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Hommage aux vétérans du Débarquement en Normandie

Nouveau messagePosté: 05 Juin 2014, 18:10
de fbonnus
Les commémorations du Jour J ont commencé dans la matinée au "Pegasus Bridge", le pont de Bénouville libéré par les parachutistes de Sa Majesté dans la nuit du 5 au 6 juin.

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Les commémorations du Jour J ont commencé jeudi dans la matinée au "Pegasus Bridge", le pont de Bénouville libéré par les parachutistes de Sa Majesté dans la nuit du 5 au 6 juin. © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Les vétérans sont mis à l'honneur ce jeudi, à la veille du 70e anniversaire du débarquement allié en Normandie, avant un intense ballet diplomatique à Paris, où le président François Hollande va recevoir dans la soirée Barack Obama, puis Vladimir Poutine. Les dirigeants des États-Unis et de la Russie, engagés depuis des mois dans un bras de fer diplomatique sur fond de crise ukrainienne, ne doivent pas se croiser à Paris. Vladimir Poutine doit par ailleurs s'entretenir dans la capitale française avec le Premier ministre britannique David Cameron. Auparavant, le président français a accueilli la reine Elizabeth à Paris alors que la journée de jeudi est placée sous le signe du sacrifice des soldats britanniques.

Les commémorations ont commencé jeudi matin au "Pegasus Bridge", le pont de Bénouville libéré par les parachutistes britanniques dans la nuit du 5 au 6 juin. Ce premier coup d'éclat des soldats alliés à quelques kilomètres de la côte a été suivi de la prise de Ranville, premier village libéré de France continentale.

Soixante-dix ans plus tard, le prince Charles, en grande tenue militaire, a traversé le pont en compagnie de son épouse Camilla, avant d'assister dans l'après-midi au largage de 300 parachutistes britanniques, mais aussi américains, canadiens et français. Parmi eux, un ancien du D Day, l'Écossais Jock Hutton, qui devait sauter "en tandem" malgré ses 89 ans. Parmi les quelque 150 000 soldats arrivés par mer ou par air sur les côtes françaises le 6 juin 1944 figurait le parachutiste Ernest Stringer, blessé au genou par un tir de mitrailleuse avant de pouvoir rejoindre le "Pegasus Bridge". "Il faisait noir et les avions volaient très bas. On s'est retrouvés au sol très rapidement", raconte le vétéran britannique à l'AFP juste avant le début des cérémonies. "J'étais mort de peur. On ne savait pas ce qui allait nous arriver. On sautait en aveugles sans savoir où étaient les Allemands", se souvient-il. "En fait, on était encerclés, mais on ne le savait pas et les Allemands ne savaient pas non plus qu'on était là." Blessé à la jambe, Ernest Stringer parvenait tout de même à atteindre le pont, attendant le secours des troupes débarquées à l'aube à Sword Beach, à environ 6 kilomètres de là.

Tenir le pont était stratégiquement fondamental pour les Alliés, qui ont pu ainsi empêcher l'arrivée des troupes allemandes stationnées de l'autre côté de la rivière Orne. Beaucoup de ses camarades ont eu moins de chance qu'Ernest Stringer, certains n'ayant pas même eu le temps d'ouvrir leur parachute avant d'atteindre le sol.

Un million de personnes attendues

Alors que les commémorations suscitent depuis plusieurs jours un vif enthousiasme populaire, vingt-quatre feux d'artifice illumineront le ciel jeudi peu avant minuit, ainsi que les premiers bombardements alliés l'avaient fait dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, annonçant le début de la libération de l'Europe du joug nazi. De Ouistreham à l'est jusqu'à Saint-Martin-de-Varreville à l'ouest, autrement dit de "Sword Beach" jusqu'à "Utah Beach", le spectacle rendra hommage aux quelque 3 800 soldats alliés - et presque autant de civils français - tombés dans la journée du 6 juin.

Le point d'orgue des célébrations de ce 70e anniversaire - très vraisemblablement le dernier anniversaire décennal où d'anciens combattants seront encore présents - est attendu vendredi après-midi avec la cérémonie internationale sur la plage de Ouistreham, en présence d'une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement, dont l'Américain Barack Obama, le Russe Vladimir Poutine et l'Ukrainien Petro Porochenko ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel et la reine Elizabeth, arrivée jeudi après-midi à Paris.

Quelque 1 800 vétérans sont attendus vendredi en Normandie. L'hommage doit commencer le matin au Mémorial de Caen par une cérémonie en mémoire des victimes civiles en présence du président français François Hollande. Le président français rejoindra ensuite son homologue américain au cimetière de Colleville-sur-Mer, près de la plage d'Omaha Beach, où sont enterrés près de 10 000 GI.

Tous le long de la côte normande, en plus des chefs d'État et de gouvernement, un million de personnes sont attendues d'ici à dimanche.

Source : AFP / Le Point