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La valeur militaire de la Waffen-SS est-elle exagérée ?


Le 6 juin 1944, 6 divisions d'infanterie débarquent sur 5 plages précédées par 3 divisions aéroportées.
Dès le 7 juin, c'est la bataille de Normandie qui commence et qui ne s'achèvera que le 29 aout.
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La valeur militaire de la Waffen-SS est-elle exagérée ?

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Tom  Nouveau message 23 Oct 2007, 17:45

Jean-Luc Leleu écrit dans son ouvrage La Waffen-SS… (Perrin, 2007) au début du chapitre 28 «La valeur au combat : une élite militaire ?» :

Conjuguant valeur professionnelle et état moral de la troupe, la valeur militaire d’une unité est un élément difficile à apprécier sur le champ de bataille, a fortiori à partir du sort des armes. Le succès peut cacher de graves déficiences tout comme l’échec n’être que le produit de facteurs externes contraires.

[…] Le fait est que la flatteuse réputation dont jouit encore de nos jours la Waffen-SS sur le plan strictement militaire et l’abondante littérature (y compris universitaire) orientée dans ce sens rendent superflus tous dithyrambes supplémentaires, mais exigent au contraire un plus juste équilibre dans l’évaluation de sa valeur.

[…] Pendant comme après la guerre, la Waffen-SS est passée pour une redoutable troupe d’élite. […] Devant ce postulat de base jamais véritablement remis en cause, y compris par les détracteurs de la Waffen-SS, il convient de recentrer le propos […].


A propos de propos, il n’est pas dans mon propos de présenter un résumé de cette étude bien documentée, pertinente et assez fine, quoique contestable (car surtout fondée sur l’action des divisions SS à l’ouest en 44/45), mais de lancer un débat sur cette question délicate (la valeur des formations SS au combat a été extrêmement variable selon les unités et aussi, pour la même unité, selon la période) et épineuse (la Waffen-SS, de par son caractère officiellement idéologique, sent le soufre)…

Cela dit, il est incontestable que la valeur militaire de la Waffen-SS a été largement exagérée par la propagande nazie, surtout à partir du moment (expansion de 1943) où cette police d’Etat militarisée qui devait simplement faire ses preuves au feu a été considérée par le pouvoir comme l’armée national-socialiste du peuple en armes devant à terme se substituer à l’armée traditionnelle et où ses formations d’élite ont été placées au sein de la réserve stratégique comme « pompiers du Reich » et dernier rempart du régime.

Il est indéniable que la Waffen-SS a, dès lors, bénéficié d’une discrimination positive marquée, tant dans l’attribution des décorations que dans la nomination au sein des communiqués de la Wehrmacht, alors qu’elle avait essuyé des revers et que ses pertes étaient, en moyenne et même sur le front russe, similaires à celles du Heer (en quantité et en qualité, c’est-à-dire dues bien plus au froid et aux maladies qu’au combat).

Certes, les formations d’élite de la Waffen-SS se sont rapidement distinguées dans l’assaut par l’audace, la fougue, l’ardeur impétueuse, «l’emploi hardi des hommes et des officiers, s’il le fallait jusqu’au dernier», mais c’était en partie pour compenser le manque d’instruction des cadres et d’expérience de la troupe en général : au bout du compte, cela n’a pas forcément été très rentable.

D’ailleurs, la Waffen-SS a toujours connu un sérieux problème d’encadrement, tant quantitatif que qualitatif. Si, en 1944, les jeunes recrues de la Das Reich, insuffisamment instruites et parfois peu motivées comme les conscrits alsaciens, ont tout de même été bien conduites au combat par des cadres aguerris sur le front de l’Est, les divisions d’élite manquaient cruellement d’officiers compétents.

En effet, l’idéologie national-socialiste, orientée vers l’action et la pratique, méprisait la réflexion et la théorie (un peu comme les partisans de «l’action immédiate» dans la Résistance française ! ;) ) : les officiers SS étaient sélectionnés et promus - bien trop rapidement ! - uniquement en fonction de leur personnalité et de leur comportement au feu, sans tenir compte de leurs capacités intellectuelles ni de leurs compétences professionnelles. Ainsi, par mépris pour cette fonction pourtant essentielle, et malgré l’aide du Heer, la Waffen-SS n’a jamais disposé d’un corps adéquat d’officiers d’état-major. C’est pourquoi elle s’est souvent montrée inapte à la manœuvre

Toutefois, la Waffen-SS s’est également rendue célèbre par sa ténacité dans la défensive, par son fanatisme jusqu’au-boutiste. Mais, là encore, cette valeur militaire a été grandement limitée par le principe de l’économie des forces que la Waffen-SS, en raison de sa situation privilégiée et de sa relative autonomie, a pu appliquer de manière excessive !

