.


De plus, il est également possible que les dizaines de largages qui ont été planifiés puis annulés dans les semaines précédant l'opération aient conduit un déchargement précoce des batteries.

Pour la 1re Division aéroportée, le seul moyen de demander un soutien aérien consiste en deux unités spéciales américaines larguées à Arnhem le même jour. Ces unités sont équipées de Veeps : des jeeps pourvues de radio RCS-193 à très haute fréquence. Malheureusement, les postes radio sont rapidement détruits par des tirs de mortier ; de ce fait, la 1re Airborne dut utiliser des signaux visuels pour communiquer avec la RAF.

Cependant, les pilotes avaient l'ordre de ne pas réagir aux signaux venant du sol car il n'y avait pas de moyen facile de distinguer l'ami de l'ennemi, ce qui a conduit à un manque critique de l'appui aérien à Arnhem et Oosterbeek.

Avance du XXXe Corps :

Le lieutenant-général Brian Horrocks reçoit la confirmation du début de l'opération le matin du 17 septembre. À 12 h 30, Horrocks reçoit un signal indiquant que les premières vagues des forces aéroportées ont quitté leurs bases au Royaume-Uni et fixant l'heure de l'attaque au sol à 14 h 35.


À 14 h 15, 300 canons ouvrent le feu, onze Field Regiments et six Medium Regiments exécutent un tir de barrage de 1,6 km de large et 8,0 km de profondeur sur les positions allemandes vers Valkenswaard, à l'avant de la ligne de départ du XXXe Corps.


Ce tir de barrage est appuyé par sept escadrons d'Hawker Typhoon de la RAF. L'avance est menée par les chars et l'infanterie des Irish Guards. Ces derniers traversent le canal Meuse-Escaut et entrent dans les Pays-Bas à 15h00. Après avoir traversé la frontière, soutenus par les Hawker Typhoon qui surgissent dès que les défenses allemandes se dévoilent (en effet huit d'entre eux se succèdent toutes les cinq minutes au-dessus de la colonne britannique et interviennent au besoin) les Irish Guards sont pris en embuscade par l'infanterie et les canons antichars allemands le long de la route principale.


Huit chars britanniques sont détruits au Panzerfaust et au Panzerschreck.


Les Paddies, surnom donné aux soldats Irlandais, descendent des Half-Tracks et se lancent dans les bois à l'assaut des positions ennemies qu'ils enlèvent après des combats acharnés.


Après un nouveau tir de barrage de l'artillerie, les Hawker Typhons accomplissent une nouvelle vague sur les positions allemandes. Des soldats allemands capturés révèlent le reste de leurs positions, certains de leur plein gré, d'autres après avoir été menacés (ils devaient monter sur les chars alliés en progression).


Au crépuscule, vers 19h00, la ville de Valkenswaard est atteinte et occupée par les Irish Guards. Soit 35 km de progression en cinq heures après le début de l'opération .
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Sherman Firefly des Irish Guards .

Horrocks a prévu que les Irish Guards puissent parcourir les 21 km les séparant d'Eindhoven en trois heures, mais ils réussissent à couvrir seulement 11 km. Au premier jour, l'opération a déjà pris du retard. À Valkenswaard, les ingénieurs construisent un pont Bailey de 58 m de long en 12 heures.

Réactions allemandes :

Les Allemands comprennent rapidement la situation. Le maréchal Walter Model séjourne à l'Hôtel Tafelberg à Oosterbeek lorsque les Britanniques commencent à atterrir dans la campagne à l'ouest d'Oosterbeek. Désorienté, il conclut qu'ils sont des commandos tentant de l'enlever. Il accomplit alors une course folle pour un endroit plus sûr.


