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La leçon de quatre pièces importantes

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...
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La leçon de quatre pièces importantes

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Focus  Nouveau message 05 Mar 2008, 12:23

Les conséquence du grand secret (celui d’ EISENHOUWER).

Je me suis abstenu de tout commentaire avant, d’une part : d’avoir lu les textes tous deux volumineux, mais aussi excellents et présentés par notre expert et camarade – guide de réflexion Henry ROGISTER : celui sur la Bataille d’Elsenborn et celui concernant le 14ème Groupe de cavalerie, et d’autre part avant d’avoir terminé un important travail sur ce secteur aussi. On a ainsi pu ajouter une autre pièce à ce glorieux et souvent douloureux dossier qu’ « Histomag » vient de me faire l’honneur de publier : 1944 - La Golden Lion au Combat..
Il s’agit de la traduction de ce que j’aurais appelé le Rapport Jones mais fut bien plus brillamment retitré et illustré par son Rédac’chef : Juin 44, Grand merci à lui, sachant les conditions pénibles dans lesquelles il a dû travailler. :cheers:
J’avais entrepris ce travail pour mettre à la portée d’un public francophone le plus large possible un document par lequel un officier vivant de l’intérieur, décrit ce qui s’est passé dans une unité de terrain de la 106ème Division d’Infanterie, secteur Saint Vith. Il s’agit d’un témoignage de première main, donné par le Capitaine (devenu par la suite Colonel ) Alan W. JONES Jr. Il était Officier Opérations – S3 au Premier bataillon du 423ème Régiment d'Infanterie de la 106ème Division d'infanterie à proximité de Schönberg, (Allemagne). Il était aussi en fait le fils du Commandant de la Division : (le Général Alan W. JONES)

Car enfin, dans un sujet passé sur « Le Grand secret … » je disais à quel point le secret d’Hitler et des nazis avait été un secret de polichinelle et que son meilleur gardien n’avait été autre que le Général D. D. EISENHOUWER.

A ces trois pièces, je voudrais en ajouter une autre, moins volumineuse, certes, que je ne crois pas suffisamment étendue pour figurer dans Histomag, mais très indicative, elle aussi, ajoutant un élément de plus à sa faute de commandement.

Elle nous vient de l’excellent livre de Jacques NOBECOURT « Le Dernier Coup de Dé d’Hitler » Collection « Leur Aventure » Edition « J’ai Lu ».
Que nous dit – il ? p 202 - 203
« Dans la Trouée de LOSHEIM, où sur 12 Km de front attaquaient deux divisions allemandes, le courage malheureux des soldats américains n’empêchait pas un net succès de l’assaillant. Les positions y étaient mal déterminées et situées. à la limite des secteurs tenus par les 5ème et 8ème Corps d’Armée. Bien que couvrant les accès de la région de SAINT VITH, les débouchés des hautes vallées de l’Amblève et de l’Our, cette position de terrain avait été jugée sans péril. Elle avait été confiée, depuis le 11 décembre au 14ème Groupe de Cavalerie, composé de deux « squadrons » (escadrons). L’un stationnait à VIELSALM en réserve, à plus de 30 Km en arrière. L’autre couvrait les approches de MANDERFELD, localité en surplomb au dessus de l’Our, dernier verrou sur la route de SAINT VITH. La région, enfin était occupée par des groupes mixtes de « Tank Destroyers » et de génie, spécialement constitués pour l’attaque prochaine de la Ligne Siegfried
Il n’existait pas de « ligne » de front américain continu dans ce secteur, telle que peuvent se l’imaginer les combattants de la Première Guerre Mondiale ou ceux des Voges. Dans les principales bourgades, sur les routes venant d’Allemagne, les cavaliers avaient établi des points d’appui fortifiés. Depuis leur arrivée, cinq jours auparavant, ils avaient démonté les armes de leurs chars pour en équiper les ouvrages. Les véhicules étant désarmés, ces hommes devaient patrouiller à pied, privés des moyens indispensables au mode de combat pour lequel ils avaient été instruits et entraînés : la mobilité et les reconnaissances rapides et lointaines.
(1)
(1) Que l’on ne se méprenne pas, ni Jacques NOBECOURT, ni moi-même ne portons, à ce sujet un jugement défavorable sur les Cavaliers. Si leurs véhicules ont été désarmés, c’est qu’ils en eu l’ordre. Celui qui en porte la responsabilité, c’est celui qui a donné cet ordre : le Colonel Devine (de son propre chef ?), le Genéral Jones ou bien Middleton ? Auraient – ils réagi de la sorte si l’information du 4 septembre avait été donnée par Eisnehouwer?