En effet, non seulement les divisions SS d’élite ont-elles bénéficié de très longues périodes de repos et de reconstitution, mais encore, au combat, elles ont maintenu à l’abri une part de plus en plus importante de leurs forces, non comme une réserve destinée à combler les pertes, mais comme un noyau tenu à l’écart en vue de préserver le potentiel, et ce souvent à l’insu du commandement supérieur.

Deux exemples. Le 18 juillet 1944, la 12e division SS est définitivement retirée du front après de lourdes pertes même si elle compte encore 14000 hommes dans ses rangs ! Le 19 juillet 1944, la 17e division SS déclare à Himmler qu’elle ne dispose plus que de 876 hommes à déployer alors que, cinq jours plus tard, ses effectifs totaux s’élèvent à plus de… 11000 hommes !

Evidemment, l’expansion démesurée de la Waffen-SS avait rendu le système de remplacement complètement déficient et les seuils tolérables de pertes étaient de plus en plus bas, d'autant que les divisions blindées SS, à la structure lourde et complexe, évoquaient un couteau au manche énorme et à la lame effilée rapidement usée …

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Re: La valeur militaire de la Waffen-SS est-elle exagérée ?

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Joachim  Nouveau message 23 Oct 2007, 19:37

l’idéologie national-socialiste, orientée vers l’action et la pratique, méprisait la réflexion et la théorie


Ce qui explique par ailleurs que les généraux SS ne valaient rien (je pense en premier lieu à Sepp Dietrich) et ce surtout si l'on compare ces SS à leurs homologues de la Whermacht (Model, Guderian, Rommel, ...).



Pour le reste, je suis plutôt d'accord avec l'analyse de Jean Luc Leleu.


 

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Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Tom  Nouveau message 23 Oct 2007, 20:16

C'est sûr que "Sepp" Dietrich et von Manstein, ce n'était pas du même tonneau ! (Dietrich ne comprenait rien à une manoeuvre expliquée sur une carte, dixit son chef d'état-major) :D Hausser, le premier inspecteur de la SS-VT et SS-Oberstgruf. était à la hauteur, mais c'était un ancien général de la Wehrmacht...

En fait, les SS pensaient que la volonté, le fanatisme et le "principe de dureté" pouvaient suppléer à tout et venir à bout de tout...

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Igor  Nouveau message 23 Oct 2007, 21:33

George Stein, autre historien de la Waffen SS, estimait que seule une douzaine de divisions SS pouvaient vraiment être considérées comme étant des unités d'élite. Ce qui représente à peine un tiers des effectifs.
Selon lui les meilleures unités étaient blindées ou motorisées et composées d'Allemands nationaux (en totalité ou en majorité).
Ensuite la qualité se dégradait, le pire étant les divisions slaves dont le comportement au combat fut catastrophique (hormis pour les Baltes). Les causes sont diverses: manque de motivation des soldats, mauvais entraînement, pénurie d'armement, sous-effectif.

L'accroissement numérique de la Waffen SS, à partir de 1943, s'est paradoxalement traduit par un affaiblissement au plan qualitatif. Pour mettre sur pied les nouvelles unités il fallait utiliser de l'armement et des officiers qui auraient été bien plus utiles ailleurs.

La Waffen SS, dans son ensemble, ne peut donc pas être considérée comme une armée d'élite. Même si certaines de ses divisions ont fait preuve d'indéniables qualités militaires au combat (je passe sous silence les crimes de guerre).
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 23 Oct 2007, 21:53

Je vous rejoins assez sur cette idée puisque les effectifs de la Gotz Von Berlinchingen etaient constitués de très jeunes hommes ou d'hommes dont l'âge avoisinait les 45-50 ans et dont la valeur combative était largement en dessous des autres. Dans le livre de JL Leleu ce qui m'impressionne c'est les trésores de débrouillardises mis en oeuvre pour le recrutment et la rivalité entre la Whermarcht et la Waffen SS pour se voir attribuer des contingents...


