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Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

François Delpla, Historien habilité, traite de divers thèmes sur la seconde guerre mondiale en interview vidéo.
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Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de fbonnus  Nouveau message 03 Déc 2014, 20:54

Durée : 14 mn


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Re: Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 04 Déc 2014, 07:43

une erreur -la seule que j'aie discernée pour l'instant dans l'ensemble des vidéos parues : au moment du voyage à Londres (26 mai 1940), Reynaud ne cumule pas encore la Guerre et les Affaires étrangères; ce sera chose faire le 5 juin, lors de l'éviction définitive de Daladier du gouvernement. En attendant, ils ont roqué leurs fonctions le 18 mai lorsque les premières défaites ont permis à Reynaud de remanier le gouvernement péniblement formé et investi le 23 mars, en poussant vers la sortie Daladier et ses proches : Reynaud quitte le Quai pour la Guerre et Daladier fait l'inverse. Margerie est l'homme de Reynaud au Quai. Il a d'ailleurs rogné le pouvoir de Daladier et augmenté le sien chassant le vrai patron du Quai depuis 1933, le secrétaire général Alexis Leger (Saint-John Perse), remplacé par Charles-Roux, le 19 mai.

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Re: Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 04 Déc 2014, 09:37

Un léger point d'opposition : personnellement, je pense que Churchill connaissait les conditions allemandes. Halifax les a certainement transmises, à supposer qu'elles n'aient pas été adressées par un autre canal que celui de Dalherus. J'en veux pour preuve la question que pose d'emblée Churchill à Reynaud : "avez-vous reçu des propositions d'armistice ?". Churchill est bien décidé à ne pas y donner suite et il va habilement manoeuvrer entre Halifax et Reynaud pour qu'il en soit ainsi...

Reynaud ne tire aucun parti de la situation et ne songe même pas à transmettre l'ultimatum de Weygand : en résumé, "donnez-nous vos avions, sinon nous sollicitons un armistice séparé" !


 

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Re: Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 04 Déc 2014, 16:45

Bruno Roy-Henry a écrit:Un léger point d'opposition : personnellement, je pense que Churchill connaissait les conditions allemandes. Halifax les a certainement transmises, à supposer qu'elles n'aient pas été adressées par un autre canal que celui de Dalherus. J'en veux pour preuve la question que pose d'emblée Churchill à Reynaud : "avez-vous reçu des propositions d'armistice ?".

Peu décisif : il dit à plusieurs reprises dans la même période que Hitler pourrait vouloir séparer les deux pays et les battre séparément, en offrant à la France des conditions difficiles à refuser.

D'ailleurs dans sa réponse "non mais nous savons que nous pouvons si nous le voulons" Reynaud a l'air de considérer comme possible que la France seule ait été approchée.

Bruno Roy-Henry a écrit:Reynaud ne tire aucun parti de la situation et ne songe même pas à transmettre l'ultimatum de Weygand : en résumé, "donnez-nous vos avions, sinon nous sollicitons un armistice séparé" !

Reynaud est coincé car il ne veut d'armistice que commun; d'autre part il est inhibé par l'éloquence et l'ardeur churchilliennes et il ne se lâche pas... sauf sans doute lorsqu'il voit Halifax en tête à tête.

Nous en causions tous deux jadis sur Histoforum http://www.delpla.org/article.php3?id_article=69 (mon Dieu, dix ans déjà !) :
Le 26 au matin, Halifax, qui n’est pas exactement un hypocrite ou un conspirateur, mais bien plutôt un donneur de leçons persuadé que sa façon d’agir est la seule raisonnable, rend compte presque sincèrement de la manière dont il a, disons, extrapolé le mandat du cabinet. Simplement, il sauve la face en prétendant que c’est Bastianini qui a parlé de conférence le premier.