Sur leurs arrières peu de champs de mines, peu d’obstruction. … La défense lointaine de SAINT VITH n’était donc assurée que par un rideau bien léger, soutenu par des canons de 105 d’un groupe d’artillerie en batterie à 4 Km à l’ouest de MANDERFELD, à MEDENDORF »
Un autre élément : (p 205),
L’alerte n’était pas donnée dans la 49ème Brigade d’Artillerie de la 9ème Division Blindée (CC B), le 16 décembre au soir, à LIGNEUVILLE, les hommes avaient quartier libre et étaient au cinéma. Le Général TIMBERLAKE n’avait pas été informé
[de l’attaque] !
Ce furent les panzers SS qui les mirent au courant le lendemain.

Avec bien d’autres déjà dénoncés, ces constats montrent combien la faute du SHAEF de n’avoir pas tenu informés ses chefs d’unités fut dommageable. Car là où l’on a plus tenu compte de ses intuitions, comme ce fut le cas dans le 5ème Corps d’ Armée le choc a pu être amorti.

Ailleurs, au sein des 28 et 106èmes Divisions d’Infanterie et au 14ème Groupe de Cavalerie, les hommes du terrain ont, eux aussi, combattu avec abnégation au-delà de l’imaginable. Mais, les dispositions de survie et de protection, les communications n’avaient pas été calibrées (radio entr’autres), l’équipement des hommes (vêtements chaud), n’ayant pas été prises par leurs supérieurs. C’est au casse pipe qu’ils sont allés, comme les soldats de Verdun ou d’ailleurs pendant la guerre 14 – 18.
Il est vrai que ce ne fut pas seulement là que ça a foiré. La 101ème Aéroportée, entr’autres, est venue aussi avec un bien maigre équipement (en manche de chemise et presque sans munitions)

Dans le site: http://www.criba.be, est disponible un texte absolument remarquable signalé ci- dessus écrit par Léon NYSSEN sur ce qui s’est passé sur « l’Epaule Nord » du « Saillant ». Il montre que là où les chefs de divisions et de corps avaient pris toutes les précautions, le front a pu tenir et limiter les dégâts. Les pertes civiles comme militaires ont été plus faibles qu’ailleurs.
Mais ici : 2ème et 99ème Divisions d’Infanterie, un trio d’élite de généraux : Léonard GEROW, Walter M. ROBERTSON et Walter E. LAUWER ont, eux fait leur travail.
Ainsi, il faut se reporter à ce texte remarquable ,
-
Lorsqu'en octobre, le général Gerow a pris possession du secteur attribué à son corps d'armée, il l'a parcouru afin de rechercher les meilleurs points d'appui auxquels il pourrait s'accrocher en cas d'action offensive de l'ennemi. Contrairement à beaucoup de ses collègues, qui ne croient pas une réaction ennemie violente sur le front de l'Ardenne et n'envisagent pas de moyens de s'y opposer le cas échéant, Gerow entend pouvoir faire face à toutes les situations, même les plus improbables. Il découvre que le meilleur endroit où il pourrait résister en cas de besoin se situe sur les hauteurs entourant Elsenborn.
1ère partie, § 35
-
En novembre, le général Lauer, dont la 99e DI à peine débarquée sur le continent est au repos dans la région d'Aubel, reconnaît le secteur allant de Höfen à Losheimergraben où sa division va devoir monter en ligne. L'allongement excessif du front à défendre l'oblige à se limiter à établir une succession de postes plus ou moins distants les uns des autres ; son dispositif n'a aucune profondeur. Il ordonne à ses hommes de creuser des abris individuels profonds garnis de claies ou de fascines pour éviter le trench foot (Mal des tranchées, si vous désirez en savoir plus le site http://www.gumsparis.asso.fr/technique/ ... rnatus.php donne une explication assez bonne), de construire des PC, des postes de secours, des emplacements de mitrailleuses ou de mortiers protégés par des rondins - il précise de vingt centimètres de diamètre au moins - recouverts d'une épaisse couche de terre ou de sacs de sable, non seulement en première ligne mais encore sur d'autres en arrière, bien qu'il ne puisse les faire occuper. Il ajoute que ces positions doivent être éloignées de points de repère tels que carrefour ou maison isolée et à distance suffisante d'arbres de haute taille pour se soustraire aux effets des obus d'artillerie qui en éclatant dans les branches projettent des éclats mortels dans toutes les directions. Malheureusement, à certains endroits, les fantassins sont en ligne dans les bois et là, cette dernière prescription ne peut être respectée.


