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Le procès de Malmédy : légendes et réalités

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...
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Le procès de Malmédy : légendes et réalités

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 30 Jan 2007, 13:26

Je sais, c'est long, je sais, c'est illisible, je sais, il doit y avoir des erreurs de détail, mais enfin... A noter, sur le même thème, l'existence d'un très bon article sur Wikipedia.



Le massacre de prisonniers de guerre américains à Malmédy/Baugnez a suscité une émotion considérable aux Etats-Unis. Une enquête menée par l'armée américaine permettra de mettre en examen 74 SS, dont le général Sepp Dietrich, et évidemment le commanditaire de cette atrocité, Joachim Peiper.

Le procès démarre à Dachau le 16 mai 1946. Avec l'instruction, il permettra de déterminer les éléments suivants :

1) Avant l'offensive des Ardennes, les SS ont bel et bien reçu pour ordre de faire preuve de brutalité pour semer la terreur chez l'adversaire. L'ordre prévoyait qu'il ne serait pas fait de prisonniers si l'avance risquait d'être ralentie par les redditions.

Les 13, 14 et 15 décembre 1944, les officiers du Kampfgruppe ont été briefés sur l'imminente offensive des Ardennes, prévue pour le 16. Peiper a fait savoir à ses hommes que leur unité devait foncer à travers le dispositif allié : ce retour à la guerre-éclair peut interdire, soulignait-il, de faire des prisonniers - "en aucun cas il ne faudra ralentir l'offensive pour emmener les prisonniers de guerre à l'arrière du front". Si les prisonniers peuvent être confiés à une autre unité sans poser de problème, tant mieux. Sinon, précise Peiper, ils seront soumis au "traitement spécial", terme bien connu dont la signification n'échappera à personne. (1)

Au cours du procès de Dachau, Sepp Dietrich, chef de la VI. Panzerarmee, a confirmé que le Führer avait insisté pour que l'offensive des Ardennes soit menée avec brutalité en vue de terroriser l'adversaire (2). Peiper a également déclaré que les ordres recommandaient d'exécuter les prisonniers si la situation l'exigeait - mais d'autres SS membres de son Kampfgruppe (dont certains qui n'étaient pas jugés à Dachau) ont ajouté que Peiper leur avait simplement mentionné, "avec enthousiasme", de ne pas faire de quartier, de ne pas faire de prisonniers, de ne manifester aucune pitié envers les civils belges (3).

Une centaine de prisonniers américains seront exécutés le 17 décembre 1944 - sans parler des autres victimes belges de la chevauchée sanglante du Kampfgruppe Peiper. Un tel meurtre de masse exclut l'angoisse du combat : il s'agit de l'exécution des directives ci-dessus mentionnées, ne pas faire de prisonniers pour éviter de ralentir la marche vers la victoire. Peiper n'était certes pas présent sur place, mais avait donné des instructions très précises en ce sens avant l'offensive...

2) Le parcours du groupe de combat Peiper est conforme à ces directives : 50 prisonniers américains tués dans les parages de Bullingen le 17 décembre 1944, 19 autres à Honnsfeld le même jour, encore 31 à Cheneux le lendemain, et 8 à Stavelot le surlemendemain, ainsi que 44 GIs à Stoumont, puis une centaine d'entre eux à La Gleize les 18, 21 et 22 décembre 1944... Au total : 538 à 749 prisonniers de guerre auraient été passés par les armes, ainsi que 98 civils (dont 93 à Stavelot le 18 décembre 1944). Des massacres froidement organisés, par des sections disciplinées.

3) A Malmedy ont été retrouvés 71 cadavres. Que révèle l'autopsie ? Que 41 ont été tués d'une ou plusieurs balles dans la tête. D'après les légistes, 10 GIs ont été victimes de coups de crosse dans le crâne. Le journaliste Roger Martin ajoute :

Les coups ont été tirés de face comme en témoignent les organes atteints : visages, poitrines, abdomens. Sur d'autres, une seule blessure est relevée, à la tempe ou derrière l'oreille. Des soldats ont été littéralement exécutés à bout portant, voire à bout touchant. Certains cadavres révéleront des blessures post-mortem. Dans quelques cas, les yeux ont été crevés et une nuque a été broyée comme par un objet très lourd. Un grand nombre de corps ont gelé avec les bras levés au-dessus de la tête de gens qui se rendent.
(4)

4) Les trois rescapés américains du massacre n'ont jamais, à ma connaissance, évoqué de quelconques mouvements hostiles de la part des prisonniers américains, ni une tentative de fuite. En fait, il apparaît que le mythe de la tentative de fuite a été propagé par les accusés SS et qu'il a été repris par les propagandistes néo-nazis dans les années 70, quand la première version défendue (à savoir qu'il n'y avait pas eu massacre, mais bataille - authentique !) devenait intenable.

5) Le 18 décembre 1944, ces survivants ont pu alerter leurs camarades, et la 1ère armée américaine a transmis le communiqué suivant :

Troupes SS ont capturé dans secteur L8199 Soldat MP avec environ 200 autres soldats américains. Prisonniers américains désarmés. Opération terminée, Allemands ont aligné Américains et les ont abattus avec pistolets-mitrailleurs et mitraillettes. Témoin blessé et détails complémentaires suivent.
(5)

Au final, tout milite en faveur du massacre planifié, et non d'un quelconque "accident". Le contexte décisionnel, le nombre de victimes, la nature des blessures, les différents témoignages donnés, et le fait que ces meurtres s'insèrent parfaitement dans le sanguinaire périple du Kampfgruppe montrent bien qu'il s'agit là d'un assassinat pur et simple : les SS n'ont pas fait de prisonniers car les directives transmises par leur chef Peiper étaient parfaitement claires à leur égard.

Pourtant, ces faits allaient faire l'objet d'une contestation en règle, et politiquement orientée.