En attendant, Wilhelm Bittrich, commandant du 2e SS-Panzerkorps, envoie immédiatement un bataillon de reconnaissance de la 9e Panzerdivision SS à Nimègue pour renforcer la défense du pont. À minuit, Model se représente clairement la situation et donne des ordres qui se révéleront adaptés pour la défense d'Arnhem. La confusion attendue des défenses allemandes contre les opérations aéroportées était absente à Arnhem et l'avantage de la surprise a été réduit par la réaction rapide des forces allemandes.
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Troupes SS à bicyclette

Jour 2 : lundi 18 septembre 1944 :

Les météorologues alliés ont prévu que l'Angleterre serait couverte de brouillard le matin du 18 septembre. Le deuxième largage fut reporté de trois heures et d'épais nuages bas ont commencé à se développer sur la partie sud de la zone de combat, puis se sont répandus sur tout la zone durant la journée, ce qui a entravé l'approvisionnement et l'appui aérien (sept des huit prochains jours auront de mauvaises conditions météorologiques et les opérations aériennes ont été annulées le 22 septembre et le 24 septembre).

Zone d'opération de la 1re Airborne :

Les 1er et 3e bataillons de parachutistes avancent vers le pont d'Arnhem pendant les premières heures du 18 septembre et font de bons progrès, mais sont stoppés par les Allemands, car ils ont investi en force la ville durant la nuit. Ainsi, des tireurs d'élite juchés dans les arbres de la route Oosterbeek-Arnhem réussissent à ralentir et à disperser les compagnies du bataillon.


Subissant de lourdes pertes, ils sont obligés de stopper leur progression. Séparés par petits groupes perdus dans le dédale des rues d'Arnhem, les "diables rouges" sont alors à la merci de la puissante Kampfgruppe Spindler (1000 Panzer-Grenadiere et Pionere de la ""Hohenstaufen""appuyés par des StuGe III et pièces de Flak) .
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Largages britanniques sur Arnhem .

Tôt dans la journée le 9e bataillon de reconnaissance de SS (envoyé au sud la veille) conclut que sa présence n'est pas nécessaire à Nimègue et retourne à Arnhem. Bien conscient que des troupes britanniques tiennent le pont, il tente de le franchir par la force mais est repoussé et subit de lourdes pertes, y compris son commandant, le SS-Hauptsturmführer Gräbner.

À la fin de la journée, les 1er et 3e bataillons de parachutistes, qui ne comptent plus que 200 hommes, soit un sixième de leur force originelle, sont entrés dans Arnhem et sont à environ à 2 km du pont.


La plupart des officiers et sous-officiers sont tués, blessés ou capturés. Le deuxième largage est retardé par le brouillard, mais atterrit avec tous ses effectifs : la 4e brigade de parachutistes composé des 10e, 11e et 156e bataillons du régiment de parachutistes, commandée par le général de brigade John Winthrop Hackett et les compagnies C et D du 2e South Staffordshire Regiment.
Zone d'opération de la 82e Airborne :
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Grave s'avère bien défendu et les forces allemandes continuent à faire pression sur la 82e déployée sur les hauteurs de Groesbeek. Le 505e Régiment de parachutistes d'infanterie défend Horst, Grafwegen et Riethorst des contre-attaques allemandes. Tôt dans la journée, une contre-attaque allemande capture l'une des zones de parachutage alliée, où le deuxième largage est prévu pour 13 h 00.


Le 508e Régiment de parachutistes d'infanterie attaque à 13 h 10 et reprend la zone à 14 h 00, capturant 149 prisonniers et 16 pièces de DCA allemandes. Retardée par la météo en Grande-Bretagne, le deuxième largage n'arrivera qu'à 15 h 30.


Ce largage incorpore des éléments de la 319e et 320e des Glider Field Artillery, le 456e bataillon de Parachute Field Artillery et des éléments de soutien médical. Vingt minutes plus tard, 135 bombardiers B-24 larguent des équipements, dont 80 % sont récupérés.

Zones d'opération de la 101e Airborne et du XXXe Corps :
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À la suite de la perte du pont à Son, la 101e, tente, sans succès, de capturer un pont à Best, situé à quelques kilomètres, mais la tentative est repoussée. D'autres unités se déplacent vers le sud et parviennent finalement à l'extrémité nord de la ville d'Eindhoven.

À 06 h 00, les Irish Guards continuent d'avancer tout en faisant face à la résistance déterminée de l'infanterie et des chars allemands. À 16 h 00, un contact radio alerte la force principale que le pont de Son a été détruit et qu'un pont Bailey est demandé pour le remplacer. À la tombée de la nuit, les Guards Armoured Division sont établis dans la région d'Eindhoven. Toutefois les colonnes de transport sont gênées dans les rues étroites de la ville et sont soumises à des bombardements aériens allemands au cours de la nuit.


