18 février 1940
Conférence avec le Führer 12h00
Introduction :
Le texte concis de Halder ne permet pas de savoir qui présente à qui. On trouve cependant plusieurs indications dans les jours précédents :
- 13 février : rien - Halder quitte le bureau l’après-midi pour se rendre au Kriegspiel de Mayen (cf. post 131 )
- 14 février : rien - Halder est en déplacement
- 15 février : rien
- 16 février : von Greiffenberg : Operation, carte de situation
Note à l'attention de l'ObdH :
1) Rapport écrit sur la modification du plan de déploiement.
Modification du déploiement des forces : questions posées par le Führer. Faire retourner le rapport. - 17 février : 2.) Rapport de 12h00 au Führer.
Situation modifiée : blindés de la 18e armée – fermeture dans la journée[???]. – Opération « Sofortfall ». – Transfert du QG.
Laisser le mémorandum tel quel : convoquer les commandants d’armée pour une réunion. Manœuvres sur cartes.
Les divisions blindées doivent être réorganisées une fois de plus (mars).
Voici maintenant la longue partie du journal du 18 consacrée à la réunion avec Hitler :
Introduction : Le plan initial prévoyait une percée du front ennemi entre Liège et la ligne Maginot. L'inconvénient résidait dans le rétrécissement du front entre la « forteresse belge » et la ligne Maginot. Une extension de l'attaque au nord de Liège fut envisagée afin d'élargir le front. L'élément central de ce plan était de concentrer l'essentiel des forces au sud et d'utiliser Anvers, plutôt que Liège, comme pivot de la grande manœuvre de rotation.
Nous sommes désormais revenus au plan initial.
Discussion :
1. L'effet de surprise est désormais quasi assuré. Il a fallu dix à quatorze jours à l'ennemi pour apprendre certains de nos mouvements de regroupement, ce qui prouve que les premières fuites provenaient de Berlin. L'ennemi trouvera des moyens de surveiller plus étroitement la zone frontalière.
2. Offensive ennemie : Nous ignorons si
a) l'ennemi avancera automatiquement en réponse à notre franchissement de la frontière ;
b) si le haut commandement français donnera le signal de départ de l'offensive, qui a certainement été soigneusement préparée ; ou
c) si ce signal sera donné par le gouvernement français.
On peut supposer que les détails opérationnels de l'offensive ont été formulés et rédigés, mais que les commandants sur le terrain n'ont aucune marge de manœuvre. Il est fort probable que le haut commandement français ou le cabinet prenne la décision. Cela signifie que les Français perdront au moins 12 heures.
Certains pensent que le plan français consiste à ce que les Allemands épuisent leurs forces en Belgique, puis à les faire s'affronter de front au puissant front nord français.
La France dès le début.
3) Notre plan doit donc viser à contourner la ligne de fortifications du nord de la France dès le début. Cela implique :
4) L’arrivée la plus rapide possible de la 16e armée à la frontière sud du Luxembourg.
Équipes de combat avancées ! Éléments motorisés. Détachements de déminage. Avions larguant des mines, etc. Objectif : s’emparer au plus vite du terrain nécessaire à la défense et l’organiser pour une guerre défensive soutenue.
L’ennemi pourrait lancer une contre-attaque d’envergure dans ce secteur après trois à douze jours, protégé par son système de fortifications (camp de Châlons, etc.).
Il faudrait ainsi cinq ou six jours avant que le gros des troupes de la 16e armée n’arrive et prenne position, et que la phase critique soit franchie. La 16e armée serait alors placée sous le commandement du Groupe d’Armée C.
Le Groupe d’Armée C doit suivre de près cette opération entre-temps. Question des positions arrière. Question des renforts d’artillerie. Réseau de voies de ravitaillement (y compris les voies ferrées de campagne) et réseau de transmissions. Op Sec. avec Gen Qu, les chefs des transports et des transmissions. Réfléchir aux implications.
5. La 12ème Armée deviendra un prolongement offensif du front défensif.
6. La 4ème Armée est désormais prête à attaquer, tous ses effectifs concentrés vers l'ouest.
Cela ne suffira pas, d'autant plus qu'il est encore douteux que la 4ème Armée parvienne à percer le front de la Meuse.
7. Il nous faut une armée supplémentaire. Le maillon faible de toute l'opération est le moment où List est engagée avec l'ennemi et où les troupes ennemies atteignent la Meuse. Cette faiblesse ne peut être corrigée que :
a) en renforçant la ligne de front, ou
b) en disposant d'une armée supplémentaire prête à intervenir en cas de besoin.
8.) Répartition détaillée des blindés :
a) Il ne faut pas s'en tenir trop strictement à l'ordre de bataille. Former des commandements mixtes.
b) Les chars affectés à un secteur doivent être du type le mieux adapté aux missions spécifiques.
c) Hollande n'opposera à nos blindés que des défenses antichars (Boehler de 4,7 cm), et non des chars. Par conséquent, sur ce front, nous n'aurons besoin que d'environ 14 chars IV et 30 chars III, le reste étant des chars I et II, pour la défense antichar d'Anvers (18e armée).
d) En Belgique, il faut s'attendre à des chars ennemis au nord de la ligne Meuse-Sambre ; en conséquence, les affectations initiales restent inchangées. Les canons montés sur des canons automoteurs sont une arme efficace (6e armée).
e) En Belgique, au sud de la ligne Meuse-Sambre, nous n'aurons besoin que de quelques chars III et IV (7,5 cm), mais d'autant plus d'infanterie et de génie (4e armée). La majeure partie des chars IV et III, ainsi que quelques chars II, devraient être affectés au Groupe d'assaut (12e armée). Ce dernier comprend des unités antichars, de l'infanterie lourde, de l'artillerie motorisée, etc.
9) Évaluation générale des types de chars.
Le char I ne peut être employé que contre un ennemi faible et démoralisé.
Le char II est légèrement plus puissant ; il est peu efficace contre les chars ennemis.
Le char III est efficace contre les chars ennemis. Il est relativement inefficace contre l'infanterie (char tchèque III).
Le char IV est efficace contre les chars ennemis. Il est également performant contre l'infanterie ennemie.
Les 6e et 8e divisions blindées, qui possèdent des chars tchèques, sont considérées comme remarquables.
10. Tirs à trajectoire tendue les plus intenses.
a) Contre les forts d'Aix-la-Chapelle, les canons ferroviaires plus anciens feront l'affaire.
b) Canon K 5 et bon canon de 28 cm à acheminer au plus tôt pour le groupe d'assaut ou le groupe de défense
au Luxembourg.
c) Canons de 38 cm et de 40,6 cm : quand seront-ils disponibles ?
d) Nouveaux canons navals ? Emplacements ? L'OKW souhaite nous en informer.
La fin du journal concerne le plan d'action (points à traiter) à l'issue de la réunion.

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