Lors de cette séance, Churchill annonce la visite de Reynaud sans excès de circonlocutions ("il vient nous annoncer que la France va capituler"). Et il joue sa dernière carte : lui qui refusait pied à pied, depuis le 19 mai, les suggestions de lord Gort (devenues progressivement des objurgations) en faveur d’un rembarquement du corps expéditionnnaire britannique en train de se faire encercler avec les Français et les Belges, il s’y est brusquement rallié la veille au soir. Il tient donc pour Reynaud une réponse toute prête, qu’il fait avaliser ce matin-là par le cabinet : pas question que vous capituliez avant de nous avoir aidés, nous qui voulons continuer la guerre, à nous tirer de ce guêpier où nous nous trouvons pour avoir trop longtemps voulu combattre à vos côtés.

Il se passe alors une chose extraordinaire : Churchill, qui doit déjeuner avec Reynaud entre deux réunions du cabinet, demande à ne pas être seul... et n’est pas entendu. Aucun ministre ne daigne se restaurer en pareille compagnie. Plus fort encore : après ce déjeuner, Churchill s’arrange pour que Reynaud ait un bref tête à tête avec Halifax, après quoi les autres membres du cabinet (Churchill, Chamberlain et les travaillistes Attlee et Greenwood), les rejoignent.

Enfin, le cabinet se réunit et le premier quart d’heure de cette réunion importantissime pour l’histoire du XXème siècle a lieu, de façon absolument exceptionnelle, en présence des seuls ministres du cabinet, sans les secrétaires ni les invités habituels (Sinclair, Cadogan, les chefs militaires et quelques autres). De même, les discussions entre Reynaud et Halifax, d’une part, Reynaud et le cabinet, d’autre part, ont échappé à tout archivage. Quant aux mémoires de Churchill, ils présentent ces événements de manière très elliptique et surtout hors contexte, deux semaines plus tard, à propos de l’entrée en guerre de l’Italie !

Pour tenter de boucher les trous, nous disposons essentiellement de deux sources : le livre précité de Reynaud et le journal de son conseiller militaire, Villelume. Ce dernier nous dit qu’après de longues heures passées à l’ambassade il a vu Reynaud arriver vers 16h. "Halifax, nous dit-il, a été le seul à montrer de la compréhension. Churchill, prisonnier de l’attitude de matamore qu’il a toujours eue devant ses ministres, a été résolument négatif."

Reynaud écrit (ou du moins publie) 7 ans plus tard, alors qu’il connaît le résultat des courses (mais n’a visiblement pas mesuré la portée de ces aveux, non renouvelés dans les deux versions ultérieures de ses mémoires ; l’explication principale pourrait être le silence de Churchill dans ses propres mémoires -sortis en 1949, une aubaine sur laquelle, en 1947, Reynaud n’osait peut-être pas spéculer), qu’après sa conversation avec Churchill il a vu, ensemble, les 5 membres du cabinet... ainsi qu’Eden, alors ministre de la Guerre (c’est-à-dire de l’armée de terre) -un point qui me paraît douteux, mais n’est pas capital. Reynaud ne dit pas qu’il ait vu d’abord Halifax en tête à tête, mais on peut supposer que le passage suivant est relatif à cet épisode :

"Lord Halifax me dit qu’il avait pris l’initiative de faire, la veille même, des avances à l’ambassadeur d’Italie à Londres, le comte Bastianini, lui marquant que les Alliés seraient disposés à prendre en considération toute proposition de négociation, tant sur les intérêts italiens que sur les bases d’une paix juste et durable."

La suite, en revanche, semble faire état de sa discussion avec l’ensemble du cabinet : "Lord Halifax me parut frappé par mon argumentation. Il se dit prêt à suggérer à Mussolini que, dans le cas où l’Italie consentirait à collaborer avec ces deux pays à l’établissement d’une paix sauvegardant l’indépendance de la France et de l’Angleterre, (...) les Alliés seraient disposés à discuter avec lui les revendications de l’Italie. Il fut convenu que le cabinet britannique en délibèrerait et que j’en serais informé."