Finalement, les ingénieurs du XXXe Corps, aidés par des prisonniers de guerre allemands, construisent un pont Bailey en 10 heures sur le canal Wilhelmine.

Pendant la journée, les Britanniques du VIIIe et XIIe Corps, en soutenant l'attaque principale, ont aménagé plusieurs têtes de pont sur le canal Meuse-Escaut tout en faisant face à une vive résistance allemande. Tout au long de la journée, des attaques allemandes ont été lancées contre le XXXe Corps et contre les têtes de pont sur le canal Meuse-Escaut, le tout sans succès.

Jour 3 : mardi 19 septembre 1944 :

Arnhem :
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Aux premières heures du jour, le 1er et 3e bataillon, ainsi que 2e South Staffordshires essaient de rallier le pont d'Arnhem, tenu tant bien que mal par le 2e bataillon de Frost. Quand l'aube se lève, le 1er bataillon est repéré et arrêté devant la principale ligne de défense allemande. Pris sous un feu croisé, le 1er Bataillon est désintégré et ce qui reste du 3e Bataillon est contraint à la retraite vers Oosterbeek.

Le 2e bataillon (environ 600 hommes) tient encore l'extrémité nord du pont d'Arnhem.

Les Allemands comprenant que les attaques d'infanterie, comme celles qui ont été repoussés dans le sang la veille, sont inutiles, bombardent les positions britanniques avec des mortiers, de l'artillerie et des chars ; ils démolissent systématiquement chaque maison afin d'en déloger les défenseurs.

Cependant, les Britanniques s'accrochent à leurs positions.

Oosterbeek :
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Au nord d'Oosterbeek, la 4e brigade de parachutistes tente de percer les lignes allemandes, mais les difficultés de communication et la résistance ennemie causent l'échec de l'attaque. La 1re division aéroportée a subi de lourdes pertes et a perdu sa capacité offensive. Dans l'impossibilité d'aider le lieutenant-colonel Frost sur le pont, les autres bataillons se retirent à Oosterbeek et installent une tête de pont défensive sur la rive nord du Rhin. Au même moment commencent à atterrir les planeurs transportant les Polonais de 1re Brigade indépendante de parachutistes, des canons anti-chars et des véhicules, jusque-là bloqués en Angleterre par un brouillard épais. Soudain, un Messerschmitt apparaît et fait feu sur les planeurs. Avant même de pouvoir toucher terre, de nombreux planeurs sont détruits.

L'approvisionnement devient critique : la zone de largage est aux mains des Allemands.

En conséquence, les Britanniques se retrouvent avec seulement 10 % des équipements parachutés.


Nimègue :
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À 08 h 20, le premier contact est fait entre le XXXe Corps de le 504e Régiment de parachutistes d'infanterie. À 08 h 30 la division blindée des Guards du XXXe Corps entre dans Grave. La force principale arrive trois heures plus tard. À ce moment, selon le plan, le XXXe Corps devrait être à Arnhem. Une tentative de prendre le pont de Nimègue échoue. Gavin propose alors le plan suivant : les parachutistes du 504e Parachute Infantry Regiment doivent traverser le fleuve en bateau, 2 km en aval du pont.


Arrivés sur la rive opposée, ils doivent capturer l'extrémité nord du pont puis faire la jonction avec le XXXe corps qui s'avancera sur le pont depuis l'extrémité sud. Malheureusement, les bateaux, demandés pour la fin de l'après-midi, n'arrivent pas.

Une tentative d'approvisionnement de 35 C-47 (sur 60 envoyés) échoue, (portant à 50 appareils et 200 hommes d'équipage le nombre de pertes dans la logistique aéroportée), les fournitures n'ayant pu être récupérées.


Le mauvais temps sur les bases anglaises a empêché les planeurs transportant le 325e Glider Infantry Regiment de décoller, mettant fin à tout espoir de renforts pour la 82e Airborne.