Une légende a en effet pris forme, et se retrouve sous la plume d'auteurs sérieux (6) : les accusés SS auraient été torturés par leurs geôliers américains, qui auraient ainsi obtenu de leur part des aveux confondants mais aussi dignes de confiance que ceux extorqués au cours des procès de Moscou. Une légende propagée par l'extrême-droite américaine, reprise à son compte par l'extrême-droite allemande, périodiquement revendiquée par l'extrême-droite francophone, et assimilée par certaines publications réputées.

Car la réalité est toute autre. Et il convient à cet effet d'examiner plus avant le rôle joué par l'avocat de Peiper, le colonel Willis M. Everett - qui a initié la légende (7).

Everett est un avocat sudiste : il n'aime ni les Noirs, ni les Juifs, ni tout ce qui n'est pas Blanc, anglo-saxon et protestant. Qui plus est, son "sudisme" le rend compatissant envers l'Allemagne, nation vaincue comme l'a été 80 ans plus tôt la Confédération. Et il aime son métier : possédant un sens aigu de la Justice, il s'acharnera à tout faire pour défendre les accusés SS contre ce qu'il assimilera à une tentative de vengeance juive. A cet égard, sa rencontre avec Peiper déclenchera une explosion intellectuelle : il sera profondément séduit par ce jeune officier SS anglophone, beau, brillant, anticommuniste fervent. Désormais, le procès de Dachau deviendra l'affaire de sa vie : "Le Seigneur m'a donné la force de continuer", reconnaîtra-t-il.

Mais sa stratégie de défense va évoluer... En prenant connaissance du dossier, il est informé par certains SS qu'ils ont été battus en vue de leur extorquer des aveux. Everett exprime d'abord de sérieuses réserves sur la véracité de ces déclarations, bien compréhensibles - il suspectera même certains d'entre eux de mentir. Une enquête est néanmoins dilligentée, menée par le colonel Edwin Carpenter. Si elle découvre que les interrogateurs américains ont occasionnellement molesté quelques prisonniers (pratique hélas courante dans toutes les polices démocratiques), qu'ils ont parfois - mais pas souvent - exercé certaines pressions psychologiques par le biais de "procès simulés", elle établit qu'aucun aveu n'a été recueilli par la force. Rien de bien anormal, donc (8].

Un autre spécialiste de Jochen Peiper, Roger Martin, écrit :

Pour faire craquer des prisonniers que plusieurs années de combat commun et de guerre avaient rendu intensément solidaires les uns des autres, convaincus par leur chef, Peiper, que leur seule chance était de faire bloc et de refuser de répondre aux interrogatoires, les enquêteurs américains usèrent de stratagèmes parfois aussi contestables qu'infantiles. Ainsi des mises en scène grand-guignolesques furent organisées : interrogatoires nocturnes dans une pièce tendue de noir et éclairée aux bougies, avec crucifix et Bible en évidence ; accusés encagoulés puis éblouis, menacés d'être livrés aux Russes, aux Polonais ou aux Belges ; menaces de réprésailles sur leurs familles. Tout cela est avéré et ne saurait être nié.
(9)

Sur le moment, Everett décide de ne pas insister sur ces prétendus mauvais traitements - il ne fera même pas convoquer d'expert médical. Il préfère s'en prendre à l'acte d'accusation, pour en souligner les incohérences, les imperfections. Il est vrai qu'il a eu le temps de préparer sa défense, et qu'il en a reçus les moyens, en bénéficiant d'assistants et d'interprètes - ce qui cadre mal avec la thèse selon laquelle le procès était truqué. L'accusation (dirigée par le colonel Burton Ellis) a, de son côté, manqué de temps pour présenter une version des faits cohérente, préférant insister sur la réalité des massacres commis par le Kampfgruppe Peiper.

La thèse d'Everett est simple : il y a eu des Américains tués, et en grand nombre, mais sans planification, ni préméditation. Le meurtre des prisonniers de guerre doit être compris comme un acte commis dans le feu de l'action et l'angoisse du combat. En somme, une bavure, comme en commettent toutes les armées du monde. Quant aux assassinats de civils, Everett rappelle maladroitement qu'ils ont été effectués en réprésailles des activités maquisardes - l'habituelle justification de mauvaise foi.

La stratégie d'Everett échoue. Le 11 juillet 1946, les accusés sont tous reconnus coupables de meurtres, fusillades, mauvais traitements et tortures à l'encontre de soldats américains et de civils belges. Sur 73 accusés, 42 sont condamnés à la mort par pendaison, 22 à la réclusion perpétuelle, 2 à vingt ans de réclusion, 1 à 15 ans de détention, 5 à 10 ans.

Ayant échoué à contredire l'accusation en discutant les faits, Everett, déterminé à sauver ses clients, change de tactique : il s'attaquera désormais à la Justice militaire américaine. De cette manière, il fera d'une pierre deux coups : prétendre d'une part que les accusés ont été torturés, ce qui leur vaudra d'être bien vus de l'opinion, et anéantir d'autre part leurs aveux - puisqu'ils auraient été extorqués... Avec l'aide de Peiper, Everett "réactive" les plaintes des SS, qui proclament avec une belle unanimité qu'ils ont été torturés par l'armée américaine. De procédure en procédure, il parvient, en 1948, à obtenir du gouverneur militaire de la zone américaine d'Allemagne occidentale, le général Lucius Clay, la réduction du nombre de peines de mort à 12 : d'autres peines de prison sont réduites, voire annulées.

Parenthèse. Rappelons-nous de la date : 1948. Et rappelons-nous de Lucius Clay. A l'époque du blocus de Berlin, à l'époque où fait rage la Guerre froide, à l'époque donc où Clay sait qu'il a intérêt à se concilier les Allemands, il n'en maintient pas moins 12 condamnations à mort - dont celle de Peiper. C'est dire que le dossier à charge est solide. Jamais Clay n'aurait osé venir au secours de Peiper s'il existait des doutes réels quant à sa culpabilité. Clay va certes encore réduire de moitié le nombre de condamnations à mort, pour couper l'herbe sous le pied d'Everett et de ses alliés au sein de l'Armée et de la Justice américaines, qui veulent au contraire une mesure de suspension - mais il échoue, et Everett obtient gain de cause.

