Posté: 26 Fév 2004, 12:07
de Utaha_Beach
Le GC II/8 a été formé en 1936 par la réunion de l'escadrille 3CI de l'Aéronautique navale et d'une nouvelle escadrille de l'Armée de l'Air ayant repris les traditions de la SPA 38. Equipé de Potez 631 à la mobilisation, il est installé à Marseille-Marignanne comme groupe de coopération maritime. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'il rejoint Calais-Marck et la flotille de chasse de l'Aéronautique navale fin décembre.

Début janvier, l'ordre est donné de transférer les Potez 631 à la Marine, car le groupe doit être transformé sur Bloch 152. Fin février, la 3ème escadrille est entièremment transformée, la 4ème devra attendre, elle, deux mois de plus. L'activité du II/8 pendant la "Drôle de Guerre" est assez faible, en grande partie à cause des conditions météo. il faut patienter juqu'au 10 mai pour un premier contact avec la Luftwaffe. et cela commence plutôt mal, puique qu'un peloton de bombardiers JU-88 "Stuka" prend le terrain de Marck en enfilade avant même la naissance de l'aube. Trois Bloch 152 sont cloués au sol, neuf autres endommagés, un soldat est tué et un chef-mécanicien est mortellement blessé. Assoiffé de vengeance, le sergent-chef Honorat décolle à la poursuite des intrus; aidés d'un pilote du III/1 (sergent Durand), il en coince un au-dessus de la côte et l'abat en flammes.

Après une journée pour penser les plaies et une autre consacrée au patrouilles maritimes, le 14 mai le II/8 est placé sous les ordres du Groupement n°25. Parties du terrain de travail de maldeghem, deux patrouilles se heurtent à des bombardiers au-dessus d'Anvers. L'adjudant-chef Mir et le sergent Gaubert descendent un He 111. demeuré seul par la suite d'un accident au décolage de son coéquipier, l'adjudant Clerc tombe sur un He 111, au retour de sa mission et l'abat à l'embouchure e l'Esaut en fin d'après-midi.

Certes, le taux d'indisponibilité des avions est alaramnt, mais la situation dans la région d'Anvers ne l'est guère moins et l'on peut s'étonner que le 15 mai le II/8 ne reçoive aucun ordre de mission. Le 16 mai, l'adjudant Curthelet est surpris aux détours d'un nuage par un groupe de Bf 110 qu l'oblige à sauter de son avion en feu. Après les traditionnelles péripéties qui attendent les aviateurs français ayant eu le malheur de sauter en parachutes, Curthelet rejoint son escadrille 2 jours plus tard.

Douze sorties ponctuèrent la journée du 17, dont le poids des combats dans la zone de Walcheren a été entièremment supporté par le GC I/4.

Dans l'après-midi du 18 mai, le II/8 reçoit l'ordre de protéger des convois maritimes évacuant le port d'Ostende. Des He 111 qui se présentent sont aussitôt interceptés. Deux sont abbatu, dont un avec la collaboration d'un Hurricane; Bien qu'officiellemment partagée avec ses deux équipiers, la victoire est en faite remportée par le sergent Dietrich.

Le 20 mai, le II/8 est replé à Villacoublay, où il est placé sous le commandement du Groupement n°21, mais mis à la disposition du Groupement n°23 pour appuyer les opérations dans la région d'Arras et de Cambrai. C'est d'ailleurs lors d'une de ces missions que, le 21 mai, une patrouille se frotte à des Bf 109. Si deux Messerschmitts sont revendiqués près de Peronne, le sergent Petitjean est abattu. Très grièvemment blessé, il perd connaissance en sautant et n'est sauvé que par l'ouverture automatique de son parachute.