Eindhoven-Veghel :

Dans le sud, les unités de la 101e qui ont pris Best la veille sont contraintes de faire retraite face à une contre-attaque de Fallschirmjägers dans la matinée. Les chars britanniques arrivent au cours de la journée et repoussent les Allemands vers la fin de l'après-midi capturant au passage environ 1 000 prisonniers. Dans la journée, des chars Panther arrivent à Son, faisant feu sur le pont Bailey. Un canon anti-char britannique de 57 mm, récemment débarqué, réagit rapidement et élimine quelques-uns des chars.


Les Panthers restants se retirent sans causer de dégâts au pont. Dans la nuit, la Luftwaffe bombarde Eindhoven. La flotte aérienne composée essentiellement de Junkers Ju-87 et de Dornier Do-17 surprend la population qui n'a pas le temps de se mettre à l'abri. On déplore plus de 200 morts et 800 blessés parmi les habitants.

Jour 4 : mercredi 20 septembre 1944 :

Arnhem :
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Le 2e bataillon du lieutenant-colonel John Frost tient encore le pont d'Arnhem, bien qu'il n'y ait plus d'espoir que le XXXe Corps les rejoigne. L'après-midi, les positions britanniques autour de l'extrémité nord du pont d'Arnhem se sont considérablement affaiblies. Une grave pénurie de munitions anti-char permet aux blindés allemands de détruire les positions britanniques à bout-portant.


La nourriture, l'eau et les fournitures médicales se font rares, de nombreux bâtiments sont en feu et, devant le risque d'effondrement, une trêve de deux heures est organisée pour évacuer les blessés (dont le lieutenant-colonel Frost) en captivité. Frederick Gough remplace Frost au commandement du bataillon.

Les Allemands viennent à bout des poches de résistance tout au long de la journée, prenant le contrôle de l'extrémité nord du pont au crépuscule, ce qui leur permet d'envoyer des renforts plus au sud, à Nimègue. Le reste des troupes britanniques continue de se battre, parfois au couteau, mais la lutte se termine le jeudi matin, vers 9 h 00, la quasi-totalité des soldats étant faits prisonniers.


Le dernier message radio diffusé à partir du pont - « Plus de munitions. God save the King» - n'a été entendu que par les opérateurs radio allemands.
Nimègue :
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Les bateaux demandés la veille par la 82e Airborne arrivent dans l'après-midi et l'ordre d'assaut est donné. À environ 15 h, les Américains du 504e régiment de parachutistes d'infanterie traversent avec 26 bateaux d'assaut en toile les 365 mètres qui les séparent de la rive opposée. Une pénurie de pagaies oblige certains soldats à pagayer avec les crosses de leurs fusils.


Environ la moitié des bateaux parvient à traverser sous un feu nourri. Les soldats survivants prennent d'assaut l'extrémité nord du pont.


Les forces allemandes se retirent et le pont est sécurisé entièrement à 19 h 10. Beaucoup d'explosifs ont été trouvés sur le pont, mais pour une raison alors inconnue, les Allemands n'ont pas réussi à faire sauter le pont avant la traversée des chars britanniques. On sait aujourd'hui que les câbles des explosifs ont été coupés par le jeune résistant néerlandais Jan van Hoof.

L'attaque a été coûteuse et fut surnommé « Little Omaha » en référence à la plage d'Omaha Beach

Lorsque le lieutenant-général Dempsey de la Deuxième Armée rencontre le général Gavin, commandant de la 82e division aéroportée, il aurait déclaré (en référence à l'attaque de Nimègue), « Je suis fier de rencontrer le commandant de la plus grande division du monde actuel » (« I am proud to meet the commander of the greatest Division in the world »).

Eindhoven :

Les parachutistes de la 101e division aéroportée sont attaqués par la 107e brigade blindée allemande soutenue par des troupes SS. Les Américains luttent longtemps et sont finalement secourus in extremis par les chars du XXXe Corps qui repoussent les Allemands. Toutefois ces derniers continuent à harceler l'autoroute reliant Eindhoven à Nimègue.

Limiter les pertes :

Le réduit constitué par Urquart ne peut joindre les Polonais de Sosabowski qui, largués n'importe comment peu de temps auparavant, ont été massacrés ou capturés. Afin d'éviter une destruction totale de la première division aéroportée, le général Urquart décide d'évacuer afin de tenter de rejoindre les lignes américaines et celles du XXXe corps. Le 25 et 26 septembre, soit 9 jours après les premiers largages, les rescapés regagnent les lignes alliées.