 

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Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Igor  Nouveau message 23 Oct 2007, 22:22

J'ajouterais que cette disparité des forces n'était pas le monopole de la Waffen SS. On retrouvait en effet le même phénomène concernant la Heer.

En fait l'armée allemande dans son ensemble était à deux vitesses, d'un côté des unités blindées et motorisées de très bon niveau, de l'autre des unités en sous-effectif manquant d'armement, avec parfois un personnel pas vraiment à la hauteur. Cette tendance s'est accentuée au cours de la guerre.
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de Judex  Nouveau message 23 Oct 2007, 23:36

Bonsoir,

Je tiens à signifier mon désacord total avec certains propos tenus par Tom.

" Mais, là encore, cette valeur militaire a été grandement limitée par le principe de l’économie des forces que la Waffen-SS, en raison de sa situation privilégiée et de sa relative autonomie, a pu appliquer de manière excessive ! "

Les divisions SS sont uniquement sous le contrôle de du RFSS et de ses services administrativement, sur le terrain elles dépendent de l'OKW et des Armées ausquelles elles sont subordonnées à l'instar des divisions de la Heer.

"En effet, non seulement les divisions SS d’élite ont-elles bénéficié de très longues périodes de repos et de reconstitution, mais encore, au combat, elles ont maintenu à l’abri une part de plus en plus importante de leurs forces, non comme une réserve destinée à combler les pertes, mais comme un noyau tenu à l’écart en vue de préserver le potentiel, et ce souvent à l’insu du commandement supérieur. "

Le pourcentage des pertes de la Waffen-SS est largement supérieur à celui de la Heer (300 000/350 000 tués sur environ 1 000 0000 d'hommes, soit en gros un tiers de l'effectif).

"Deux exemples. Le 18 juillet 1944, la 12e division SS est définitivement retirée du front après de lourdes pertes même si elle compte encore 14000 hommes dans ses rangs ! Le 19 juillet 1944, la 17e division SS déclare à Himmler qu’elle ne dispose plus que de 876 hommes à déployer alors que, cinq jours plus tard, ses effectifs totaux s’élèvent à plus de… 11000 hommes ! "

L'important c'est surtout l'effectif combattant, une division engagée ne dispose que très peu de temps de son plein effectif (si d'ailleurs elle est engagée avec le total de cet objectif !!!). Ensuite rapidement des hommes sont blessés, égarés etc, ils rejoignent généralement rapidement.

"Evidemment, l’expansion démesurée de la Waffen-SS avait rendu le système de remplacement complètement déficient"

Je ne suis absolument pas d'accord avec cette affirmation, le système de remplacement et d'instruction est égal sinon meilleur que celui de la Heer, tant au niveau des effectifs que dans la formation de troupes spécialisées. En revanche je suis absolument d'accord en ce qui concerne le déficit en officier.


 

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Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Tom  Nouveau message 24 Oct 2007, 11:47

Judex écrit :

Je tiens à signifier mon désacord total avec certains propos tenus par Tom.


Voilà qui est fermement déclaré et donc propre à lancer un débat fructueux ! :D Cela dit, pour répondre d'emblée aux autres intervenants, je tiens à préciser que je ne parlais déjà QUE des formations SS d'élite, c'est-à-dire des douze divisions blindées et mécanisées dont la valeur a énormément varié selon les unités et les périodes (exemple entre autres : la LSSAH a été considérablement affaiblie au profit de la 12e SS HJ...)...

Les divisions SS sont uniquement sous le contrôle de du RFSS et de ses services administrativement, sur le terrain elles dépendent de l'OKW et des Armées ausquelles elles sont subordonnées à l'instar des divisions de la Heer.


Justement, selon Leleu (op. cit., p.737 et suiv.) :

En jouant sur l'ambivalence de leurs liens hiérarchiques, les formations blindées et motorisées de la Waffen-SS s'étaient ménagé une position très particulière au sein des forces terrestres allemandes. Relayées par la Reichsführungs-SS, qui s'est toujours souciée de leur pérennité, elles se sont de plus en plus fréquemment servies de la dualité de leur hiérarchie pour faire appel de la décision de les maintenir sur le front à partir de l'été 1941. Au fil du temps, ce procédé a encore évolué en engendrant des pratiques abusives. En appliquant le principe de l'économie des forces en vue de préserver leur potentiel de combat, elles en sont ainsi arrivées en 1944 à prendre l'initiative de poser des limites à leur engagement sur le front.