L'affaire prend alors des proportions insoupçonnées. Des comités de soutien se créent en Allemagne et aux Etats-Unis. Une commission militaire part pour l'Allemagne fin 1948 : l'un de ses membres, le juge Van Roden, écrit dans The Progressive, journal de tendance libérale, que les accusés ont eu les testicules broyés, que les dégâts causés sont irréparables (10). L'article étant publié à Madison, dans le Wisonsin, le sénateur de cet Etat, Joe McCarthy, en prend connaissance et décide - pour des motifs purement électoraux (satisfaire sa minorité d'origine germanique) - de prendre la défense des SS (11).

Le Congrès s'empare donc du dossier. Un Comité juridique est réuni, sous la présidence du sénateur Baldwin. McCarthy ne veut pas tant démêler le vrai du faux que paraître et se rendre célèbre, d'où des interventions tapageuses qui s'achèvent dans la confusion. Mais Baldwin ne se laisse nullement impressionner et mène une enquête digne de ce nom. Résultat : le Comité établit que les accusés nazis ont menti. Une expertise médicale a prouvé de manière indiscutable qu'ils n'avaient subi aucun mauvais traitement. Qui plus est, le juge Van Roden a nié catégoriquement avoir écrit l'article publié dans The Progressive : il n'a même jamais entendu parler de tortures quelconques opérées par l'armée. Le Comité remarque cruellement que la Défense a invoqué les tortures après le verdict, et pas avant. Et si le lieu de détention des accusés n'était pas une sinécure, il n'en était pas pour autant digne des geôles de la Gestapo.

Voici un exemple de légende dissipée par la commission d'enquête. Les thuriféraires de Peiper invoquaient un certain "docteur Edward Knorr", dentiste américain qui aurait décelé des traces de mauvais traitements sur ses patients SS, et un infirimier, Dietrich Schnell.

En réalité, Eduard Knorr n'était pas américain, mais... allemand. Il s'agissait d'un dentiste de Schwäbisch Hall, employé par les autorités américaines. Il aurait déclaré devant le notaire (allemand) de son bled qu'il examinait régulièrement la dentition des prisonniers, et que 15 à 20 d'entre eux avaient révélé des blessures à la bouche et aux dents, compatibles avec des passages à tabac - affidavit du 29 mai 1948.

Problème : l'assistant de Knorr a confirmé devant le Comité juridique du Sénat américain que cet affidavit ne résultait pas des déclarations du dentiste, mais d'un groupe d'avocats allemands. Plus troublant encore : les dossiers dentaires de Knorr avaient disparu... Etonnant, vraiment ? Absolument pas : l'enquête a révélé qu'un seul prisonnier SS avait été traité par un dentiste allemand - les autres étant habituellement examinés par des dentistes américains.

En d'autres termes, des avocats allemands ont utilisé le nom de Knorr pour asseoir la version selon laquelle un dentiste pouvait corroborer les fantasmatiques mauvais traitements infligés aux assassins de Malmédy... Quand au second témoin, Dietrich Schnell, il est le seul infirmier à avoir témoigné de mauvais traitements. Et pour cause : il était un membre du NSDAP, un Blockleiter, réputé pour être hitlérien fanatique. (12)

Le rapport du Comité, rendu le 14 octobre 1949, lave donc l'armée de tout soupçon. McCarthy, lui, a laissé tomber l'affaire depuis quelques mois, voyant qu'elle risquait de lui coûter cher : il s'attaquera l'année suivante aux communistes, thème plus porteur.

De toutes les manières, il est trop tard. Le poison distillé par Everett a fait son effet. Des associations allemandes ont repris sa propagande, et le font savoir, recueillant des pétitions, publiant des photos de l'épouse et des trois enfants de Peiper. En 1951, les Américains décident de commuer les peines de mort en peines d'emprisonnement, pour répondre - de leur propre aveu - à un "déluge d'appels à la clémence arrivés d'un peu partout". Cinq ans plus tard, tous les SS - Peiper inclus - auront été libérés. Aucun d'entre eux n'exprimera le moindre remords. Peiper, en particulier, continuera de manifester sa nostalagie de "l'épopée nationale-socialiste". Et pourtant, il avait refusé d'assumer la responsabilité des massacres commis par ses hommes - ce qui revenait à exposer ces derniers aux foudres de la Justice américaine...

C'est une histoire où les méchants gagnent à la fin. Peiper disparaîtra mystérieusement en 1976, seize ans après la mort de son sauveur, Willis Everett, devenu très lié au mccarthysme. La carrière du colonel Ellis sera brisée par l'épreuve. Et les victimes américaines et belges du Kampfgruppe Peiper n'obtiendront jamais justice.


(1) Voir à ce sujet Richard Gallagher, Malmedy Massacre, Paperback Library, 1964, p. 25.

(2) Ibid., p. 110-111.

(3) Ibid.

(4) Roger Martin, L'Affaire Peiper, Dagorno, 1994, p. 76.

(5) Cité in Martin, op. cit., p. 73.

(6) Ainsi Philippe Aziz, "Le procès de Malmédy", in Michel Hérubel, La bataille des Ardennes, Presses-Pocket, 1981, p. 239-244.

(7) Excellente biographie du personnage par un spécialiste de l'affaire Malmédy, James J. Weingartner, A peculiar Crusade. Willis M. Everett and the Malmedy Massacre, New York University Press, 2000.

(8] Ibid., p. 44.

(9) Roger Martin, op. cit., p. 84.

(10) Richard Gallagher, op. cit., p. 127. Sur la réalité de "l'enquête" de Van Roden, voir cet article, ainsi que celui-ci.

(11) Sur l'intervention de McCarthy, qui ne connaissait rien au dossier et profèrera d'affolantes contre-vérités au cours des audiences du Congrès, voir Thomas C. Reeves, The life and times of Joe McCarthy, Madison Books, 1997, p. 161-185.

(12) Sur ce point, voir Tom Bower, Blind Eye to Murder. Britain, America and the Purging of Nazi Germany - A Pledge Betrayed, Warner Books, 1995, p. 324.
« Choisir la victime, préparer soigneusement le coup, assouvir une vengeance implacable, puis aller dormir… Il n'y a rien de plus doux au monde » (Staline).