Les mesures de prudence que prend Lauer lui valent les sarcasmes de plusieurs de ses égaux et la désapprobation de certains de ses supérieurs qui le jugent trop timoré.(1) L'avenir lui donnera pourtant raison. Recherchant lui aussi une position de repli éventuelle il arrive à la même conclusion que Gerow : la crête d'Elsenborn. Sans ces mesures de protection voulues par Lauer il n'est pas certain que la position d'Elsenborn aurait réussi à tenir comme elle l'a fait.
1ère partie, § 37
(1) Les égaux : Jones et Cota ?, les supérieurs : Middleton, Hodges, Bradley et Eisenhower ????

-
Alors que la 2e DI, venant de la Schnee Eifel, où elle a été relevée par la 106e DI, a terminé son rassemblement au camp d'Elsenborn, le général Robertson qui a ordonné de retirer les insignes de manche et de masquer les signes distinctifs des véhicules pour que les Allemands ne puissent l'identifier lors de l'attaque, se préoccupe toujours de la direction imposée à sa manoeuvre : la route menant de Rocherath au carrefour de Wahlerscheid. Il ne dispose [là] que d'un seul itinéraire d'attaque, de ravitaillement, d'évacuation et de repli éventuel. S'il venait à être coupé, ses hommes se verraient obligés de retraiter à pied, à travers tout, en abandonnant véhicules et armes lourdes. Ayant repéré, partant de Rocherath, un chemin forestier totalement impraticable, même aux jeeps, et qui après trois kilomètres, rejoint Wirtzfeld et de là Roderhöhe, il charge le lieutenant colonel Robert W. Warren, commandant le génie divisionnaire, d'aménager ce seul itinéraire d'évitement.

2ème partie § 8

Les informations qui auraient dû être répercutées, je les rappelle succinctement, étaient pourtant éloquentes
Le 4 septembre 1944
Rapport du Baron Hiroshi HOCHIMA - Ambassadeur Ministre plénipotentiaire de l’Empire Nippon auprès du 3ème Reich à son gouvernement intercepté
Hitler annonçait une offensive d’envergure à l’ouest pour la fin du 4ème trimestre (Charles B Mc Donald)[Pas de répercussion vers le bas. Ce fut le grand secret d’Eisenhouwer !!!]
27 septembre 1944 Bletchley Park reçoit un rapport daté du 8 crt, informant du renforcement de la 6ème Armée Panzer SS [Idem]
Octobre 1944De notoriété publique, courant de ce mois et jusqu’au début décembre, d’étranges « touristes » parlant bien allemand « visitaient » les Ardennes. La chose a été dite aux Américains de Sibret Ces « bonnes gens » n’ont pas été inquiétés. Témoignage direct recueilli auprès de Madame Marie Thérèse CORNETTE, ancienne habitante de SIBRET
Dès cet instant les pilotes d’avions engagés dans les opérations sur le sanctuaire du Reich rapportaient l’intense activité ferroviaire de quatre gares de triage, entièrement remises en état entre Monshau et Triers. Pas de question à se poser à ce sujet. L’info ne monte pas bien haut. Normal le grand secret était si bien gardé … à Versailles.
23 novembre 1944
Rassemblement d’une force Majeure au nord de la 3ème Armée.
Le Colonel Oscar KOCH – G 2 de la 3ème armée, sous le couvert du Général Georges C PATTON en fait rapport à Bradley et adresse une copie à EISENHOWEER Ignoré
10 décembre 1944 Réunion informelle à Metz, Q.G. de la 3ème Armée, le Général Georges C PATTON Jr est de plus en plus convaincu de l’imminence d’une offensive à l’est.
Le Peloton I/R du 394ème Régiment d’Infanterie : secteur Krinkelt Elsenborn, 99ème Division d’Infanterie, rapporte percevoir des bruits de fortes concentrations de blindés lourds et d’Artillerie. Le lendemain le Général Dwight David EISENHOWER en avait connaissance.
Le Général Walter M. ROBERTSON, commandant de la 2ème Division d’Infanterie (secteur Nord de Saint Vith), inquiet de mouvements perçus en face de lui, côté allemand, demande une reconnaissance. Midelton refuse ! [Idem]
Le trafic radio est interrompu par les allemands. Sauf à la Troisième Armée, ce fait est ignoré.