Bien sûr, le principe de l'économie des forces est normal et salutaire ; bien sûr, ces pratiques n'étaient pas propres à la Waffen-SS, mais elles sont devenues particulièrement abusives dans ses rangs en raison de la situation privilégiée des "pompiers du Reich", derniers remparts du régime.

Selon Leleu, cinq facteurs expliquent ce réflexe de conservation (et cela permet, par la même occasion, de répondre aux autres remarques de Judex) :

1) L'absolue nécessité de préserver un noyau dur de troupes aguerries en vue de reconstituer l'unité dans des délais raisonnables alors que l'on pratiquait une "politique d'engagement irraisonné des forces" sur le front.

Leleu précise : Le fait est que les formations SS ont pu le faire plus ouvertement, en raison même de la réputation de fanatisme que le régime et le haut commandement militaire leur prêtaient [...]. Cela a encore été plus vrai après l'attentat du 20 juillet [1944]. En août 1944, la division "Das Reich" et le IIe corps d'armée blindé SS ont ainsi cessé de poursuivre les assauts dont la vanité était évidente, et ce, en dépit des ordres de leurs supérieurs de l'armée.

2) L'usure rapide de l'infanterie au combat. En effet, même au sein des divisions blindées, l'infanterie est essentielle pour exploiter la percée des chars et pour les protéger contre l'infanterie adverse, en particulier dans les zones "denses" (forêt, bocage et ville). Or, les fantassins représentaient la composante la plus rapidement "consommable" qu'il n'était pas rentable de remplacer par les spécialistes indispensables et longs à former des unités d'appui et de soutien.

3) La structure lourde et complexe des divisions blindées SS. Certes très étoffées et puissantes, les divisions blindées SS s'usaient en fait beaucoup plus vite que ne le laissaient supposer leurs effectifs pléthoriques (parfois plus de 20000 hommes pour moins de 15000 dans une DB "ordinaire" du Heer). Leleu donne une image frappante : Elles ressemblaient à un mauvais couteau, avec un énorme manche et une petite lame qui s'émoussait d'autant plus vite qu'elle était mince.

4) Le sous-encadrement quantitatif et qualitatif. Le manque de cadres qualifiés entraînait une durée de reconstitution plus longue que pour une division de l'armée et donc un seuil critique plus rapidement atteint.

5) La déficience du système de remplacement. En effet, en 1944, les formations SS de combat "[ont subi] de plein fouet les conséquences de l'expansion irraisonnée" de la Waffen-SS l'année précédente. En fait, dans ce domaine, "la banqueroute allemande" était générale, l'armée de terre ayant elle-même, selon les services de renseignements alliés, "saboté" son remarquable système de remplacement en transformant ses divisions de réserve (entraînement) en unités de campagne (combat)...

D'après Leleu, la conséquence logique de ce processus a été le glissement du fardeau de la bataille sur les formations de la Wehrmacht, notamment sur les divisions d'infanterie, un peu vite oubliées ou injustement décriées pendant comme après les combats.

Sur ce - et je l'ai déjà fait remarquer - Leleu s'intéresse principalement à la situation des divisions SS sur le front Ouest en 44/45.

N.B. REPARTITION DES PERTES DE L'ARMEE DE TERRE ALLEMANDE ET DE LA WAFFEN-SS en % cumulés PAR ANNEE (Deutsche militärische Verluste im Zweiten Weltkrieg, Overmans R., München, 1999, p. 270):

1940 et avant = 2% pour les deux

1941 = 9% pour les deux

1942 = 21% pour l'armée ; 14 % pour la W-SS

1943 = 38% pour l'armée ; 25% pour la W-SS

1944 = 72% pour l'armée ; 63% pour la W-SS

1945 = 98% pour l'armée ; 95% pour la W-SS


REPARTITION PAR THEATRE D'OPERATIONS (même source, p. 269) :

OUEST : 5% pour l'armée ; 14% pour la W-SS

EST : 59% pour l'armée ; 37% pour la W-SS

AUTRES : 8% pour l'armée ; 12% pour la W-SS

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Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de Judex  Nouveau message 24 Oct 2007, 12:36

