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Aldebert
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1er RA - Le djebel Arhane - août 1960 - Chapitre 8

Lien permanentde Aldebert le 16 Mar 2014, 23:30

Le djebel Arhane

Le 31 août 1960, le commando de chasse V33 de la 1ère batterie du 1er RA, se met en route. Il faudra marcher de nuit, en direction du Djebel Arhane, objectif effectuer un bouclage dans le cadre d’une opération menée avec le 2ème REP et d’autres unités. Le djebel Arhane est situé entre l’extrémité ouest de la chaîne du Chélia et la forêt des Benis Melloul.
Enfin arrivé sur le théâtre des opérations, au lever du jour, le piper observateur repère et signale 2 HLL, obligeant les deux sections à modifier leur trajectoire de marche en dérivant sur la gauche pour se diriger droit sur eux.
Avec le recul, Roger pense que les deux fells se sont montrés à dessein pour les attirer dans un guet apens, vers une place bien défendue par eux.
Les sections sont sur l’instant légèrement dispersées au moment de franchir un endroit difficile. La première section parvient au seuil de ce qui pourrait ressembler à un oued à sec aux rives très escarpées qu’il faut franchir. Pour le traverser il faudra descendre le versant qui se présente alors, pour gagner l’autre versant et l’escalader.
Le terrain est caillouteux, chaque pas déplace des fragments de pierres qui roulent sous les pieds rendant la progression difficile et trop bruyante.
Le Mdl Roger Duprieu, du contingent, chef de groupe se prépare à poursuivre la marche vers la descente avec le chef de section et deux ou trois camarades. Le reste des sections suit à plusieurs mètres, quand tout à coup, en pleine progression, un feu nourri dirigé vers elles surprend l’avant-garde de la troupe très exposée, soudainement clouée au sol, alors que le terrain n’offre qu’une faible protections pour s’abriter.
Tous se plaquent au sol, se rendant le moins visibles aux tirs des HLL. Il ne faut pas bouger d’un poil, chaque geste est étudié pour ne pas se présenter comme cible aux tireurs, bien installés cachés derrière les rochers, en surplomb, ne relâchant pas leur attention. Au moindre mouvement ils ajustent leurs tirs. Cette situation perdurera ainsi toute la journée, malgré l’intervention des avions de la chasse.et de l’artillerie
Dès le début de l’engagement, le chef de la 1ère section, le Lieutenant Danchin est blessé à la tête. Il continuera malgré tout à distribuer ses ordres en s’exposant au mépris du danger. Il reçoit très rapidement une seconde balle qui le tue. Son adjoint, le Mdl Piton est blessé.
Comprenant qu’il était trop exposé en raison de nombreux impacts qu’il apercevait tout autour de lui, le Mdl Roger Duprieu saute en direction du lit de l’oued. Il se retrouve en bas, indemne après avoir effectué un roulé boulé. Il tient son pistolet mitrailleur à la main, il n’a pas eu le temps de ceindre la bretelle et son arme lui échappe. Il ne peut la récupérer. Il conserve son sang froid. Il est à la recherche d’un abri pour se dissimuler. Il en découvre un, situé sur le flanc gauche du groupe HLL. Ceux ci ne peuvent pour l’instant l’apercevoir. Il demeure là, immobile toute la journée sous les éclats d’obus et de roquettes des avions.
Le soir venu, à la nuit tombée, c'est le moment propice pour les fells de sortir de leurs caches. Discutant entre eux, remontant l’oued, Roger les entend s’approcher de lui. Il n’a pas d’autre choix que de courir devant eux. Sa course provoque quelques bruits qui le font repérer malgré la nuit. « Rends-toi tu es pris » lui crient t’ils. Cette invite est accompagnée de quelques rafales d’armes automatiques. Pour courir plus vite et garder son agilité, Roger se débarrasse de son sac a dos. Il trouve enfin un arbuste sous lequel il se cache et reste immobile et recroquevillé. Les HLL passent tout prés de lui sans le remarquer. Durant une bonne partie de la nuit Roger entend les tirs ininterrompus d’armes légères, fusils mitrailleurs et de nombreux cris (sans doute la légion qui donne l’assaut). C’est une opération d’envergure.
.
Il entend aussi au loin ses camarades et le Lieutenant Knecht de la 2ème section qui l’appellent. Il ne répond pas car il pressent que les HLL sont encore dans les parages. Il vaut mieux tenir que courir, il y va de sa vie.
Angoissé, fourbu et le ventre creux, Roger s’assoupi. Quand enfin il voit le jour se lever, il sait qu’il est sauvé, que le cauchemar est terminé. En effet, il aperçoit au loin des soldats qui se dirigent vers lui, il va à leur rencontre en agitant ostensiblement un mouchoir blanc. On ne sait jamais, il ne faudrait pas qu’on le prenne pour un fell. Ce sont des gars du 2ème REP qui lui indique la position actuelle de son unité à un endroit distant d’environ un kilomètre. Ces camarades l’accueillent avec grande surprise et bonheur de le voir vivant. Roger était déjà compté parmi les morts ou disparus.
Quand il se rendait en opération Roger me disait qu’il portait habituellement deux grenades. Ce jour là, il n’en avait pas. En aurais-je fais usage, me dit-il, quand je me suis vu acculé à la recherche d’une cachette ? Même question pour son arme individuelle. Si je l’avais eue, comment aurais-je réagi. Que se serait-il passé dans cette éventualité ?
Il me dit avoir beaucoup prié pour l’aider à sortir indemne de cette situation.
De retour au camp de Bouhamama il a regagné sa chambre qu’il partage avec deux autres camarades le Mdl Escribe et le B/C Billoré, tous deux tués le même jour.
Après sa libération, certaines nuits lui ont fait revivre bien des cauchemars.

