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Danemark et Norvege

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...
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Danemark et Norvege

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de raca  Nouveau message 10 Juin 2004, 22:02

Quelques données sur le Danemark et la Norvège sous l'occupation, d'après les sites des MAE nationaux :

Citation:
Le Danemark fut occupé par des troupes allemandes en quelques heures, le matin du 9 avril 1940. Cette invasion s’accompagnait d’un ultimatum qui enjoignait les Danois de ne pas y résister. L’Allemagne s’engageait, en revanche, à respecter l’indépendance politique du pays. Le roi et le gouvernement s’inclinèrent. C’est ainsi que commença une occupation pacifique du Danemark qui maintenait l’illusion de l’indépendance. A quelques exceptions près, le Danemark et l’Allemagne communiquaient par l’intermédiaire de leur Ministère des Affaires Etrangères.
L’Angleterre réagit le 12 avril en occupant elle-même les îles Féroé et en tentant d’arraisonner la flotte marchande danoise dont les deux tiers, par conséquent, naviguèrent peu à peu au service des Alliés. L’ambassadeur du Danemark à Londres, E. Reventlow, conserva son statut diplomatique, alors que son collègue à Washington, H. Kauffmann, resta sur la réserve et conclut, en avril 1941, un accord permettant aux Etats-Unis d’établir des bases américaines au Groenland, qui s’était placé dès le début des hostilités sous la protection des Etats-Unis.

La collaboration politique et économique
En principe, l’armée allemande exigeait que les affaires qui la concernaient fussent jugées par ses propres tribunaux de guerre. De leur côté, les Danois affirmaient que la souveraineté du Danemark exigeait que les citoyens danois fussent toujours jugés par des tribunaux danois. Ce problème devint actuel en 1942, lorsque les opérations de sabotage se multiplièrent, et cette double juridiction menaça gravement la politique de la collaboration.
La politique de collaboration avec l’Allemagne avait sa contrepartie en politique intérieure, dans la collaboration entre les partis. Les représentants des Conservateurs et des Libéraux entrèrent au gouvernement social-démocrate en tant que ministres sans portefeuille. Le gouvernement de coalition proprement dit, qui fut formé en juillet 1940, comprenait deux ministres sans lien avec aucun parti, notamment Erik Scavenius, le ministre des affaires étrangères. La coalition gouvernementale avait le soutien de la population et le pays fut balayé par une vague de sentiment danois et de patriotisme dont le roi était le patriarche et le point de ralliement.
Le gouvernement danois craignait que les Allemands ne placent le parti nazi danois au pouvoir mais il ne s’agissait pas d’un danger réel, car les Allemands agitaient seulement les nazis danois comme un épouvantail, mais personne ne le savait, ni le gouvernement ni les milieux du «redressement» qui œuvraient pour créer un gouvernement alternatif sans assise parlementaire, composé de spécialistes et d’experts.
Le commerce extérieur dut se tourner vers l’Allemagne qui entendait s’assurer des produits agricoles bon marché en livrant notamment du charbon au Danemark. La montée des prix du début de la guerre fut amortie par une indexation des salaires sur le taux des prix. D’ailleurs, cette mesure était conforme à la politique allemande, car les Allemands voulaient éviter que les travailleurs des pays qu’ils occupaient aient un niveau de vie supérieur à celui des ouvriers allemands. La conjoncture qui en résulta fut favorable à l’agriculture danoise tandis que les revenus réels des citadins baissèrent d’env. 20 % en 1940, et que le chômage augmenta. Les échanges commerciaux germano-danois sous l’occupation rapportèrent aux Danois un bénéfice d’env. trois milliards de couronnes danoises dans la monnaie de l’époque, ils augmentèrent donc le pouvoir d’achat de la société danoise. Les travaux de construction et d’aménagement de l’armée allemande, en particulier les aéroports et les fortifications de la côte ouest du pays, coûtèrent env. cinq milliards de couronnes et furent financés par des avances de la Banque nationale.
L’inconvénient de cette politique de collaboration était la dépendance du Danemark vis-à-vis de l’Allemagne. Les Danois devaient supporter, entre autres contraintes, les limitations de la liberté de la presse et durent éloigner de la vie politique des agitateurs comme le conservateur Christmas Møller et le social-démocrate Hans Hedtoft. Ils devaient tolérer les actions des nazis danois, malgré l’interdiction des réunions en vigueur. L’avantage de cette politique de collaboration fut qu’à l’inverse des autres pays occupés, le Danemark n’eut pas à subir la nazification de la vie sociale. L’armée, la flotte et la police étaient dirigées par des Danois. La démocratie continuait à fonctionner dans l’administration centrale et locale et personne ne vint se mêler du secteur de l’enseignement. Les organisations syndicales et tous les autres organismes associatifs restèrent intacts.
A l’occasion de l’offensive allemande contre l’Union soviétique le 22 juin 1941, les Allemands exigèrent l’internement des dirigeants communistes danois, ce qui fut fait avec un zèle qui dépassait largement les exigences allemandes, et pour couronner cette violation de la Constitution, le Parti communiste danois fut interdit et l’on tenta de purger les syndicats de leurs membres communistes. Les communistes entrèrent dans l’illégalité et poursuivirent leurs activités, marquant ainsi le début de la résistance organisée au Danemark.
S’inclinant devant les exigences allemandes, le gouvernement accepta la création d’une unité danoise nommée Frikorps Danmark, qui fut appelée à combattre le bolchevisme aux côtés des Allemands, ainsi que le ralliement du Danemark au pacte Antikomintern. Lorsque le premier ministre Stauning mourut, en mai 1942, ce fut un collègue de son parti, Vilhelm Buhl, qui lui succéda. La situation économique avait trouvé son assiette, le niveau des prix s’était stabilisé, le chômage avait régressé, notamment en raison de la demande de main-d’œuvre suscitée par les travaux d’aménagement allemands au Danemark, et le gouvernement réussit à réévaluer la couronne d’env. 8 % par rapport au mark allemand.

