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Aldebert
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La SAS de Bouhamama Aurès - Chapitre 2

Lien permanentde Aldebert le 11 Mar 2014, 00:20

Section Administrative Spécialisée de Bouhamama

Un Bordj qui abrite la SAS est construit en 1958, la population de trois douars, sous l’appellation « Ouldja – Chélia – Mellagou », est regroupée à proximité de celle-ci, le tout inclus à l’intérieur du périmètre du grand camp militaire. Le Lt Gibier en est le second chef de SAS, après l’adjudant Falguière adjoint du Capitaine Lerol, en place depuis juillet 1958. Les adjoints officiers, les S/Lt Glon-Villeneuve puis S/Lt Lartigue EOR appelés, se succèdent au rythme des contingents, un troisième dont j’ai oublié le nom mais que nous surnommions Pégase n’a fait qu’une très courte apparition, Il a été déclaré forfait. Un s/off, le sergent Verdi, lui aussi ne resta pas très longtemps. Le dernier en date, fin 1961 fut l’Adjudant Flokorvski dit Floko un militaire de carrière, un ancien des affaires indigènes parlant couramment l’arabe. Il avait été chef de la Harka de Tazouguert et on disait de lui qu’il était responsable avec sa harka de la mort de Amar Rafal, un célèbre chef rebelle. Nos amis du 18ème RCC contestent la présente version et attribuent cette victoire à une de ses unités. Il est certain que le 18ème RCC fut très présent dans les Aurès-Nemenchas.

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Les 30 Moghaznis qui constituent l’effectif du Maghzen de BouHamama, ont pour fonction d’assurer la protection de la SAS. Ils vivent avec leur famille dans des logements neufs récemment reconstruits. La protection dont ils ont la charge n’est pas nécessaire, la SAS étant édifiée à l’intérieur du camp militaire, ce qui est une exception. Le Maghzen devient alors Maghzen opérationnel ce qui est aussi une exception. Pour administrer la population le chef de SAS est assisté d’un garde champêtre pour chaque Douar. MM. Afoufou pour Mellagou - Si Ahmed pour Chélia et Bélounes pour Ouldja.
Les vastes territoires des régions avoisinantes qui entourent Bhamama, la chaine du Chélia, Le Tamza, les Benis Melloul, et bien d’autres sont déclarés « zones interdites. »
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M'Barek, le chibani, Moghazni qu'on appelle aussi el Hadj bien que n'étant pas certain qu'il ait fait le pèlerinage, était, dans sa jeunesse voleur de bétail. Il connaît la région dans ses moindres recoins. Malgré son âge avancé il demeure un infatigable marcheur. Il reste bon guide, il participe aux opérations et crapahute encore gaillardement.

Une école à Bouhamama.
Elle accueille tous les enfants, mais elle est surtout fréquentée par ceux des harkis et des Moghaznis. Deux très jeunes instituteurs venant directement de Métropole, Gérard Palau et Sylvain Déraco enseignent aux enfants que les ancêtres des Chaouïas étaient des Gaulois. Des animateurs FSNA originaires d’Alger et d’Oran encadrent les jeunes pour la pratique du sport en dehors des heures de classe : Choukri qui est bachelier, Tayeb, et…le nom du troisième est oublié.

Le planton du Lieutenant Gibier, Bachir de la famille des Saouli, à ma grande surprise me dit un jour « Moi je suis un descendant des Romains » tiens donc !

Construction de l’école et des logements Moghaznis
Construction cité Moghaznis, école 1959-60.jpg
Construction cité Moghaznis, école 1959-60.jpg (113.79 Ko) Vu 1314 fois



Assistance médicale gratuite.Création d’une AMG
Le médecin militaire du contingent se nomme Bourot ou Boureau, son patronyme reste, bien entendu, sans rapport avec son activité. Parmi les soins qu’il dispensait à la population civile, Il a mené, avec succès, une intervention chirurgicale au bénéfice d’un enfant d’un douar, lui libérant un de ses testicules, demeuré à l’intérieur. Grande joie du père, c’est certain. Ce médecin a été le premier, à diagnostiquer une épidémie de Typhus qui se préparait. Pour ce motif, son supérieur, le médecin capitaine de Khenchela, est récompensé de la valeur militaire. Une vaccination générale est pratiquée, la SAS n’y échappe pas, l’injection du vaccin produit l’impression d’une forte brûlure très passagère. Le successeur du médecin Bourreau sera le S/Lt Gagnereau ou Ganereau, un pied noir. Des équipes itinérantes de l’assistance médicale gratuite, sillonnent le secteur. Elles disposent de camions de la croix rouge française, des Simcas bien équipés pour apporter des soins à la population adulte. Elles assurent aussi le suivi médical des enfants et le dépistage des maladies en général.

