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Les Marocains a Gembloux

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...
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Les Marocains a Gembloux

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Haddock  Nouveau message 12 Fév 2008, 08:19

Belgique-Maroc
Vibrant hommage de deux historiens belges
A la mémoire des 2250 soldats marocains morts en mai 1940 dans la bataille de Gembloux pour défendre la Belgique du nazisme

Deux historiens Belges, MM. Franz Labarre et Raoul François, Rendent un vibrant et émouvant hommage, dans un excellent ouvrage ‘’Gloire et sacrifice’’, à la mémoire des 2250 soldats marocains tombés sur le front en mai 1940 lors de la bataille de Gembloux pour défendre la Belgique de la peste nazie.
Le 10 mai 1940, en effet, trois régiments de tirailleurs marocains en provenance des premières, deuxièmes et septièmes garnisons de Kénitra, Marrakech et Meknès débarquent dans la région du Brabant Wallon (une vingtaine de km au sud de Bruxelles) pour contrer l’avancée de l’armée hitlérienne et permettre aux forces alliées particulièrement françaises d’installer une ligne de défense. Avec courage, abnégation et sacrifice suprême pour défendre la liberté et la démocratie, les Lions marocains ont résisté, trois jours durant, aux blindés allemands mais les pertes sont énormes.
Une véritable hécatombe. Sur les 2.300 soldats marocains entrés en Belgique, cinquante à peine reverront Meknès.
Grâce à des recherches minutieuses, les deux historiens nous font revivre cette histoire oubliée et méconnue par la plupart des Belges.
La date du 10 mai 1940 restera à jamais gravée dans l’histoire. Elle marquera aussi jusqu’au dernier jour de leur vie, celles et ceux qui vécurent la seconde guerre mondiale.
L’allemagne nazie envahissait alors la Belgique, la Hollande et le Grand-Duché de Luxembourg. La France, garant de la neutralité de la Belgique, envoie immédiatement des troupes pour aider l’armée belge à contenir la progression de l’agresseur.
Le corps de cavalerie du général Prioux, composé de la 2ème et de la 3ème DLM se porte à la rencontre de l’ennemi pour retarder son avancée et permettre ainsi à l’infanterie de gagner les positions qui lui sont imparties par le haut commandement militaire. Cette installation est prévue jour J plus 6. La fulgurante percée allemande oblige cependant la 1ère armée française à rejoindre plus tôt que prévu sa position de résistance et à affronter l’envahisseur dans des délais nettement plus courts que ceux envisagés initialement par le haut commandement français.
Pour défendre la ligne Wavre-Gembloux-Namur dépourvue de défenses naturelles et qui s’étend sur une trentaine de kilomètres, la 1ère armée française disposait de 6 divisions d’infanterie dont trois motorisées.
Du nord au sud, de Wavre à Chastre inclus s’était déployé le IIIème corps d’armée commandé par le général de la Maurencie qui comprenait la 1ère DIM du général de Camas et la 2ème DINA du général Dami.
Au centre, de Chastre à Beuzet se trouvait le 4ème corps d’armée.
Au sud, de Beuzet à la position fortifiée de Namur, était engagé le Vème corps d’armée commandé par le général René Altmayer et qui était composé de la 12ème DIM du général Janssen et de la 5ème DINA du général Vieillard.
Toutes ces divisions appartenaient à l’élite de l’armée française, car le haut commandement étant persuadé d’une répétition du plan Von Schlieffen de 1914.
Au IVème corps dirigé par le général Aymes incombe la mission plus périlleuse: barrer à tout prix la direction de Gembloux pour interdire aux Allemands l’accès à la vallée de la Sambre et donc à la frontière française du nord.
Une zone d’une dizaine de kilomètres constituant une grande plaine agricole est confiée aux deux divisions qui forment le IVème corps: la 15ème DIM du général Juin et la 1ère dm du général Mellier.
Dans cette plaine agricole, la voie ferrée Bruxelles-Wavre-Gembloux-Namur constitue le seul obstacle susceptible d’arrêter la progression des unités blindées allemandes.
Les ponts, passages, remblais et déblais de cette voie deviendront l’enjeu de combats effarants et meurtriers.
La 15ème DIM pourra rejoindre rapidement ses positions, installer ses plans de feu et poser des mines antichars. Par contre, la 1ère DM éprouvera des difficultés à gagner la région de Gembloux. Un des trois régiments de la division, le 7 RTM, devra se déplacer à pied et se heurter aux Allemands quatre heures seulement après son arrivée. Les plans du haut commandement français prévoyaient cependant un délai d’une semaine pour l’installation d’une position de défense par la division marocaine.