La politique de collaboration en difficulté
Les difficultés de la politique de collaboration commencèrent au cours de l’année 1942, avec les activités illégales des résistants. Après la rupture, par les Allemands, du pacte de non-agression germano-soviétique, les communistes devinrent une force essentielle au sein de la résistance. En coopération avec des groupes du Parti populaire conservateur, ils organisèrent la résistance, créèrent le journal Frit Danmark (Le Danemark libre) et effectuèrent des opérations de sabotage à partir du mois d’avril 1942. Le voyage de Christmas Møller en Angleterre, début mai 1942, et les discours radiophoniques diffusés vers le Danemark qui le suivirent firent sensation. Dès le Nouvel An 1942, l’organisation britannique SOE (Special Operations Executive) en collaboration avec des membres du Rassemblement danois (Dansk Samling), commença à larguer des parachutistes au Danemark. Cependant, le ralliement de la population derrière les résistants illégaux, dont le nombre restait infime, était encore très faible.
L’automne 1942 fut marqué par le mécontentement allemand devant la situation au Danemark, en particulier à cause des troubles qui eurent lieu pendant la permission des volontaires de Frikorps Danmark, mais aussi parce que la défense allemande avait besoin de renforts contre l’invasion. Hitler fut amené à intervenir personnellement dans la situation danoise lors de la crise diplomatique surnommée Telegramkrisen, causée par un télégramme extrêmement succinct envoyé par le roi à Hitler pour le remercier de ses vœux d’anniversaire. Renthe-Fink, le plénipotentiaire allemand au Danemark, fut remplacé par Werner Best et un nouveau commandant en chef, le général von Hanneken, fut envoyé au Danemark en novembre ; l’Allemagne exigea que Scavenius, le ministre des affaires étrangères, soit aussi nommé premier ministre et que le Danemark combatte les activités illégales des résistants ; von Hanneken exigea, de surcroît, l’évacuation du Jutland par l’armée danoise.
Werner Best poursuivit la politique allemande habituelle en collaboration étroite avec Scavenius, parce qu’elle permettait, d’une part la meilleure exploitation possible de la production danoise – les exportations danoises correspondaient env. à un mois de consommation allemande –, et de l’autre le maintien de la paix et de l’ordre au Danemark en mobilisant un minimum de ressources allemandes. Best obtint des Allemands qu’ils ne s’opposent pas à la tenue des élections législatives régulières, le 23 mars 1943. Ces élections furent une épreuve de force entre les partis de la coalition et les activistes. Avec une participation record de 89,5 %, les premiers obtinrent 93,4 % des voix, 2,1 % votèrent pour le Rassemblement danois et 3,3 % pour les nazis, etc. Le Parti communiste, interdit, participa indirectement au élections aux côtés de Frit Danmark en organisant une campagne pour les bulletins blancs, à laquelle se rallièrent 1,2 % des électeurs.
Un changement d’opinion se manifesta au cours du printemps et de l’été 1943, en raison d’abord de la «lassitude de l’occupation», ensuite des défaites subies par les Allemands sur leurs fronts à partir de la fin 1942. Le nombre des grèves augmenta, de même que les opérations de sabotage, exécutées à partir du printemps 1943 avec des explosifs reçus d’Angleterre.
Néanmoins, la «révolte du mois d’août» prit toutes les parties au dépourvu. Des grèves organisées par les communistes éclatèrent dans dix-sept villes, des usines, des bureaux et des magasins fermèrent, mais à Copenhague, les troubles graves qui les accompagnaient ne dépassèrent pas le stade de l’agitation. Les autorités politiques et professionnelles firent de leur mieux pour arrêter ce mouvement, l’armée allemande fit preuve de modération dans les villes frappées par la grève mais demanda le désarmement de l’armée danoise, et Werner Best minimisa l’agitation danoise dans ses rapports à Berlin.
Hitler intervint en exigeant que le gouvernement danois instaure l’état d’urgence et la peine de mort pour les saboteurs. Le Danemark lui répondit par un refus. Le gouvernement présenta sa démission au roi le 29 août, les Allemands entreprirent le désarmement et l’internement de l’armée et de la marine danoises, mais la flotte de guerre se saborda et von Hanneken instaura l’état d’urgence militaire dans tout le pays.

