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Aldebert
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11 mois chez les bérets noirs - Chapitre 76

Lien permanentde Aldebert le 12 Déc 2015, 12:45

Commando V33.jpg
Commando V33.jpg (110.03 Ko) Vu 1485 fois

« 11 mois chez les bérets noirs » c'est le titre du livre écrit par un ancien sous officier des commandos de chasse V33, du 1er Régiment d’ Artillerie stationné à Bouhamama, Aurès, pendant la guerre d’Algérie. Trop d’événements relatés dans ce livre relèvent de la fiction ou de la pure imagination de l’auteur qui apparemment souhaite se présenter comme le héros d’un roman. Ses descriptions sont en général exagérément dramatisées, enflées, souvent inventées les tirant toujours à son avantage. Ce livre n’aurait aucune importance s’il avait été classé parmi les romans de fiction mais son auteur a la prétention de le présenter comme un témoin de l’histoire, un devoir de mémoire. C’est pourquoi des anciens du commando V33 dont il est question, ont souhaité que soit dressée une liste (non exhaustive) des inexactitudes et fantaisies qu’ils ont été amenés à relever dans le texte.
C’est une opération délicate qui n’a pas pour objet de nuire à la mémoire de l’auteur Guy Pitton décédé depuis quelques années. Elle pour but de rétablir dans sa plus possible vérité, la réalité de certains faits évoqués et pour d’autres d’en signaler l’inexistence. Par son livre, l’auteur a laissé, aussi modeste qu’il soit, un message à la postérité, ainsi ceux qui en ont pris ou qui en prendront connaissance n’auront pas été correctement informés. Déjà beaucoup d’anciens du 1er RA ont acheté ce livre sans savoir qu’ils allaient lire des contre vérités, voire des affabulations.
Il faut savoir que dès 1959 l’armée française avait prévu de remplacer le traditionnel calot de l’infanterie par un béret de couleur noire. Cette modification se fera très progressivement, ainsi les premières unités qui en auront été équipées auront été celles des Etats major, des commandos de chasse, unités spéciales et d’autres sans doute. La couleur ne devait pas avoir de signification particulière sauf celle de représenter l’infanterie. En même temps la troupe avait été interrogée sur le modèle d’insigne qui serait épinglé sur ce béret. Des suggestions pouvaient être déposées à tous les bureaux de commandements.
En préambule du chapitre Bouhamama, « Commando de chasse », l’auteur évoque son passage à la citadelle de Djidjelli.
(Page 25)
Il est jeune, il a vingt ans 20 ans il n’a pas beaucoup d’ancienneté mais il cumule les fonctions de sous officier d’ordinaire, d’armurier, de comptable, il est le représentant de l’officier de détail, un Colonel et il a un chauffeur. C’est beaucoup de responsabilités pour un jeune appelé. Il ne précise pas le nom du régiment de son affectation, dont il décrie aussi bien l’encadrement, les anciens d’Indochine « Armée gangrénée et pourrie » que les cuisiniers qu’il présente comme des planqués.