Roger n’a pas été inquiété pour son arme perdue et son sac abandonné. L’arme a d’ailleurs été retrouvée plus tard et de toutes façons, le capitaine Gros commandant la B1 ne lui a fait aucune remontrance.

Roger a été cité. C’est après avoir été libéré que les gendarmes sont venus lui apporter à domicile la bonne nouvelle avec preuve à l’appui.


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En ce funeste jour du 31 août 1960, Maurice Hernaert fut le quatrième soldat français qui tomba au cours de cette opération. Il avait été muté à la harka n°13 rejoindre le chef Fertig comme tireur FM.
Il est enterré à Ronc 59. Concernant la photo ci-dessus, il doit s'agir de sa dépouille et non celle du Lt Danchin, car portée par des hommes de la harka N°13, unité dont il faisait partie.
Nous devons cette précision à Gégé Duprieu et à Yvon à Demigné.

Photo ci-dessous Maurice Hernaert, premier plan, avec harkis.
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Brigadier chef - Daniel, Alexis Billoré - Tué opération Djebel Arhane 31 août 1960
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Raymond Escribe - Mdl tué le 31/08/60 - Inhumé à Lavaur Tarn.
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Gauche à droite - Roger Duprieu - Jean Marie Alain - Maurice Hernaert (Quand Maurice était à la 2ème section)
Roger Duprieu Gauche - Jean Marie Alain centre tireur FM.jpg
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Photo Yvon Demigné


INFORMATIONS SUR LE LIVRE DE GUY PITON

Voici un témoignage qui pourrait nous éclairer sur l’origine d’une légende. Comment elle se battit à partir de la trame d’un évènement authentique, aussi modestes que soient les protagonistes et les faits qu’elle évoque.
Ainsi, l’ouvrage de notre camarade disparu Guy Piton, nous en fait la démonstration à la page 234 de son livre sur l’Algérie.

Dans le texte ci-dessus sont retracés des faits réels, vécus et racontés par celui qui en a été, dirons-nous, le héros.

Voici, ci-après le récit raconté par un témoin qui a aussi participé à l’évènement au Djebel Arhane mais qui pour une raison inconnue a dramatisé et a largement brodé, souvent à son avantage.


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Les erreurs relevées sur le présent événement.

Guy Piton était Mal des Logis au même titre que Roger Duprieu qu’il nomme dans son livre Robert Dupraz et qu’il désigne comme son second chef de pièce. Roger Duprieu ne pouvez pas être chef de pièce puisqu’il était chef de groupe.

Le nom du lieutenant Knecht se termine par un T, il ne devait pas l’ignorer.

Roger Duprieu à passé une seule nuit entouré de fells et c’est bien assez. Guy piton en ajoute 17 pour donner de l’importance à son récit mélodramatique. Même si la nourriture au mess n’était pas toujours excellente, Gégé la préférait aux racines et à l’herbe fut-elle à fumer.

Gégé n’a pas été retrouvé mais il s’est retrouvé lui-même, choqué cela est certain, qui ne l’aurait pas été en de telles circonstances.

Complètement détraqué et marqué à vie écrit l’auteur du livre … pourtant Gégé a poursuivi une carrière dans les sapeurs pompiers de Mont de Marsan où il termina Capitaine.

Le livre, à compte d’auteur, de Guy Piton se retrouvera certainement dans un rayon d’une bibliothèque et deviendra un témoignage. Ainsi certains se pencheront sur les malheurs de ce pauvre Robert Dupraz, personnage de fiction, devenu un héros détraqué à jamais.

Combien de récits, témoignages, imprimés dans des livres, mériteraient d’être corrigés !

Un chapitre sera consacré aux erreurs relevées sur le Livre de Guy Pitons, elles seront corrigées par des témoins, sans offenser la mémoire de l’auteur, tous simplement pour rétablir la vérité

Fichiers joints
Dernière édition par Aldebert le 30 Mai 2015, 19:20, édité 28 fois.





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