Le gouvernement des chefs de services et la résistance
Le 29 août 1943 est considéré par les contemporains et la postérité comme le tournant décisif des relations entre le Danemark et l’Allemagne. La politique de collaboration avait pris fin ; comme le dit alors Werner Best : «le cheval de parade politique Danemark (était) mort».
Jusqu’à la libération, le pays fut administré par les chefs de services des ministères, par le biais de décrets ratifiés par la Cour suprême. La collaboration se poursuivit sur le plan administratif et la société danoise échappa à la nazification.
Les évènements renforcèrent les sentiments anti-germaniques qui s’accentuèrent lors de la rafle des Juifs danois pendant la nuit du 2 octobre 1943. Grâce au double jeu mené par Best, en particulier, cette action fut un fiasco : moins de 500 Juifs furent arrêtés et emmenés au camp de concentration de Theresienstadt, où la plupart survécurent. 7 000 Juifs, env., se réfugièrent en Suède.
A la mi-septembre, le Conseil de la Libération (Frihedsrådet) fut constitué afin de diriger la lutte pour la libération du Danemark ; il comprenait des représentants des principaux groupes illégaux : les Communistes et Frit Danmark, le Rassemblement danois et l’Anneau (Ringen), dont Børge Houmann, Mogens Fog, Arne Sørensen et Frode Jakobsen étaient respectivement les membres essentiels. L’unité d’action fut facilitée par des directives de SOE qui donna l’ordre, en décembre, de créer des groupes armés prêts à agir à l’arrière des troupes allemandes en cas d’invasion. Les groupes dispersés des résistants se trouvèrent donc réunis au sein d’une seule organisation. Les premiers groupes armés furent formés par les Communistes et les membres du Rassemblement danois, les suivants par un nombre croissant de membres de Ringen, à cause, notamment, de la disparition de nombreux pionniers qui étaient soit incarcérés et déportés en Allemagne, soit internés au camp de Frøslev (env. 10 000 personnes), soit réfugiés en Suède (env. 10 000 personnes).
La création de ces groupes armés grossit les rangs de la résistance qui comptait env. 20 000 personnes au début de l’année 1945 et env. 50 000 personnes à la libération. Ces groupes étaient équipés d’armes légères provenant d’Angleterre ou de Suède. En revanche, les groupes de sabotage (BOPA et Holger Danske, à Copenhague, et en province, notamment le groupe Valther, basé à Odense), ne constituaient qu’une infime partie de la totalité de ce contingent. Les opérations de sabotage étaient dirigées contre les voies ferrées (env. 1 500 opérations), contre les industries qui travaillaient pour les Allemands et contre les navires et les chantiers navals (env. 2 800 opérations au total) ; ces dernières constituaient une menace que les Allemands considéraient comme très sérieuse.
L’armée, dont le contingent avait été libéré en octobre 1943, opérait parallèlement avec le Conseil de la Libération. Les officiers s’étaient concentrés pour former des unités spéciales à Copenhague et une brigade appelée Danforce fut créée en Suède. Des officiers furent nommés à la plupart des postes de direction de l’appareil régional et à partir de juin 1944, le travail illégal fut financé sous le manteau par les caisses de l’Etat.
Le rapprochement qui eut lieu entre le Conseil de la Libération et les politiciens après la grève générale qui paralysa Copenhague, autour du 1er juillet 1944, les amena d’abord à adresser ensemble aux Alliés une demande de reconnaissance du Danemark comme pays allié, demande qui fut refusée, surtout en raison de la mauvaise volonté des Russes, ensuite à négocier la constitution commune du premier gouvernement qui suivrait la libération, négociations qui se terminèrent par l’attribution de la moitié des postes à chacune des parties.
Après le 29 août 1943, la chasse aux activités illégales avait été prise en mains par la police allemande, la Gestapo, à laquelle s’ajouta, au début de l’année 1944, ce que l’on appela la «contre-terreur» : assassinats de représailles et «schalburgtage» (d’après le nom du corps d’armée allemand Schalburg), en réponse aux attentats commis contre les membres de la Wehrmacht et aux opérations de sabotage. Les efforts allemands pour forcer la police danoise à participer à la lutte contre le sabotage et au maintien de l’ordre et de la tranquillité pendant les grèves échouèrent et entraînèrent la suppression de la police, le 19 septembre 1944, ainsi que la déportation de certains agents de police. La guerre et l’occupation coûtèrent la vie à env. 7 000 Danois.
Les derniers mois de l’occupation furent marqués par l’augmentation de la pénurie et de la mauvaise qualité des produits, les affrontements entre les résistants et les Danois au service de l’Allemagne et la croissance de la délinquance. A partir de février 1945, le Danemark vit arriver env. 200 000 réfugiés allemands venant de Prusse orientale. Cependant, la fin de la guerre était en vue. La capitulation, devant les Anglais, des troupes allemandes stationnées au Danemark entra en vigueur le 5 mai 1945. Elle ne concernait pas l’île de Bornholm qui se trouvait dans la sphère opérationnelle des Russes. C’est pour cette raison que Bornholm ne fut englobée dans la capitulation générale que le 8 mai 1945 et que les villes de Rønne et de Nexø durent subir les bombardements aériens des Russes quelques jours auparavant.