Cher Tom,

Dans un premier temps, voiçi deux petites réflexions :

1) Il ne faut pas confondre pertes et tués ! Ce n'est absolument pas la même chose. Les chiffres que je t'ai donné concernaient le nombre de tués. D'ailleurs ceux que tu me donnent, prennent en compte toutes les divisions SS et nous savons que certaines furent tout sauf des unités d'élites...
2) Quand au systéme de remplacement, tu parles des divisions de réserve de la Heer, qui furent effectivement employées au front. Mais premièrement elles furent qu'un tout petit nombre (je ne l'ai pas en tête mais à "vue de nez 4 une vingtaine) et elles n'ont presque rien à voir avec les unités (bataillons) de remplacement et d'instruction. Il ne faut pas confondre en allemand la notion Reserve et Ersatz. Ces divisions furent utilisées comme troupes d'occupation (parfaisant ainsi leur instruction). D'ailleurs il me semble que chez toi Tom, la 157. Res. Geb. Div. a combattu le maquis des Glières et celui du Vercors et chez moi (Mont Mouchet) nous avions la 189. Res. Div.. Faire le coups de feu contre les maquis, c'est quand même moins compliqué que d'aller faire face aux T 34 et aux russes... Je constate par exemple que pour la 189. Res. Div., elle ne sera transformée en division d'infanterie normale quand
octobre 1944 (soit 16 mois après avoir été constitué). Pour une armée qui
saborde son systéme de remplacement et d'instruction, c'est pas mal nom... En fait, la crise d'effectif pour la Wehrmacht se situe plutôt en milieu de guerre, mais pas en 1944/45. A cette époque le problème relevait plus du fait que beaucoup de divisions avaient été complétement disloqué et qu'il fallait les reconstituer dans l'urgence. Même si l'instruction des hommes à ce moment était moins longue et moins bonne qu'au début de la guerre elle fonctionnait quand même.
Un certain nombre d'hommes de la classe 1927 (Heer et Wafen-SS) et 1928 (pour la Waffen SS) seront incorporés dans des unité de remplacement et d'instruction mais ne combattront pas car jamais incorporé dans l'aemée de campagne. A ce sujet, j'au sous les yeux un Soldbouch (présenté à tort dans le livre Heimdal sur la 17. SS "GvB" d'un jeune incorporé en 1945 au SS-Pz. Gren. Ausb. u. Ers. Btl. 17 et qui contrairement à ce qui est affirmé dans ce livre n'a jamais rejoint cette division ni une autre.
:cheers:


 

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Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Tom  Nouveau message 24 Oct 2007, 14:34

Judex écrit :

1) Il ne faut pas confondre pertes et tués ! Ce n'est absolument pas la même chose. Les chiffres que je t'ai donné concernaient le nombre de tués. D'ailleurs ceux que tu me donnent, prennent en compte toutes les divisions SS et nous savons que certaines furent tout sauf des unités d'élites...


Je ne confonds pas ; dans le domaine militaire, les pertes désignent tous les personnels mis hors de combat : tués, blessés graves, disparus (déserteurs, prisonniers), malades, accidentés... (par exemple, les pertes de la LSSAH au cours de l'hiver 1941 ont été causées à plus de 60% par les maladies). C'est, je crois, Levi-Strauss qui disait : Nos militaires confondent sous le même vocable de "pertes" à la fois les morts et les blessés.

Cela dit, d'élite ou pas, les divisions SS furent engagées dans une mesure équivalente à celle de l'armée qui possédait aussi des divisions de réserve, de sécurité, etc.

2) Quand au systéme de remplacement, tu parles des divisions de réserve de la Heer, qui furent effectivement employées au front. Mais premièrement elles furent qu'un tout petit nombre (je ne l'ai pas en tête mais à "vue de nez 4 une vingtaine) et elles n'ont presque rien à voir avec les unités (bataillons) de remplacement et d'instruction. Il ne faut pas confondre en allemand la notion Reserve et Ersatz.


