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Les étrangers du service de santé dans la campagne de France

Tout ce qui concerne la période entre le 3 septembre 1939 et le 25 juin 1940 environ, comme par exemple:
L'offensive de la Sarre, la mobilisation, le Pied de Paix Renforcé, la B.E.F., la campagne de France, l'effondrement de la République et de l'Armée Française, l'exode ...
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Les étrangers du service de santé dans la campagne de France

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 26 Oct 2018, 16:07

Bonjour à vous toutes et tous
Je viens de lire un sujet qui, je crois, n'a pas encore été abordé sur ce forum, il s'agit de l'aide étrangère au niveau du Service de Santé lors de la Campagne de France, le voici:

Parmi les nombreux étrangers à s’être mis au service de la France à la veille de la Seconde Guerre mondiale, ceux affectés aux formations sanitaires occupent une place particulière. Souvent issus de milieux sociaux ou professionnels privilégiés, instruits, ils se sont engagés avec des motivations réfléchies qui donnent à leur perception de la campagne de mai-juin 1940 une dimension différente de celle qu’ont pu rapporter la plupart des combattants et des civils français. Leur regard sur les opérations militaires, auxquelles ils assistent, même s’il est souvent marqué d’une partialité francophile, bénéficie en effet de l’objectivité qu’a l’observateur extérieur étranger. Aussi, le discernement dont ils font preuve dans l’analyse de la déroute française fait-il tout l’intérêt des chroniques de la campagne que quelques-uns d’entre eux ont rédigées dans les années qui ont suivi.
L’intégration de ces volontaires étrangers au sein de formations sanitaires s’est faite dans le cadre dit des ‘’libéralités’’, défini par la loi du 29 décembre 1939 et le décret du 31 janvier 1940, qui précisaient les modalités administratives, organisationnelles, logistiques et juridiques des dons et engagements de volontaires français ou étrangers au profit du service de santé militaire. ‘’Tant chez nous qu’à l’étranger, commente Hippolyte Ducos, secrétaire d’État à la Défense et à la Guerre, un grand nombre de personnes ou de groupements, désireux de témoigner d’une façon active leur sympathie à la France, ont fait à l’État des libéralités, en exprimant le désir qu’elles eussent une affectation déterminée. Ces libéralités, pour la plupart destinées au Service de Santé, ont pris des formes variées : dons en deniers, dons de matériel, et aussi dons de formations sanitaires complètes comprenant à la fois des ambulances ou des installations entièrement équipées et tout le personnel nécessaire à leur fonctionnement’’. Cette participation est d’autant plus appréciable que les carences du service de santé à la mobilisation sont encore très importantes, tant en véhicules de transport de blessés qu’en personnel qualifié, infirmières et conducteurs d’ambulance.
À l’automne 1939, ‘’il fallait, de toute urgence, combler le déficit’’.
Pour les véhicules, on fait appel à la réquisition, jusqu’à ce que le programme de construction de nouveaux véhicules d’ambulance n’ait atteint les objectifs fixés (avril 1940). Les 12 080 infirmières mises à la disposition du service de santé par la Croix-Rouge française (Société de secours aux blessés militaires, Union des femmes de France, Association des dames de France) ont permis de faire face aux impératifs de mise en place des hôpitaux d’observation et d’évacuation primaires et secondaires (HOE n° 1 et 2, installés à 50 et 200 km des premières lignes, respectivement) et ambulances à la veille du conflit, mais les nombreux retards qui persistent, en particulier dans la mise en service de véhicules, d’unités de transport sanitaire à proximité du front et d’ambulances chirurgicales, amènent à compléter le programme en cours d’unités offertes par des donateurs français ou étrangers. C’est ainsi que naissent les sections sanitaires automobiles féminines, les sections sanitaires automobiles du front, et les sections auxiliaires de transport sanitaires.