Citation:
La guerre continue à partir de Londres
Le gouvernement norvégien poursuit ses activités à partir de Londres. En toute légitimité puisque le parlement (Storting) lui a confié dès le début de l'offensive les pleins pouvoirs pour diriger l'effort de guerre. La résistance populaire se renforce par le refus catégorique du roi Haakon - et du gouvernement Nygaardsvold - de se soumettre aux Allemands.
Les forces militaires sauvées de la débâcle sont insignifiantes. Le gouvernement garde en revanche le contrôle de la flotte commerciale, alors la troisième du monde, ce qui lui assure une certaine marge de manoeuvre. Les revenus qu'il en tire permettent au gouvernement de financer l'effort de guerre. La flotte commerciale renforce la position du gouvernement en exil au sein des Alliés et procure des devises précieuses qui faciliteront la reconstruction du pays après la guerre.
Peu à peu, le gouvernement se dote ainsi de forces terrestres, navales et aériennes. Lorsque la paix est enfin rétablie, la marine norvégienne dispose de 52 bâtiments. Ceux-ci ont participé à diverses opérations, notamment l'escorte de convois ou l'invasion de la Normandie. Le contre-torpilleur «Stord» a joué un rôle capital dans la chasse au croiseur allemand «Scharnhorst» de 26.000 tonnes, coulé en décembre 1943 au large du cap Nord. Une unité de la flotte norvégienne baptisée les «Bus des Shetland» assurera durant toute la guerre les transports clandestins entre les îles Shetland et la Norvège occupée.
Un centre de formation de pilotes norvégiens, «Little Norway», est créé au Canada et les aviateurs norvégiens au sein d'escadrilles norvégiennes participent aux opérations alliées à partir de l'Islande et de la Grande-Bretagne, ainsi qu'aux dernières phases de la guerre à partir de la France.
Des forces terrestres norvégiennes sont formées en Ecosse. Elles sont censées rester en réserve pour libérer la Norvège, mais les sections commando participent à des opérations spéciales comme le raid sur Dieppe ou l'attaque de l'île néerlandaise de Walcheren en 1944.
C'est sur mer que les forces norvégiennes en exil apportent une contribution majeure à l'effort de guerre allié. Au prix de lourdes pertes, la flotte commerciale norvégienne ravitaille en carburant, matériel et nourriture les soldats et civils sur tous les fronts, dans toutes les parties du monde. Quelque 4.000 marins norvégiens périront au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Troupes norvégiennes en Suède
A partir de 1943, les autorités suédoises autorisent l'organisation et la formation de «forces de police norvégiennes» sur leur territoire. En 1944-1945, une partie de ces forces est engagée dans le Finnmark où s'affrontent les troupes allemandes et soviétiques.
Ces forces de police gagneront la Norvège dès la capitulation allemande en mai 1945. Elles comprennent alors 8 bataillons de policiers de réserve, 8 compagnies de police nationale et des sections d'Etat-major et de logistique soit 13.000 hommes au total.
Nazification de la Norvège
Une fois la résistance alliée définitivement brisée, les Allemands entreprennent de réorganiser la société norvégienne en profondeur, afin de servir au mieux les intérêts de la machine de guerre de l'Axe. Il s'agit d'abord de mobiliser tous les éléments susceptibles de contribuer au succès militaire allemand, et ensuite de réorganiser le pays au service de l'idéologie national-socialiste, qui marquera lourdement les années d'occupation. La Norvège est immédiatement placée sous les ordres d'un commandant en chef allemand, le général Nikolaus von Falkenhorst, secondé par un commissaire politique national, Josef Terboven. Appuyé sur les troupes d'occupation allemandes et soutenu par un appareil de terreur et d'oppression, il paralyse le pays pendant cinq longues années.