-Le 12 décembre 1944
Le Général Georges C PATTON Jr donne ordre au Général de Brigade Hobart GAY : Chef d’Etat Major adjoint et aux Colonels Paul HARKINS : Chef d’Etat Major adjoint (tactique) et Halley MADDOX : G 3 d’établir des plans de mouvements et de missions pour aller aider, s’il le faut, la 1ère Armée en Ardenne selon trois axes de pénétration} (Ladislas FARAGO « Patton Grandeur et servitude »)

14 décembre 1944 La luxembourgeoise Elise DELE signale des concentrations militaires blindées et d’Artillerie spectaculaires Le rapport est produit au Général Norman « Dutch » COTA de la 28ème Division d’Infanterie « Key stone »: secteur Hossingen. Il est bloqué par le Colonel REEVES : G2 du 8ème Corps secteur Bastogne (B) commandé par le Général Troy MIDELTON. *
Un officier nazi est capturé, porteur de l’ordre de von Runsted par le 1er Bataillon du 422ème Régiment de la 106ème Division d’Infanterie : secteur Saint Vith

15 décembre 1944
Deux soldats capturés : un par la 4ème Division d’Infanterie et un (polonais), par la106ème Division d’Infanterie avertissent de l’imminence de l’attaque

Il y a fort à parier que si «le grand secret d’Eisenhower» et les informations qui en découlaient avaient été portées à la connaissance des chefs de Groupe d’Armée, d’Armée et de corps d’armée d’abord et de Division ensuite, en tous cas c’eût dû être fait dès le 28 septembre 1944, les choses auraient, d’une façon plus générale été mieux préparées. Comme le démontre ce qui fut possible au niveau d’Elsenborn, ailleurs on aurait aussi pu approcher ce qui fut possible là.

Ne négligeons pas de donner une mention au Combat Command A 9ème Division Blindée Secteur Echternach Colonel Thomas L HAROLD et à la 4ème Division d’Infanterie de Raymond BARTON, qui ont fait aussi du très bon travail sur l’Epaule Sud.
[bcolor=#40FFFF]Je ne parviens pas à me départir de l’impression qu’il a pu y avoir une visite de son illustre voisin méridional ou au moins de l’un de ses envoyés (de la 10ème Division Blindée Gen. Maj. William H. H. MORRIS, Jr. ou le G 2 le Lt. Col. William E. ECKLES, ou même encore : le Colonel Oscar KOCH G 2 : 3ème Armée) [/bcolor]
Des dispositions y avaient déjà été prises dès le 12 décembre 1944 dans cette éventualité.

A ces deux endroits on n’a pas laissé le moindre doute aux hommes de terrain : Officiers et Soldats. La guerre, il y aurait à la faire et plus tôt qu’on le croit. On risquait même de subir une attaque. Et on allait s’y préparer.

Ailleurs, là où ce fut le plus sanglant … on était en zone de repos. (aurait dit le Général de Brigade. Bruce Cooper CLARKE au Général Major HASEBROUCK en apprenant qu’il devait aller à Bastogne) (« Saint Vith – Décembre 44 – La Bataille d’Ardenne » Colonel Alexandre MASSART p 216)