Bilan humain :

L'opération est un échec complet sur le plan des effectifs engagés, en revanche ce n'est qu'un demi-échec pour les objectifs. Depuis ce temps, et en mémoire des Diables Rouges (en) tombés, notamment ceux du colonel Frost, les parachutistes britanniques portent un ruban noir derrière leur béret (mais la légende des anciens du Parachute Regiment veut que ce soit en souvenir de la trahison d'un des leurs, qui, capturé aurait craqué sous la torture).

Le colonel Frost et ses hommes ont été des hommes d'honneur, des combattants mais surtout des résistants. D'assiégeants, ils sont devenus assiégés ; on leur avait demandé de tenir deux jours, ils ont tenu neuf jours et neuf nuits, sans renfort, ni repos.

Au total, du côté allié les pertes humaines s'élevèrent à 16 805 hommes tués, blessés ou prisonniers : dont 7 640 Britanniques et Polonais des 1st British Airborne Division et 1re Brigade indépendante de parachutistes polonais, 3 664 Américains des 82nd et 101st Airborne et 5 354 Britanniques pour le XXX Corps.

Du côté allemand le Generalfeldmarschall Walther Model estima à 3 300 le nombre des pertes de son groupe d'armées B ; mais des calculs récents avancent le chiffre de 8 000 soldats allemands hors de combat, dont au moins 2 000 tués.


La conduite des troupes alliées sur le terrain a été irréprochable, preuve en est des lourdes pertes allemandes à Arnhem .

Conséquences stratégiques :

Près de 12 000 parachutistes furent ainsi perdus, et Montgomery dut constater que « Market Garden a réussi à 90 %... ». En tout cas, l'opération porta un bien mauvais coup à Model : sa ligne de résistance sur les cours d'eau des Pays-Bas avait été coupée en deux, et il dut rayer de ses effectifs environ 7 000 soldats et 95 blindés... Il s'agit néanmoins de l'un des derniers succès tactiques de l'Axe.

Par ailleurs, en raison de la priorité donnée à cette opération, le camp allié négligea de prendre le contrôle des rives de l'Escaut, qui donne accès au port d'Anvers (tombé intact aux mains des troupes britanniques le 7 septembre), en laissant libres sur ses arrières les restes importants d'une division parachutiste allemande, qui se réorganisa rapidement. La prise de contrôle d'Anvers n'a lieu que plus tard, au prix de lourdes pertes, de sorte que le port d'Anvers n'est utilisable qu'à partir du 28 novembre. Entre temps, l'approvisionnement doit toujours se faire au départ du port artificiel d'Arromanches et des déchargements sur la côte normande et du port de Cherbourg, ce qui provoque une crise logistique, l'approvisionnement des unités en ligne se faisant difficile en raison de l'étirement excessif des itinéraires de ravitaillement.

Famine aux Pays-Bas :

Une conséquence tragique de l'échec de l'opération fut le Hongerwinter (« l'Hiver de la faim »). En effet, pendant la bataille, les travailleurs des chemins de fer néerlandais, incités par le gouvernement néerlandais à Londres, entamèrent une grève afin d'aider l'avance alliée. En représailles, les Allemands interdirent le transport de nourriture, ce qui provoqua une famine durant l'hiver 1944-1945 et causa la mort d'environ 18 000 Néerlandais.

Lieux de mémoire :

Le pont d'Arnhem n'a pas survécu à la guerre : détruit par les B-26 Marauder de l'US Air Force le 7 octobre 1944, il a été remplacé par un pont d'apparence similaire en 1948.

Ce dernier a été rebaptisé pont John Frost (John Frostbrug) le 16 septembre 1978.

Le 16 septembre 1994, des anciens combattants de la 101e Airborne ont inauguré un « monument pour les Néerlandais » à Sint-Oedenrode. Le monument est un don des anciens combattants aux civils qui ont combattu aux côtés des troupes américaines, à la surprise de ces dernières. Ce monument est « dédié à la population du Corridor par des vétérans de la 101e Airborne Division, en reconnaissance de leur courage, de leur compassion et amitié ».