Celle-ci, véritable division d’infanterie de type ‘’grande guerre’’ doit affronter sur un terrain non préparé, lors d’un combat de rencontre, deux grandes unités blindées modernes disposant d’un appui aérien.
Or le secteur du 2 RTM comprend l’axe de l’ancienne chaussée romaine qui occupe approximativement la ligne de crête qui sépare le bassin de la Meuse de celui de l’Escaut. Cette voie antique relie, par ses prolongements en France et en Allemagne, la Manche au Rhin.
Le plateau situé dans son axe ne comporte aucun obstacle de forêt ni de cours d’eau. Il convenait donc parfaitement à la manoeuvre offensive des blindés allemands du XVème panzer korps du général Hoeppner composé de la 3ème et de la 4ème panzer.
Pendant deux jours, la division marocaine supportera l’essentiel de la poussée allemande et résistera malgré de lourdes pertes. De plus, le premier jour des combats, le 14 mai, les deux ponts surplombant la voie ferrée entre Gembloux et Ernage resteront intacts pour permettre le recueil des derniers éléments du corps de cavalerie du général Prioux qui, depuis le 10 mai, menait un combat retardateur en avant de la position ‘’dyle’’ pour permettre l’installation de l’infanterie française.
Durant la journée du 14, malgré les attaques massives des blindés et des fantassins allemands, la division marocaine reste maîtresse du terrain. Le soir, une contre-attaque appuyée par des chars permet la destruction des deux ponts demeurés intacts.
La nuit du 14 au 15 mai, en raison de la percée allemande à DINAnt, le haut commandement français prévoyait déjà l’ordre de repli vers Fleurus pour éviter tout encerclement.
Les combats acharnés reprirent le 15 mai dès l’aube. Les Allemands élargissaient l’assaut jusqu’à Perbais-Chastre où ils coupaient la liaison entre le 110 RI et le 7ème R.T.M., c’est-à-dire entre le IIIème et le IVème corps d’armée.
Au coeur de la position ‘’Dyle’’, la division marocaine subissait de lourdes pertes dans des combats allant jusqu’au corps à corps. Sa position était de plus en plus entamée. Aussi, en début d’après-midi, une contre-attaque française s’imposait.
Bien qu’elle ait été repérée par l’aviation ennemie, cette contre-attaque fut menée avec succès par les bataillons de la division marocaine restés en réserve. Ces bataillons et les chars qui les appuyaient subirent eux aussi de lourdes pertes, mais rétablirent l’intégralité des positions françaises.
Le soir du 15 mai, les Allemands se repliaient vers le carrefour des cinq étoiles à Thoremblais, au-delà de leurs bases de départ. Ce repli scellait leur défaite dans cette bataille de Gembloux.
Parallèlement à ces combats de la bataille de Gembloux, d’autres également acharnés ont opposé, la 18ème division d’infanterie allemande du général Cranz à la 2ème DINA.
Les trois régiments de la 2ème DINA (13 RTA, 11ème zouaves et le 22 RTA) sont aussi parvenus à endiguer la progression allemande.
La bataille de Gembloux présente plusieurs particularités:
elle constitue, du moins dans sa première phase dans la région de Hannut, Merdorp et Jauche, la première bataille de chars de l’histoire militaire mondiale. Elle marque le premier coup d’arrêt au Blitzkrieg depuis le 1er septembre 1939, date de l’invasion de la Pologne.
Cette bataille constitue également la seule victoire terrestre de l’armée française durant la campagne de mai 1940.
En guise de bilan, il convient de mentionner du côté allemand, la perte de près de 300 engins blindés, d’une dizaine d’avions de reconnaissance et de combat, de plusieurs centaines de soldats d’élite, du côté français, la perte de 200 engins blindés et de plusieurs centaines d’hommes pour une victoire tactique.
Le temps a passé. Les nations alors en guerre se sont réconciliées et oeuvrent maintenant à la construction d’une Europe enfin débarrassée de ses vieux antagonismes nationalistes.
Cependant, le souvenir des événements tragiques de la seconde guerre mondiale et de la détresse dans laquelle ils plongèrent des millions d’êtres humains doit être impérativement entretenu.
En effet, l’on assiste dans les sociétés occidentales à une résurgence du fanatisme et de l’extrémisme favorisée par l’exclusion et la précarité sociales engendrées par la mauvaise conjoncture économique.
En ce lieu de repos et de recueillement, les tombes de ces soldats dont la plupart furent fauchés au printemps de leur existence nous rappellent les dangers de l’extrémisme et nous incitent a la vigilance et a la fermeté. Elles exigent aussi que le sacrifice ne fut pas consenti en vain. Les lecons de l’histoire doivent être retenues: aucune démocratie n’en a jamais agressé une autre.



 

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