François Delpla a écrit:Frieser
1) attribue on ne peut plus clairement l'ordre d'arrêt à Hitler;
2) indique non moins clairement le désaccord de tous les officiers sauf Rundstedt... qui a un intérêt personnel à la chose.
Bien conscient du but auquel vous voulez en venir, je prends le soin de recopier...
Ainsi pourront en juger les lecteurs qui voudront bien y prêter une attention...
(Rappel: Karl-Heinz Friezer... Le mythe de la guerre-éclair... Chapitre 8 - Le "miracle de Dunkerque"... pages 313 et 314. - I. Ce qui a précédé l'ordre d'arrêt.)
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Contrairement à une opinion largement répandue, Hitler n'est pas à l'origine de l'"ordre d'arrêt". Le 24 mai, le dictateur ne pouvait plus arrêter les chars pour la simple raison qu'à ce moment là, ils étaient déjà arrêtés. Il n'intervint qu'au point culminant d'une crise du commandement qui avait éclaté au sein de la
Generalität. La cause directe de cet "ordre d'arrêt" est à rechercher dans cette opposition - l'un des leitmotive de cet ouvrage - entre "traditionalistes" et "progressistes". La veille, des divergences d'opinion considérables s'étaient manifestées au sein de la
Generalität, sur la façon dont on allait continuer d'engager l'arme cuirassée. Les protagonistes se répartissaient comme suit:
- les "généraux des blindés" (niveau des divisions et des corps) voulaient attaquer le plus vite possible;
- leurs commandants en chef, au niveau de l'armée et des groupes d'armée (Kluge et Rundstedt) plaidaient en faveur d'un bref arrêt des chars pour permettre un "recollement";
- le haut commandement de l'armée de terre (OKH) s'exprimaient en faveur d'une offensive rapide;
- Hitler et le haut commandement des forces armées (OKW) penchaient pour un ralentissement des formations cuirassées.
Cette controverse était due à la "psychose des flancs". Le général d'armée von Rundstedt expliqua plus tard au général d'armée von Bock:
"Je m'inquiétais à l'idée que les faibles troupes de Kleist ne soient prises d'assaut par les Anglais en train de décrocher"--------------------------------------------
Je m'arrête là car je ne doute pas que c'est cette explication de Rundstedt qui vous incite à écrire qu'elle résulte d'un intérêt personnel...
Je sais... Halder, qui aux dires de Frieser, était de tous les généraux, celui qui avait la meilleure vue d'ensemble de la situation, avait qualifié cette psychose d' "endogène".
Halder était aussi le général qui ne manquait pas une occasion d'être en désaccord avec Hitler...
Et vous, l' "historien professionnel" que vous êtes, ne vous êtes jamais posé la question d'élucider si Halder avait un intérêt personnel à "dénigrer" Rundstedt ?
Car, ce dénigrement repose sur une description de la situation militaire qui n'est pas exacte !
Vous-même, vous êtes toujours abstenu de prendre en considération la réalité de cette situation militaire dans ses détails et en suivant bien la chronologie des évènements.
Je vous y ai souvent invité, d'autres comme moi, mais vous faites le sourd !