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Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Tout ce qui concerne la période entre le 3 septembre 1939 et le 25 juin 1940 environ, comme par exemple:
L'offensive de la Sarre, la mobilisation, le Pied de Paix Renforcé, la B.E.F., la campagne de France, l'effondrement de la République et de l'Armée Française, l'exode ...
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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 141  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 13 Déc 2025, 09:23

Voici le début du journal de Halder :

18 février 1940
Conférence avec le Führer 12h00
Introduction :

Le texte concis de Halder ne permet pas de savoir qui présente à qui. On trouve cependant plusieurs indications dans les jours précédents :

  • 13 février : rien - Halder quitte le bureau l’après-midi pour se rendre au Kriegspiel de Mayen (cf. post 131 )
  • 14 février : rien - Halder est en déplacement
  • 15 février : rien
  • 16 février : von Greiffenberg : Operation, carte de situation
    Note à l'attention de l'ObdH :
    1) Rapport écrit sur la modification du plan de déploiement.
    Modification du déploiement des forces : questions posées par le Führer. Faire retourner le rapport.
  • 17 février : 2.) Rapport de 12h00 au Führer.
    Situation modifiée : blindés de la 18e armée – fermeture dans la journée[???]. – Opération « Sofortfall ». – Transfert du QG.
    Laisser le mémorandum tel quel : convoquer les commandants d’armée pour une réunion. Manœuvres sur cartes.
    Les divisions blindées doivent être réorganisées une fois de plus (mars).

Voici maintenant la longue partie du journal du 18 consacrée à la réunion avec Hitler :

Introduction : Le plan initial prévoyait une percée du front ennemi entre Liège et la ligne Maginot. L'inconvénient résidait dans le rétrécissement du front entre la « forteresse belge » et la ligne Maginot. Une extension de l'attaque au nord de Liège fut envisagée afin d'élargir le front. L'élément central de ce plan était de concentrer l'essentiel des forces au sud et d'utiliser Anvers, plutôt que Liège, comme pivot de la grande manœuvre de rotation.

Nous sommes désormais revenus au plan initial.

Discussion :

1. L'effet de surprise est désormais quasi assuré. Il a fallu dix à quatorze jours à l'ennemi pour apprendre certains de nos mouvements de regroupement, ce qui prouve que les premières fuites provenaient de Berlin. L'ennemi trouvera des moyens de surveiller plus étroitement la zone frontalière.


2. Offensive ennemie : Nous ignorons si
a) l'ennemi avancera automatiquement en réponse à notre franchissement de la frontière ;
b) si le haut commandement français donnera le signal de départ de l'offensive, qui a certainement été soigneusement préparée ; ou
c) si ce signal sera donné par le gouvernement français.
On peut supposer que les détails opérationnels de l'offensive ont été formulés et rédigés, mais que les commandants sur le terrain n'ont aucune marge de manœuvre. Il est fort probable que le haut commandement français ou le cabinet prenne la décision. Cela signifie que les Français perdront au moins 12 heures.
Certains pensent que le plan français consiste à ce que les Allemands épuisent leurs forces en Belgique, puis à les faire s'affronter de front au puissant front nord français.

La France dès le début.


3) Notre plan doit donc viser à contourner la ligne de fortifications du nord de la France dès le début. Cela implique :

4) L’arrivée la plus rapide possible de la 16e armée à la frontière sud du Luxembourg.
Équipes de combat avancées ! Éléments motorisés. Détachements de déminage. Avions larguant des mines, etc. Objectif : s’emparer au plus vite du terrain nécessaire à la défense et l’organiser pour une guerre défensive soutenue.
L’ennemi pourrait lancer une contre-attaque d’envergure dans ce secteur après trois à douze jours, protégé par son système de fortifications (camp de Châlons, etc.).
Il faudrait ainsi cinq ou six jours avant que le gros des troupes de la 16e armée n’arrive et prenne position, et que la phase critique soit franchie. La 16e armée serait alors placée sous le commandement du Groupe d’Armée C.
Le Groupe d’Armée C doit suivre de près cette opération entre-temps. Question des positions arrière. Question des renforts d’artillerie. Réseau de voies de ravitaillement (y compris les voies ferrées de campagne) et réseau de transmissions. Op Sec. avec Gen Qu, les chefs des transports et des transmissions. Réfléchir aux implications.