Comme dans tout pays occupé, les nazis reçoivent le soutien d'une partie de la population locale. Dès l'hiver 1939-1940, le président et «Führer» du Nasjonal Samling (le parti national-socialiste), Vidkun Quisling, se rend à Berlin pour rencontrer Hitler et souligner tout l'intérêt de l'occupation de la Norvège par l'Allemagne. Immédiatement après l'attaque allemande, le 9 avril au matin, il se proclame chef du gouvernement norvégien et ordonne aux troupes de cesser toute résistance à l'envahisseur. Son intervention ne fait que renforcer la combativité des Norvégiens. Les forces d'occupation découvrent très rapidement que Quisling ne sert en rien leurs intérêts et choisissent de fonder leur gestion du pays sur une collaboration avec les autorités civiles en place.
Un peu plus tard, Terboven, un nazi de la première heure, est envoyé à Oslo pour trouver une solution adéquate à l'administration du pays. Après avoir tenté de négocier avec le Storting et certaines élites nationales, il se voit réduit à user de la force : les Allemands créent un «Conseil des commissaires» composé de transfuges locaux, sous la tutelle du commissaire national qui détient le pouvoir réel. Cette structure subsistera en fait jusqu'à la Libération, malgré certains simulacres politiques comme la création d'un «gouvernement national» placé sous la direction de Quisling en février 1942.
Outre ces transfuges à la botte de l'occupant, environ 6.000 Norvégiens s'engagent sous l'uniforme allemand, la plupart d'entre eux sur le front de l'Est. Autre transfuge remarqué, le célèbre écrivain Knut Hamsun, lauréat du prix Nobel, apporte son appui à la nazification du pays.
La Résistance
Après l'été 1940, période de confusion et de trouble, la volonté de résistance des Norvégiens commence à s'affirmer. La nazification de la société est combattue par tous les moyens, spécialement dans les églises et les écoles. Le parti pronazi Nasjonal Samling ne parvient pas à séduire l'opinion populaire et ne doit sa survie qu'à la protection des armes allemandes.
Parallèlement à la résistance civile, des groupes militaires clandestins se forment. Ils ont pour principal objectif de recueillir des renseignements pour le compte des Alliés et du gouvernement en exil. Leurs efforts permettent de connaître les mouvements de troupes et de matériel des forces allemandes, engagées dans de violents combats sur la presqu'île de Kola en particulier. Les agents norvégiens contribuent notamment à la destruction du «Tirpitz», un cuirassé allemand de 45.000 tonnes coulé dans un fjord au nord de Tromsø en novembre 1944.
Les parachutages des avions alliés et l'approvisionnement des «Bus des Shetland» permettent aux groupes clandestins norvégiens de s'armer. Les groupes militaires causent des soucis de plus en plus sérieux à l'appareil militaire allemand, mais surtout à Terboven et à sa Gestapo. Vers la fin de la guerre, ils mènent également des actions de sabotage contre les infrastructures de transport. Des coups de main ont lieu un peu partout en Norvège. Les combats les plus importants et les plus célèbres sont ceux qui opposent Norvégiens et Allemands dans les montagnes de Matre, au nord-est de Bergen, vers la fin de l'hiver 1944-1945.
La plupart des actions de sabotage sont l'oeuvre des communistes. Leur politique activiste a longtemps été combattue par le reste de la Résistance, soumise aux ordres du gouvernement en exil et à la politique de guerre des Alliés.
La Bataille de l'eau lourde