Il présente Djidjelli comme une ville aux attentats quotidiens.
Pure coïncidence, j’étais moi-même, détaché aux transmissions du secteur de Djidjlelli, d’avril à novembre 1958, présent dans la même citadelle, pris en charge par le 4ème RIC (RiMa). L’auteur devait y être présent environ un semestre plus tard. A cette époque la ville était calme et le 4ème RIC était encore présent.
Dans leur ensemble, les situations qu’il décrit ici mais aussi durant tout le cours de ce roman, sont poussées à l’exagération voire imaginées.
Au départ de Djidjelli, les liaisons avec Constantine s’effectuent normalement. Il est possible d'emprunter la servannaise (caboteur) Navire de 500 tx ayant deux faux-ponts, avec des cabines aménagées, effectuant des transports de passagers, mais aussi de messagerie. Ce n’était pas une coquille de noix comme le prétend l’auteur et de plus c’est un moyen fort agréable pour voyager. La route de Bougie vers Sétif en passant par Souk el Tenine, les Gorges de Kerrata, certes n’est pas très sûre mais les convois sont bien protégés et le secteur n’est pas contrôlé, par le FLN comme il l’assure. J’ai effectué plusieurs fois ce trajet en 1957/58 sans rencontrer de difficulté.
Suite à sa mutation au 1er RA, l’auteur quitte Djidjelli pour Bouhamama. Pour s’y rendre il emprunte la Servanaise, qui embarque à son bord, ce jour là, 500 passagers. Départ 20 heures, vers Philippeville, arrivée 11 heures plus tard. Là il gagne la gare de cette ville avec, écrit-il son barda et son arme sans munitions Je suis surpris d’apprendre qu’un militaire muté dans autre régiment conserve son arme. C’est réglementairement sans arme qu’il se présentera dans sa nouvelle unité, là on lui en affectera une autre. Quant à voyager en mission, individuellement, empruntant le train ou l‘autocar avec une arme sans munitions, à cette époque en Algérie, c’est tout à fait inexact.
Durant son voyage en chemin de fer, de Ph/ville à Constantine, tous les cas de figures d’aléas possibles surviennent. Il est assis entre deux Kabyles ???... portant fruits et légumes dans une odeur écœurante. Le train se fait canarder au fusil de chasse par de modestes tireurs isolés…comment pouvait-il le savoir. Une mine est déposée au milieu du rail bien en vue ???...une draisine en tête de convoi ???...faux ! C’est un wagon fortifié et armé. Chaleur torride dans le wagon ???...début octobre.
Sur la frontière Tunisienne les différents secteurs où il est passé sont tous les soirs, pilonnés par l’ennemi. (en 1958)
Page 29
Pour se rendre de Batna à Khenchela, la route asphaltée est sûre, on ne se déplace pas obligatoirement en convoi, les T6 sont occupés ailleurs. Elle est libre de circulation le jour après l’ouverture de route du matin. Il n’existe pas d’horaires de convois fixés à la dernière minute pour tromper l’ennemi !!! Comme pour son voyage PH/Ville – Constantine, notre ami est soumis à de dangereuses épreuves, fatalité, mine sur la route goudronnée qui explose sous un half-track. Non ! Pas de mine sous le goudron, pas de half-track d’escorte sur cet axe principal, à la rigueur un scout car.

Sa description du bordel de Khenchela est rocambolesque. Les filles affreuses (Faux). Les officiers le matin, les autres après midi, hiérarchie oblige dit-il. Cet établissement n’est pas un BMC donc sa gestion n’est pas directement soumise à l’autorité militaire .

Pages 37/38
Quand il s’ébranle, le convoi ne prend pas la piste immédiatement après son départ de Khenchela. Il se dirige d’abord en direction Batna, passe Edgar Quinet et c’est à qqs Kms après cette ville qu’il emprunte à gauche la piste vers du col de Fedj. Un convoi qu’il estime à 80 véhicules, compte tenu de la distance réglementaire de sécurité entre chaque camion ne peut pas être seulement long de 600 mètres. L’auteur dit être parti de Djidjelli avec une arme sans munition, il note maintenant qu’il n’en a pas et espère en obtenir une en arrivant au poste. La description du harcèlement contre le convoi est encore née de son imagination, pour la bonne raison qu’il n’y a jamais eu d’attaque convoi entre Fedj et Bouhamama, de fin 1958 à 1962. (Epoque où j’y étais, confirmé par D.Chaillou)
L’auteur fait parler le chauffeur du convoi« je ne connais pas les cons qui commandent la brigade mais pour chaque voyage c’est la même chose…. » Puéril !
Ensuite il donne son opinion qui est faite «…sur un grand nombre d’Officiers, qui, par facilité sur le terrain ou derrière leur bureau tombent dans une routine outrancière » « j’ai encore en mémoire ce capitaine qui grimpait toujours sur le même rocher qui un jour a été miné, il a fallu le ramasser à la petite cuiller » Il n’est pas tendre pour la hiérarchie alors qu’il tentait de se rapprocher d’elle à toutes occasions.
Il arrive à Bouhamama où, dit-il, sont basés un détachement du 1er REI (faux), une compagnie du Génie (non !) seulement qqs éléments pour l’aménagement de pistes. Un détachement du train (Faux) des transmissions (Faux) une brigade de Gendarmerie (Faux).
Il est à noter que, ponctuellement, à l’occasion d’opérations de secteur, un grand nombre d’unités pouvaient être présentes en même temps à Bouhamama. Cette situation se répétait environ une fois à deux fois l’an pour un temps très limité.
La première batterie (compagnie) où il est affecté, compte écrit-il un effectif de 700 bonhommes - Faux ! La première batterie comptait à Bouhamama cinq sections – La une et la deux composées d’appelés, les deux autres étaient composées de Harkis. Ajouté à cela la section dit de commandement et services. Effectif maxi 180 à 200 bonhommes, quand le tout était au complet –

