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Caen revit son quotidien sous les bombes de 1944

Le 6 juin 1944, 6 divisions d'infanterie débarquent sur 5 plages précédées par 3 divisions aéroportées.
Dès le 7 juin, c'est la bataille de Normandie qui commence et qui ne s'achèvera que le 29 aout.
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Caen revit son quotidien sous les bombes de 1944

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de fbonnus  Nouveau message 25 Juin 2014, 16:11

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L'ancienne abbaye aux Hommes à Caen, aujourd'hui la mairie, fut le plus grand refuge caennais en 1944, accueillant jusqu'à 9.000 civils pendant l'été 44, lorsque la ville fut pilonnée par les Alliés pour permettre les opérations de débarquement Photo : Charly Triballeau/afp.com

Ils ont vécu des semaines sur de la paille au coeur de la ville, sans eau courante ni électricité, tâchant de répertorier les cadavres, pendant que les Alliés déversaient des milliers de tonnes de bombes. Une exposition retrace le quotidien de milliers de Caennais à l'été 44.

"Ma mère disait toujours que mon père, qui ne buvait pas, rentrait un peu gai le soir parce qu'il fallait tenir. Malgré les lavages qu'il faisait, il sentait le cadavre. Il y avait des morts qui étaient depuis huit, quinze jours, un mois sous les décombres", raconte Thierry Wavelet, évoquant son père Claude.

Le carnet de cet employé municipal volontaire pour identifier les victimes, figure dans une des vitrines de l'exposition "Caen Eté 44, la vie continue", organisée jusqu'au 5 août à l'Hôtel de ville, l'ancienne abbaye aux Hommes qui fut le plus grand refuge caennais en 1944.

Près de 2.000 civils sont morts à Caen, qui ne sera libérée totalement que le 19 juillet 1944, au terme d'une longue série de bombardements, alors que les Alliés pensaient s'y établir au soir du 6 juin, un mois et demi plus tôt... La ville sera rasée à 70%.

Parfois, il fallait "gratter les murs" pour reconstituer les corps. "Mon père me racontait qu'il comptait le nombre de chaussures au pied du mur pour trouver qui était là", poursuit Thierry Wavelet, dans un témoignage recueilli en mai par le Mémorial de Caen.

Pendant que la mort rôde, la vie continue. Dès les premiers bombardements le 6 juin, "dans une ville dévorée par les flammes", des milliers de personnes se réfugient dans le vaste bâtiment de l'abbaye, alors transformé en lycée, dont le toit est drapé d'une immense croix rouge pour que les Alliés l'épargnent.

Puis les places se font chères. L'abbaye se mue en une "fourmilière" qui abrite la moitié des 20.000 civils restés à Caen. Dans les étages du lycée, l’église, le pressoir - toujours visitables - chacun s'installe où il peut.

- "Jamais appris à traire" -

Les nuits où les Alliés pilonnaient, "on y voyait comme en plein jour", se souvient Jeanine Hardy, 23 ans en 1944.

Les civils se résignent alors à "tout laisser" ou presque pour rejoindre avec quelques édredons l'établissement qui accueillait 1.200 lycéens avant les bombardements.

"J'ai couché sur la paille pendant trois semaines, avec toutes ces personnes" poursuit Mme Hardy. "C'était pas très beau. Par exemple pour les waters, ils avaient fait des grandes tranchées", poursuit cette ancienne de la Croix-Rouge.

Les plaques de marbre du réfectoire sont reconverties en tables d'opération. L'une d'elles est exposée. On y devine des noms gravés par des lycéens dans les années 1880.

L'eau manque. Dans une rue, André Heintz, résistant âgé de 24 ans, se souvient être tombé, tel un "Touareg" dans le désert, sur "une belle eau parfaitement buvable" sortant de tuyaux éventrés: "On a bu tout ce qu'on a pu et on l'a indiqué à ceux qui cherchaient de l'eau partout".

Pour Chantal Rivière-Nobécourt, 19 ans en 1944, "ce qui était très pénible, c'était les repas. Il y avait des gens qui mangeaient dans une assiette propre. (Si) on venait après, on la retournait pour manger sur le dos de l'assiette. Fallait avoir faim".

Pour alimenter la nurserie, installée dans la pièce où se trouve l'exposition, "les équipiers d'urgence ont été chercher des vaches. Ils n'avaient jamais appris à traire de leur vie. C'était pas triste. Même pour se faire obéir des vaches sur la route. Souvent, il y en avait qui filaient, ou bien ils étaient pris sous des bombardements. C'était devenu le folklore. Ca amusait beaucoup".

Certains restèrent jusqu'en novembre mais la plupart durent évacuer le lieu à la mi-juillet, lorsque les Allemands se mirent à pilonner l'abbaye.

Source : AFP/Metronews France
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