L'action de sabotage la plus célèbre et qui a sans doute joué un rôle important dans l'évolution de la guerre restera dans l'histoire sous le nom de Bataille de l'eau lourde. Des soldats norvégiens formés en Grande-Bretagne sont envoyés dans les environs de la petite ville de Rjukan, où la société Norsk Hydro produit de l'eau lourde, élément indispensable à l'époque pour la mise au point de l'arme nucléaire. L'usine ainsi que les réserves d'eau lourde déjà produites seront détruites malgré la surveillance des Allemands au prix de nombreuses pertes civiles norvégiennes.
A la Libération, l'appareil militaire clandestin de Norvège, Milorg, compte encore 44.000 hommes.
L'appareil répressif
La résistance civile et militaire mobilise l'appareil répressif nazi. Dès 1940, des Norvégiens sont fusillés, premières victimes de condamnations à mort prononcées par une cour martiale, et dès l'année suivante, les pelotons d'exécution ont fort à faire. A partir de 1942, nombre des victimes sont des otages, exécutés en représailles. Des milliers de Norvégiens sont emprisonnés ou déportés vers des camps de concentration en France, en Pologne et en Allemagne.
La persécution des Juifs norvégiens commence dès le mois de mai 1940. Les premières rafles ont lieu au cours de l'hiver 1941-1942. Elles deviennent massives en octobre-novembre 1942. Sur les 760 Juifs déportés en Allemagne, on compte à peine 25 survivants. Une bonne moitié des 1.800 Juifs résidant en Norvège avant la guerre parviendront à s'enfuir vers la Suède.
Nombre de Norvégiens les ont imités. A la fin de la guerre, 92.000 Norvégiens avaient fui à l'étranger, dont 46.000 en Suède.
Les arrestations de citoyens norvégiens sont nombreuses. Parmi les arrestations collectives, les enseignants, les étudiants et les officiers sont les plus touchés. D'autres sont arrêtés pour faits de résistance à l'occupant. Nombreux sont ceux qui sont déportés vers les camps allemands, où la mortalité est terrible. Environ 40.000 Norvégiens seront emprisonnés au cours de la guerre.
Misère de la population civile
Outre l'oppression militaire et politique, c'est le manque de nourriture et de biens qui marque les années d'occupation. La Norvège est loin de pouvoir assurer son autosuffisance alimentaire et est depuis toujours grande importatrice de denrées alimentaires. Ces importations sont interrompues durant l'occupation; la situation est aggravée par le fait qu'il faut également nourrir les troupes d'occupation qui compteront jusqu'à 400.000 hommes. La Norvège est du reste le pays occupé qui comptera le plus grand nombre de soldats ennemis sur son territoire par rapport à sa population.
L'évolution du nombre moyen de calories par habitant illustre l'importance de la pénurie. Dès 1942, ce chiffre tombe à 1.500 calories/jour, contre 2.500 avant la guerre. En 1944, il baisse encore, passant à 1.315, pour tomber à 1.237 au cours de l'hiver 1945.
Les habitants des villes sont les premiers touchés par la malnutrition. Par comparaison aux souffrances endurées par d'autres nations, les Norvégiens n'ont toutefois pas trop dû subir les rigueurs de la guerre.
Regain de tension
Vers la fin du conflit, les troupes d'occupation durcissent leur attitude. La cause principale est la situation militaire générale et le recul des Allemands sur tous les fronts. Les troupes allemandes chassées d'URSS et de Finlande se replient notamment sur la Norvège. En automne 1944, les troupes soviétiques à la poursuite des Allemands entrent au Finnmark et libèrent la ville de Kirkenes et les régions du nord-est. Au cours de la retraite, la population civile du Finnmark et d'une partie de Troms est évacuée de force. Trois corps d'armée allemands se retranchent dans la région. Toute la zone au nord de Lyngen est incendiée et rasée : 10.400 maisons, les ponts, les centrales, les usines, les bateaux de pêche, les infrastructures téléphoniques et autres sont détruits. La superficie de la zone touchée par cette politique de la terre brûlée est nettement supérieure à celle du Danemark.