5. La 12ème Armée deviendra un prolongement offensif du front défensif.

6. La 4ème Armée est désormais prête à attaquer, tous ses effectifs concentrés vers l'ouest.
Cela ne suffira pas, d'autant plus qu'il est encore douteux que la 4ème Armée parvienne à percer le front de la Meuse.

7. Il nous faut une armée supplémentaire. Le maillon faible de toute l'opération est le moment où List est engagée avec l'ennemi et où les troupes ennemies atteignent la Meuse. Cette faiblesse ne peut être corrigée que :
a) en renforçant la ligne de front, ou
b) en disposant d'une armée supplémentaire prête à intervenir en cas de besoin.

8.) Répartition détaillée des blindés :
a) Il ne faut pas s'en tenir trop strictement à l'ordre de bataille. Former des commandements mixtes.
b) Les chars affectés à un secteur doivent être du type le mieux adapté aux missions spécifiques.
c) Hollande n'opposera à nos blindés que des défenses antichars (Boehler de 4,7 cm), et non des chars. Par conséquent, sur ce front, nous n'aurons besoin que d'environ 14 chars IV et 30 chars III, le reste étant des chars I et II, pour la défense antichar d'Anvers (18e armée).
d) En Belgique, il faut s'attendre à des chars ennemis au nord de la ligne Meuse-Sambre ; en conséquence, les affectations initiales restent inchangées. Les canons montés sur des canons automoteurs sont une arme efficace (6e armée).
e) En Belgique, au sud de la ligne Meuse-Sambre, nous n'aurons besoin que de quelques chars III et IV (7,5 cm), mais d'autant plus d'infanterie et de génie (4e armée). La majeure partie des chars IV et III, ainsi que quelques chars II, devraient être affectés au Groupe d'assaut (12e armée). Ce dernier comprend des unités antichars, de l'infanterie lourde, de l'artillerie motorisée, etc.


9) Évaluation générale des types de chars.
Le char I ne peut être employé que contre un ennemi faible et démoralisé.
Le char II est légèrement plus puissant ; il est peu efficace contre les chars ennemis.
Le char III est efficace contre les chars ennemis. Il est relativement inefficace contre l'infanterie (char tchèque III).
Le char IV est efficace contre les chars ennemis. Il est également performant contre l'infanterie ennemie.
Les 6e et 8e divisions blindées, qui possèdent des chars tchèques, sont considérées comme remarquables.


10. Tirs à trajectoire tendue les plus intenses.

a) Contre les forts d'Aix-la-Chapelle, les canons ferroviaires plus anciens feront l'affaire.
b) Canon K 5 et bon canon de 28 cm à acheminer au plus tôt pour le groupe d'assaut ou le groupe de défense
au Luxembourg.
c) Canons de 38 cm et de 40,6 cm : quand seront-ils disponibles ?
d) Nouveaux canons navals ? Emplacements ? L'OKW souhaite nous en informer.


La fin du journal concerne le plan d'action (points à traiter) à l'issue de la réunion.

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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 142  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 13 Déc 2025, 10:57

Pour conclure, mon avis est que la présentation du 18 février est faite par l'OKH à Hitler, en réponse à la demande du 13, et que l'entretien du 17 avec Manstein y est étranger.

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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 143  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 13 Déc 2025, 16:26

Bonjour

Je viens de faire le tour des 15 pages de la discussion que tu avais initiée et, sauf erreur de ma part, il n'y figure, pour l'instant, aucun organigramme. Vu le nombre d'intervenants et l'existence de structures hiérarchiques distinctes et (souvent) un poil compliquées, je vais tenter d'en établir un...