La suite est connue (je renverrai notamment au Five Days in London de Lukacs, récemment traduit) : après trois jours de terribles turbulences, Churchill réussit à reprendre son cabinet en main le 28, jour où il écrit à Reynaud que, finalement, le gouvernement anglais ne souhaite pas faire d’offres à Mussolini "pour l’instant" -un télégramme publié par Churchill, toujours à propos de la déclaration de guerre italienne (tome 3, édition française, p. 130), en dépit des aveux qu’il contient et qui contredisent de nombreux passages éthérés de ses mémoires.

Cela fait vingt ans bien sonnés que je tourne et retourne cette journée en lisant entre les lignes toutes les archives possibles et non, vraiment, rien ne colle si Churchill est au courant des propositions Dahlerus. Tout le cabinet le serait aussi et elles seraient sur la table... or elles n'y sont pas. Halifax joue à l'évidence un jeu personnel : par exemple en truquant son compte rendu verbal de l'entretien qu'il a eu avec Bastianini contre le mandat du cabinet et en ne glissant le p-v de la conversation dans les dossiers que le 10 juin (de mémoire : en tout cas longtemps après et quand cela n'a plus d'importance). Dans ce jeu perso, il garde en réserve l'atout maître des conditions "généreuses" et ne peut plus le sortir sans devoir s'expliquer sur son retard : c'est l'une des raisons du détour par l'Italie.

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Re: Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 04 Déc 2014, 16:56

je confirme la date du 10 juin pour la transmission par Halifax au cabinet du p-v de sa conversation avec Bastianini :
Cab 65/13, p. 159, annexé au folio 140 (26 mai, 2 heures de l’après-midi). Cependant un cachet indique : received in cabinet registry, 10 june 1940.

le texte : http://www.delpla.org/article.php3?id_article=553 .

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Re: Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de scipio  Nouveau message 05 Déc 2014, 18:19

Cher Bruno - ce sont les mots actuels déclarés dans le War Cabinet (ainsi que ma traduction française horrible).

26 mai Réunion avec M Reynaud à Londres

Il (Winston Churchill) a demandé M Reynaud si des conditions de paix avaient été offerte à lui. M. Reynaud a dit "Non" mais ils savaient qu'ils pouvaient obtenir une offre se ils souhaitaient une.

He (Winston Churchill) asked M Reynaud if any peace terms had been offered to him. Mr Reynaud said “No” but they knew that they could get an offer if they wanted one.



Suite à la réunion avec M Reynaud, il y avait une réunion du War Cabinet. Voici comment Churchill démarré la réunion:

"Le Premier ministre a dit que nous étions dans une position différente de la France. D'abord, nous avions encore les pouvoirs de résistance et d'attaque, qu'ils ne avaient pas.

Deuxièmement, ils seraient susceptibles d'être offert des conditions décentes par l'Allemagne, qui nous ne devrions pas.

Si la France ne pouvait pas se défendre qu'il valait mieux qu'elle sortait de la guerre plutôt que qu'elle doit nous entraîner dans un accord qui a impliqué termes intolérables. "


“The Prime Minister said we were in a different position from France. In the first place we still had powers of resistance and attack, which they had not.

In the second place they would be likely to be offered decent terms by Germany, which we should not.

If France could not defend itself it was better she got out of the war rather than that she should drag us into a settlement which involved intolerable terms.”


Il paraît très improbable que Churchill avait reçu de renseignements sur les conditions de paix allemand - Avez-vous la preuve du contraire?


Cher M Delpla
Si je vous compris correctement, je crois que vous croyez quelque chose de sinistre dans le fait que le rapport de Halifax de la réunion avec l'ambassadeur italien porte l'empreinte "10 Juin".