Sur les talons de l'avance soviétique progressent une mission militaire norvégienne et quelques rares troupes provenant de Grande-Bretagne et de Suède. Les forces soviétiques se retireront du Finnmark en septembre 1945, quelques mois après la capitulation allemande.
Une capitulation exemplaire
A l'approche de la débâcle allemande, la question de la réaction des troupes stationnées en Norvège se posait avec acuité. Heureusement, tout se passera relativement bien. Le commandant en chef allemand, le général Böhme, exécutera fidèlement les ordres reçus dans la soirée du 7 mai 1945 des ses supérieurs en Allemagne, qui lui demandent de capituler. Le jour suivant, une mission militaire alliée atterrit à Oslo, suivie par des forces alliées et norvégiennes. Le pouvoir repasse peu à peu aux autorités légales. Le gouvernement revient de Grande-Bretagne, suivi le 7 juin par le roi Haakon.
La capitulation allemande se déroule dans les formes, mais le retrait complet des troupes allemandes prendra plusieurs mois.
Le rapatriement des 114.000 citoyens étrangers déportés par les Allemands en Norvège prendra lui aussi beaucoup de temps. 84.000 d'entre eux étaient des prisonniers de guerre soviétiques, et 13.000 des travailleurs déportés, en majorité Yougoslaves.
Le prix de la guerre
A l'heure des bilans, il s'avère que 10.262 Norvégiens ont été victimes directes de la guerre, dont 3.670 marins morts en service commandé. Les Allemands ont exécuté 366 personnes et 39 sont mortes sous la torture. 658 prisonniers politiques et résistants ont trouvé la mort en Norvège, et 1.433 hors du pays.
Sur les 6.000 Norvégiens qui avaient choisi de servir sous le drapeau allemand, 709 y ont laissé leur vie.
Durant les années de guerre, l'occupant a fait main basse sur 40 % du PNB. Les destructions sont importantes. Le Finnmark est presque entièrement détruit, de nombreuses villes et agglomérations sévèrement endommagées par les bombardements et les actes de représailles. Selon les calculs, 16 % du patrimoine national est détruit. Autre point de comparaison, la charge financière par habitant liée à l'occupation a été deux fois plus importante en Norvège qu'en France. Au total toutefois, la Norvège est un des pays qui a le moins souffert de la guerre.
Au début des hostilités, la flotte commerciale norvégienne comptait 1.024 navires, soit plus de 4 millions de tonnes. Elle jouera un rôle important dans l'effort de guerre allié et transportera jusqu'à 30 % du carburant fourni à la Grande-Bretagne par les Etats-Unis. Les pertes sont lourdes : la flotte sera réduite de 2,3 millions de tonnes.
Les traîtres
Autre aspect du bilan du conflit, les traîtres. Environ 46.000 personnes seront condamnées pour trahison. 18.000 seront condamnées à des peines de prison, 28.000 à des amendes et à la déchéance de leurs droits civiques. Sur 45 condamnations à mort prononcées contre des citoyens allemands et norvégiens, 37 seront effectivement exécutées.
La Norvège s'est rapidement remise de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, la production industrielle et le PNB de 1946 sont déjà en progrès par rapport à ceux de 1938. Trois ans plus tard, le patrimoine national aura retrouvé son niveau d'avant-guerre.
L'auteur de cet article, Tor Dagre, a été rédacteur en chef de «Nytt fra Norge».


