Connexion  •  M’enregistrer

Sabotages sur le char B1

Tout ce qui concerne la période entre le 3 septembre 1939 et le 25 juin 1940 environ, comme par exemple:
L'offensive de la Sarre, la mobilisation, le Pied de Paix Renforcé, la B.E.F., la campagne de France, l'effondrement de la République et de l'Armée Française, l'exode ...
MODÉRATEUR: Equipe Admins/Modos

Re: Sabotages sur le char B1

Nouveau message Post Numéro: 31  Nouveau message de Tri martolod  Nouveau message 10 Déc 2015, 07:25

Bonjour,

Si quelqu'un a le temps de chercher dans les journaux de marche disponibles??

http://www.chars-francais.net/2015/inde ... s-journaux

J'ai lu en diagonale le JMO du 8e BCC, apparemment pas de sabotages??

Sur le même site, un peu de technique:

http://www.chars-francais.net/2015/inde ... =view&id=6

Une question: pourquoi ces sabotages réels ou supposés ne toucheraient que les chars "B" ??
« War vor ha war zouar »

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 3412
Inscription: 10 Mar 2012, 17:12
Région: Bretagne
Pays: Bretagne

Voir le Blog de Tri martolod : cliquez ici


Re: Sabotages sur le char B1

Nouveau message Post Numéro: 32  Nouveau message de frontovik 14  Nouveau message 10 Déc 2015, 09:29

Bonjour.

Il faut peut être chercher un élément de réponse avec la très grande complexité technique du B1, un engin de haute technologie pour l'époque. Le moindre écart par rapport à la norme, la moindre malfaçon, provoquée volontairement ou pas, avait des conséquences irréversibles sur le fonctionnement de l'engin. Un R35 ou un H39 était beaucoup plus rustique et pouvait supporter la présence de quelques pièces défectueuses, un char B non.
Question: les ouvriers savaient-ils que l'engin était fragile et le sabotaient-ils plus volontiers? Et j'aimerais trouver la source du rapport en question. Si quelqu'un a du temps...

J'ai commencé la lecture du carnet du Cne Laude. Je n'en suis qu'au début mais le 11 mai il déplore le mauvais état de ses chars, en particulier des négligences lors du graissage des éléments du train de roulement. Je me rappelle avoir lu que le système de différentiel NAEDER fonctionnait grâce à de l'huile de ricin, mais de l'huile industrielle, pas à usage pharmaceutique. Les équipes chargées de la maintenance en temps de paix le savaient parfaitement, mais en campagne, celles ci changeaient souvent et des mécaniciens peu, ou pas formés et au courant, sont allés dans des pharmacies se procurer de l'huile inadéquate...
Source ici, voir le 11 mai: http://www.chars-francais.net/2015/inde ... -bcc-laude
"Je ne vous apporte pas la liberté, je l'ai trouvée ici, parmi vous". Skënderbeg.

modérateur
modérateur

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 2995
Inscription: 24 Oct 2005, 19:44
Localisation: Lisieux.
Région: Normandie subséquanaise
Pays: France

Voir le Blog de frontovik 14 : cliquez ici


Re: Sabotages sur le char B1

Nouveau message Post Numéro: 33  Nouveau message de Gretsch  Nouveau message 10 Déc 2015, 12:05

Bonjour,

Peut-être est-il bon de rappeler que le texte évoqué au début de ce fil de discussion est extrait d'un ouvrage d'Angelo Tasca publié en 1951 (sous le pseudonyme Rossi), Les Communistes français pendant la drôle de guerre, cité comme il a été indiqué par J.-L. Crémieux-Brilhac dans l'un de ses ouvrages. Celui-ci précise, en bon historien, que ce "témoignage à charge terrible" doit être relativisé par l'historiographie communiste et que "seules les archives des tribunaux militaires et celles des arsenaux et établissements industriels de l'État permettraient de se prononcer avec une absolue certitude", regrettant à l'heure de la parution de son ouvrage l'inaccessibilité de ces documents (cela a changé depuis).

