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1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Tout ce qui concerne la période entre le 3 septembre 1939 et le 25 juin 1940 environ, comme par exemple:
L'offensive de la Sarre, la mobilisation, le Pied de Paix Renforcé, la B.E.F., la campagne de France, l'effondrement de la République et de l'Armée Française, l'exode ...
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1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de fbonnus  Nouveau message 28 Sep 2013, 10:04

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Comment le procès politique d’une défaite se retourne contre ses auteurs. Le procès du désastre de 1940
se transforma en tribune des accusés contre le maréchal Pétain et l’armistice avec l’Allemagne.
Hitler en réclama la suspension.


Le procès de Riom (février-avril 1942) restera dans les mémoires comme l’épisode judiciaire capital qui a fait perdre pied au régime de Vichy. Ce procès avait été conçu pour discréditer le régime de la IIIe République et le gouvernement de Front populaire élu en 1936 en les rendant responsables de la guerre et du désastre. Mais les deux grands accusés, Léon Blum, qui avait été le chef du gouvernement en 1936 et 1937 et ne l’était donc plus depuis deux ans au déclenchement de la guerre, ainsi qu’Édouard Daladier, l’homme de Munich, qui dirigeait le gouvernement lors de la déclaration de la guerre, allaient se défendre si brillamment qu’ils ridiculisèrent l’acte d’accusation et ses inspirateurs. On ne pouvait pas, allaient-ils démontrer, séparer la responsabilité politique de la guerre de sa conduite, ni distinguer les chefs politiques des chefs militaires.

Ce sont toutes les pièces de ce formidable procès qu’a réunies une jeune historienne, Julia Bracher, afin de comprendre la débâcle de 1940 et la suite. À Riom, Blum et Daladier sont accusés d’avoir « trahi les devoirs de leur charge » ; trois ans plus tard à Paris, le 23 juillet 1945, c’est le maréchal Pétain qui doit répondre de ses actes pour « intelligence avec l’ennemi ».

Voici les raisons pour lesquelles le premier procès, celui de Riom, s’est transformé en fiasco judiciaire.

La première audience s’ouvre le jeudi 19 février 1942 dans le palais de justice de Riom, où se tient la cour d’appel du Puy-de-Dôme. La salle des assises a été repeinte, des lustres en cristal accrochés, des tapisseries d’Aubusson posées. Le Mobilier national a livré des chaises et des fauteuils pour les témoins, la sécurité a été renforcée, des tribunes installées pour les membres du corps diplomatique. Cent cinquante journalistes venus du monde entier se pressent sur les bancs.

Les cinq accusés sont entrés les premiers dans la salle d’audience. Ils ont pris place devant de petites tables de part et d’autre de l’allée centrale. À droite, Guy La Chambre, ministre de l’Air de janvier 1938 à mars 1940, le général Gamelin, ancien chef d’étatmajor général au moment de l’attaque allemande du 10 mai 1940, Édouard Daladier, ancien ministre de la Guerre, ancien président du Conseil du 11 avril 1938 au 20 mars 1940 ; à gauche, Léon Blum, ancien président du Conseil du 4 juin 1936 au 22 juin 1937, puis à nouveau du 13 mars au 10 avril 1938, et Robert Jacomet, contrôleur général de l’armée et collaborateur de Daladier.

Face à eux, les magistrats de la Cour suprême de justice sont assis autour d’une grande table en fer à cheval. À 13 h 33, son président, Pierre Caous, ancien combattant et magistrat respecté, proclame l’audience ouverte. Le greffier se lève et lit l’acte de renvoi du procès, dont l’ouverture était attendue pour le 15 janvier. Le président reprend : « Les décisions qui ont jusqu’ici été prises à l’égard de certains d’entre vous et les motifs qui ont été publiés de ces décisions sont pour la Cour comme s’ils n’existaient pas. » Il se réfère par là à une allocution du maréchal Pétain du 16octobre 1941. En effet, à la suite des conclusions remises par un Conseil de justice constitué pour cette occasion, le maréchal déclare que Daladier, Blum et le général Gamelin sont condamnés, sans jugement, à la détention à vie au fort du Portalet dans les Pyrénées, que le cas de Paul Reynaud et de Georges Mandel est dissocié des autres inculpés mais qu’ils restent détenus.

