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Les 10 ratés du Débarquement


Le 6 juin 1944, 6 divisions d'infanterie débarquent sur 5 plages précédées par 3 divisions aéroportées.
Dès le 7 juin, c'est la bataille de Normandie qui commence et qui ne s'achèvera que le 29 aout.
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Les 10 ratés du Débarquement

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de fbonnus  Nouveau message 05 Juin 2014, 18:06

Le D Day fut incontestablement un succès en établissant une tête de pont qui permit l'offensive décisive des Alliés à l'ouest. Mais il a également connu ses couacs et ses dérapages.

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Des soldats américains débarquant sur les côtes de Normandie, le 6 juin 1944. © National Archives Washington DC / AFP

Mésentente. Au départ, Churchill n'était pas favorable à un débarquement sur les côtes nord de la France : le Premier ministre britannique veut affaiblir les puissances de l'Axe par l'aviation, la marine et des offensives en Méditerranée, notamment sur le sol italien. Mais les Allemands résistent, les Soviétiques réclament depuis longtemps un second front, et les Alliés s'entendent finalement sur une percée à l'ouest, lors des grandes conférences de l'année 1943. Churchill cède d'autant plus rapidement que les Russes progressent désormais vite à l'est... Il faut contrer leur expansionnisme !

Essai sanglant. Fin avril 1944, les Américains répètent en grandeur nature le débarquement sur les plages britanniques de Slapton Sands, dont on juge qu'elles ressemblent à celles d'Omaha et d'Utah, en France. L'opération Tiger, qui mobilise 30 000 hommes et 200 bateaux, tourne vite au drame : les Allemands, alertés, torpillent facilement les navires bourrés d'hommes et de munitions, faisant 750 tués et 300 blessés. Les GI sont enterrés en secret pour ne pas démoraliser les troupes : ils seront officiellement morts au combat, deux mois plus tard.

Codes égarés. À quelques semaines du jour J, les services secrets sont sur les dents. Militaires et politiques sont tenus à la plus grande discrétion, ce qui n'empêche pas les bavures. La plus rocambolesque concerne un officier britannique qui égare un porte-documents avec le plan de communication radio du débarquement et ses codes secrets. Fin de l'angoisse quand un chauffeur de taxi scrupuleux rapporte la sacoche à Scotland Yard...

Retard. Au départ, le D Day est fixé au 1er mai 1944 pour profiter des bonnes conditions climatiques. Mais le général Eisenhower, responsable des opérations, se rend compte qu'il n'a pas assez de barges pour assurer le transport des troupes : il faut accélérer la production au maximum et retarder le débarquement d'un mois. On choisit le 5 juin, puis le 6, en fonction d'une météo plus clémente et d'une nuit de pleine lune, favorable à l'aviation.

Guerre de bocage. Si le débarquement permet de mettre en place une tête de pont efficace en seulement quelques jours, la suite est nettement plus compliquée. Le commandement allié avait prévu de mener une offensive éclair, avec chars et aviation, mais la bataille de Normandie s'enlise dans la boue et le bocage, avec les fantassins en première ligne et les Allemands en embuscade dans les chemins et derrière les haies. Sans compter les civils, mal prévenus des attaques et des bombardements, qui payent un lourd tribut sur le terrain (14 000 morts pour la seule Basse-Normandie).

Exactions. On a longtemps caché ce genre d'informations, mais des historiens évoquent désormais le comportement abusif de certains GI sur les populations. À titre d'exemple, on a recensé environ deux cents cas de viols et une trentaine de meurtres dans le seul département de la Manche pendant les opérations. Des chiffres à relativiser lorsqu'on les compare à la masse de soldats débarquée sur la période (plus de 1,5 million). Les coupables ont parfois été arrêtés et condamnés.

Omaha Beach. Le débarquement des Américains sur la plage normande tourne à la catastrophe. Gênés par le brouillard, les bombardiers alliés ont manqué leurs cibles, les défenses allemandes sont intactes. Les barges sont larguées trop loin des côtes, la houle est forte, les tanks et le matériel coulent à pic, la plupart des embarcations sont prises pour cibles. Et quand elles accostent, le courant les a fait dériver par rapport aux objectifs. Les premiers arrivants courent au massacre, sans compter la marée qui se met à recouvrir trop vite la plage. "Tout ce qui était susceptible de rater a raté", a reconnu plus tard le général Eisenhower. En un jour, trois mille GI vont rester sur le sable, morts ou blessés.

De Gaulle contre Eisenhower. Le 6 juin, le général américain et le chef de la France Libre doivent diffuser leur appel l'un à la suite de l'autre. Mais Eisenhower demande aux Français d'obéir "aux ordres que je serai appelé à donner..." De Gaulle est furieux, il refuse d'apparaître comme le vassal des Américains : il tonne, proteste, Eisenhower l'envoie "au diable", Churchill menace de "l'enchaîner" et de le renvoyer à Alger ! Il obtient finalement que son propre message ne soit diffusé que l'après-midi du 6 juin, dans lequel il demande aux Français de suivre "les consignes" données par son gouvernement : "La bataille suprême est engagée... C'est la bataille de France !" L'honneur est sauf.

Déception à Falaise. Ce devait être la dernière bataille, celle qui permettrait, à l'arrière de Caen, en août 1944, de prendre au piège les divisions blindées allemandes de Normandie en opérant la jonction des troupes américaines et anglo-canadiennes, par un large mouvement d'encerclement. Mais les Alliés ne sont pas assez rapides, la poche se révèle poreuse, et plus de 50 000 soldats allemands parviennent à s'enfuir, même si le gros de la Wehrmacht est mis hors de combat. Les Anglais et les Américains se renverront longtemps la responsabilité de cette demi-victoire.

Reportage gâché. Robert Capa, l'envoyé spécial du magazine américain Life, fait partie du contingent débarqué sur Omaha Beach la sanglante. Le célèbre photographe mitraille les soldats qui tentent d'échapper au feu ou à la noyade, au plus près de l'action. Mais sur la centaine de clichés du D Day, seuls onze seront publiables, les autres ayant été détruits au cours de leur développement, à la suite d'une erreur d'un laborantin. Ce sont à ce jour les documents les plus saisissants du D Day, mondialement connus.

Par MARC FOURNY - Le Point
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