Aucune mission avant le 24 mai! Ce jour-là, le sous-lieutenant de la ménardière, envoyé en liaison à Calais-Marck à bord d'un Potez 631, est capturé par les allemands à son atterissage. La patrouille triple qui l'accompagne évite de justesse son sort peu enviable grâce à l'intervention opportune d'un marin de la Flotille F1C demeuré aux abords du terrain, qui envoie une fusée pour alerter le capitaine Grandbesançon du danger qui le menace.

après quelque jours calmes, le II/8 fait mouvement sur Deauville- St Gatien le 27 mai. Le sous-lieutenant Mousset capote à l'atterissage et doît être hospitalisé. Le lendemain, le caporal-chef Leon Nowak (polonais) est à son tour victime d'un accident à l'atterissage, mais il y laisse la vie.

Le 30 mai, une nouvelle aventure attend le II/8. A 13h45, un détachement de treize Bloch 152 sous les ordres du commandant ponton d'Amécourt décolle à destination de Lyme, près de Folkeston, en Angleterre. il y retrouve trois Potez 63.11 du GR I/14 qu'il est chargé de protéger lors de leur sorties au-dessus de la poche de Dunkerque. par manque d'huile et de munitions, la première mission commune ne peut etre entreprise que le 1er juin. Les Bloch se présentent au-dessus de Dunkerque en même temps que des He 111 et des Ju 88 qu'ils prennent aussitôt à partie. un Ju 88 est homologué aux adjudant-chef Marchas et adjudant Nicole, ce dernier revendiquant en outre un He 111 probable. le Bloch du sous-lieutenant Delocque Foulcaut est pris pour cible par des Hurricanes, malgré d'importantes avaries, il peut regagner son terrain.

Plusieus missions sont effectuées dans les mêmes conditions les jours suivants et, parès la chute de Dunkerque, le détachement regagne Deauville le 5 juin, à l'exception de 3 avions endommagés qui resteront sur place. le 9 juin, au cours menée par les Voughts 156 de l'Aéronautique navale dans le secteur de Forges-les-Eaux, une formation de Bf 109 tombe par surprise sur les neufs Bloch 152 de l'escorte. Ceux-ci se rebiffent et parviennent à descendre en flammes deux de leur adversaires, deux autres étant comptés comme probables au lieutenant Dutey-Harispe. L'adjudant Nicole doit poser son avion criblé de balles dans les défenses adverses. Bien que blessé, il regagne sa base avec deux blessés sur le dos, ce qui lui vaudra un citation à l'ordre de l'armée.

Le 11 juin dasn l'après-midi, le II/8 est replié sur un terrain à une cinquantaine de kilomètres au sud de Caen. Jugé trop exposé, le groupe déménage trois jours plus tard vers Cherbourg. Le 17 juin, l'adjudant Veyrune clôt le palmarès du groupe en abattant un He 111 au large du port en fin de soirée.

Dans une pagaïe à peine descriptible et en raion d'une météo très défavorable, le 18 juin, le GC II/8 se retrouve éparpillé entre Nantes, Rochefort et Cherbourg. Le regroupement est prévu le lendemain à Marseille-Marignane, mais les causes produisant les mêmes effets, au soir du 19, les Bloch 152 se posent à agen, Bordeaux, Rochefort, Toulouse, Marignane et certains en rase campagne! Tout ce petit monde est finalement regroupé à Aix-Les Milles le 21, où les aviateurs sont rattrapés par l'armistice.

Le GC II/8 fait partie des groupes de chasse maintenus en activité pendant le péridoe d'armistice. Le 12 août, il fait mouvement sur marignane où il s'installe pour un peu puls de deux ans. Il reçoit six Bloch 155, qui serotn reservés au GC II/8 entre janvier et juillet 1942.

A la suite de l'invasion de la zone sud après le débarquement américain en Afrique, le II/8 est transféré à St rambert d'albon le 25 novembre 1942. Au petit matin, le personnel est jeté dehors sans ménagement et la base pillée par les allemands. Le groupe est officiellement dissous en même temps que l'armée de l'Air de l'armistice, le 1er décembre 1942.