Sa conclusion, d'après les archives alors connues, est qu'il y a bien eu des sabotages en usine, mais que ceux-ci n'ont pas eu assez d'ampleur pour affecter la production et la qualité des armements, rapports de police et de gendarmerie à l'appui. J'aurais tendance à valider cette conclusion au vu des documents relatifs à la surveillance des usines d'aviation toulousaines dont j'ai la charge aux AD31, qui illustrent parfaitement ces enquêtes policières sur le sabotage présumé de pièces ou avions ou moteurs et concluent toutes à des malfaçons ou des négligences plutôt qu'à des actes délibérés. Je précise que l'historien Herrick Chapman, dans son ouvrage State Capitalism and Working-Class Radicalism in the French Aircraft Industry (traduit en français en 2011 : L’aéronautique. Salariés et patrons d’une industrie française, 1928-1950) conclut lui aussi au très faible taux de sabotage constaté dans ce domaine au cours de la période envisagée (contrairement à la période d'après-guerre). Je suppose qu'il peut en être de même pour les chars...

Cela m'amène donc à penser que les points développés dans les messages précédents, mettant plutôt l'accent sur la maintenance défectueuse en unités comme cause réelle des pannes, sont à prendre en considération dans cet échange intéressant.

Pascal

Brigadier General
Brigadier General

 
Messages: 368
Inscription: 31 Déc 2008, 15:57
Localisation: Toulouse
Région: Midi-Pyrénées
Pays: France

Voir le Blog de Gretsch : cliquez ici


Re: Sabotages sur le char B1

Nouveau message Post Numéro: 34  Nouveau message de alain adam  Nouveau message 14 Déc 2015, 20:36

Bosoir ,
Je partage bien entendu cet avis .
Je vous invite a regarder la fiche qui avait été crée autrefois sur la maintenance du char B1bis :
http://www.atf40.fr/ATF40/char%20B/maintenance.pdf
et plus particulièrement , consultez la partie dédié a la consommation quotidienne d'ingrédients .
C'est environ 150 litres d'huiles de différentes nature/viscosité qu'il faut utiliser chaque jour . Pour chaque char , 3 chasseurs "graisseurs" étaient désignés dans les TEG ( tableaux d'effectifs de guerre ) . Alors certes, lorsque tout va bien , que l'approvisionnement arrive correctement , le char ne doit pas avoir de problèmes particuliers , sauf des pannes naturelles . Mais des que les unités sont en mouvement rapide , que l'approvisionnement se fait plus maigre, que des effectifs commencent a manquer , on arrive parfois a des situations ou les tankistes eux même réquisitionnaient les stocks d'huile de ricin des pharmacies , ne sachant pas que celle ci ne correspondait pas a l'emploi prévu .
Les éléments principaux du char se retrouvant mal lubrifiés , une usure anormal devait probablement se produire , jusqu’à la rupture ( moteur sérré , casse de chenilles , boite cassée , naeder en panne , ventilateurs grippés entraînant une surchauffe du moteur et rupture de joints etc etc ) . De la a dire que le matériel a été saboté en usine , il n'y a qu'un pas , dans une période ou la 5e colonne est présente dans tous les esprits .
Et la , deux solutions , soit le char immobilisé est sur un terrain dont les français sont encore propriétaires et on peut transporter le char en atelier , ou alors, l'ennemi est déjà passé par la , et le char est perdu ...
A signaler une petite histoire , dont j'ai oublié l'origine . Début 40 , les forces polonaises perçoivent des chars B pour équiper leur 1er BCC (pol ) et remplacer les chars FT sur lesquels ils s’entraînaient . Apres quelques tests il s’avère que le matériel surchauffe et les Polonais renvoient ces chars aux Français ( ils seront dotés ensuite de chars R ) . L'histoire ne dit pas s'il s'agissait de chars neufs ( B1bis ) ou , ce que je pense plutôt , de chars B1 que l'on a sorti des dépôts , ce qui expliquerait les problèmes mécaniques constatés par les Polonais . Par ailleurs, je n'ai trace d'aucune dotation de char B1bis neufs vers des Polonais , mais on constate qu'un petit nombre de chars B1 ont été utilisés en unité école en mai 40 avant d’être employé en unité de combat dans l'urgence , ce qui n'exclue pas un court passage quelques semaines plus tôt dans le centre d'entrainement des chars Polonais .
Je précise ici que les plans initiaux étaient de former une DCR Polonaise avec équipement B et R ou H ) ainsi que deux GBC , portant ainsi les effectifs blindés polonais a 8 BCC ( dont 2 de chars B ) , le tout devant se porter en appui de deux corps d'armée composé chacun de deux divisions d'infanterie , afin de former une armée polonaise cohérente , plutôt que le rattachement des unités polonaises a des organisations Françaises .
Pour ne pas laisser une information trompeuse, dans la réalité , les Polonais ont pu former deux DI et une brigade blindée mixte , toutes les autres unités prévues étant encore en cours de formation ( 3e et 4e DI , 3e et 4e BCC encore en centre d'entrainement sur une vingtaine de FT , les 4 autres BCC n'existant quasi pas sauf a titre de projet - les 5e et 6e sont cités parfois , il devait y avoir une ébauche d'encadrement ) , mais les effectifs levés ont servi aussi a former un grand nombre d'unités antichar qui ont été déployées dans des unités Françaises .