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 30 Jan 2007, 15:29

Monsieur Nicolas Bernard,

Je viens de lire très attentivement et avec beaucoup d'intérêt votre étude sur le sujet très délicat qui est le procès de Malmedy.
Je suis tout à fait d'accord avec vous sur ce que vous démontrez.
Cependant j'ai deux ou trois petites choses à corriger.

Point 2) A ma connaissance, trois endroits de massacre de soldats américains ont été officiellement reconnus:

BAUGNEZ, 84 soldats
LIGNEUVILLE 9 soldats
La VAULX RICHARD, 11 soldats et trois civils

Je posséde des déclarations de soldats allemands faites en 1946 concernant, Honsfeld, Bullange, Stavelot, La Gleize et Stoumont mais à ce jour je n'ai pas pu obtenir d'informations officielles provenant des Etats Unis.

Concernant les civils: A ce jour en tenant compte des petits villages autour de Stavelot et qui faisaient partie de la commune, je suis arrivé à un total de 164 civils dont la grande majorité à été massacrée par les SS.

Je possède tous les rapports d'autopsie de ces soldats américains et je confirme ce que vous écrivez. La preuve avec ces deux photos

Image

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Au point 4) vous déclarez:

Les trois rescapés américains du massacre n'ont jamais, à ma connaissance, évoqué de quelconques mouvements hostiles de la part des prisonniers américains, ni une tentative de fuite.

Je posséde les déclarations de 47 des 52 rescapés de ce massacre et à la lecture de ceux-ci je confirme ce que vous déclarez.

Je n'ai rien d'autre à ajouter et encore une fois je suis entièrement d'accord avec votre étude.

Amicalement


 

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rescapés

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de juin1944  Nouveau message 30 Jan 2007, 19:03

Je posséde les déclarations de 47 des 52 rescapés de ce massacre et à la lecture de ceux-ci je confirme ce que vous déclarez.

Dans quelles circonstances ces 52 rescapés ont ils pu échapper au massacre de Baugnez ? comment d'autre part expliquer l'acharnement sur la population civile à Stavelot ? Comment se fait il que ce massacre dont le Kampfgruppe Peiper est très certainement à l'origine ne lui ait jamais été formellement imputé.

Question subsidiaire à l'intention de Nicolas : la CIA ne pourrait elle pas être à l'origine de l'indulgence imcompréhensible accordée à Peiper et surtout à Diétrich, fidèle parmi les fidèles d'Hitler, ancien de la SA et nazi de la première heure ?

dans quelle circonstances à disparu Peiper ?


 

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Re: rescapés

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 30 Jan 2007, 19:41

juin1944 a écrit:
Je posséde les déclarations de 47 des 52 rescapés de ce massacre et à la lecture de ceux-ci je confirme ce que vous déclarez.

Dans quelles circonstances ces 52 rescapés ont ils pu échapper au massacre de Baugnez ?

Comment d'autre part expliquer l'acharnement sur la population civile à Stavelot ?
Comment se fait il que ce massacre dont le Kampfgruppe Peiper est très certainement à l'origine ne lui ait jamais été formellement imputé.

dans quelle circonstances à disparu Peiper ?


Pour repondre à la première question, voici un résumé de mes recherches:
Parmi les membres de la Batterie "B" du 285ème F.A.O.B. qui étaient au carrefour de Baugnez et qui furent impliqués dans l'accrochage entre les troupes allemandes et américaines, certains ne furent pas capturés pas les soldats allemands. Il en fut ainsi pour le caporal George E. Graeff. Le 29 décembre 1944, au Quartier-Général de la Batterie "B" du 285ème F.A.O.B., où il était retourné, il fit la déclaration suivante au capitaine Olivier Seth, Assistant de l'Inspecteur Général de la 1ère Armée U.S:

«Entre une heure et deux heures de l'après-midi, j'étais dans une jeep conduite par le T/5 Warren Schmitt. Nous n'étions qu'à deux dans cette jeep et nous étions à peu près le 7ème véhicule de la colonne. J'étais en train de parler à Schmitt quand, tout à coup, des mitrailleuses se sont déchaînées et des obus commencèrent à atterrir autour de nous. Un camion de 2,5 tonnes en avant de nous explosa. Je ne sais pas qui était dans ce camion. Un obus atteignit la maison . Nous nous jetâmes dans le fossé. Le caporal Eugene Garrett qui était dans un autre véhicule et moi-même sautâmes pratiquement au même endroit dans le fossé. Le caporal Eugene Garrett avait mon BAR et nous essayâmes de tirer avec celui-ci mais il ne fonctionna pas. Alors, Garrett retourna à son transporteur d'armes pour y prendre un fusil M-1. Après l'avoir pris, il revint où j'étais. Le caporal Robert Conrad était alors avec nous. Garrett dit: «Je vais en arrière un peu plus loin». Il piqua un sprint, puis se jeta dans le fossé, toujours du côté droit de la route. Il hurlait: «Amenez-vous». Nous dîmes au caporal Conrad d'y aller, que nous attendrions qu'il soit arrivé près de Garrett et qu'alors nous les rejoindrions. Conrad s'élança d'un bond... Un obus tomba près de lui et il s'écroula.
Eugene Garrett demanda à Conrad: «Es-tu blessé?». Il m'a semblé plus tard qu'il avait dit «oui». Garrett sortit en courant et commença à le traîner. A mon tour, je traversai en courant, saisis Conrad sous le bras et le tirai dans le fossé. Nous étions étendus dans le fossé. Une balle érafla mon casque puis coupa le fil de clôture au-dessus de nous. Il n'y avait pas de char à ce moment-là, uniquement les tirs. C'est après que nous nous fûmes jetés dans ce fossé que les chars arrivèrent. Le premier véhicule était un semi-chenillé, je vis qu'il y avait un officier à bord. Les véhicules qui suivaient mitraillaient les camions sur le côté de la route.
Nous étions à environ deux à trois cents yards du carrefour et, d'où nous étions, nous ne pouvions voir qu'une partie de la route. Pendant que nous étions couchés dans ce fossé, j'entendis Schmitt commencer à crier:
«Qu'est-il arrivé? Qu'est-il arrivé?
- Tais-toi, tiens-toi tranquille, nous sommes encerclés», dit Garrett.
Après cela, Schmitt jeta son P-38 . Nous restâmes couchés là à attendre. Schmitt avait une boîte de barres de rations-D dans la jeep et, quand les Allemands parvinrent à hauteur de notre véhicule, un char s'arrêta. Un "frisé" s'amena, s'empara de la boîte et hurla: «Alles, Alles», puis a commencé à distribuer les rations. C'est tout ce que nous vîmes pendant un moment. Nous ne pûmes pas voir grand-chose après cela car ils nous obligeaient, avec les mitrailleuses, à rester couchés.
Garrett et moi parlions de la situation, tout en essayant de voir ce qui se passait, lorsque nous entendîmes quelqu'un dire: «Kamerad.» Nous nous tûmes tout de suite, nous ne savions pas ce qui se passait et nous restions tranquilles.
Le caporal Flechsig, de notre compagnie, cria à Garrett:
«Qu'allons-nous faire?».
Garrett me regarda. Je hochai la tête et dis:
«Nous resterons ici.
- Restons-y, alors», dit Flechsig.
Et nous sommes restâmes là. Peu après, nous entendîmes des hommes qui marchaient sur la route. Je levai la tête et regardai. Tout ce que je pouvais voir était un homme du service de santé qui marchait vers le carrefour.
Garrett et moi regardâmes de l'autre côté et nous vîmes Kingston et Flechsig marchant les mains levées. A ma gauche, quelqu'un sortit du fossé les mains en l'air; je ne sais pas qui c'était. Il marcha vers un Allemand qui aussitôt ouvrit le feu avec une mitraillette qui ressemblait à une Thompson. Quoi qu'il en soit, il tira dans le ventre de l'Américain qui bascula. Je n'en suis pas sûr mais cet homme ressemblait au lieutenant Solomon Goffman. Pendant tout ce temps, Conrad resta couché dans le fossé juste derrière moi, sa tête reposant sur ma jambe. Il n'était pas blessé comme je l'avais pensé, il était simplement choqué.
J'entendis le tir d'armes automatiques allemandes venant du Nord et à ce que je pensais être la maison au carrefour. Cela dura un certain temps. Les rafales étaient courtes. Plus tard j'entendis des tirs qui ressemblaient à ceux de carabines. Les Allemands tiraient aussi depuis les véhicules quand ils passaient près de nous.
Une bonne heure plus tard, un soldat allemand arriva et marcha sur un fusil qui se trouvait entre Eugene Garrett et moi-même. Il nous regarda puis se retourna et s'éloigna. Nous étions trop effrayés pour lever la tête.
Je restai couché pendant un moment et, assez vite, le calme revint. Les véhicules allemands arrivaient toujours, stoppaient puis repartaient. Il semblait que chaque fois qu'un char ou un véhicule s'arrêtait, des soldats allemands en sortaient pour piller nos véhicules. Certains d'entre eux s'amenaient, regardaient le corps qui était couché sur le sol, dégainaient leur pistolet et tiraient à nouveau sur ce corps inerte. Mise à part cette scène, je ne pus rien voir et, bien entendu, je ne bougeai pas. Eugene Garrett me dit: «Ils ont eu Bower.» Je ne répondis pas. Mais Bower n'était pas capturé. Ensuite, j'ai entendu quelque chose qui avançait derrière Schmitt. Il y avait du mouvement là où Schmitt se trouvait, au Sud de ma position. J'entendis des voix mais je ne savais pas de quoi on parlait. Alors, il y eut un arrêt dans le défilé de la colonne allemande. Garrett me dit:
«Devons-nous attendre qu'il fasse noir ou partons-nous maintenant?
- Allons-y maintenant», répondit quelqu'un derrière nous.
Je relevai ma main, touchai Conrad et lui dis: «Viens Conrad, allons-y». Il n'y eut pas de réponse de sa part. Je regardai Eugene Garrett. Il jeta un regard sur Conrad puis sur moi et secoua la tête. Alors, je retirai ma jambe qui soutenait la tête de Conrad. Comme je faisais cela, sa tête tomba dans l'eau et il reprit conscience. Il dit:
«Que se passe-t-il? qu'est-ce qui arrive?
- Nous partons d'ici», rétorquai-je.
Eugene Garrett partit le premier, suivi de Robert Conrad, Bower et de moi-même. Nous nous éloignâmes en rampant. Nous montâmes dans les bois et attendîmes Schmitt. Il ne se montra jamais, nous retournâmes donc voir après lui, chacun à notre tour. Eugene Garrett et moi ne pûmes le trouver, alors nous partîmes.
Après être entrés dans les bois, nous pûmes voir plus loin, en bas, sur la route au Nord. Il y avait des véhicules américains alignés aussi loin que nous pouvions voir. Nous suivîmes la ligne des bois sur environ deux miles et arrivâmes à une maison. Il y avait un vieil homme là-bas. Nous lui demandâmes quel était le chemin pour Malmedy. Il nous dit qu'à travers bois, il y avait quatre kilomètres et six par la route. Nous discutâmes un moment puis nous décidâmes d'aller à travers bois. Après avoir quitté le bois, nous marchâmes une trentaine de mètres environ, tournâmes à gauche et suivîmes la route. Arrivés à Malmedy, nous allâmes jusqu'aux M.P. Il devait être entre 18 h et 18h30.»