Le 31 mai 2006, la 1re Brigade indépendante de parachutistes polonais a reçu l'ordre militaire de Guillaume Ier par SM la reine Beatrix en raison de sa bravoure à Arnhem pendant l'opération Market Garden.


Le 82e division aéroportée avait également reçu le même ordre le 8 octobre 1945.

Plusieurs musées des Pays-Bas sont dédiés à l'opération Market Garden, dont : le musée national de libération à Groesbeek, le Wings of Liberation Museum Park à Schijndel, et l'Airborne Museum Hartenstein à Oosterbeek.

Bibliographie en langue française consacrée à l'Opération "Market Garden" :


Georges Bernage, Montgomery joue et perd à Arnhem, in 39/45 Magazine n°4, Editions Heimdal, 1984

Loïc BONAL, Arnhem, les raisons d'une victoire improbable, in 2e Guerre Mondiale Magazine no 23, Éditions Astrolabe, décembre 2008

Yves BUFFETAUT, Six divisions pour finir la guerre ?, in Militaria Magazine Hors Série no 80, Histoire & Collections, octobre 2011

Dominique FRANCOIS, Market Garden, d'un espoir ambitieux à un désastre sanglant, in 2e Guerre Mondiale Magazine no 23, Éditions Astrolabe, décembre 2008

Yann MAHE, Opération Market-Garden, la dernière victoire du Reich à l'Ouest, in Ligne de Front no 18, Éditions Caraktère, juillet 2009

Philippe NAUD, Le chaudron d'Oosterbeek, la 1st Airborne Division au combat durant "Market-Garden", 17-26 septembre 1944, in Vae Victis

Hors Série no 11, Histoire & Collections, juin 2009

Cette opération fut décrite dans :

Un film réalisé en 1946 par Brian Desmond Hurst, La Gloire est à eux (Men of Arnhem) ;

Le film Betrayed (Voyage au-delà des vivants) 1954 Gottfried Reinhardt, avec Clark Gable, Lana Turner, Victor Mature, qui évoque sous une forme romancée l'hypothèse de la trahison d'un résistant hollandais;

le livre de Cornelius Ryan Un pont trop loin ;

un film du même nom réalisé en 1977 par Richard Attenborough avec Sean Connery, Dirk Bogarde, Gene Hackman et Ryan O'Neal ;

la série télévisée Frères d'armes (mettant en scène une compagnie de la 101st Airborne, notamment dans l'opération Market Garden) .
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Re: 17 septembre 1944 : Market Garden , ou l'enlisement des Alliés en Hollande :

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Mahfoud06  Nouveau message 17 Sep 2013, 20:32

Nature morte d'un para polonais lors de Market Garden :
Image
http://6milphil.wordpress.com/2012/07/

Quelques scans provenant d'excellents Osprey Publishing dans leur version française :

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Voici un :" éclaté" d'une tenue type de parachutiste lors de l'opération Market Garden de septembre 1944 .

Agrandir l'image (dimensions: 640 x 843)Image

Et pas des moindre puisque ce document provient du site internet dédidé à David Kenyon Webster soldat de la E.Company rendue célèbre par Band of Brothers .


http://www.davidkenyonwebster.com/
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Re: 17 septembre 1944 : Market Garden , ou l'enlisement des Alliés en Hollande :

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 17 Sep 2013, 20:42

Un tout grand merci pour ce fil très détaillé Mahfoud.
Amicalement
Prosper ;)
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Re: 17 septembre 1944 : Market Garden , ou l'enlisement des Alliés en Hollande :

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de alain adam  Nouveau message 18 Sep 2013, 20:48

Si le discours et l'exposé est à 100% ce que l'on peut trouver ici ou là, je ne suis pas d'accord sur le fait qu'il n'y avait pas sacrifice prévu d'hommes.
Le film "un pont trop loin" explique mon point de vue .
L'objectif réel, pour moi, n’était pas de filer dans la Ruhr tranquillement mais former un point d'entaille conséquent afin de forcer les allemands à retraiter encore et Arnhem n’était pas le point visé, même si des unités y ont été parachutées.
Par contre, cela a été un massacre des unités para, cette opération. Peut-être fallait il les calmer un peu ? N'oublions pas que les paras ont posé des problèmes dans toutes les armées, et ont failli faire un coup d’état en France après guerre !

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