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Neuchateau épargnée - Une tentativre d'explication.

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...
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Neuchateau épargnée - Une tentativre d'explication.

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Focus  Nouveau message 16 Mai 2008, 20:30

J'ai trouvé cette chronique historique qui m'a intéressé. dans la
E-Brochure "L'info de l'Ardenne Centrale" du 7 février 2008
n° 332. Je la partage avec vous.

[font=Arial]En 1944, comment Neufchâteau échappa à une deuxième occupation nazie…[/font]
Tout le monde le sait ! Neufchâteau ne fut pas réoccupé par les Allemands lors de la bataille des Ardennes (16 décembre 1944 – 28 janvier 1945). Mais ce que l'on sait moins, c'est que cela fut tangent ! Voici, en résumé, les événements qui permirent aux Chestrolais d'échapper à une deuxième occupation nazie.

La 28e division d'infanterie, commandée par le général Norman COTA (Robert Mitchum dans Le jour le plus long), est bousculée par les Allemands dans le grand-duché de Luxembourg, et elle se voit contrainte de retirer son P.C. de Wiltz pour l'établir à la gendarmerie de Sibret. Cela se passe le 19 décembre 1944, au soir.

La nuit du 20 au 21 décembre, l'avant-garde de la 5. Fällschirmjäger Division arrive aux abords de Sibret, sur la route de Neufchâteau, et livre combat pour les premières maisons du village. Les Allemands sont repoussés mais ils vont bientôt trouver du renfort avec l'arrivée de l'Aufsklärungsabteilung (commandé par le major Kunkel) de la 26.Volksgrenadier Division. Une attaque conjointe des deux unités, vers six heures du matin, rejette les Américains encore un peu plus en arrière. Le général Cota aura beau parcourir les rues du village, pistolet au poing, pour rameuter les employés, cuisiniers et autres conducteurs, rien n'y fera et la 28e division devra se résoudre à quitter les lieux pour Jodenville, dans un premier temps, pour s'installer finalement à Vaux-les-Rosières, où elle établit un nouveau P.C.

Juste avant ces combats, le général Middleton qui, depuis Bastogne, commandait le VIIIe corps, avait jugé plus prudent de déménager et d'installer son nouveau quartier général à Neufchâteau.

Les rescapés de la 28e – qui ne sont pas plus de 250 – vont tenter de défendre Vaux-les-Rosières.

Heureusement pour eux et pour les Chestrolais, un bataillon de chasseurs de chars, le 602nd Tank Destroyer Battalion, arrive à la rescousse le 21 décembre vers 13 heures. à Neufchâteau, ce bataillon installe son P.C. et disperse ses véhicules blindés, des M18, comme suit.

La compagnie A (capitaine Oliver) envoie trois groupes de blindés aux endroits suivants : un groupe conduit par le lieutenant Parnell sur la route de Vaux-les-Rosières (vers Bercheux), un autre groupe dont le lieutenant Altergoot a pris la tête, s’installe aux environs de Molinfaing et enfin, un troisième, un groupe conduit par le lieutenant Whitman, se plante à l'entrée de Neufchâteau, précisément à Longlier.

L'action de retardement de ce triple échelon blindé permit, avec un coup de pouce involontaire des Allemands, au reste des éléments du quartier général du VIIIe corps de rallier Neufchâteau, ainsi d'ailleurs que l'établissement ferme du P.C. de la 28e division dans la ville. Pour la petite histoire, c'est son quatrième P.C. en trois jours ! Car Vaux-les-Rosières était tombé et les fantassins de la 28e division avaient dû, à nouveau, se replier jusqu'à Neufchâteau.

Neufchâteau aurait donc été sauvé de l'occupation ennemie par l'action conjointe du 602nd Tank Destroyer Battalion, du 110th Infantry Regiment / 28th Infantry Division et par l'artillerie divisionnaire du VIIIe corps.
Cela est vrai, mais, et ces braves Américains l'ignoraient encore à l'époque, le sauvetage de Neufchâteau était surtout à mettre à l'actif de deux facteurs qui concernaient la 5. Fällschirmjäger Division…

Le premier facteur portait sur l'état physique des parachutistes allemands qui combattaient à pied et pratiquement sans dormir depuis leur franchissement de la vallée de la Sûre dans le grand-duché de Luxembourg, le 16 décembre précédent.

Le deuxième facteur n’était, ni plus ni moins, que les ordres que cette unité avaient reçus. Ceux-ci étaient très clairs : elle devait défendre le flanc sud de l'offensive allemande et s'établir en défensive sur une ligne Sibret, Vaux-les-Rosières, Martelange. Elle n'avait donc pas mission de s'emparer de Neufchâteau !
Notons tout de même que si les Américains, ne l'avaient pas défendu, Neufchâteau serait vraisemblablement tombé aux mains des Allemands, tout épuisés qu'ils étaient et malgré les ordres reçus !

Et voilà, en quelques mots, comment Neufchâteau s'épargna quelques jours d'occupation nazie superflue.
Notons encore que le général Middleton ne devait pas être au courant, lui non plus, des intentions de l'ennemi puisqu'il déplaça son quartier général une fois de plus vers Florenville et laissa Cota et les débris de sa 28e division se dépêtrer avec le secteur défensif de Neufchâteau.

Roger Marquet

Sources :

La grande bataille des Ardennes, Hugh M.Cole, Omer Marchal éd., Villance, 1994 (épuisé).
Des civils témoignent…, Cercle d'Histoire de Bastogne, Impr. Schmitz, Bastogne, 1994 (épuisé)
Un front méconnu, Éric Urbain, Impribeau, Sainte-Ode, 2002
Témoignage de Jack Foley, fils du Lieutenant Foley, MP à la 28e d'infanterie à l'auteur, 2002
Témoignage du Lieutenant-Colonel William O. Hickock, 28th Infantry Division à l'auteur, 2003
Bien que le front fut très mince, Neufchâteau connut une intense activité, comme une ville qui serait située assez loin à l'arrière du front. On y trouva les postes de commandements de la 28th Infantry Division (du 22/12/44 au 2/1/45), de la 11th Armored Division (du 30/12/44 au 3/1/45), ainsi que de nombreuses unités d'intendance, d'unités médicales, d'unités de transports, d'ateliers de réparation, de douches mobiles, de boulangeries militaires, de bureaux de toutes sortes… On y assista aussi au passage de divisions entières qui montaient au front, comme la 17th Airborne Division, le 2 janvier, par exemple. Le trafic n'était pas toujours aisé à organiser, et ce, dès le début de l'offensive allemande, comme le montre cette photo prise vraisemblablement vers le 20 décembre 1944.


J'espère que vous allez tous bien.

Amicalement

Bonne soirée / journée à toutes et tous. :)


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 16 Mai 2008, 21:21

Bonjour/bonsoir Focus,

Merci pour l'article.
Comme l'auteur de ce récit est Roger Marquet, tu n'as rien à craindre, il connait bien son sujet. De plus c'est un ami.

A+ ;)


 

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