Je vais probablement me faire écorcher vif par Monsieur Henri ROGISTER, mais ce dont nous venons de prendre connaissance, doit nous conduire à découvrir qu’il y avait pour le moins une réelle impréparation dans les deux divisions la 106ème et la 28ème Divisions d’Infanterie.
La teneur du rapport du Baron Hiroshi HOCHIMA n’ayant pas été portée à la connaissance des principaux intéressés, même les Généraux Courtney HODGE et Omar BRADLEY ont été laissés dans l’ignorance la plus compété de ce qui risquait de leur advenir
Il n’y a peut être pas de grosse exagération dans la scène du film de Ken ANNAKIN « La Bataille des Ardennes » du Sergent GUFFY joué par Telly SAVALAS, d’abord préoccupé par ses poules, et non par son combat. (Ce film n’est sauvé de justesse que par la présence de grands acteurs : valeur cinématographique 8/10 Valeur historique 2/10)
Quand le Colonel Henri CASTOR dénonce les impréparations, il n’a fort probablement pas tort.
Sur le terrain, il devait être assuré tant les réflexes et dispositifs de survie que les dispositifs d’obstruction ( le nombre de ponts tombés intacts aux mains de l’ennemi en est un signe) et de défense (le 49ème Groupe de Cavalerie encore au repos à Spa le 16 au soir alors qu’on entendais déjà le canon tirer). Les abris pour les hommes, la sûreté des communications, à tout le moins, dans ces deux divisions manquaient cruellement. Les munitions rationnées et pas immédiatement disponibles et les radios non calibrées l’impossibilité de faire des reconnaissances à portée au-delà de l’immédiat périmètre des positions par les cavaliers qui ont été mis pieds à terre alors qu’ils auraient pu se rendre compte que quelque chose se préparait et donner l’alerte, et pire encore Robertson qui se voit refuser une reconnaissance, ses craintes étaient pourtant fondées.
Que psychologiquement, où l’on a laissé l’illusion qu’on était en zone de repos.Qui a laissé cette illusion ? ……

Je sais, on va me parler de ce coup de poker qu’Ike a donné, mais a – t – on le droit de jouer ainsi avec la vie des gens ?



Je demande pardon à ceux que, par la présente, j’ai pu blesser.
Bonne journée / soirée à tous :)


 

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Re: La leçon de quatre pièces importantes

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 05 Mar 2008, 15:35

Focus a écrit: Il s’agit d’un témoignage de première main, donné par le Capitaine (devenu par la suite Colonel ) Alan W. JONES Jr. Il était Officier Opérations – S3 au Premier bataillon du 423ème Régiment d'Infanterie de la 106ème Division d'infanterie à proximité de Schönberg, (Allemagne). Il était aussi en fait le fils du Commandant de la Division : (le Général Alan W. JONES)


En effet, ce document est de première main, mais en écrivant ce témoignage, après la guerre, le fils Jones a contribué à sauver l'honneur de son père qui, pour moi, a une grande part de responsabilité dans les évènements tragiques que la 106e division à vécu sans oublier le 14e de Cavalerie.

Je ne citerais qu'une petite partie du témoignage de George M Gudefin, officier de liaison français, attaché au 14e Groupe de Cavalerie du 29 novembre 44 au 8 mai 1945.

Voici ce qu'il dit: "Le 16 décembre 1944, vers 06.00 H, lorsque le Colonel Mark Devine, Commandant du 14th Cavalry Group, appela le Major-Général A. W. Jones, Commandant de la 106th Infantry Division, auprès de laquelle nous étions attachés, pour l'avertir de la concentration des tirs ennemis, la réponse fut: "Recouchez-vous, notre aviation est de sortie et doit faire une erreur de bombardement" Il ne voulait pas entendrequ'il ne s'agissait pas de bombardement aérien."

Les paroles de George M. Gudefin, sont extraites du très bon livre paru en Novembre 2006, sous le titre "Mourir pour St Vith", dont l'auteur est Gilbert Gallez. (auteur que je connais et à qui je fais confiance)

A Suivre


 

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Re: La leçon de quatre pièces importantes

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 05 Mar 2008, 16:10

Focus a écrit:
Elle nous vient de l’excellent livre de Jacques NOBECOURT « Le Dernier Coup de Dé d’Hitler » Collection « Leur Aventure » Edition « J’ai Lu ».
Que nous dit – il ? p 202 - 203