Encore une fois, je ne confonds pas : cf. ma page http://alain.cerri.free.fr/index9.html

Ces divisions furent utilisées comme troupes d'occupation (parfaisant ainsi leur instruction). D'ailleurs il me semble que chez toi Tom, la 157. Res. Geb. Div. a combattu le maquis des Glières et celui du Vercors et chez moi (Mont Mouchet) nous avions la 189. Res. Div.. Faire le coups de feu contre les maquis, c'est quand même moins compliqué que d'aller faire face aux T 34 et aux russes... Je constate par exemple que pour la 189. Res. Div., elle ne sera transformée en division d'infanterie normale quand octobre 1944 (soit 16 mois après avoir été constitué). Pour une armée qui saborde son systéme de remplacement et d'instruction, c'est pas mal nom...


La 157e division de réserve, qui a effectivement combattu contre les grands maquis alpins (voir ma page citée supra), a été mise à la disposition de la 19e armée en avril 1944 (z. Vfg. 19. Armee, Heeresgruppe G, Westalpen) et intégrée à l'armée Ligurie le 27 juillet 1944 (LXXV Armee Ligurien, Heeresgruppe C, Westalpen) ; ce n'est que le 1er octobre 1944 qu'a été formée la 157. Gebirgs-Division pour tenir les cols alpins...

Cela dit, le terme "saborder" ou "saboter" n'est ni de moi ni de Leleu, mais des services de renseignements alliés. Quoi qu'il en soit, en été 1944, les recrues arrivaient souvent dans les unités de campagne après une instruction de quelques semaines seulement et sans l'expérience "en situation" acquise dans les formations dites de réserve.

Cependant, il est vrai que le système de remplacement fonctionnait encore, mais sans doute moins bien dans la Waffen-SS où la plupart des divisions d'élite avaient dû fournir des cadres et des spécialistes, déjà en nombre insuffisant, aux nouvelles grandes unités créées lors de l'expansion de l'année précédente... Même Hitler s'en plaignait à Himmler...

Pour en revenir à la pratique abusive de l'économie des forces de la Waffen-SS, tout de même paradoxale pour des unités d'élite qui étaient censées combattre jusqu'au dernier homme, voici ce qu'écrit encore J.-L. Leleu (op. cit., p. 739) :

La plupart des divisions SS ont parfaitement su profiter de leurs pertes pour prendre l'initiative de se désengager précocement des combats. Le premier cas documenté de ce type est celui de la division "Das Reich". Le 12 décembre 1943, le commandant du groupe d'armées "Sud" (von Manstein) s'était déjà étonné et plaint de voir 60% des personnels de la division être retirés du front. Alors qu'elle alignait encore un effectif de 13000 hommes (équivalent à celui d'une DB de l'armée), [la "Das Reich" avait désengagé] 8000 hommes en vue de reconstituer la division en Prusse-Orientale.

Ce qui explique que cette politique ait été reprise avec succès sur une grande échelle en Normandie, c'est qu'à ce moment de nombreux postes de commandement supérieur étaient alors occupés par des généraux SS : 7e armée commandée fin juin 44 par Hausser ; 5e armée commandée en août 44 par Dietrich...

Sur les six divisions SS présentes en été 44 en Normandie :
- quatre ont été engagées assez tardivement (1ère, 2e, 9e et 10e) ;
- trois n'ont longtemps été présentes sur le front qu'avec des effectifs partiels (1ère, 2e et 17e) ;
- deux n'ont été engagées qu'épisodiquement et partiellement (1ère et 2e) ;
- deux ont été précocement désengagées (12e et 17e) ;
- toutes ont replié leurs unités de soutien et d'importants éléments de combat avant la fermeture de la poche de Falaise.

Résultat : trois des six divisions ayant eu proportionnellement à souffrir le moins de pertes appartenaient à la Waffen-SS ; les divisions d'infanterie de l'armée et la 3e division parachutiste ont subi des pertes nettement plus sensibles...

Sur ce, je suis loin d'être toujours d'accord avec J.-L. Leleu dans son entreprise de démolition de la Waffen-SS sur le plan de la valeur militaire.

En effet, page 732 de son gros ouvrage, par exemple, J.-L. Leleu critique l'esprit de sacrifice des Waffen-SS par ce qu'il faut bien appeler le sophisme suivant :

En 1940, certains fantassins SS ont [...] préféré mourir sur place plutôt que de reculer devant les chars britanniques contre lesquels ils étaient pourtant démunis, mais ce sont en définitive les armes lourdes qui ont stoppé les blindés.


En effet, à armes égales, ce sont les soldats ayant le plus grand esprit de sacrifice qui ont les meilleures chances de l'emporter.

:cheers:

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