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Parcours d'un soldat allemand pendant la seconde guerre mondiale.

Retrouvez ici toutes les histoires vécues et les récits de guerre. Déposez ici les témoignages en votre possession sur la vie pendant le conflit. C'est un pan important du devoir de mémoire cher à notre forum.
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Re: Parcours d'un soldat allemand pendant la seconde guerre mondiale.

Nouveau message Post Numéro: 31  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 08 Juil 2019, 12:04

Aldebert a écrit:A l’Est le 4 octobre 1942
Son unité protège avant tout les aérodromes surtout contre les infiltrations de l’ennemi. Elle campe sous des tentes. Les journées sont encore chaudes les nuits glaciales. Il pense que Stalingrad tombera aux mains des Allemands dans 4 à 5 semaines ainsi ils pourront bénéficier d’abris dans des bâtiments.

A l’Est le 31 mars 1943
Il s’excuse de n’avoir pas écrit depuis si longtemps (depuis le 4 octobre). Il invoque certaines circonstances, sans les citer, que son frère ne doit pas ignorer. Il est pour l’instant « hors poussière » trois jours de repos, repas spécial amélioré en reconnaissance du service difficile qu’ils ont rendu.


Le gars a été verni...
Ce qui n'en rend que plus poignante sa fin dans l'enfer des haies. :(
« Les gens pensaient que je portais mes grenades telles une posture d’acteur. Ce n’était pas correct. Elles étaient purement utilitaires. Plus d’une fois en Europe et Corée, des hommes en difficulté trouvèrent le salut à coups de grenades »

General Matthew B. RIDGWAY, XVIII US Airborne Corps Commander, Ardennes 1944

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Re: Parcours d'un soldat allemand pendant la seconde guerre mondiale.

Nouveau message Post Numéro: 32  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 08 Juil 2019, 14:09

Je ne suis pas certain que "l'enfer des haies" était très supérieur aux conditions de combat endurées sur la ligne de front, à l'Est, sauf que le "témoin" n'y avait pas été, lui-même, sérieusement engagé. Si l'aviation russe n'avait, effectivement, pas une action aussi prépondérante et aussi intense que celle des alliés en Normandie, l'artillerie de l'Armée Rouge, elle, était omniprésente.
Le secteur de Saint-Lô était "à l'abri" des pièces de marine, alors que dans le secteur de Caen, leurs tirs de gros calibres venaient s'ajouter à la pluie de projectiles, par contre, tous les témoignages confirment que le séjour sur le front de Normandie était "malsain".

Les témoignages allemands confirment que l'activité "principale" consistait, alors, à se terrer au fond des caves des fermes normandes et y jouer aux cartes en espérant un bref répit dans le déluge de pélots, pour aller pisser ou poser culotte! Sauf que ces "répits" correspondaient, souvent, à des attaques terrestres alliées et que bon nombre de troufions allemands s'étaient retrouvés les "fesses à l'air", cernés par l'infanterie ennemie! C'était arrivé à un ami, sorti pour pisser, qui passera les deux années suivantes dans un camp de prisonniers, au Texas!

Le même m'avait raconté une anecdote. Les survivants de sa compagnie, dont lui, avaient eu droit, peu avant, à une distribution de Croix de Fer de 2ème classe, l'officier d'état-major chargé de les remettre avait tout juste trouvé le temps, entre deux rafales de pélots alliés, de descendre de sa Kubel pour leur serrer la paluche et leur filer la breloque - que tous les récipiendaires - des Waffen-SS (!) -, s'étaient empressés de fourrer dans une poche de leur tenue, avant de foncer vers l'abri de leur cave, largement dotée en calva et en cidre (boisson fortement déconseillée pour ses effets sur le transit intestinal! :rire: ).

