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Aldebert
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Vie au camp à Bouhamama - Chapitre 12

Lien permanentde Aldebert le 18 Mar 2014, 12:21

Vie au camp

Les relations SAS 1er RA sont bonnes et se présentent particulièrement excellentes pour mon collègue et pour moi surtout avec les sous off de la première batterie commando de Chasse V33. Son mess nous accueille. Il est vrai que Jean et moi ne sommes pas des militaires mais des Attachés des affaires algériennes (civils). Jean de Chappotin s’occupe des taches administratives, il sera remplacé plus tard par Claude Faney et je suis le radio qui transmet chaque jour les messages en morse que je chiffre si nécessaire. Le réseau radio a pour nom Coligny, L’indicatif de ma station se nomme Coligny3, ainsi 13 à 15 SAS du Secteur sont amenées à entrer en contact chaque jour, en deux vacations d’une heure, avec comme station directrice Coligny, hébergée au Service des Transmissions de l’intérieur à la S/P de Khenchela. Ma station est la seule du réseau à transmettre en morse, la configuration du terrain ne permet pas des liaisons radios en phonie.
Il m’arrive de remplacer le radio militaire du 1er RA dans ses fonctions, sans quitter pour autant ma station que je trouve confortable et bien équipée. Il me fournit la fréquence et me communique copie de la carte de codage que j’ai d’ailleurs conservée en souvenir. En revanche, à l’occasion de certaines de mes absences, c’est lui qui me remplace ;
Je n’ai aucune obligation de participer aux opérations de maintien de l’ordre. A l’image de certains de mes collègues civils des SAS en Algérie, je suis pris dans l’engrenage de la camaraderie et ainsi souhaiter faire partie de l’équipe à part entière. Le danger est un stimulant qui n’exclue toutefois pas la peur, j’y prends goût et accuse même en moi comme une absence lorsqu’il disparaît totalement par exemple, quand je suis en congé en métropole. Par contre quand je voyage de nuit en France, je me surprends à m’interroger pendant deux ou trois secondes sur le danger que j’encours à circuler seul sans escorte. Le très court moment que dure cette appréhension et le soulagement qui s’en suit, me fait prendre conscience que sans le savoir je suis soumis à une imperceptible tension permanente.
Ma tenue est militaire et il faut dire que j’arbore fièrement l’insigne des AA quand il s’agit de déplacements vers khenchela où Batna. Une arme de service m’a été affectée avec une autorisation de port d’arme pour la ville, qui va avec, c’est un PA Mac 50. Quand je participe aux opérations j’emporte une MAT49, dans ce cas l’autorisation est inutile.
Dans le cadre de ma vie de tous les jours, je ne suis pas soumis à l’autorité militaire sauf de rendre compte et d’obéir à mon patron le lieutenant Gibier, cette situation me permet de bénéficier d’une certaine liberté d’agir et de pouvoir aller et venir un peu partout sans rendre compte. Je n’ai en fait que peu de contraintes du point de vue de la hiérarchie militaire. Je suis resté 3 ans et demi à BHamama au terme de mon engagement de trois années au titre des transmissions, dont 17 mois furent effectués dans le nord Constantinois, Constantine, El Milia et Djidjelli. Quand je suis arrivé à Bouhamama, j’étais déjà un ancien.
A ma libération je rejoins directement Batna par le train. Je suis accueilli à la SAS de ce secteur par le capitaine Causette des AA. Je passe la nuit dans une chambre très confortable, la première depuis bien longtemps. A mon arrivée, après les présentations d’usage la discussion avec cet officier se porte inévitablement sur les raisons de ma présence, de mes origines en France. Je lui apprends que mon père est employé à la 3ème région militaire des transmissions à Rennes. Très aimablement le capitaine me propose de lui faire passer un mot par son beau père le général Arfouilloux qui dirige justement cette région. Le général Arfouilloux à commandé le 7ème RTA à Mac Mahon, puis il a été nommé Général et a commandé une grosse opération à l'automne 1958 pour détruire le PC de la Willaya 1 dans les Beni Melloul. Le Général de la ruelle, alors jeune lieutenant y participait avec un peloton du 18ème RCC comme guide d'un régiment de paras coloniaux. Il témoigne " La pluie a été incessante et le démontage homérique. J'ai vu deux pièces de 155 qui ont dû rester longtemps sur place. J'ai vu le PC mais vide"

