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Auteur: yauckt [ 23 Aoû 2016, 15:07 ]
Sujet du blog: Le réseau téléphonique enterré

LE RESEAU TELEPHONIQUE ENTERRE

C'est en 1927 que la Commission d'Etudes du Système des Fortifications du Pays a décidé de la création d'un réseau téléphonique enterré suite aux leçons retenues de l'utilisation de ligne aériennes durant la guerre de 14-18. Les travaux débutèrent en 1934 et étaient toujours en cours à l'aube du 10 mai 1940.

Le point de départ de ce réseau tentaculaire d'environ 300 km et qui s'étend sur l'ensemble de la PFL est le fort de la Chartreuse à Grivegnée et son CTF1 qui relie principalement la rive droite de le Meuse. La rive gauche quant à elle est dépendante du CTF36 établi à la Citadelle (abri détruit). Ce réseau reliait tous les observatoires, les PC, les IR, les PP, les Forts, le CRA de Fléron et l'aérodrome de Bierset.

3 types de cables (10, 25 ou 50 paires) fûrent utilisés pour tisser ce réseau enterré à profondeur moyenne de 2 mètres, sauf à proximité des observatoires ou des forts ou cette profondeur peut avoisiner les 6 mètres (du fait des possibles bombardements).

Tout ce réseau était relié par :

- soit des chambres de connections (ou chambres de coupures), généralement camouflées en chambres de visite du réseau d'égout toutefois reconnaissable à la plaque en fonte ELKINGTON le refermant, ces chambres permettaient de se relier au réseau téléphonique avec les téléphones portatifs de campagnes (principe illustré dans le film "mais où est donc passé la 7e compagnie"). Certaines chambres bénéficient toutefois de camouflages particuliers tels que des fausses chapelles. Malheureusement, leur recherche n'est pas chose aisée du fait que les plans exacts de leurs implémentations sont soit durs à trouver, inexacts et/ou incomplets. La situation se complique une fois sur place du fait que beaucoup ont soit disparues, soit été recouvertes, soit été réutilisées et la plaque en fonte changée.

Plan d'une chambre de connection :
Image

- Soit des centraux téléphoniques (CTF). 34 de ces abris furent ériges, regroupés en 3 secteurs :

* T.1.L :Téléphones 1ère ligne, situé principalement sur la PFL1 (CTF13 à CTF28)
* T.2.L : situé en gros sur la PFL2 et PFL3 (CTF1 à CTF12)
* R.G : Rive Gauche, situés sur la rive gauche de la Meuse (CTF35 à CTF41)

Les CTF 29, 30, 31, 32, 33, 34 ainsi que le 37 n'existent pas.

Tous sont d'un modèle unique à l'exception des CTF1 et CTF36 (nettement plus imposants) et de quelques abris de 2eme ligne qui furent munis d'une ou deux embrasures pour FM (ils présentent toutefois l'architecture classique des CTF). Ils sont généralement camouflés en maison d'habitation avec parement en brique et fausses fenêtres, ils possèdent quelques fois de fausses toitures. Egalement, certains possèdent des murets de protections selon implémentation de l'abri.

Exemple de camouflage des CTF :
Image Image Image

A titre informatif, le réseau s'étendait bien évidemment au fort d'Eben-Emael qui lui même était relié au différents centres de commandes des destructions du Canal Albert. De même, à l'Est, au niveau de la Position Avancée s'étendait un réseau dit de destruction partant de Visé à Trois-Ponts.

Le réseau a plutôt bien résisté à la campagne des 18 jours de même qu'aux assauts du temps car certaines installations sont toujours en cours d'utilisation à notre époque. Ceci n'est pas confirmé mais il apparait qu'on retrouve régulièrement des taques BELGACOM à l'emplacement supposé de certaines chambres de visites.

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