En bref, on retrouve ici une constante de la bataille de 40 : une belle armée , mais avec du matériel fragile/sensible à un mauvais entretien ou à des problèmes d'approvisionnement .
Avec la panique et l'incompétence au niveau du commandement ( cf marches et contre-marches dans le sens opposé ) , l’équipement a souffert d'attrition n'ayant parfois même pas l'occasion d’être utilisé au combat , sans même compter l'outil logistique qui avait du mal a suivre de telles amplitudes de mouvement pour réapprovisionner a temps les unités .

Donc sabotage du char B ? Si sabotage il y a eu , c’était bien involontaire , et cela ne s'est pas fait en usine ( sauf rarissime exception ) mais bien sur le terrain par les équipages eux mêmes , suivant les ordres de leurs supérieurs, alors que le matériel n’était pas correctement entretenu , ou avec des expédients trouvés sur le terrain , dont , pour ne parler que de l'huile , la viscosité( et la nature probablement ) ne correspondait pas aux besoins réels des équipements . Pour avoir fait un peu d'usinage dans ma jeunesse ( tour , fraise etc ) , je sais que si le lubrifiant n'est pas correct , on atteint très vite des températures qui finissent par altérer , et la pièce , et l'outil , et la machine ...


Amicalement,
Alain
Armée de Terre Française 1940
http://atf40.fr/

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 2617
Inscription: 06 Aoû 2013, 00:13
Région: rhone
Pays: france

Voir le Blog de alain adam : cliquez ici


Précédente

Connexion  •  M’enregistrer

Retourner vers LA "DRÔLE DE GUERRE" ET LA DÉFAITE DE 1940




  • SUR LE MEME THEME DANS LE FORUM ...
    Réponses
    Vus
    Dernier message
 
  ► Les 10 Derniers Posts du jour Date Auteur
    dans:  LE QUIZ 
Hier, 23:52
par: PICARD77 
    dans:  80° ANNIVERSAIRE - BARBAROSSA - LA LUFTWAFFE ATTAQUE A L'EST 
Hier, 23:22
par: PHILIPPE77 
    dans:  Défense de Lille : la capture du General Kühne 
Hier, 23:19
par: Cyril G 
    dans:  BITTRICH ET LE COMPLOT DU 20 JUILLET 
Hier, 23:04
par: RoCo 
    dans:  [La guerre en Afrique du Nord] version 5.2 
Hier, 21:34
par: JARDIN DAVID 
    dans:  Le musée de Saint-Marcel ouvre en septembre 
Hier, 18:51
par: Aldebert 
    dans:  LES PANTHER DE L'ARMEE ROUGE 
Hier, 18:48
par: Loïc Charpentier 
    dans:  L'aviation sanitaire 
Hier, 11:50
par: Loïc Charpentier 
    dans:  ZZ TOP 
29 Juil 2021, 22:39
par: frontovik 14 
    dans:  Sites et vestiges en bretagne 
29 Juil 2021, 22:12
par: Joldan 

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Cyril G, dynamo, Loïc Charpentier, recherche_59, Signal Corps et 23 invités


Scroll