On ne reste pas impunément aussi longtemps dans un secteur sans le bien connaître, sans se faire des relations et sans utiliser les ficelles qui vous simplifient la vie.
A mon arrivée à Bhamama je n’avais pas encore 21 ans. Au fil du temps les relations aidant, notamment avec l’ALAT khenchela et chez des pilotes de la chasse je profite des liaisons par hélico qui se présentent occasionnellement entre Bhamama - khenchela, soit en Bell, en Siko ou en Alouette. L’avantage est certain, rapidité et fréquences des liaisons.
Le vol en hélico qui m’a le plus impressionné ou le moins rassuré fut celui qui, ce jour là, m’amène en Bell, de Khenchela à BHamama. Nous sommes deux dans l’appareil, il vole très haut, il est par moment fortement secoué. Le pilote devinant à ma grise mine ce que je ressens, m’informe qu’il est obligé de prendre de l’altitude et de grimper à environ mille mètres par rapport au sol par mesure de sécurité. Il faut éviter d’être pris pour cible par des tirs possibles de rebelles, or nous traversons une région montagneuse dont les sommets s’élèvent déjà à plus de 1500 mètres. Ce petit hélico me donne l’impression de ne pas avancer et de mouliner sur place. Je suis soulagé quand je distingue au loin, s’approchant très lentement, trop lentement, le camp militaire et voir ensuite apparaître la DZ du Bordj.
Lors d’un déplacement à Khenchela, je fais connaissance d’un pilote de T6 qui me dit « Si tu le souhaites, occasionnellement, je peux te ramener à Bouhamma dans mon taxi ». Moi j’en rêvais. Il poursuit «Mais il faudrait auparavant que tu fasses en sorte qu’il me soit permis d’atterrir sur la piste car elle est pour l’instant interdite à nos zincs»
Sur le moment, je pense « il me prête des pouvoirs et une autorité que je n’ai pas » toutefois je fais en sorte de préserver les apparences. Je réponds donc très évasivement.
Il me montre alors des balles, cadeau des fell et me demande mon avis. Il les a extraites du train d’atterrissage de son appareil. J’étais un fantassin, donc sensé connaître tous les projectiles tirés par les fantassins.
Ils sont vraiment sympathiques ces pilote et sans manières. Ils sont spectateurs installés aux meilleures loges pour voir évoluer vu du ciel les troupes au sol. Ils sont à même de constater combien le fantassin en bave des ronds de chapeau. Ils sont compatissants et ne ménagent pas leurs efforts pour sortir le biffin d’embarras en prenant parfois de grands risques.

Il est vrai que l’atterrissage sur la piste de Bouhamma a été interdit aux avions de chasse hors opérations, par suite d’un événement tragique qui est survenu peu après mon arrivée.
Ce jour là, mon patron me demande de l’accompagner, nous nous dirigeons en jeep vers la piste ou un T6, qui a crashé, achève de se consumer, le Cdt Toth est sur place avec d’autres officiers.
Un militaire du service médical, peut-être le toubib, extrait le pilote de la carlingue. Le malheureux est entièrement carbonisé, il se présente totalement noir, dans une position assise, il est réduit à une taille d’enfant. Je reconnais à peine la forme d’une tète.
La piste est insuffisamment sécurisée. Au moment de l’atterrissage de l’appareil, un bourricot traverse la piste et lui fait obstacle, c’est la catastrophe qui se produit.
Toutefois, lors de grandes opérations, la piste accueille de nombreux avions et durant ces périodes particulières, le trafic aérien est géré par l’armée de l’air.
L’occasion de voler en T6, ne s’est alors plus jamais présentée pour moi, elle s’est définitivement envolée.

Albert René Gilmet

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