En 1939-1940, on a ...
Adolf Hitler, Oberbefehlshaber der Wehrmacht, "officiellement" commandant en chef de l'Armée allemande, toutes branches confondues (Heer, Luftwaffe, Kriegsmarine). Dans son entourage proche, on trouve Rudolf Schmund, promu Oberst (colonel), début août 1939, qui , alors, assume la fonction de Chefadjutant des Heeres beim Führer und Oberbefehlshaber der Wehrmacht, que tu as traduit par "[i]chef des aides de camp du Führer[/i]" (post N°137), ce qui n'est pas faux sur le plan hiérarchique, mais qui était avant tout le "représentant spécialisé" de la Heer (Armée de Terre) auprès du Führer.

Suivent deux structures de commandement...

L'OKW, Oberkommando der Wehrmacht, qui était censé avoir autorité sur les états-majors des trois Armes; en notant, au passage, qu'à dater de début 1941, l'OKW et l'OKH avaient été amenés se répartir les tâches, le Front Est étant placé sous l'autorité de l'OKH, les autres théâtres d'opération sous celle de l'OKW. Pour mémoire, par exemple, l'opération Weserübung (invasion du Danemark et de la Norvège, en avril 1940) avait été établie par l'OKW.

A la tête de l'OKW, on avait le Generaloberst Keitel, avec, comme Chef des Opérations (Chef des Wehrmachtsführungsamtes) , le Generalmajor Jodl, qui avait, entre autres, comme adjoint, Warlimont, alors Oberst (colonel); ce dernier, qui était très loin d'être une "truffe", mais qui n'était pas certifié "officier breveté d'état-major" avait eu droit à un circuit un poil compliqué pour y parvenir (!).

Maintenant, passons à l'OKH (Oberkommando des Heeres), le haut état-major de l'Armée de Terre qui, hiérarchiquement et sur le plan décisionnaire, restait, alors, "subordonné" à l'OKW et AH... même si "Fall Gelb était une opération majoritairement terrestre (avec l'appui indispensable de la Luftwaffe), dont la mise au point relevait, donc, de son autorité. :mrgreen:

A la tête de l'OKH, on trouve...

Le Generaloberst von Brauchitsch, chef de l'Armée de Terre (Heer), avec, successivement, comme chef d'état-major, Halder (General der Artillerie) - qui était un grade dans l'armée allemande équivalent à celui de général de corps d'armée -, en tant que Chef des Opérations, von Stülpnagel, General der Infanterie (spécialisé dans l'Intendance!) qui, lui-même, avait comme adjoint, l'Oberst von Greiffenberg.

Maintenant, passons aux états-majors de terrain :D ...

Pour la Heeresgruppe A, on a...

Le Generaloberst von Runstedt, en tant que commandant en chef (Oberbefehlshaber) avec, jusqu'au 9 février 1940, le Generalleutnant von Manstein comme chef d'état-major, puis à dater du 9 février, le Generalleutnant von Sodenstern, l'Oberst Blumentritt étant chef du service opérations (Ia).

Le Generaloberst List et le General der Infanterie Busch étant respectivement Kommandeurs des 12. et 16. Armee, tandis que Guderian, promu General der Schnelletruppen, est à la tête du XIX. Panzerkorps et von Wietersheim, General der Infanterie, du XIV Korps (mot.).

Pour mémoire, le Generaloberst von Beck commande, alors, le Heeresgruppe B et le Generaloberst Ritter von Leeb, le Heeresgruppe C.