« Dans la Trouée de LOSHEIM, où sur 12 Km de front attaquaient deux divisions allemandes, le courage malheureux des soldats américains n’empêchait pas un net succès de l’assaillant. Les positions y étaient mal déterminées et situées. à la limite des secteurs tenus par les 5ème et 8ème Corps d’Armée. Bien que couvrant les accès de la région de SAINT VITH, les débouchés des hautes vallées de l’Amblève et de l’Our, cette position de terrain avait été jugée sans péril. Elle avait été confiée, depuis le 11 décembre au 14ème Groupe de Cavalerie, composé de deux « squadrons » (escadrons). L’un stationnait à VIELSALM en réserve, à plus de 30 Km en arrière. L’autre couvrait les approches de MANDERFELD, localité en surplomb au dessus de l’Our, dernier verrou sur la route de SAINT VITH. La région, enfin était occupée par des groupes mixtes de « Tank Destroyers » et de génie, spécialement constitués pour l’attaque prochaine de la Ligne Siegfried
...Dans les principales bourgades, sur les routes venant d’Allemagne, les cavaliers avaient établi des points d’appui fortifiés. Depuis leur arrivée, cinq jours auparavant, ils avaient démonté les armes de leurs chars pour en équiper les ouvrages. Les véhicules étant désarmés, ces hommes devaient patrouiller à pied, privés des moyens indispensables au mode de combat pour lequel ils avaient été instruits et entraînés : la mobilité et les reconnaissances rapides et lointaines.

(1) Que l’on ne se méprenne pas, ni Jacques NOBECOURT, ni moi-même ne portons, à ce sujet un jugement défavorable sur les Cavaliers. Si leurs véhicules ont été désarmés, c’est qu’ils en eu l’ordre. Celui qui en porte la responsabilité, c’est celui qui a donné cet ordre : le Colonel Devine (de son propre chef ?), le Genéral Jones ou bien Middleton ? Auraient – ils réagi de la sorte si l’information du 4 septembre avait été donnée par Eisenhower?


Je ne sais pas ou Nobecourt va chercher ses informations mais la je ne suis vraiment pas d'accord avec ce qu'il écrit.

Voici ce que dit Gilbert Gallez dans son livre "Mourir pour St Vith:

Pourtant deux personnes, autres que le Général Jones et son Etat-Major, possèdaient une meilleure connaissance du secteur de Losheim ainsi que sur la nature du terrain à défendre. Ces hommes étaient le Colonel Mark A. Devine, commandant du 14e Groupe de Cavalerie et le Lt Colonel William F. Damon, commandant du 18e Squadron mécanisé. (Unité faisant partie du 14e Groupe avec le 32e Squadron)

Le 18e Squadron était la seule unité encore en ligne à avoir conservé sa place initiale au cours de la relève de la 2e Division d'Infanterie. Le Lt ColDamon et ses hommes occupaient la Trouée de Losheim depuis la mi-octobre 1944 (et non depuis le 11 décembre), date à laquelle ils avaient renforcé une troupe dénommée "Task Force X" qui était elle-même composée d'éléments appartenant à la 2e Division d'Infanterie.

Quand au colonel Devine, installé depuis le 12 décembre 1944, à Manderfeld, il avait parfaitement conscience du danger potentiel que représentait la Trouée. Il est en effet établi que Devine effectua à plusieurs reprises, des visites de son ancien poste de commandement établi le 19 octobre 1944 à Ettelbruck au Luxembourg, au PC du 18e Squadron à Manderfeld, avant d'y transférer son propre Etat-Major. Il avait également demandé à son officier S 3, chargé des opérations, le Capitaine Larry G. Smith, de préparer des plans tant dans une perspective offensive que défensive.

Il est également établi que le Colonel Devine, durant les quelques jours qui précédèrent l'attaque allemande, tenta à plusieurs reprises d'avoir une concertation avec le Général Jones.


A SUIVRE


 

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Re: La leçon de quatre pièces importantes

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 06 Mar 2008, 13:13

Focus a écrit:
Ailleurs, au sein des 28 et 106èmes Divisions d’Infanterie et au 14ème Groupe de Cavalerie, les hommes du terrain ont, eux aussi, combattu avec abnégation au-delà de l’imaginable. Mais, les dispositions de survie et de protection, les communications n’avaient pas été calibrées (radio entr’autres), l’équipement des hommes (vêtements chaud), n’ayant pas été prises par leurs supérieurs. C’est au casse pipe qu’ils sont allés, comme les soldats de Verdun ou d’ailleurs pendant la guerre 14 – 18.
Il est vrai que ce ne fut pas seulement là que ça a foiré. La 101ème Aéroportée, entr’autres, est venue aussi avec un bien maigre équipement (en manche de chemise et presque sans munitions)


La 106e Division arrive dans les Ardennes à partir du 11 décembre 1944 et n'a jamais participé à un combat. Cette division reçut sa dotation complète le 14 décembre, à peine 36 heures avant le début de l'offensive.