Première faille : la “sentence” anticipée de Pétain

Pour autant, il n’a pas dessaisi la cour de Riom dont la sentence, annonce-t-il, doit « être rendue en pleine lumière » : « Elle frappera les personnes, mais aussi les méthodes, les moeurs, le régime. Elle sera sans appel. Elle ne pourra être discutée. » Autrement dit, l’audience s’ouvre alors qu’une première “sentence” a déjà été rendue par le Maréchal lui-même ! Deux justices en parallèle ? Déni de justice ? Le procès commence quand même.

L’idée de juger les responsables de la défaite militaire de 1940 n’était pas nouvelle. Dès le mois de juin 1940, dans les commissions de la Chambre et du Sénat, il était question de Haute Cour pour le général Gamelin et Édouard Daladier. À partir du 10 juillet et des actes constitutionnels qui installent l’État français, l’idée prend corps : le 30 juillet, une Cour suprême de justice est instituée. Elle est chargée de juger « les anciens ministres ou leurs subordonnés immédiats, accusés d’avoir commis des crimes ou délits dans l’exercice ou à l’occasion de leurs fonctions ou d’avoir trahi les devoirs de leur charge, […] dans les actes qui ont concouru au passage de l’état de paix à l’état de guerre avant le 4 septembre 1939, et dans ceux qui ont ultérieurement aggravé les conséquences de la situation ainsi créée ».

On cherchait à dénoncer les fautes de la IIIe République, et à renforcer la légitimité du nouveau pouvoir en démontrant sa volonté de redresser les fautes du passé. En revanche, n’a pas été retenue la “déclaration de guerre”, dans la mesure où la France avait exécuté les engagements pris à l’égard de la Pologne, ni la conduite des opérations militaires de septembre 1939 à juin 1940.

Dès le 8 août 1940, la Cour suprême est convoquée à Riom ; composée de huit membres inamovibles, présidée de droit par le président de la chambre criminelle de la Cour de cassation, elle est chargée de l’instruction et du jugement, une pratique hors norme. Le travail consciencieux de l’instruction (650 témoins, près de 100 000 pages) prend du temps. Ce qui provoque l’impatience et l’intervention du Maréchal le 16 octobre 1941.

Au sein même du gouvernement de Vichy, on est divisé. Le nouveau garde des Sceaux, Joseph Barthélemy, est hostile au procès ; d’autres, collaborationnistes avérés avec l’Allemagne, y sont également opposés. Jacques Benoist-Méchin parle d’un « spectacle révoltant et hideux à la fois », d’une « espèce de musée Grévin politique ». Qu’aurait-il fallu faire ? Fusiller les prévenus ? Mais, dit-il, « nous n’en sommes pas dignes ». De leur côté, les Allemands souhaiteraient que soient « démasqués les fauteurs de guerre ». À Londres, on suit aussi ce que le général de Gaulle appelle une « parodie de justice organisée dans le seul but de disculper ceux qui furent les premiers coupables, en invoquant la défaite du pays trahi précisément par les accusateurs ». Et Jean Oberlé, au micro des Français parlent aux Français, s’insurge contre « ce linge sale que l’on lave non pas en famille… mais sous les yeux de l’ennemi ».

Malgré la censure, malgré les consignes données à la presse par le gouvernement de Vichy, l’information circulera grâce aux avocats des accusés. Les textes parviendront à Radio Londres, qui commentera librement le procès et les plaidoiries des accusés, diffusées sans être censurées.

Au cours de la vérification de l’identité des accusés, a lieu un premier rebondissement. Le général Gamelin déclare qu’il ne s’exprimera pas et refusera de répondre aux interrogatoires : « Dans l’intérêt même de l’armée comme de la paix des esprits, j’estime, dit-il, que mon honneur de soldat et mon devoir de chef me commandent désormais de me taire. » Mais il vient aussi d’évoquer dans sa déclaration une date que l’accusation aurait bien préféré ignorer : en 1934, le maréchal Pétain était ministre de la Guerre quand les crédits militaires furent amputés de 20 % ; cela a obligé à faire “un immense effort” par la suite. Le seul militaire inculpé dans le procès refuse donc de parler. Le procès va devenir uniquement politique.

Dès la première audience, Léon Blum et Édouard Daladier attaquent et mettent les juges devant « cette tare originelle qui pèse sur le procès », le message de Pétain qui les a condamnés avant même d’être jugés. Comment pourraient-ils être innocentés ? Quel est leur libre arbitre ? En outre, souligne Blum, pourquoi la guerre serait-elle exclue des responsabilités de la défaite ? Et pourquoi ne pas remonter avant 1936 ? Jusqu’en 1934, insiste Daladier en désignant le maréchal Pétain.