Même les missions de reconnaissance étaient compliquées!
Quelques jours plus tard, débarque un officier subalterne SS, avec un superbe palmarès de planqué, qui n'avait jamais foutu les pieds à moins de 1000 bornes de la moindre ligne de front. A peine arrivé, il traite les débris de la compagnie - ils étaient, encore, entre 30 et 40 pinpins! - comme d'infâmes "sous-merdes", couardes & lâches!... Vous allez voir, avec moi, çà va changer! ... Allez, hop, mission de reconnaissance, vite fait, en première ligne (dans le bocage)! ... Euh, Herr Leutnant, ce n'est pas pour vous décourager, mais çà pète grave dès qu'on s'approche un peu trop! ... Nouvelle rafale de qualificatifs dévalorisants, menaces de falot (Conseil de guerre) et les gars, résignés, s'équipent et partent en expédition! Arrivés près de la zone "chaude", ils réitèrent leurs conseils de prudence, se font, encore, une fois, insulter par leur nouveau supérieur, qui, dès lors, prend la tête de la "colonne" pour leur montrer comment se conçoit le "courage", qualité militaire essentielle! Cà n'avait pas raté, l'imbécile inexpérimenté, parvenu, en rampant en haut d'une petite élévation, s'était pris une rafale de mitrailleuse, qui lui avait découpé la nuque de son casque, sa vareuse, son ceinturon et son fute, quasiment selon l'axe des coutures! Fin de la mission de reconnaissance, retour de l'officier, brutalement silencieux, tenant, piteusement, à deux mains ses deux morceaux de bénard, avec des blessures physiques légères mais une très grosse blessure morale ! Ils ne le reverront plus jamais! :D

On leur avait, aussi, expédié une petite troupe de jeunes Hitlerjugend, de 14-15 ans d'âge, qui, en guise de récompense, avaient décroché l'honneur de "vivre", quelques heures, comme les "fiers" combattants du front. La séance "d'immersion" avait très vite virée, pour les pôvres gamins impréparés, à la panique générale, à la crise de nerfs collective, au mouillage de culotte , à la chiasse incontrôlable, avant qu'on ne vienne les récupérer, pour les rapatrier, dans l'urgence, vers la gare la plus proche, à destination de l'Allemagne!

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Re: Parcours d'un soldat allemand pendant la seconde guerre mondiale.

Nouveau message Post Numéro: 33  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 08 Juil 2019, 14:34

La grande gueule a eu une chance démoniaque en la circonstance...
« Les gens pensaient que je portais mes grenades telles une posture d’acteur. Ce n’était pas correct. Elles étaient purement utilitaires. Plus d’une fois en Europe et Corée, des hommes en difficulté trouvèrent le salut à coups de grenades »

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Re: Parcours d'un soldat allemand pendant la seconde guerre mondiale.

Nouveau message Post Numéro: 34  Nouveau message de Aldebert  Nouveau message 27 Juil 2019, 12:34

Bonjour,

Lorsque j’ai ouvert le sujet « Parcours d’un soldat allemand pendant la seconde guerre mondiale», le 18 février 2012, j’ai omis d’une façon tout à fait regrettable de faire paraître un paragraphe que Josef Schnabel avait placé en épilogue de son si intéressant récit.

Josef Schnabel est décédé le 25 janvier 2019, j’avais signalé sa disparition sur le Forum. Je lui dois aujourd’hui de compléter l’ensemble de ses souvenirs qu’il a bien voulu nous confier. Qu'il repose en paix.

Je remercie Roger (RoCo) d’avoir assuré une excellente traduction.

"Rétrospective et pensées du point de vue actuel

Sur la base de mes expériences des dernières années, j’aimerais tout de même faire un saut de 53 ans dans le passé, pour relativiser mes relations personnelles avec les Français et de cette façon arriver à une fin conciliante.

Après le temps difficile de la captivité, je ne pensais pas un jour retourner en France. Mais en juillet 64, je me suis décidé de visiter la tombe de mon frère Willibald au cimetière de La Cambe (21222 soldats y sont enterrés, parmi eux tellement de jeunes), car aucun autre membrede ma famille n'avait pu s'y rendre avant . Je suis parti de Trêves en train jusque Bayeux, en passant par Paris. Puis j'ai continué en autobus jusque La Cambe. Après un séjour de 4 jours sur place, je suis rentré.