Le T/5 Warren R. Schmitt était chauffeur de jeep. Il se souvient de la manière dont il a échappé au massacre:

«Nous faisions mouvement le long d'une route à approximativement 300 mètres après le carrefour de la bifurcation vers Saint-Vith. Le convoi fut pris en embuscade par une grande concentration de tirs de mitrailleuses et de tirs de mortiers lourds. Les mitrailleuses à tir lent utilisaient des balles traçantes rouges. Le convoi stoppa immédiatement et tout le personnel sauta dans le fossé du côté gauche de la route. Pour ma part, je rampai sur le ventre sur une distance d'environ 15 mètres, depuis la route, vers un petit ruisseau profond d'environ 30 centimètres. De ma position, je pouvais voir un grand nombre de véhicules blindés allemands se diriger dans la même direction que notre convoi. Quelques véhicules s'arrêtèrent auprès du convoi américain à l'arrêt et des hommes en uniforme noir descendirent des véhicules pour rassembler les prisonniers.
Afin de ne pas être repéré par les Allemands, je me suis alors immergé dans le ruisseau et me suis recouvert d'herbes et de boue. De l'endroit où je me trouvais je ne pouvais voir ce qui se passait, je pouvais seulement voir les chars sur la route. J'ai entendu tirer dans le groupe de prisonniers et j'ai aussi entendu les cris des hommes. Ces coups de feu ont été très perceptibles parce que le silence régnait avant que les Allemands ne déclenchent tout le tintamarre. Pendant ce temps-là, j'étais couché dans le ruisseau et faisais le mort. Une heure durant, après avoir tiré pour la première fois dans le groupe de prisonniers, tous les chars et véhicules blindés qui passaient tiraient sur les corps allongés dans le champ.
Je suis resté couché dans l'eau glacée et la boue pendant approximativement deux heures sans pouvoir bouger. Ensuite, je me suis approché à plus où moins 60 mètres du carrefour. D'où je me trouvais, j'avais une bonne vue sur la maison qui brûlait au carrefour et je tenais à l'oeil quatre soldats allemands qui y étaient de garde. Je suis resté dans les environs jusqu'après la tombée de la nuit. J'étais si engourdi que je ne pouvais plus remuer la partie inférieure de mon corps. J'ai massé mes jambes pour rétablir la circulation du sang et tout en me traînant et rampant, j'ai pu atteindre des bois. C'est lorsque je me suis levé et que je suis sorti du fossé, que j'ai vu les hommes couchés dans le champ et que j'ai compris ce qui était arrivé. A l'aide de ma boussole, j'ai pu retrouver mon chemin vers la route. Je l'ai descendue, jusqu'à ce que je sois arrêté par un garde ami et conduit à un poste de secours. Il était environ 20h30 quand j'y suis arrivé.»

Le caporal Robert Conrad était chauffeur du véhicule immatriculé B-11, mais en 7ème position dans la colonne:

«Lors des premiers coups de feu, notre colonne a stoppé et certains des copains pensaient que c'était un tir antiaérien. Après avoir stoppé, nous avons vu des débris de camion voler en l'air. Nous nous sommes sauvés vers le talus à droite de la route. Nous avons ensuite traversé une petite clairière de 25 mètres jusqu'à un chemin forestier. Il y avait là un fossé et c'est là que nous sommes restés cachés. Du fossé, je ne pouvais voir aucune partie de la route excepté un endroit situé à 40 mètres de ma position et où sont arrivés plusieurs soldats allemands qui ont abattu un de nos hommes. J'ai vu quatre Américains s'éloigner de la route et aller en direction de l'Ouest où ils devaient traverser une surface découverte. Ils ont été mitraillés et trois d'entre eux ont été touchés. Deux de ces hommes ont finalement atteint ce bouquet d'arbres à l'Ouest. Je ne suis pas certain que le troisième y soit parvenu. C'est à peu près tout ce que j'ai vu jusqu'à ce que nous sortions du fossé où nous sommes restés plus de deux heures.»

Conrad était accompagné du T/5 Eugene H. Garrett, qui témoigne:

«J'ai vu quatre soldats américains courir à travers le champ. On tirait sur eux depuis la route. J'en ai vu trois qui entraient dans les bois. Peu après cela, deux soldats allemands sont arrivés, ont fait se lever les deux qui étaient tombés à la lisière du bois et les ont ramenés en direction de la route. En chemin, ils sont passés près du soldat américain qui était tombé le premier. Les Allemands se sont arrêtés près de cet homme et j'ai pu entendre qu'ils l'abattaient au pistolet alors qu'il était couché sur le sol.»
Après ce temps passé dans le fossé, Eugene Garrett, Bower, George Graeff et Robert Conrad se sont mis à ramper dans le fossé rempli d'eau. Conrad avait beaucoup de difficultés à se déplacer, non pas parce qu'il était blessé, mais parce qu'il était engourdi d'être resté si longtemps étendu dans l'eau sans pouvoir se remuer. Péniblement, il parvint à se rouler sur une vingtaine de mètres jusqu'à une haie qui conduisait à un coupe-feu. De là, le groupe fit un grand détour avant de redescendre sur Malmedy.

Garrett affirme, comme Robert Conrad, être resté deux heures dans le fossé rempli d'eau. Parlant d'un autre membre de son unité, il déclare:

«Lorsque nous étions dans le fossé, j'ai entendu quelqu'un crier «Kamerad» derrière nous. J'ai pensé que les Allemands nous attaquaient par derrière. J'ai décidé de rester dans le fossé parce que je n'avais pas envie de me rendre, tout en pensant que si les Allemands voulaient nous avoir, ils n'avaient qu'à venir nous prendre. Je me suis alors aperçu que l'homme qui avait crié n'était autre que le Pvt Donald Bower qui avait décidé de se rendre. Finalement, Bower s'est glissé dans le fossé à côté de moi et je lui ai conseillé de se déplacer dans ce fossé en direction de la haie. Nous sommes rentrés dans la haie, avons coupé à travers un champ découvert, à travers une autre haie et, arrivés dans les bois, nous avons continué à marcher jusqu'à Malmedy.»

Le Pfc Donald L. Bower était dans le 5ème véhicule avec les caporaux Flechsig et Wilson Jones:

«Lorsque les obus de mortiers ont commencé à tomber et toucher les cinq premiers véhicules, je me suis jeté dans le fossé et j'ai rampé à mi-chemin vers les autres camions qui étaient derrière. Je suis resté dans ce fossé environ deux heures. J'étais couché dans l'eau, faisant le mort, car je ne voulais pas faire voir que j'étais encore en vie. La chose suivante que j'ai vue a été le départ de la colonne allemande vers Saint-Vith. Je n'ai pas levé la tête pour regarder mais j'ai pu les entendre s'arrêter et piller les camions. J'ai entendu qu'on conduisait certains des camions ailleurs.»