Page 39
Comme par hasard à son arrivée à B/Hamama, le camion du convoi dans lequel il se trouve, l’amène directement devant le bureau du capitaine de la 1ère Bat (faux), qu’il dit s’appeler « Petiot » faux, il s’appelle en réalité, Capitaine Gros, « il est justement sur le seuil» Faux le capitaine Gros est avec ses hommes en protection de convoi « Tout de suite sa taille ridicule me choque » (puéril)
Ce grand anonyme du moment parvient le soir même de son arrivée à être reçu par un officier qui l’informe immédiatement sur son affectation, fonction, lui précisant qu’il remplace, comme adjoint au chef de section, son prédécesseur blessé hospitalisé en attente de rapatriement.(archi faux)
Son prédécesseur n’est pas à l’hôpital puisqu’il n’a jamais été blessé, il se nomme MdL Pontgibaud. Il était libérable.
L’auteur poursuit « Je n’ose pas poser des questions sur la gravité de la blessure du susnommé et sur les conditions dont celle-ci est survenue. Pour le moment il m’intimide encore, bien vite je vais le mépriser " (Le Capitaine)….etc »
« Je prends congé, mal à l’aise (de cet entretien, je m’étais fait une autre idée d’un capitaine de commando et de l’amitié entre officiers et s/officiers...etc. » En l’espace de quelques minutes il a jugé et condamné un officier sans le connaitre alors qu’il n’y a pas eu d’entretien.
Dès son arrivée il dit occuper une chambre particulière qui était auparavant affectée à un sous officier de carrière, du nom de Davancard qu’il est sensé remplacer. (Davancard est inconnu au commando).

Page 45/46
Concernant le mess l’auteur nous conte car c’est un conte « …J’appris par mes compagnons qu’en principe les brigadiers ADL étaient autorisés à prendre leurs repas On me voyait arriver avec plaisir car depuis la blessure de mon prédécesseur (il insiste), dix jours déjà, ils étaient treize à table et comme tout bon Français ils étaient superstitieux » Invention puérile
En réalité tous les Brigadiers/chef, ADL ou pas, prenaient leurs repas au mess. Il y avait plusieurs tables. Ainsi l’auteur, appelé du contingent, déjeunait à la table des sous off de carrière (Chef Fertig – le chef Letellier – Chef Labouze . La table de treize n’existait pas. Il y en avait au moins trois occupées par – MdL Catelin - Mdl Chaillou – MdL Chauvelot MdL Duprieux– B/C Dupoux – MdL Lacroix – MdL Malmouche - B/C Lerbet - SAS Gilmet et de Chappotin – Instr Palau et Déraco.
Il en remet une couche pour expliquer, avec force description, l’origine de la blessure du nommé Davancard pour en fin de compte décrier la hiérarchie mais aussi le pseudo blessé.

Loustalot ??? n’a pu lui dire que la coutume voulait qu’un apéritif était prévu en son honneur. Pas de coutume, pas de caisse noire, jamais d’apéritif à l’arrivée.

Page 48
Lors de son arrivée au mess le MdL Pitton n’a fait l’objet d’aucune présentation. Il est entré sans un salut et est allé se placer directement à la table des chefs de sorte que les autres sous/off ont pensé qu’il était engagé et non appelé.
Dire que plus tard il aurai la possibilité de détenir dans sa chambre à la fois PM, MAS54 et USM1 de manière à lui laisser le choix de l’armement en fonction de l’opération.(FAUX). Seulement une arme à la fois.
En retour d’opération, sautant des camions, les hommes du commando et harkis ne se rangeaient pas immédiatement attendant l’ordre de s’en aller . Tous fatigués, le chef de section les laissait regagner directement leur chambre et c’est heureux.
La description qu’il fait des baraquements et des chambres occupés par les Sous/off de la B1 avec croquis est fantaisiste.