Daladier cogne “comme un bûcheron”

Dès le deuxième jour, les accusés font admettre que déclarer la guerre n’était pas une faute, mais que la perdre en était une. Blum défend le Front populaire, et Daladier « cogne comme un bûcheron » ; très vite, tous deux prennent l’ascendant. En particulier, Daladier, qui possède ses dossiers de ministre de la Guerre sur le bout des doigts, attaque le chef de l’État, qui « traite en cancres des généraux intimidés, affligés de déplorables pertes de mémoire et qui se gardent de le critiquer », note Henri Amouroux dans sa Grande Histoire des Français sous l’Occupation.

Au fil des audiences – il y en aura vingt-quatre – , les juges se font de plus en plus silencieux, les journaux étrangers, américains surtout, prennent parti pour les accusés alors que la presse française devient chaque jour plus discrète. « On sent chez les accusés une sorte d’ivresse, observe le chroniqueur Alfred Fabre-Luce. Après quelques jours, les débats ont pris une allure stupéfiante. On pourrait croire que l’accusation est retournée. »

Bientôt le général Weygand sera appelé à témoigner. Il ne cache pas à Pétain qu’il ne désavouera pas Daladier. À Berlin, dès le 15 mars, Hitler s’en prend au déroulement du procès : « Nous nous trouvons devant une mentalité qui nous est difficilement compréhensible ! Il semble que l’on reproche aux accusés non leur responsabilité dans la déclaration de guerre, mais le fait d’avoir perdu une guerre mal préparée, et que, si on veut lire entre les lignes, on les couvrirait de fleurs si, au contraire, ils l’avaient gagnée. Ce procès tend ainsi, par des voies détournées, à devenir la justification d’une guerre qu’on aurait dû gagner. »

Le 2 avril 1942, Goebbels note dans son Journal que le maréchal Pétain a reçu le professeur Grimm et a écouté les remontrances énergiques de ce juriste allemand. Le procès vit sa dernière audience. Le dernier mot ira à Daladier, qui se pose publiquement la question : « N’est-ce pas tout simplement, comme le croit l’instinct populaire, la France qui a été trahie ? »

Le 11 avril suivant, un décret-loi paru au Journal officiel sous la forme d’un rapport de l’amiral Darlan – encore chef du gouvernement – et du garde des Sceaux au Maréchal suspend le procès au motif d’un besoin de supplément d’information. Lequel ne sera jamais apporté. À Rome, Mussolini y voit « une farce typique de la démocratie ».

Par Frédéric Valloire - VA
« Alors mon petit Robert, écoutez bien le conseil d'un père !
Nous devons bâtir notre vie de façon à éviter les obstacles en toutes circonstances.
Et dites-vous bien dans la vie, ne pas reconnaître son talent, c'est favoriser la réussite des médiocres. »
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Re: 1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de norodom  Nouveau message 28 Sep 2013, 16:05

Pour la bonne compréhension de ce qui suit, j'ajoute un complément :

Lors de son message n° 42 du mardi 12 août 1941 le Maréchal précise les conditions de l'exercice de l'autorité. Il précise la délégation de celle-ci à l'Amiral Darlan à qui est confié le ministère de la défense. Il déclare laisser l'initiative nécessaire au gouvernement qui l'entoure... à l'intention duquel il trace une ligne en douze points.
C'est dans le onzième point qu'il fait part de sa décision d'user des pouvoirs que lui donne l'Acte constitutionnel n° 7 pour juger les responsables du désastre. Il annonce la création d'un Conseil de justice politique à cet effet et qui soumettra ses propositions avant le 15 octobre.
Le douzième point concerne la prestation de serment exigée des ministres et des hauts-fonctionnaires.
..................................................
En effet, à la suite des conclusions remises par un Conseil de justice constitué pour cette occasion, le maréchal déclare que Daladier, Blum et le général Gamelin sont condamnés, sans jugement, à la détention à vie au fort du Portalet dans les Pyrénées, que le cas de Paul Reynaud et de Georges Mandel est dissocié des autres inculpés mais qu’ils restent détenus.