«Environ un quart d'heure après le passage du dernier véhicule allemand, j'ai rampé vers un autre fossé à environ 15 mètres en arrière de la route. De cette position, j'ai remarqué une mitrailleuse allemande et quatre Allemands en face d'une maison. Celle-ci était du côté Est de la route à un coude prononcé de celle-ci. Environ cinq minutes plus tard, j'ai entendu des broussailles frémir à quelques mètres de moi. Pensant que les Allemands avaient envoyé un homme pour ma capture, j'ai dit «Kamerad» et je suis sorti. J'ai commencé à marcher vers la mitrailleuse et, à ce moment-là, j'ai remarqué qu'à l'endroit où les feuillus bruissaient, il y avait un soldat américain. Un semi-chenillé est passé devant moi; un soldat allemand a sifflé après moi et m'a indiqué d'aller en direction de la mitrailleuse. Je me suis dirigé dans la direction qui m'était indiquée et, subitement, un soldat dans le semi-chenillé a tiré trois coups de feu dans ma direction. Je me suis jeté à nouveau dans le fossé et c'est là que j'ai retrouvé le T/5 Eugene Garrett et les caporaux Conrad et George Graeff. Ensuite, un semi-chenillé a récupéré le poste de mitrailleuse près de la maison. J'ai ramassé mon fusil et je suis parti vers le bois en direction de Malmedy. Le caporal Conrad était en mauvaise forme à la suite d'une attente prolongée dans l'eau. Nous avons dû le soutenir, ou même le porter, pendant un moment. Nous sommes arrivés à Malmedy sans autre incident.»
Image

En 1945, lors de l'enquête sur le massacre de Baugnez,
le Pfc Donald L. Bower est revenu sur les lieux de la tragédie.
Il montre l'endroit où il est resté couché avant de prendre la fuite.

* * * * * * * * * *

A la 2e question:

La ville de Stavelot avait été reprise presque totalement par les Américains et le 19 décembre, Peiper donnait l'ordre à quelques unes de ses troupes de reprendre Stavelot car le pont était d'une importance capitale pour son ravitaillement.
C'est ce jour-là, le 19 décembre que les troupes SS se sont acharnées le plus sur les civils. Pour quelle raison?
Personne n'a encore trouvé la réponse. La seule chose que je peux dire c'est que parmi les victimes massacrées il y avait un bébé de 8 mois (lui aussi massacré et non pas tué)

3e question:

Je pense personnellement qu'il n'a pas été jugé sur les massacres de Stavelot parce qu'il n'était pas là au moment ou les tueries se sont déroulées. Ils était plus que probablement à La Gleize, cherchant une solution à son avance vers la Meuse.
Un procès à eu lieu à Liège concernant ces massacres à Stavelot.
En voici un résumé
Le 6 juillet 1948, le Conseil de Guerre de Liège ouvrit le procès pour crimes de guerre à charge de 10 soldats S.S. accusés d'avoir commis des atrocités contre les civils de Stavelot lors de l'offensive des Ardennes en décembre 1944.

Tout les soldats allemands cités ci-dessous faisaient partie d'une section de reconnaissance d'un peloton de pionniers de la Compagnie Etat-Major, excepté le Sturmann Ernst Kilat qui lui, faisait partie du 3ème Peloton du 2ème Régiment de Grenadiers. Cette section de reconnaissance était sous les ordres de l'Obersturmführer Heinrich Goltz. Le peloton était commandé par l'Untersturmführer Droëge, sous les ordres de l'Obersturmführer Manfred Coblenz. Ils furent capturés le 22 décembre 1944 dans la maison de Maurice Grégoire située sur la route de Trois-Ponts, non loin de la maison Legaye. Ils furent interrogés par le capitaine Hans G.Hurth attaché au 117ème Régiment d'Infanterie de la 30ème Division d'Infanterie. Les déclarations rédigées par ces prisonniers de guerre ont été relues et contresignées par un officier allemand qui n'était autre que Manfred Coblenz.

Le verdict fut le suivant:

Heinz Tremmel acquitté
Edgard Leithold condamné à 10 ans de travaux forcés
Casimir Lieberbach condamné à 10 ans de travaux forcés
Franz Scierra condamné à 10 ans de travaux forcés
Ernest Mahl condamné à 10 ans de travaux forcés
Richard Rosenke condamné à 10 ans de travaux forcés
Alfred Schairer condamné à 10 ans de travaux forcés
Max Zagler condamné à 10 ans de travaux forcés
Ernest Kilat (Sturmann) condamné à 12 ans de travaux forcés
Heinrich Goltz (Obersturmführer) condamné à 15 ans de travaux forcés

Dernière question:

Peiper est mort le 14 juillet 1976 à Traves en France dans l'incendie de sa maison. Quelques légendes circules à propos de cet incendie

J'espère avoir répondu à vos questions.

A+


 

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Re: rescapés

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Igor  Nouveau message 30 Jan 2007, 20:46

juin1944 a écrit:Question subsidiaire à l'intention de Nicolas : la CIA ne pourrait elle pas être à l'origine de l'indulgence imcompréhensible accordée à Peiper et surtout à Diétrich, fidèle parmi les fidèles d'Hitler, ancien de la SA et nazi de la première heure ?


Je pense qu'il faut surtout blâmer un certain Joseph MacCarthy dans cette affaire. Il porte en effet une lourde responsabilité dans la relative indulgence dont bénéficièrent les accusés. Il affirma que ces derniers avaient subi des tortures durant leurs interrogatoires.

A lire L'affaire Peiper de Roger Martin pour obtenir plus de détail.
Cordialement

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Re: rescapés

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 31 Jan 2007, 13:25

Un grand merci à H. Rogister pour ses amples précisions (ça resservira) ! :D



juin1944 a écrit:Question subsidiaire à l'intention de Nicolas : la CIA ne pourrait elle pas être à l'origine de l'indulgence imcompréhensible accordée à Peiper et surtout à Diétrich, fidèle parmi les fidèles d'Hitler, ancien de la SA et nazi de la première heure ?