Page 49
Il est présomptueux de sa part d’affirmer, qu’un MdL, en l’occurrence lui, à peine arrivé puisse prétendre d’entreprendre des réformes à la Première Batterie. La solide amitié qu’il dit avoir bâti auprès de ses collègues ne s’est jamais vérifiée, il était plutôt solitaire.
Ses explications contredites ne le gênent pas : page 37 une batterie=700 hommes, page 49 c’est 116 hommes. Cette dernière version est plus vraisemblable.
Il cite Pierrot, le serveur du mess Faux. Le serveur se nomme en réalité Patrick et on l’appelait Patou.
Le sous lieutenant Vernet chef de la 2ème section est inconnu au Bataillon! et bien d’autres noms qu’il cite à profusion.

Page 66
L’auteur prétend passer une revue d’arme (Faux)
Il écrit « Mes amis m’apprennent que la Légion possède un BMC qui hélas est interdit aux autres régiments. Les femmes sont renouvelées, parait-il à tous les convois. » Comme du bétail ! Pure invention.
La légion n’est pas à demeure à BouHamama, donc pas de BMC et les femmes restent bien au chaud ou au frais, à Khenchela. Pour crédibiliser cette contre vérité l’auteur s’appuie sur le fait qu’à l’occasion de très grandes opérations, le BMC accompagne les bagages de la Légion quand ils sont en nombre. La légion passe à Bouhamama une à deux fois l’an maxi pour une durée de 2 à 3 semaines. Le BMC est ouvert à tous les militaires qui montrent patte blanche, Business oblige.




Page70 – Le Lt Vigier n’a pas été libéré en janvier 1960 car en septembre il était encore à B/Hamama
- Visite dans sa chambre de l’officier PSY – (invention)

Page 72 – description fausse, de plus il ne peut suggérer au Lt de laisser filer la 3

Page 73 – [i]« Vigier qui, sentant sa permission proche, semble
(il n’est pas sûr) me passer un peu (pas tout) les consignes » – Faux

Page 80 – l’auteur décrit un accrochage avec beaucoup d’erreurs pour la bonne raison qu’il n’y a pas participé. Chef de section S/Lt Danchin et non Vigier, pas de grotte pas de mitrailleuse pas de neutralisation de cette arme par
Mariettaz qui reste encore gêné d’avoir été cité dans ce chapitre imaginé de toutes pièces.

Page 79 – chapitre inventé.

Page 89 – Chapitre « Chef de section » Pitton n’a jamais été Chef de section seulement adjoint.

Page 90 – Ce jour là ce n’est pas MdL Pitton qui est adjoint mais MdL Chaillou

Page 91 – Le brigadier chef Bidoret se nomme en réalité Billoré « Renucci mon radio qui se tient près de moi » Faux, il se nomme Pochet

Page 92 – L’ordre de faire feu qu’il dit donner en opé est en réalité commandé par le S/Lt Danchin – Ce n’est pas deux FM mis en position mais un seul. La description qu’il fait de l’accrochage est une fois de plus Hollywoodienne. Il multiplie les rebelles tués, de 7 il en déclare 16.

Page 94 – Les caisses de bières qu’il prétend avoir obtenues pour « ses troupiers » ont été données spontanément par le Cdt Toth.

Page 97 – les deux photos présentées à cette page sensées être « un des quatre miradors de bouhamama » et « une section du génie d’Henri Bugnand en pleine construction. » n’a rien à voir avec Bouhamama.

Page – 99 – La photo représentant « Vue partielle du village d’Arris détruit par bombardement » …une hérésie. Arris est plus qu’un village, c’est une ville et n’a heureusement pas été bombardée.
Avec le plan du camp de Bouhamama que notre ami a esquissé, un chef de section ne retrouverait pas ses hommes. Il a inventé un emplacement pour la légion qu’il a installé sur les logements des Moghaznis. Il en a trouvé un autre pour le génie, à l’endroit des familles des Harkis.