Le passage souligné appelle une précision.... C'est le Conseil de justice qui a estimé à l'unanimité que la détention dans une enceinte fortifiée _ la peine la plus forte prévue par l'Acte constitutionnel n° 7 _ devait être appliquée à Edouard Daladier, Léon Blum et au général Gamelin. En conséquence, Pétain ordonne leur détention au fort du Portalet. (annonce faite dans l'allocution n° 54 du jeudi 16 octobre 1941)
En ce qui concerne Guy La Chambre et le contrôleur général Jacomet dont les responsabilités apparaissent moins graves, ils restent internés à Bourrassol.
Restent Paul Reynaud et Georges Mandel qui ont fait l'objet d'une première information devant la cour de Riom. S'appuyant sur l'avis de la majorité des membres du Conseil de justice, Pétain ordonne leur détention dans une enceinte fortifiée.
S'ajoutent, la décision de maintenir la cour de Riom et la prière au garde des Sceaux d'accélérer la venue des débats devant cette cour.
Pour autant, il n’a pas dessaisi la cour de Riom dont la sentence, annonce-t-il, doit « être rendue en pleine lumière » : « Elle frappera les personnes, mais aussi les méthodes, les moeurs, le régime. Elle sera sans appel. Elle ne pourra être discutée. » Autrement dit, l’audience s’ouvre alors qu’une première “sentence” a déjà été rendue par le Maréchal lui-même ! Deux justices en parallèle ? Déni de justice ? Le procès commence quand même.

C'est une interprétation caricaturale qui pourrait laisser croire que les acteurs, juges des faits au procès de Riom, ont été soudoyés !.. Sur quoi aurait pu reposer une anticipation prématurée du verdict ?
Quant à l'accusation, elle ne découle pas de la seule décision de Pétain, qui serait dans ce cas arbitraire, mais des conclusions du Conseil de justice.

Jusqu'ici c'est la première partie...
J'écarte d'un revers de main une bonne dose de l'intention qui s'en dégage, non pas parce que je serais un défenseur inconditionnel des décisions du Maréchal, mais parce qu'il m'apparaît bien que ce sont les conclusions du Conseil de justice qui ont fait le poids. Je pense que des historiens auraient pu se pencher sur le profil des membres qui composaient ce Conseil (mais peut-être cela fut-il fait ? ). Qui furent-ils ?... d'où venaient-ils ?

La deuxième partie, c'est la suite du procès de Riom sur lequel on pourrait commenter à gogo !

Roger


 

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Re: 1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 29 Sep 2013, 10:50

Précision intéressante pour ne pas dire déterminante ! Merci Roger.


 

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Re: 1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Francis Deleu  Nouveau message 29 Sep 2013, 17:25

Bruno Roy-Henry a écrit:Précision intéressante pour ne pas dire déterminante ! Merci Roger.

Bonsoir,

J'adhère à l'appréciation de Bruno mais comme je me perds dans l'embrouillamini des délires législatifs de Vichy, proposons une chronologie succincte assortie de quelques remarques personnelles.

- 30 juillet 1940 - acte constitutionnel n° 5 :
Article 2.
Il est institué une Cour suprême de justice dont l'organisation, la compétence et la procédure seront réglées par une loi

Pierre Béteille, désigné pour siéger à la Cour Suprême, auteur de "Le procès de Riom", Plon, 1973, fait remonter les prémisses du procès de Riom cet acte constitutionnel qui institue cette nouvelle juridiction.
Bétaille ajoute : "Cette juridiction d'exception sera chargée de juger les ministres, les anciens ministres ou leurs subordonnés immédiats (...) accusés d'avoir trahi les devoirs de leur charge dans les actes qui ont concouru au passage de l'état de paix à l'état de guerre (...) et dans ceux qui ont ultérieurement aggravé les conséquences de la situation ainsi créée"
Remarquons que cette nouvelle juridiction ne fait pas l'unanimité parmi les magistrats. Qu'à cela ne tienne :

- 27 janvier 1941 : Acte constitutionnel n° 7 qui sera la pierre angulaire pour ouvrir le procès de Riom
Article premier.
Les secrétaires d'État, hauts dignitaires et hauts fonctionnaires de l'État prêtent serment devant le chef de l'État. Ils jurent fidélité à sa personne et s'engagent à exercer leur charge pour le bien de l'État, selon les lois de l'honneur et de la probité

(suite ici : http://mjp.univ-perp.fr/france/co1940.htm#7 )
La Justice fait allégeance à Pétain et se soumet à ses décisions. Il manque encore l'habituel paravent derrière lequel Pétain se dissimule pour porter sur d'autres les initiatives qui pourraient être lui être reprochées. C'est ainsi que :

- 29 septembre 1941 par décret (JO du 30 septembre 41) portant sur la :
Constitution d'un Conseil de Justice politique, chargé de donner son avis sur les questions que le chef de l'Etat jugera utile d'évoquer devant lui.