Mais le 26 mai, le War Cabinet entendu - je cite:

"Le Ministre des Affaires Etrangères (Halifax) a ensuite lu un compte rendu de l'entretien avec l'ambassadeur d'Italie la veille (voir dépêche à Rome No. 413). "


“The Foreign Secretary then read out an account of the interview with the Italian Ambassador the previous day (see despatch to Rome No 413). “

Il semblerait donc que le War Cabinet ont été mis au courant des détails de la réunion - le rapport écrit a été tout simplement déposé le 10 Juin.


 

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Re: Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de norodom  Nouveau message 05 Déc 2014, 21:10

Bonsoir,

Je crois utile de rappeler quelques éléments dignes d'intérêt...

(1) Extrait de la déposition de Mr. Paul Reynaud, au cours de l'audience du mardi 24 juillet 1945, lors du procès du Maréchal Pétain:

"J'avais reçu, avant le 26 mai, la visite de M.Garnier conseiller à l'ambassade de France à Rome. Il m'était envoyé par M. François Poncet.
Monsieur Garnier prétendait, ce qui était absolument contraire à mon sentiment personnel, qu'il était possible d'éviter l'entrée en guerre de l'Italie.
Je me rendis le lendemain 26 mai à Londres, où je fus reçu par plusieurs membres du gouvernement britannique, et notamment par M. Churchill. Je leur dis :

"Voilà ce que m'écrit mon ambassadeur qui vit sur place, et quoique ce soit absolument contraire à ma conviction, j'ai le devoir de vous faire connaître mon sentiment:
Il n'est pas douteux que la bataille de France sera extrêmement dangereuse. Peut-être peut-on soutenir qu'elle peut être gagnée, nous dit le général Weygand. Peut-être peut-on soutenir qu'une agression italienne, en ce moment, serait la goutte d'eau qui ferait déborder le vase.
Je vous demande, dans ces conditions, d'examiner avec moi si certaines concessions pourraient être faites à l'Italie"......

S'ensuivent les détails des discussions sur le même sujet (l'Italie)... aucune décision ne fut prise, ce que Churchill confirma télégraphiquement le lendemain

A son retour, le 26 mai à 22 heures, Reynaud avait convoqué à son domicile, Edouard Daladier, Paul Baudoin et Charles Roux.
Il leur a fait part de sa conférence à Londres avec Churchill, Halifax, Eden et Beaverbrook au cours de laquelle une discussion s'était engagée sur la nécessité de faire quelque chose pour tâcher de maintenir l'Italie dans sa non-belligérance. Aucune conclusion n'avait été atteinte.
Ce soir là Reynaud n'a parlé à ses hôtes de rien d'autre

.................................................................................

(2) Extrait des pages 308, 309 et 310 des "Mémoires de guerre de Wiston Churchill - 1919-1941"

"Six jours après mon accession au pouvoir, sur la demande du Cabinet, j'adressai à Mussolini l'appel suivant, qui fut publié deux ans plus tard, avec la réponse, dans des circonstances bien différentes. Il était daté du 16 mai 1940."

**** texte de l'appel ****

**** réponse de Mussoli ****

"A partir de ce moment, nous ne pouvions plus avoir aucun doute sur l'intention qu'avait Mussolini d'entrer dans la guerre au moment qui lui serait la plus favorable"....

6 lignes plus bas....

"Le 26 mai, tandis que se jouait le sort des armées du Nord et que nul ne pouvait être certain qu'une seule d'entre elles en réchapperait, Reynaud prit l'avion pour l'Angleterre, afin de venir s'entretenir avec nous de cette affaire que nous n'avions pas perdue de vue. La déclaration de guerre de l'Italie devait être attendue d'un moment à l'autre. Ainsi la France allait s'enflammer sur un autre front et un nouvel ennemi se jeter avidement sur elle dans le Sud.
Y avait-il quelque chose à faire pour acheter la neutralité de Mussolini?
C'est en ces termes que se posait la question. Je n'en voyais pas la moindre chance et chacun des faits que le chef du gouvernement français invoqua comme argument en faveur d'une tentative me convainquit davantage qu'il n'y avait aucun espoir. Cependant Reynaud subissait de fortes pressions dans son pays et de notre côté, nous désirions prendre pleinement en compte les intérêts de notre alliée, dont l'unique arme essentielle, son armée, était en train de se briser entre ses mains. Bien qu'il n'y eût nul besoin de revenir sur ces graves évènements, M. Reynaud insista sans détour sur la possibilité que la France se retirât de la guerre. Lui-même poursuivait la lutte, mais il y avait toujours le risque qu'il se voit bientôt remplacé par d'autres, animés de dispositions différentes.