Page 128 – Il veut sans doute se mettre en règle car il fait partir la Légion le 1er décembre (qui n’était pas là) « vers un prochain cantonnement, cela ne présage rien de bon… » dit-il... Hum !!!
« Le bruit circule que bout d’bite (capitaine Gros) serait remplacé le 1er janvier…aurons nous enfin un véritable officier » diable !
« Je me suis débrouillé …… qu’on me fasse parvenir au prochain convoi victuailles, boissons, gâteries. J’ai fait acheter tout cela avec l’argent de ma caisse noire… » Faux

Page – 129 « C’est officiel : Petiot (Capitaine Gros) nous quitte le 20 décembre (1959 Faux)

Page – 130 « Durieux (en réalité Jean Schmidt, séminariste) nous a promis de célébrer la messe…. ». Jean Schmitt curé, aujourd’hui à la retraite, ancien du commando, que nous avons rencontré dans l’Est en 2012 a retenu peu de choses authentiques dans ce livre.
Sur cette même page l’auteur prétend avoir acheté et confectionné un petit cadeau pour chacun des 28 membres de sa section. C’est encore faux.
« Dans un magnifique paquet richement enrubanné Mariettaz, au nom de toute la section me remet un drapeau FLN » Il l’a sans doute rêvé.

Page 132 – Toute la page est à supprimer.

Page 151 – Chapitre inventé.
ll avance au mois de janvier 1960, la rentrée de convalescence d’Arnaud qui ne sera blessé que le 4 juillet 1960.

Page 168 – Chapitre inventé par l’auteur.

Page 176 – Chapitre V – « Le rachat. » Complètement inventé

Page 193 – Chapitre VI – « Frankenstein »
Dans ce chapitre l’auteur donne une promotion à notre camarade Mdl Jean Schmitt séminariste, il le promeut officier Psy.
Il dote la troisième section d’un lance flamme. (archi faux, pas de LF à Bouhamama).
Les morts et les blessés hommes du commando et fells s’accumulent au fil des pages.

Page 197 – S/Lt Philippe Danchin

Lt Danchin.jpg
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Pitton n’a pas de retenue et devient cynique quand il écrit « Lorsqu’on me présenta le nouveau S/LT (qu’il nomme Lafleur mais qui en réalité s’appelle Philippe Danchin) qui va commander la 1ère section, j’ai été profondément gêné (lui l’humaniste) je ne crois jamais avoir rencontré quelqu’un d’aussi laid. Les hommes le jour même vont le baptiser Frankestein, surnom qui lui restera toujours attaché (Faux) ce n’est pas par méchanceté (Ben voyons) mais sa laideur était telle. Son nom Lafleur Claude ne lui allait vraiment pas (et pour cause c’est un nom de circonstance qu’il a inventé pour fleurir son récit). Faire son portrait est chose difficile, tout est si désagréable en lui….grande taille…air dégingandé, mains énormes, pieds énormes, cinquante deux…….les lèvres cachent imparfaitement des dents cariées et jaunies…..pauvre homme il est vraiment à plaindre »(Lamentable)

Oui ! le Lieutenant est à plaindre car il mourra bientôt atteint par deux projectiles lors d’un accrochage au djebel Arhane. Le premier projectile l’atteindra à l’œil, il continuera néanmoins à donner ses ordres un court instant avant de tomber car le second l’atteint dans le dos. « Ah ! Les salauds ils m’ont eu. » Dira t’il avant de mourir.
L’auteur ne l’ignore pas puisqu’il a été lui même blessé le même jour, alors qu’il était posté à faible distance du drame. Est-il possible de montrer, dans son livre, une telle inconséquence, autant d’irrespect envers un camarade de combat mort au champ d’honneur

Page 199 –
L’auteur prend tous les accrochages à son compte même lorsqu’il n’y participe pas. Exemple : Celui du Tamza où il prétend être sur le terrain ce jour là, quand il décrit avec force détails comment « mon brigadier » Jean Arnaud, qui n’était pas brigadier, est blessé (invention)

Page 234
Et l’auteur de poursuivre lors de l’opération du djebel Arhane : « Le lieutenant Knecht me demande si j’ai aperçu Dupraz,, mon deuxième chef de pièce qui est porté manquant dès l’arrivée des avions. Malheureusement non, j’apprendrai bien plus tard que Robert avait disparu et erré pendant dix huit jours se nourrissant d’herbe et de racines. On le retrouvera complètement détraqué, marqué pour toute sa vie, le choc avait été trop dur pour lui ! » (Grotesque)

Guy Piton était MdL au même titre que Roger Duprieu qu’il nomme dans son livre Robert Dupraz et qu’il désigne comme son second chef de pièce. Le Mdl Roger Duprieu ne pouvait pas être chef de pièce puisqu’il était chef de groupe.