Au final, si on regarde bien, on avait à faire à une structure hiérarchique assez compliquée, avec, à tous les niveaux de responsabilité, un gros paquet d'étoilés et de galonnés supérieurs aux "dents longues", bien souvent peu enclins à se laisser marcher sur les pieds! :mrgreen: NOTA : il devait surement exister une situation très similaire dans l'Armée Française, mais, là, n'est pas le sujet. :D

Comme bien souvent dans la hiérarchie militaire, à grade équivalent, la primauté revenait à l'ancienneté dans le grade, sachant que cette dernière pouvait souvent être, elle-même, le résultat d'être +/- bien "en cours" auprès des "décideurs". On rajoute, à tout çà, les "vieilles antipathies" personnelles, comme celle qui régnait, par exemple, entre Halder et Manstein, et on a une petite idée des "crocs-en-jambes" qui se déroulaient dans les antichambres du pouvoir ! :mrgreen:

Il est probable - mais çà n'engage que moi! - que Keitel et Jodl, à l'OKW, durant les préparatifs de "Fall Gelb", s'étaient longtemps contentés de "compter les points", en observant la lutte intestine qui se déroulait, alors, au sein de l'OKH, tandis que, depuis la fin l'automne 39, ils connaissaient déjà les "intentions générales" du Führer... qui avait fini par avoir le "dernier mot". ::pipo::

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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 144  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 14 Déc 2025, 21:40

Loïc Charpentier a écrit:Bonjour
Je viens de faire le tour des 15 pages de la discussion que tu avais initiée et, sauf erreur de ma part, il n'y figure, pour l'instant, aucun organigramme. Vu le nombre d'intervenants et l'existence de structures hiérarchiques distinctes et (souvent) un poil compliquées, je vais tenter d'en établir un...

Bonsoir Loïc,
C'est une très bonne idée en effet. J'ajoute un lien vers une page web qui m'avait semblé intéressante et que j'avais gardée sous le coude. Je ne peux pas, cependant, me prononcer sur la valeur du contenu :
https://benoitrondeau.com/le-haut-commandement-de-larmee-allemande-okw-okh/

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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 145  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 15 Déc 2025, 09:07

Bonne pêche! ::super::

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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 146  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 15 Déc 2025, 15:04

J’ai trouvé aussi chez Philippe Richardot - Hitler, ses généraux et ses armées - des informations intéressantes sur la structure du commandement.

Voici tout d’abord un organigramme qui montre la structure générale telle qu’elle est dans les faits :
Image

Hitler est Führer und Oberbefehlshaber der Wehrmacht (j'ai lu aussi parfois : Oberster befehlshaber). À ce titre, il est le chef de la structure composée des trois branches: Kriegsmarine, Heer et Luftwaffe. Chaque branche a à sa tête un Oberkommando : OKM, OKH, OKL.

Hitler dispose de deux états-majors : un état-major civil (Borman, Hess, …) et un état-major militaire appelé Oberkommando der Werhmacht (OKW). La « structure » OKW ne dirige pas réellement les trois branches, c’est Hitler qui les dirige, mais l’OKW leur transmet les « consignes » venues d’en haut. C’est finalement identique au fonctionnement des entreprises privées ou de l’administration où, dans les faits, un secrétariat relaie les décisions du « grand chef ».

Dans la période qui nous intéresse dans le cadre du Plan Jaune, comme indiqué par Loïc au post précédent, l’OKW dirige directement l’opération combinée Weserübung qui vise le Danemark et la Norvège. Plus tard, l’OKH dirigera les opérations à l’Est et l’OKW les opérations dans les autres secteurs.

L’OKW en tant que structure est dirigée par le général Keitel qui est le commandant en chef délégué des forces armées. Le général Jodl est responsable des opérations et dirige l’état-major de la Wehrmacht (Wehrmachtführungstab).

Il existe également une petite structure que je n’ai pas portée sur l’organigramme : l’Adjudantur des Führer qui est un état-major particulier de la Chancellerie du Reich (Hitler étant Führer et Chancelier du Reich). On y trouve le colonel Schmundt, aide de camp principal du Führer et un attaché de chacune des trois branches armées.

Dans les Oberkommando de chacune des trois branches, on trouve :
  • un commandant en chef (Oberbefehlshaber),
  • un chef d’état-major,
  • un chef des opérations
Les décisions sont prises lors des conférences quotidiennes mixtes : OKW et OKH essentiellement, parfois avec les deux autres branches. Les ordres et directives sont ensuite transmis aux branches concernées par l’OKW.