Au-delà de ses frontières, dans le conflit à venir, la France nourrit les espérances du monde libre. ‘’Les innombrables dons que reçu la France, vinrent des pays étrangers témoignant ainsi de la sympathie dont jouissait, dans le monde, la cause de la France.’’ À l’aide purement financière s’ajoute rapidement l’engagement individuel d’étrangers de nombreuses nationalités, d’abord dans des unités françaises puis dans des unités spécifiques dont l’essentiel des moyens et des effectifs proviennent de dons de citoyens ou d’organismes de la même nationalité.
Le recours à la réquisition automobile en France est suivi de plusieurs initiatives locales en Belgique pour aider le service de santé militaire français, en particulier des souscriptions permettant de lui offrir quelques-uns des véhicules d’ambulance qui lui manquent à l’automne 1939. Une autre souscription belge, dont l’initiative revient à deux professeurs de chirurgie de la faculté de Bruxelles, les professeurs Neuman et Danys, permet également la constitution d’une ambulance chirurgicale, l’ambulance Depage, dont l’équipement comprend huit camions de matériel (stérilisation, radiologie, protection contre les gaz, chirurgie) et le personnel majoritairement belge, aux côtés de quelques médecins français, dont le commandant de l’unité, le médecin colonel Mathieu, professeur à la faculté de médecine de Paris.
À la différence de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle les Suisses constituent la nationalité la plus représentée au sein de la Légion étrangère, leur implication est moins marquée en 1939. Le don suisse le plus connu est celui de six voitures d’oxygénothérapie, offertes à titre personnel par Pierre Huni.
Il faut bien entendu ajouter à cela l’aide norvégienne (Den Norske Ambulanse), les unités anglaises et l’aide américaine
L’armistice conclu fin juin a interrompu de fait l’intervention des sections sanitaires et des ambulances étrangères au sein du service de santé militaire français. Leur dissolution a lieu à l’automne 1940, après qu’un bilan de leur situation, motivé par leur dispersion pendant la retraite française, eut été réalisé fin juillet.
Les infirmières et conductrices britanniques de l’ambulance Hadfield-Spears sont embarquées le 20 juin sur le croiseur Galatea au Verdon.
Celles de la section 5101/19, de l’Anglo-French Corps, le sont deux jours plus tard, au Verdon également.
Les conducteurs de sanitaires norvégiens et américains capturés par les Allemands ont été libérés, le plus souvent très rapidement, à l’exception de deux Américains et d’un Norvégien, qui ne l’ont été que début 1941.
L’expérience des sections sanitaires de volontaires étrangers du service de santé militaire français dans la campagne de France aura donc été courte. En dehors de cette brièveté, liée à la vitesse de l’effondrement français, ses limites ont aussi tenu aux volontaires étrangers qui s’y sont engagés, non par leur qualité – il s’agit à l’évidence d’une élite –, mais par leur nombre. Les volontaires américains ne dépassent qu’à peine la centaine, alors qu’ils étaient presque 2000 à servir dans l’American Field Service aux côtés de l’armée française de 1914 à 1917. Les femmes volontaires britanniques ne sont pas plus nombreuses que les quelques Françaises qui se sont engagées dans les sections sanitaires automobiles féminines en France. Et finalement, ces effectifs si restreints justifient aussi les éloges, les remerciements, citations et décorations que ces volontaires ont reçu. Peu nombreux, très décidés, parfois déjà un peu avancés en âge, ils se distinguaient de l’attentisme général qui avait gagné les démocraties face à la montée du nazisme. Et pourtant, dans l’ensemble des documents les concernant, jamais pratiquement n’apparaît la notion d’engagement contre l’Allemagne ou le nazisme, alors que la volonté de servir la France s’y retrouve partout.
Sources :
https://journals.openedition.org/rha/7343
Ducos H., Le Service de Santé Militaire en France : 13 septembre 1939-10 mai 1940.
Muir P., War without music, Scribners Ed, New York, 1940.
L'Union fait la force -- Eendracht maakt macht

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