Roger Duprieu à passé une seule nuit entouré de fells et c’est bien assez.
Guy Pitton en ajoute 17 pour donner de l’importance à son récit mélodramatique. Même si la nourriture au mess n’était pas toujours excellente, Gégé la préférait aux racines et à l’herbe fut-elle à fumer.
Gégé n’a pas été retrouvé mais il s’est retrouvé lui-même, choqué sur l’instant, cela est certain, qui ne l’aurait pas été en de telles circonstances.

http://www.39-45.org/blog.php?u=5328&b=579

S’il fallait apporter les rectifications utiles à toutes les erreurs et les affabulations contenues dans ce livre, c’est un autre livre qu’il faudrait réécrire.

Ce livre pourrait être classé dans les romans de fiction, présentant un héros à l’égo surdimensionné.


François Danchin, frère cadet de Philippe a souhaité intervenir pour apporter son témoignage et nous communiquer quelques photos.


Voici ce dont il nous informe.



Quelques lignes sur Philippe Danchin
Pour ceux qui l’ont connu au commando V33 de mai à fin août 1960 !

Donc en mémoire de mon grand frère Philippe né en 1933 de 10 ans mon ainé.

Suite à sa mort, sa Mère s’est rendue le 1er octobre sur place à Khenchela, accompagnée par mon autre frère Marc, St Lt EOR Transmissions à la 10ème DP et en permission en France fin août 1960. Elle a été reçue par la hiérarchie militaire du moment et on lui a donné les photos de la cérémonie d’honneur à la mémoire des 4 tués du 31 août.

Suite à un long travail de recherche sur le Net en 1999-2000 j’ai pris connaissance de l’existence d’un livre «11 mois » et ai contacté Guy Pitton qui m’a envoyé le livre. Ce fut suivi qques mois après d’une rencontre avec lui en 2001 à Montélimar. Guy souffrait comme moi de la maladie de Parkinson, ce qui me l’a rendu plus sympathique ; je souligne cette maladie, qui a comme effet d’exacerber la sensibilité du malade. Ceci peut expliquer ses écrits, car un des médicaments est particulièrement dopant. Il aurait tant voulu que je participe à une de vos réunions annuelles mais ce n’est pas ma place.

Je fus choqué par deux points, à savoir la description de son physique et surtout le fait d’avoir masqué son vrai nom de Famille.

Mais qui était Philippe ? N° 2 d’une fratrie de 7 enfants, élevé chez les jésuites, puis Ingénieur géologue, il avait tout fait pour ne pas ‘y aller’ ; en loisir le Jazz, Jazz, Jazz ! Il était pianiste ; avait son orchestre et passait les samedis soirs au Tabou, cave célèbre de St germain des près ; il avait la passion des armes de guerre, mais était très pacifique. Il n’était pas officier de carrière.

Officier EOR tout frais (début 60) basé à Amiens il passait son temps à chercher des traces de la préhistoire dans les carrières du coin !

Vers Pâques 60, de passage à Lille il m’avisait qu’il partait en volontaire pour l’Algérie dans les commandos de chasse. Chacun a son destin !

Pour la suite ce fut des courriers, le dernier du 28/29-08-60 en opération d’ailleurs décrite par Pitton ! Anecdote du scorpion et du marcassin. Sa tristesse était de ne pas avoir pu descendre à Timgad.

Philippe n’était pas Clark Gable, ni Frankenstein, mais grand (1.88 m comme moi, roux comme moi) myope et très maigre du à la température. Souriant et farceur. Enfin sûrement très attentionné comme il l’était avec ses 6 frères et sœurs. Notre père étant décédé en 1947.

Guy Pitton n’avait pas tort d’écrire qu'il jugeait inadmissible d’envoyer au casse-pipes un myope pareil !

Son dernier courrier est du 30, reçu après sa mort !
Il parlait « hier soir = 26-08 = le cuisinier du mess nous a donné un récital de guitare ; il s’en est tiré très bien et a de solides dons de fantaisiste (autant que de cuisinier.)


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Yvon Lefur est à droite du prêtre, béret noir et veste camouflée.