A partir des années 70, une fois que j'avais ma propre voiture, j'ai visité le cimetière à plusieurs reprises . Une ou deux fois, je suis passé par Grainville, là où sont morts beaucoup de mes camarades. Je voulais aussi visiter leurs tombes à Fécamp, mais leurs corps avaient été transférés vers l’un des grands cimetières militaires de Normandie. En 1999, avec mon ami Eduard Hofman de Grosskrotzenburg, j'ai visité pour la dernière fois Fécamp, Yport et surtout Grainval, ainsi que le cimetière de La Cambe. Retournerais-je un jour là-bas ?

J’ai été six fois jusque Lourdes, dans les Pyrénées, en voiture (par la suite, j’y suis encore retourné six fois en autocar) chaque fois en prenant des routes différentes. J'ai également entrepris des voyages dans d'autres régions.C’est ainsi que j’ai appris à connaître la France et ses belles régions aux paysages variés.
Grâce à mes connaissances de la langue française, que j’avais améliorées en autodidacte ainsi que par des cours donnés par mon entreprise, j’ai pu avoir de nombreux contacts avec les Français et ainsi apprendre que les relations entre les deux pays avaient bien changées et s’étaient améliorées.
En tant que conducteur d'automobile, j'ai reçu beaucoup d'aide, tel que cela n'aurait pas été possible en Allemagne . De même, j'ai pu aider d'autres voyageurs et des chauffeurs de bus. Cela m'a toujours fait plaisir .

En 1997, à l'occasion des 25 ans du jumelage de Steinheim avec Francheville près de Lyon, j'ai été logé par les Jarrijou, avec lesquels j'ai encore aujourd'hui des contacts par correspondance et qui me font sentir, que je fais presque partie de la famille. Le programme des festivités était impressionnant. Cinq autobus de 200 personnes amenaient les voyageurs et ceux-ci ont pu être logés chez des privés dans cette ville de 10400 habitants.

En 1999, j'ai pu accompagner des habitants de Grosskrotzenburg lors d'un voyage vers la ville jumelée d'Achères près de Paris (deux autocars). Là aussi, le programme des festivités était très intéressant. J'avais logé chez François et Paola Bocholt, qui viennent encore de m'écrire, que je peux revenir à tout moment et que leur porte me sera toujours ouverte. Le premier soir, de jeunes
musiciens des deux villes donnaient un concert en commun et je me suis dit : « Jadis, nous nous sommes battus l'un contre l'autre, aujourd'hui, les jeunes font de la musique ensemble. »
A mon avis, ces jumelages ont beaucoup contribué à une meilleure compréhension mutuelle. Qui aurait pu croire dans le passé, qu'un jour, les deux « ennemis héréditaires », comme nous et probablement aussi les écoliers Français ont dû l'apprendre, se voient d'une façon
tellement différente : d'un côté comme de l'autre, des hommes avec leurs joies et leurs peines.
Que cette bonne entente ait pu se développer, que des amitiés aient pu se nouer, que l 'économie des deux pays soit tellement liée, c'est le mérite d'hommes qui ont eu le courage de sortir du cycle infernal. Contrairement à ce qui s'était passé après la Première Guerre Mondiale, lorsque le traité de Versailles a posé la graine d'une future guerre et a préparé le terrain pour Hitler. Après la seconde Guerre Mondiale on a misé, contraint et favorisé par la situation mondiale, sur une compréhension mutuelle. Les tensions et les différends entre les puissances vainqueurs, ont mené à la « Guerre Froide » . L'Allemagne Fédérale a été intégrée à l'ouest, L'Allemagne de l'Est est restée sous domination Russe . L'Allemagne a été séparée et le« Rideau de fer » a été construit .

Ce qui avait été initié par Schuman, De Gasperi, Adenauer et De Gaule a été consolidé au fil du temps. 60 ans de paix à eux seules, valent tous ces efforts. Lorsque l'on traverse la France et principalement le Nord et la Normandie et que l'on voit le long des routes ces nombreux cimetières avec les centaines de milliers de morts de deux guerres, on doit se dire et espérer que leurs sacrifices n'ont pas été vains. Ils nous rappellent avec insistance de garder la paix. « Plus jamais la guerre », plus jamais de captivité, cela doit être le but de nos efforts et notre souci continuel.»

Josef Schnabel


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