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Photo: Douar Ouldja – Garde Champêtre Bélounes

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Des logements pour les familles des Harkis et des Moghaznis, sont, somme toute, assez rapidement construits. Des habitants déplacés bâtissent des maisons dans le nouveau village. Celui-ci se garnit peu à peu de quelques modestes commerces. Le tailleur est celui qui est le plus fréquenté par les militaires. Ils viennent faire retailler les jambes des pantalons de treillis, considérées toujours trop larges. Un café maure, où il est impossible de consommer un thé non sucré, 10 centimes le verre, expose sur un des murs intérieurs, la photographie du cadavre d’un chef de la rébellion. Pour l’exemple.

Constructions de dépendances à la SAS et Plantations.

Le lieutenant Gibier décide de faire planter plusieurs centaines d’arbres eucalyptus en terrasse, à proximité du Bordj. (Sur la photo ci dessous, on distingue parfaitement les trous prêts à recevoir les arbres) Le sol est très dur et rocheux. Il faut creuser de profonds et larges trous, les combler avec quantité de terre franche. Cette initiative de mon patron sera récompensée par l’attribution de la médaille du mérite agricole. Un joli mur de soutènement, en pierres de taille, est élevé tout autour des plantations. Deux potagers traversés par une séguïa sont aussi créés, un pour la SAS l’autre pour les Moghaznis. Des Moghaznis avaient profité de l’occasion pour cultiver en cachette du haschisch en petite quantité. L’herbe découverte sera détruite et le Moghazni tancé vertement pour la forme. Il en cultivera plus discrètement ailleurs.
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Chaque convoi en provenance de Khenchela nous amène, ciment, poutres, tôles en fibrociment, tous les matériaux nécessaires pour bâtir, persuadés que nous sommes installés ici pour une éternité. En 1958 /1959 la SAS et ses dépendances sont des chantiers permanents. Le magasin d’habillement, ma station radio, nos locaux en rénovation occupent des maçons du village, encadrés par Saïd le professionnel qui a fait son apprentissage chez des artisans de Lyon. L’administration crée des emplois, c’est connu.


La SAS est équipée d’une jeep Delahaye qui sera remplacée en février 1961 par une Willis. La jeep française ne fut pas un exemple de qualité, une véritable usine à gaz qui cumulait les pannes. Elle contenait 25 litres d’huile moteur. La SAS possède aussi un camion Renault 2,5 avec lequel je transporte parfois 12 Moghaznis pour assurer une escorte, je l’utilise aussi pour mes recherches sur un site de fouilles romaines. Je ne possède pas encore de permis de conduire je l’obtiendrai en octobre 1960. Il est rare de voir ici un gendarme régler la circulation et verbaliser sur les routes ou les pistes, je conduis donc serein…. quand bien même il y en aurait !
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La fée électricité n’est pas encore arrivée à Bouhamama. Le Bordj fait fonctionner un groupe électrogène puissant, pratique mais les pannes sont fréquentes. Il est bruyant, les pétarades du diesel dans notre cour fermée qui fait écho nous indisposent. Lors d’une mise en route j’ai failli me faire casser le bras par un retour de manivelle. Las du bruit et des problèmes de réparation, le Lt Gibier obtient du Cdt Toth l’autorisation de brancher nos quartiers sur le groupe du bataillon.
L’eau potable pompée dans une source à proximité en contrebas, est stockée dans des réservoirs. Elle arrive à l’évier, au lavabo ou à la douche, en un seul geste sur le robinet. C’est magique quand on considère l’environnement et les conditions de vie de l’ensemble des hommes du camp.
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Après l’indépendance, il est intéressant de noter, que la nouvelle implantation de cette cité, choisie par la France, pour les raisons évoquées ci-dessus, a été pérennisée par le nouvel Etat algérien. Elle est devenue la principale petite métropole du secteur, elle a prospéré, elle s’est agrandie sans commune mesure avec ce qu’elle était auparavant. Avec la disparition des zones interdites, l’agriculture s’est imposée, a été multipliée partout où le relief le permettait. La ville est appelée aujourd’hui Tarzout, du nom du petit djebel qui la jouxte au sud, là où s’effectuaient les exercices de tirs. Il ne peut en effet y avoir deux Bouhamama. L’ancien Bouhamama des contreforts n’a guère grandi, il est demeuré pratiquement tel qu’il était avant l’indépendance. Avec Google on peut découvrir des exploitations agricoles installées dans toute cette région. La culture de la pomme est importante, elle est actuellement célébrée par une fête annuelle. (Google Earth 35°19’18‘’06 N - 6°45’12’’79 E)
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méchoui Aïd el Kebir Cdt Toth 3è partant de la gauche.jpg (117.79 Ko) Vu 1249 fois

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Dernière édition par Aldebert le 11 Avr 2017, 19:22, édité 9 fois.





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