La 28e Division était mal en point car elle avait été décimée dans les combats de la Forêt de Huertgen.

Cette zone occupée par ces deux divisions était considérée comme une zone de repos, malgré les éléments annonciateur d'une probable offensive allemande.

Concernant les intinéraires de retraite des troupes US en cas d'offensive ennemie, je ne vois pas ce qui aurait pu être fait pour améliorer la situation. Il faut visiter cette zone occupée par la 106e et 28e divisions pour comprendre la difficulté de la situation.
Lorsque vous n'avez qu'un seul itinéraire de repli, je ne vois pas comment protéger la zone arrière avec des champs de mines.
N'oubliez pas les difficultés rencontrées par les troupes allemandes qui devaient traverser cette soit disant zone de repos.

Bien entendu, il y a eu des erreurs mais doit-on imputer toutes ces erreurs uniquement à Eisenhower. Je suppose que son Etat-Major a aussi une grande part de responsabilité dans cette situation, et j'y ajouterais Omar Bradley.

Un risque calculé - peut-être mais pour quelle raison?
Je vais tenter de vous donner mon avis qui va certainement vous étonner:

Depuis le mois de septembre 1944, les divisions américaines se cassent les dents dans les combats de la Forêt d'Huertgen. Division après division, celles-ci sont décimées dans de terribles combats.

Ayant vent d'une offensive allemande en préparation, par des reconnaissances, des témoignages civils, sans oublié les messages décodés avec "ENIGMA" les responsables américains décident de laisser venir les troupes allemandes dans les Ardennes afin de mieux les refouler et faciliter cette fois le passage dans la forêt de Huertgen et foncer vers le Rhin.

D'ou l'expression du "risque calculé" avancée par les autorités américaines.

La décision de Patton, le 12 décembre 1944, de faire établir des plans de mouvements et de missions pour aller aider, s’il le faut, la 1ère Armée en Ardenne selon trois axes de pénétration, n'était t-elle pas préméditée?

Pour en terminé, le coup de dés d'Eisenhower est bien réelle mais y avait-il à ce moment-là une autre solution?

A – t – on le droit de jouer ainsi avec la vie des gens ?
Ma réponse est: Y avait-il moyen de l'éviter?

Personnellement, je ne pense pas même si Patton était impatient de passer à l'attaque.

Il y a une chose qu'il faut bien signaler, c'est la rapidité avec laquelle les unités américaines ont fait mouvement vers le secteur des Ardennes.

Amicalement


 

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Re: La leçon de quatre pièces importantes

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 06 Mar 2008, 21:09

H Rogister a écrit:En effet, ce document est de première main, mais en écrivant ce témoignage, après la guerre, le fils Jones a contribué à sauver l'honneur de son père qui, pour moi, a une grande part de responsabilité dans les évènements tragiques que la 106e division à vécu sans oublier le 14e de Cavalerie.


Il faut dire que Charles Withing a bien savonné la planche du 106th et d'Alan Jones . A l'ecouter la 106th n'etait composée que de laches...


 

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Re: La leçon de quatre pièces importantes

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 06 Mar 2008, 21:38

hilarion a écrit:Il faut dire que Charles Withing a bien savonné la planche du 106th et d'Alan Jones . A l'ecouter la 106th n'etait composée que de laches...


Les hommes de la 106è division n'étaient pas des lâches comme le dit Withing (un peu révisioniste sur les bords) car j'en connais des dizaines et je connais leurs histoires. Ils ont vraiment soufferts aussi bien dans les camps de POW et dans les combats pour ceux qui ont échappé à la capture.

Je dirais sans être trop méchant que Jones n'était pas à la hauteur et que s'il avait écouté Devine et d'autres cette tragédie aurait certainement été évitée non pas à 100% mais à plus de 75%.
J'ajouterais que Clarke et Robertson ne sont pas sans reproche dans la situation dans laquelle s'est trouvée la 106è Division.

Vous allez certainement croire que je suis un défenseur de la 106e Division et du 14e Groupe de Cavalerie, et vous avez raison.
J'ai étudié le sujet pendant des années et je ne suis pas le seul à penser ce que j'ai écris plus haut dans ce poste.

A+


 

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