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Aldebert
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Le cours Bertagna à Bône Algérie - Chapitre N° 63

Lien permanentde Aldebert le 08 Fév 2015, 19:18

Le cours Bertagna à Bône - Algérie

L’emballage, enfin retrouvé, de la pellicule déposée par notre camarade Varin dans un magasin photos à Bône alors qu’il se trouvait le 25 août 1960, en transit vers la Métropole en vue de sa libération, m’amène à évoquer des souvenirs et des impressions concernant cette ville et plus particulièrement le cours Bertagna, à cette époque.


Erratum: A moi comte deux mots!!! C''est Papyl Chaillou qui m'interpelle pour me signifier une mauvaise retranscription de l'information qu'il m'avait auparavant communiquée.; Peut être avais-je bu un p'tit coup d'cid de trop.

En réalité (nous dit Daniel) " J.P VARIN aurait fait développer la pellicule lors d'un passage à Bône, mais pour le compte de Jules LHERBET, VARIN n'a été libéré que 2 mois après (classe 58 1/c ). Il n'était donc pas présent avec nous le 25 Août 1960".

1 - boite pellicule.jpg
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Voici une autre image de la maison Roblédo de Bône

2 - Robledo-Bone.jpg
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En septembre 1957 je suis militaire, je débarque du bateau le Sidi Okba à Bône. C’est la toute première fois que je mets le pied sur la terre algérienne.
Pour qu’enfin je me retrouve ici, il a fallu que je récidive et que je présente à deux reprises, par la voie hiérarchique, auprès du commandant de l’Ecole d’application des transmissions, une demande de volontariat pour l’Algérie. En outre, ai-je bénéficié d’un heureux concours de circonstances afin d’obtenir gain de cause. Sans cette opportunité, je me serais morfondu à Agen jusqu’à la fin de mon contrat. Décidemment le Capitaine Clavier, surnommé « sourire d’acier », ne souhaitait pas me voir traverser la Méditerranée pour rejoindre mes camarades de la 64ème compagnie de transmissions d’outre mer basée à Constantine. Je faisais sans doute partie de ceux, conservés sous la manche du commandement, pour participer à l’administration de l’Ecole. A cette époque les casernes de France se vidaient pour remplir celles d’Algérie. On manquait d’effectifs en Métropole.
Mes lettres de volontariat, conservées dans mon dossier, lues lors d’une inspection par un officier supérieur en charge de débusquer les planqués, ont été déterminantes. « Qu’est ce que vous fichez là" me dit le colonel , je lui rétorque très respectueusement que j’en ignore la raison.
Huit jours ont suffit pour que je débarque sur le port de Bône, heureux et libéré des contraintes qui me pesaient, encaserné depuis 18 mois dans une école militaire. Ma première impression est excellente, je ne suis pas un soldat isolé parmi la population locale mais au contraire entouré d’une quantité importante d’uniformes de différents régiments dont les propriétaires circulent avec ou sans arme, à pieds ou en véhicule de toutes sortes. Je n’ai jamais vu autant d’uniformes à la fois depuis la Libération de Rennes. C’est une impression de liberté que je ressens.


3 - Cours Bertagna.jpg
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Le cours Bertagna à Bône est une large voie ombragée qui, comme la Canebière de Marseille, termine sa course dans l’enceinte du port, aussi est-il aisé pour nous d’y accéder rapidement. Avec Gérard Ferez, mon camarade de détachement, détachement dont l’effectif se compose de deux éléments et pour lequel je suis le chef, c’est la toute première fois que je suis chef de quelque chose, nous entrons dans un café. C’est l’heure de l’anisette qui d’ailleurs est servie à toute heure du jour. Il faut jouer des coudes pour se faire une place au bar. Nous sommes des métropolitains, des Patos, comme nous surnomment les Pieds Noirs, nous n’avons pas encore vingt ans et sommes encore, sans nous l’avouer, un tantinet timide. Sur le comptoir est étalée une grande quantité de petites assiettes contenant des cacahuètes, olives et différentes bonnes choses à manger, la kémia très populaire en Algérie mais complètement inconnue de nous mêmes. Les clients puisent dedans à volonté et grignotent avec satisfaction, tout en discutant avec force gestes, sur une note particulière d’accent. Gérard et moi, ne sommes pas rompus aux us et coutumes de cette région. Malgré une forte envie nous n’osons pas picorer dans les petits plats présentés croyant qu’il est nécessaire de payer un supplément. Quelle belle équipe de naïfs formons-nous. Nous nous en sommes moqués bien après.

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Le soir, à la fraîche, une foule de civils de tous âges parcourt sans pause, arpentant le cours Bertagna. Des groupes denses se croisent à se toucher, tous vont et viennent d’un bout à l’autre du Cours, discutant riant le verbe haut. L’ensemble ressemble à une ruche. Les jeunes aussi sont présents probablement pour draguer, c’est une occasion idéale pour eux. Le soir est tiède, je suis complètement dépaysé, très heureux d’être là.

5 - Bone cours Bertagna.JPG
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Le lendemain est une source de nouvelles surprises quand il faut emprunter le train qui doit nous mener à Constantine. En gare, la locomotive est précédée d’un wagon plat chargé de sacs de sable. Un ou deux wagons de marchandises aménagés en bunkers chargés de soldats en armes sont attelés à ceux des voyageurs. Les wagons de voyageurs, qui rappellent ceux des trains de Western, possèdent un balcon arrière très pratique. Par instant le train roule si lentement qu’il est possible, si on est placé en tête du convoi, de descendre du wagon, satisfaire un petit besoin naturel et remonter par le balcon du dernier wagon.
Les faits qui se déroulent alors, sont pour moi et pareillement pour beaucoup de jeunes métropolitains mis en face des mêmes événements, complètement nouveaux et en dehors de ce que j’aurais cru possible de vivre. Je me le répète, je suis heureux d’être là et d’apprécier les situations nouvelles que je considère comme un avant goût d’aventure. Je ne me soucie pas du risque et de ses conséquences, je n’y pense même pas, la vie au jour le jour me convient parfaitement. Il sera toujours assez tôt pour être confronté à la peur, la gérer ou la subir. Le carcan de la stricte discipline s’est volatilisé, les règles deviennent maintenant différentes. Je viens d’entrer dans un pays en guerre et j’espère bien prendre ma part d’action.

6 - Le cours bertagna vu du port Bone.jpg
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Albert Gilmet


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Dernière édition par Aldebert le 21 Fév 2015, 12:18, édité 5 fois.

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« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ! ». Churchill




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