......................................................................

(3) Et voici un point intéressant qui pourrait plaider en faveur d'un silence de Reynaud à Londres dans l'éventualité où celui-ci aurait eu en tête de parler de prétendues offres allemandes de paix :

"Aux premières heures du 26 mai, Lord Gort et le général Blanchard avaient établi en commun leur plan de retraite vers la côte.
Il convient de préciser que Gort, qui avait abandonné ses espérances dans le plan Weygand, avait pris cette décision capitale dès la veille au soir."

Peut-on imaginer que Reynaud se pointe à Londres, pour demander la permission de déroger à l'engagement qu'il avait pris lui-même sans consultation préalable de son gouvernement, le 28 mars 1940 à Londres?...

Roger


 

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Re: Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 06 Déc 2014, 09:34

scipio a écrit:

Cher M Delpla
Si je vous compris correctement, je crois que vous croyez quelque chose de sinistre dans le fait que le rapport de Halifax de la réunion avec l'ambassadeur italien porte l'empreinte "10 Juin".

Mais le 26 mai, le War Cabinet entendu - je cite:

"Le Ministre des Affaires Etrangères (Halifax) a ensuite lu un compte rendu de l'entretien avec l'ambassadeur d'Italie la veille (voir dépêche à Rome No. 413). "


“The Foreign Secretary then read out an account of the interview with the Italian Ambassador the previous day (see despatch to Rome No 413). “

Il semblerait donc que le War Cabinet ont été mis au courant des détails de la réunion - le rapport écrit a été tout simplement déposé le 10 Juin.



Cher M. Scipio,


le problème est que Halifax a menti sur l'essentiel, le 26 : il a prétendu que l'idée d'une conférence de la paix avait été introduite dans la conversation par Bastianini alors qu'elle l'avait été par lui-même.

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Re: Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de scipio  Nouveau message 06 Déc 2014, 13:56

François Delpla a écrit,
Cher M. Scipio,
le problème est que Halifax a menti sur l'essentiel, le 26 : il a prétendu que l'idée d'une conférence de la paix avait été introduite dans la conversation par Bastianini alors qu'elle l'avait été par lui-même.


Je suis d'accord avec vous, M. Delpla!!


 

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Re: Dunkerque et la crise du Cabinet Britannique par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de scipio  Nouveau message 12 Déc 2014, 23:48

Cher Norodom

Voici le rapport de la réunion Churchill \ Reynaud (Rapport de War Cabinet Confidential ) le 26 mai - Londres.

Il confirme votre post -
Reynaud discute une approche à l'Italie dans le but de libérer 10 divisions françaises. Il croit que l'Italie pourrait exiger la Grande-Bretagne pour neutraliser de Gib, de Suez et de militariser-Malte et réduire les forces navales dans la mer Méditerranée.

Image
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Aussi intéressant est attitude personnelle de Reynaud à l'Allemagne (je ai marqué en rouge):

"M Reynaud croyait que les Allemands ne auraient probablement pas garder tous les termes qu'ils ont accepté de.
Il a laissé entendre qu'il ne serait pas lui-même signer conditions de paix imposées à la France, mais qu'il pourrait être forcé de démissionner ou pourrait se sentir que l'devrait démissionner. "



Aussi une copie du télégramme envoyé de Londres à Weygand à 1600 heures de Reynaud le 26 mai:


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