Je ne crois pas que la CIA ait joué un rôle quelconque dans l'histoire. En revanche, McCarthy et la Guerre Froide... Dans les années cinquante, certains estimaient déjà que la Deuxième Guerre Mondiale était de l'histoire ancienne.



dans quelle circonstances à disparu Peiper ?


Il aurait péri dans un incendie en 1976, mais des doutes ont été soulevés quant au fait qu'il pouvait bien s'agir de son cadavre. A ma connaissance, il n'a jamais été revu vivant depuis.
« Choisir la victime, préparer soigneusement le coup, assouvir une vengeance implacable, puis aller dormir… Il n'y a rien de plus doux au monde » (Staline).

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Re: rescapés

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 31 Jan 2007, 14:19

Nicolas Bernard a écrit:
dans quelle circonstances à disparu Peiper ?


Il aurait péri dans un incendie en 1976, mais des doutes ont été soulevés quant au fait qu'il pouvait bien s'agir de son cadavre. A ma connaissance, il n'a jamais été revu vivant depuis.


C'est bien dans l'incendie de sa maison qu'il est mort. Incendie volontaire commise par ces (communistes). (Cocktails Molotov)

Il avait été reconnu par des membres du parti communiste français. Ces derniers avaient même demandé l'expulsion de Peiper en clamant partout que les habitants de Traves hébergeait un criminel Nazi.
Un article était même publié dans le journal "L'Humanité"

Sa mort a bien été officialisée en 1976 part deux experts français.
D'autres expertises ont été effectuées sur ce qui restait du corps de Peiper en 1977 ou huit experts ont confirmé sa mort.

Il faudrait pouvoir accédé au dossier de Peiper car toute l'enquête à été menée par la police judiciaire de Dijon. Ceci pourrait peut-être permettre d'avoir toutes les information sur la mort de Peiper.

A cette époque là, le commissaire principal était un certain Guichaux et l'inspecteur principal s'appelait Monsieur Casseboix.(1)

(1) Source "The Devil 's Adjudant book, écrit par le Major General Michael Reynolds (qui est un ami) Mike est un Britannique.

A+


 

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Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Igor  Nouveau message 31 Jan 2007, 21:15

Henri, je me permets de vous contredire concernant la mort (réelle ou supposée) de Peiper.

Le cadavre retrouvé dans la maison était complètement carbonisé et mesurait, si mes souvenirs sont bons, moins d'un mètre. Extrêmement difficile à reconnaître donc. Mme Peiper identifia le corps comme étant celui de son mari, mais on peut se demander si elle ne l'a pas fait pour toucher des indemnités.

La police française mena une enquête approfondie, mais sans parvenir à trouver un (ou des) éventuel(s) coupable(s).

Roger Martin, dans son livre précédemment cité, émet deux hypothèses: Peiper, craignant probablement pour sa sécurité, aurait mis le feu à sa maison pour faire croire à un attentat. Le cadavre retrouvé serait:

- soit celui de Peiper, surpris et asphyxié par la rapidité de l'incendie
- soit celui d'un marginal. Il s'agirait donc d'une mise en scène qui aurait permis à Peiper de prendre ensuite la fuite à l'étranger.

En tout cas, il parait impossible de tirer des conclusions définitives.
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 31 Jan 2007, 21:51

Igor a écrit:Henri, je me permets de vous contredire concernant la mort (réelle ou supposée) de Peiper.
En tout cas, il parait impossible de tirer des conclusions définitives.


Je ne tire pas des conclusions définitives sur la mort de Peiper.
Je rapporte seulement ce que j'ai lu dans ce livre écrit par Michael Reynolds.

Toujours d'après son livre, le corps de Peiper mesurait encore 60 centimètres et c'est à l'aide des radios dentaires effectuées entre 1962 et 1964, de 1969 à 1972 et la dernière datée du 19 février 1975 que Peiper aurait été identifié. (radios effectuées par des dentistes allemands. (Et oui)

Dans son livre publié en 1995, Michael Reynolds écrit, qu'il a vu les quatre dossiers concernant Peiper. Les dossiers étaient toujours à Dijon.

Malheureusement je ne connais pas le livre de Roger Martin.

Vous écrivez aussi: La police française mena une enquête approfondie, mais sans parvenir à trouver un (ou des) éventuel(s) coupable(s).

A-t-elle vraiment fait ces recherches approfondies vu le passé de Peiper et les problèmes que cela provoquait dans le village?

Pourquoi la France n'a-t-elle jamais demandé le dossier médical de Peiper lorsqu'il était à Landsberg et qui se trouvait toujours en 1976 aux Archives de Washington?

Ce ne sont que deux questions parmi des centaines d'autres?

A+


 

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Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 31 Jan 2007, 22:06

Bonsoir tout le monde,
Voilà ce qu'en dit Matthieu Longue dans son livre intitulé '' Massacre en Ardenne - Hiver 1944-1945 '' ( page 282 )
Je cite:

Peiper fera l'objet d'une violente campagne haineuse en 1976. Les exactions se multiplient sous le couvert de l'anonymat et, le 14 juillet, sa maison est incendiée. On retrouvera son corps carbonisé à l'intérieur. l'enquête sera vite close, s'agissant d'un dossier très sensible à l'époque.
Son corps sera rapatrié dans son pays, où il sera incinéré* et enterré avec sa famille à Schondorffer, en Bavière. Il était père de trois enfants, qu'il eut avec son épouse, Sigurd, l'une des secrétaires de Himmler. « Sigi » Peiper mourut à Munich en 1979


* souligné par mes soins

Bien que Matthieu Longue à une réputation de chercheur sérieux le mystère reste donc entier car rien ne prouve que ce fut vraiment le corps de Peiper
Voici un lien vers le livre:
http://www.livresdeguerre.net/forum/suj ... u%20Longue

Cordialement
Prosper
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