Nommés par qui ? Ayant jurés fidélité ?...
Comprenons que si une décision de justice tourne mal ce n'est pas la faute à Pétain mais à celle des membres de Conseil qui l'ont mal conseillé.

- 16 octobre 1941, Pétain disposant enfin des outils pour annoncer le procès s'adresse solennellement à la Nation (extraits) :
[...] En ce qui concerne M. Guy La Chambre et le contrôleur général Jacomet dont les responsabilités apparaissent moins graves, l'avis du Conseil a été différent. MM. Guy La Chambre ils restent internés à Bourrassol. [...] En ce qui concerne enfin M. Paul Reynaud er M. Georges Mandel [...], j'ai estimé, en m'appuyant sur l'avis de la majorité du Conseil de justice politique, que les graves présomptions qui pèsent sur eux justifiaient leur détention dans une enceinte fortifiée. [...] Un pays qui s'est senti trahi a droit à la vérité, à toute la vérité. [...] Je vous donne la certitude que vous avez été trahis, vous ne serez pas trompés.

A chacun d'apprécier !

Petite remarque pour terminer:
Le texte de de Frédéric Valloire paru dans Valeurs Actuelles du 17 mai 2012 - http://www.valeursactuelles.com/histoir ... 20517.html - ne fait pas allusion au rôle de l'occupant comme les suggestions d'Abetz transmise à Laval le 19 juillet 1940.
Laissons à François Delpla - qui écoutait aux portes de l'hôtel Majestic - le soin de nous informer.
Simple rappel ! Les Allemands souhaitaient le procès des responsables de la déclaration de guerre et plus particulièrement Reynaud et Mandel tandis que Vichy souhaitaient le procès des responsables (selon eux) de la débâcle de mai/juin 40.

Cordialement,
Francis.


 

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Re: 1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 29 Sep 2013, 17:49

Francis Deleu a écrit:
Petite remarque pour terminer:
Le texte de Frédéric Valloire paru dans Valeurs Actuelles du 17 mai 2012 - http://www.valeursactuelles.com/histoir ... 20517.html - ne fait pas allusion au rôle de l'occupant comme les suggestions d'Abetz transmise à Laval le 19 juillet 1940.
Laissons à François Delpla - qui écoutait aux portes de l'hôtel Majestic - le soin de nous informer.
Simple rappel ! Les Allemands souhaitaient le procès des responsables de la déclaration de guerre et plus particulièrement Reynaud et Mandel tandis que Vichy souhaitaient le procès des responsables (selon eux) de la débâcle de mai/juin 40.

Cordialement,
Francis.


Pourquoi cette pique contre François Delpla ?
Vous étiez à l'époque planqué dans les toilettes de l'Hôtel de Beauharnais et vous écoutiez les conversations d'Abetz ?
La dictature c'est "ferme ta gueule", et la démocratie c'est "cause toujours".
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Re: 1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Francis Deleu  Nouveau message 29 Sep 2013, 18:31

dynamo a écrit:
Francis Deleu a écrit:
Petite remarque pour terminer:
Le "copié/collé" de l'article de Frédéric Valloire paru dans Valeurs Actuelles du 17 mai 2012 - http://www.valeursactuelles.com/histoir ... 20517.html - ne fait pas allusion au rôle de l'occupant comme les suggestions d'Abetz transmise à Laval le 19 juillet 1940.
Laissons à François Delpla - qui écoutait aux portes de l'hôtel Majestic - le soin de nous informer.
Simple rappel ! Les Allemands souhaitaient le procès des responsables de la déclaration de guerre et plus particulièrement Reynaud et Mandel tandis que Vichy souhaitaient le procès des responsables (selon eux) de la débâcle de mai/juin 40.

Cordialement,
Francis.


Pourquoi cette pique contre François Delpla ?
Vous étiez à l'époque planqué dans les toilettes de l'Hôtel de Beauharnais et vous écoutiez les conversations d'Abetz ?

François Delpla a le sens de l'humour dont vous pourriez vous inspirer.