D’après le journal de Halder, il y a des contacts directs entre les trois branches, parfois des visites d’officiers dans les bureaux, mais les décisions sont prises au sommet. Et comme dans les organismes aujourd'hui, le copinage et les affinités permettent de régler certains petits problèmes. Pendant mon activité je travaillais parfois chez les clients de mon entreprise, et un chef de service d'un client m'avait dit un jour qu'il regrettait de ne plus être au Siège, les rencontre inopinées aux toilettes permettant de régler facilement certains dossiers.

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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 147  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 15 Déc 2025, 17:14

Dans les Oberkommando de chacune des trois branches, on trouve :

un commandant en chef (Oberbefehlshaber),
un chef d’état-major,
un chef des opérations


On retrouve un hiérarchie fonctionnelle similaire au niveau divisionnaire, où l'Ia, chef opérations, faisait, lui-même, souvent office d'Adjudant (commandant en second de la division ou de la brigade) - Roger me corrigera au besoin! ;) -.

Dans l'ordre des fonctions divisionnaires, de corps d'armée, etc., on avait également et successivement ..;
l'Ib, en charge de l'intendance générale, des approvisionnements et de la sécurité générale de la formation, avec, lui-même, des services subordonnés spécialisés.
L'Ic, en gros, chargé de l'expertise et du renseignement "terrain" à propos de l'adversaire.
l'Id, responsable de l'entrainement régulier et du bon fonctionnement de la formation, qui constituait en quelque sorte un "DRH" militaire. :D

Les autres différents services divisionnaires, de corps d'armée, d'armée et de groupes d'armées, étaient identifiés de IIa à VII. ::mal-a-la-tete::

D’après le journal de Halder, il y a des contacts directs entre les trois branches, parfois des visites d’officiers dans les bureaux, mais les décisions sont prises au sommet.


C'est pas faux, néanmoins, perso, j'aurais tendance à me méfier d'Halder et de ses propres écrits. Il avait beau avoir été promu et décoré après le Westfeldzug, il semble qu'il n'avait jamais vraiment digéré de voir son plan d'attaque initial, établi à l'automne 1939, être mis au "rencart".

En plus, comme bien d'autres hauts gradés, il supportait très difficilement les interventions de AH dans les décisions militaires tactiques, d'autant que, de ce que j'ai cru comprendre, ses propres relations "professionnelles" avec le Führer s'étaient avérées être souvent compliquées. A sa décharge, on pourrait dire qu'il n'était pas un "homme de cour", mais, que, pour autant, il n'avait rien fait pour améliorer sa situation! :mrgreen:

On va prendre un exemple, celui de Guderian, remercié comme une "grosse m...", fin 1941,mais qui revient bien en cour, fin 1942-début 1943, au point de se voir attribuer, en février 1943, la fonction, créée sur mesures, de General Inspekteur der Panzertruppen - domaine où il s'était avéré être des plus compétents! - et de se retrouver, ainsi, au même niveau décisionnaire que les plus hautes autorités de la Heer, la Luftwaffe et la Kriegsmarine! Rien de tel avec Halder, remercié définitivement et mis à la retraite d'office en 1942! :mrgreen:

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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 148  Nouveau message de RoCo  Nouveau message 15 Déc 2025, 18:53

Bonsoir Loïc,

Loïc Charpentier a écrit:On retrouve un hiérarchie fonctionnelle similaire au niveau divisionnaire, où l'Ia, chef opérations, faisait, lui-même, souvent office d'Adjudant (commandant en second de la division ou de la brigade)

Dans l'ordre des fonctions divisionnaires, de corps d'armée, etc., on avait également et successivement ..;
l'Ib, en charge de l'intendance générale, des approvisionnements et de la sécurité générale de la formation, avec, lui-même, des services subordonnés spécialisés.
L'Ic, en gros, chargé de l'expertise et du renseignement "terrain" à propos de l'adversaire.
l'Id, responsable de l'entrainement régulier et du bon fonctionnement de la formation, qui constituait en quelque sorte un "DRH" militaire. :D