 

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Re: Danemark et Norvege

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 08 Sep 2017, 21:32

Tenez je remonte un ancien post (2004) d'un ex-membre de ce forum car je trouve que cette contribution est très intéressante
Bien amicalement
Prosper ;) ;)
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Re: Danemark et Norvege

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Powerhouse  Nouveau message 09 Sep 2017, 08:14

bonjour à tous,
A ce sujet, j'ai pu récemment voir le film "Ultimatum" qui traite justement des évènements d'Avril 1940 et qui nous plonge au cour de ces heures tragiques aux côtés du roi de Norvège Haakon VII.
N'étant pas pas pointu sur le sujet, il m'a permis notamment d'en savoir plus sur ces événements peu souvent abordés et méconnus pour ma part...
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Re: Danemark et Norvege

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 09 Sep 2017, 17:31

Powerhouse a écrit:bonjour à tous,
A ce sujet, j'ai pu récemment voir le film "Ultimatum" qui traite justement des évènements d'Avril 1940 et qui nous plonge au cour de ces heures tragiques aux côtés du roi de Norvège Haakon VII.
N'étant pas pas pointu sur le sujet, il m'a permis notamment d'en savoir plus sur ces événements peu souvent abordés et méconnus pour ma part...


Ce n'est pas de ce film dont tu veux nous parler??:
viewtopic.php?f=20&t=46986
L'Union fait la force -- Eendracht maakt macht

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Re: Danemark et Norvege

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Powerhouse  Nouveau message 10 Sep 2017, 17:09

En effet c'est bien le même je n'avais pas fait le rapprochement au vu du titre...
Il a bien été diffusé (en france du moins) sous le titre "Ultimatum".
"Semper in Hostes" - 66th Armored Regiment - 2nd US Armored Division

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