 

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Re: 1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 29 Sep 2013, 21:05

Merci pour votre avisé conseil.
J'y penserai.
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Re: 1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Jumbo  Nouveau message 29 Sep 2013, 21:16

Oui Patrick penses-y!
Quand Francis parle de François écoutant aux portes, çà c'est de l'humour, du vrai. Mais quand toi tu parles de Francis planqué dans les toilettes, alors là vraiment c'est pas drôle, pas drôle du tout. Donc écoute les conseils avisés de Francis ;)
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Re: 1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 29 Sep 2013, 21:32

Tu as raison.
Quand on a l'occasion de se former auprès d'un prince du gag, un maître de drôlerie, un champion de l'hilarité, on se tait et on écoute.
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Re: 1942 : Vichy, la débâcle d’un procès

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de norodom  Nouveau message 29 Sep 2013, 22:02

Bonsoir,

L'appréciation de Bruno et de Francis, m'est agréable... cependant je n'ai fait qu'ajouter un complément, en l'occurrence l'existence et le le rôle du Conseil de justice.

Je constate que cela n'a pas été vain, puisque s'ensuivent quelques éléments de réflexion...
Je crois avoir bien compris que Francis se pose la même question que moi sur le profil des personnages qui composaient ce Conseil. Donc, question en suspens ?

Sur la deuxième interrogation de Francis, si je l'ai bien comprise, partant des questions que "le chef de l'Etat jugera utile d'évoquer devant le Conseil".... un simple rappel :

Le Conseil de justice créé par le décret du 29 septembre 1941 ( publié au J.O. du 30 ), a pour but de rechercher les preuves des crimes ou délits et d'émettre un avis sur les sanctions à appliquer.
C'est donc sur cet avis que le chef de l'Etat s'appuie.

J'en viens au procès que j'avais dans mon message précédent, situé dans la deuxième partie du sujet.
Inutile de rappeler l'opinion bien répercutée que ce procès fut un four !
Ce qui est intéressant c'est d'en comprendre les raisons ?... elles sont multiples et pas simplement faciles à cerner !

En premier lieu, l'attitude des magistrats qui avant le procès n'y étaient pas tous favorables.
Ils se montrèrent, au cours des débats, assez conciliants avec les prévenus, les laissant s'exprimer largement. Le président et le procureur général respectèrent les formes.
Au point, que cette situation ne passant pas inaperçue, la presse collaborationniste se déchaîna et reprocha à la justice de "donner une tribune aux salauds au lieu de les abattre".

Dès le début du procès, le président Caous avait précisé que la Cour considérait les accusés comme de simples prévenus, allant même jusque à écarter leur responsabilité dans le déclenchement des hostilités... ce dernier point avait irrité les Allemands qui avaient espéré ce motif d'inculpation. A retenir, que les Allemands ont considéré l'évènement comme une affaire franco-française

Le président Caous avait affirmé vouloir présider une Cour où "le procès n'est pas et ne sera jamais un procès politique" en ne tenant compte que des griefs sur les carences militaires de la France, à défaut d'évoquer la conduite des opérations. Il accepta cependant d'inclure les avantages sociaux et toutes autres mesures, qui selon l'instruction, expliquaient les désastres de 1940, pour justifier l'inculpation de Léon Blum.
En sus, la mise en cause du Front populaire et du système parlementaire donnait au procès une tournure éminemment politique.

Et dans ce contexte il y eut la manière de réagir de la part des uns et des autres...
Gamelin s'était imposé le silence, Guy La Chambre et le contrôleur général Jacomet ne se montrèrent guère loquaces. Par contre Edouard Daladier et Léon Blum solidaires comme les doigts d'une main, firent le spectacle. Daladier tint des propos tonitruants à l'encontre de Pétain. A ce propos il faut préciser que le tribunal avait décidé de ne pas remonter au delà de 1936, couvrant ainsi Pétain sur sa mesure de réduction de 20 % du budget militaire en 1934.
Quant à Léon Blum, il ne se priva pas de vanter les bienfaits du Front populaire allant même jusqu'à prendre la défense les communistes engagés dans la Résistance.

Tout cela n'est qu'un aperçu, tant on pourrait en ajouter...

En conclusion Vichy se trouva dans l'embarras et pour sauver les apparences, le 15 avril 1942, Pétain mit à profit le rapport de Darlan et du garde des sceaux Barthélémy, pour décider par décret, une suspension des audiences, un renvoi du procès, concernant notamment la recherche des conditions du déclenchement de la guerre. Le 21 mai 1943, le procès était définitivement clos.

Cordialement,
Roger


 

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