Les autres différents services divisionnaires, de corps d'armée, d'armée et de groupes d'armées, étaient identifiés de IIa à VII. ::mal-a-la-tete::



Trop facile :mrgreen:
Au niveau divisionnaire, le commandant en second de la division est le Ia (1.Generalstabsoffizier). Mais ce n'est pas lui qui est l'adjudant de la division, mais c'est le IIa.....
(2.Generalstabsoffizier) et qui fait partie de l'Adjudantur de la division (IIa,IIb et III)

Par contre , brigade et bataillon : le commandant en second est appelé adjudant

Corps, armées, groupes d'armées : il y a encore le "Chef des Generalstabs" (chef d'Etat-Major - comme l'était Manstein pour la Hgr A) qui vient s'intercaler
entre le Commandant et le Ia 1. Generalstabsoffizier

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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 149  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 16 Déc 2025, 08:33

::Merci:: , Roger ::super::
En plus, je l'avais sous le nez, dans le Tessin... IIa, 1. Adjudant (personnel officiers) IIb, 2. Adjudant (sous-officiers, troupe)! ::fessée::
Par contre je ne savais pas que l'III (justice) faisait partie de l'Adjudantur, mais c'est logique.

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Re: Plan jaune (Fall Gelb) - le « making of »

Nouveau message Post Numéro: 150  Nouveau message de alain adam  Nouveau message 16 Déc 2025, 13:59

bernard-1954 a écrit:
Dog Red a écrit:
alain adam a écrit:Et selon mes calculs basés uniquement sur le matériel et les effectifs , je suis tombé sur début avril 1940...


Penses-tu que l'invasion de la Norvège a empêché une attaque à ce moment "optimal" ?


Koeltz consacre trois sous-chapitres à l’opération de Norvège. Il indique que tout le monde s’attendait à un déclenchement de Fall Gelb vers le 10 mars, une fois le nouveau dispositif en place (ceci est un peu en avance par rapport à mes posts) mais que, à la fin février, Hitler s’en désintéresse au profit de l’opération en Norvège (dont l'étude se fait sans l’OKH).

Fin février, Hitler décide que le séquencement des opérations sera Gelb puis Weserübung. Puis il hésite et, le 3 mars, choisit l’inverse : Weserübung puis Gelb.

Le 12 mars, Hitler décide que l’opération de Norvège sera déclenchée le 20 mars, mais il va temporiser jusqu’au 2 avril (pour un démarrage le 9). Gelb aurait dû démarrer le 13 ou le 14 mais les mauvaises nouvelles de Norvège l’empêchent.

Tout s’améliore à partir du 24 avril et le 27 Hitler pense déclencher l’offensive à l’ouest entre le premier et le 7 mai.

Jusqu’au 30 avril il y a encore quelques rebondissements et c’est le premier mai que Hitler déclare que Gelb pourra démarrer à partir du 4 mai, sur préavis de 24 heures.


Je rajoute quelques éléments supplémentaires, a titre informatif et sans vouloir dévier du sujet principal.
Le déclenchement terrestre de Weserübung s'effectue le 9 avril, les alliés vont à leur tour débarquer le 14 avril.
En fait, leur force expéditionnaire était prete car elle était prévue initialement pour la guerre d'hiver opposant la Russie et la Finlande. Une intervention en Norvege (Narvik ) devait se rendre en Finlande, via la Suede pour apporter leur aide face aux Russes ( mais un traité de paix signé le 13 mars empechera toute intervention).
Cela explique le court délai de réaction des troupes anglo-franco-polonaises qui sont intervenues, et qui étaient pretes pour des conditions climatiques difficiles.
Sans une attaque à l'ouest, le corps expéditionnaire débarqué en Norvege aurait été renforcé par d'autres unités déjà prévues ( deux divisions legeres attendaient coté français - 2e DLCh et 3e DLI, et il devait y avoir d'autres forces prévues coté anglais).

Alain
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