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Le premier béret noir à partir de la gauche: Catelin - Le second: Roger Duprieu
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Témoignage

Lettre de Claude Mariettaz à Daniel Chaillou :

Le 22 janvier 2016

Cher Daniel,

Merci de ton courrier.
Depuis une semaine je suis de nouveau en crapahut dans les Aurès.
Je dors très mal la nuit et des souvenirs que je pensais enfouis à jamais se sont de nouveau réveillés. J’ai lu ton courrier et j’ai vérifié dans le bouquin toutes les aberrations que tu me signales. Il en résulte qu’il faut reconnaitre que dans son récit Guy Pitton y décrit des événements qu’il a cru réels mais qui, en réalité, étaient pures inventions de son fait.
A l’époque où j’ai eu son récit entre mes mains, je lui en avais parlé et notamment des passages où il me cite personnellement. L’exemple le plus flagrant est lors de l’accrochage où il a été blessé, il se permet d’écrire que Mariettaz lui fait passer son bidon d’eau alors que je n’étais pas sorti cette nuit là, étant bloqué au camp souffrant d’un furoncle au genou. D’ailleurs c’est en étant consultant, le lendemain matin, que j’ai appris l’accrochage et les pertes subies par le commando, à la tour radio de BouHamama.

Le passage de l’accident du camion est bien réel, j’étais avec Herdé et bien d’autres dans le GMC accidenté, par contre la photo qu’il produit du camion accidenté n’est pas représentative du vrai véhicule Le camion accidenté avait une tourelle pour mitrailleuse, cette tourelle n’apparait pas sur le cliché.
D’autres événements narrés m’interpellent.
La fouille des mechtas (pages 152-153). Je n’ai jamais participé à de telles fouilles et je n’en ai jamais entendu parler. De plus il me demande (page 152) de procéder aux fouilles en janvier 6o. A cette date j’étais en France (perm de détente).
Page 199- Blessure de jean Arnaud (jambe droite littéralement déchiquetée). J’ai aidé à porter Arnaud et Jean Marie Alain pour les mettre dans l’Alouette qui avait un casier de chaque coté. Jean Arnaud n’avait du tout la jambe déchiquetée et jean Marie Alain avait reçu une chevrotine près du cœur et j’ai souvenance qu’au cours de cet accrochage Guy Pitton n’était pas présent.
Quant à Willi Herdé (page92) il n’a jamais été blessé par balle au V33, il a été blessé à une jambe dans l’accident du GMC Accidenté.

Page 94 – Je ne vois pas qui est le dénommé Castro à qui Pitton voulait envoyer une gerbe par « interflora » Interflora à Bouhamama, complètement débile ! Quant au chef de section de la 1ere batterie, avant l’arrivée de Viguier, il pourrait s’agir d’un lieutenant alsacien mais je ne me rappelle pas de son nom. Je me souviens d’avoir eu un accrochage verbal avec lui au cours d’une fouille de mechtas au djebel Arhane, je lui avais dit « Que nous n’étions pas des SS ». Il m’avait menacé de porter « le pet » auprès de Knecht.
Chapitre 9 – page 123 « les horreurs de la guerre » complètement débile ! Je n’ai jamais participé à de telles fouilles et témoin de telles horreurs d’écrites avec mon équipe et avec Pitton.
Quant au Lieutenant Brissac, il n’est pas resté longtemps à Bouhamama, il a pris le commandement de la 2ème Batterie en poste à Aïn Mimoun au pied du Bezeze.

Ce que je trouve de bizarre, c’est que dans son bouquin, Pitton parle de Fertig MdL chef de la Harka, 3ème section et jamais du s/Lt Cirrode chef de la 4ème section Harka.
Un autre souvenir me vient souvent à l’esprit quand je vois un incendie de forêt. Je pense toujours au Chélia où 48 militaires du contingent (*), ont été brûlés vifs le 1er 08 59. Les corps retrouvés le lendemain étaient au nombre de 48 soldats et 4 fells. Ces victimes étaient du 18ème RCC stationnés à Babar (sud de Khenchela)
Quand nous avons reçu l’ordre de décrocher le feu arrivait sur nous.
Je pense Daniel que tu t’en souviens aussi.
Voilà je referme l’épisode de mes années d’Algérie.
Pour mémoire je suis arrivé en mars 59 à Bouhamama et en suis reparti en février 61 et aucun Psy nous attendaient à notre retour. Pourtant nous en aurions eu bien besoin!

(*) Aussi militaires d’active dont un officier.


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Dernière édition par Aldebert le 29 Juin 2018, 18:03, édité 7 fois.





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Commentaires

Re: 11 mois chez les bérets noirs - Chapitre 76

Lien permanentde alberto le 15 Avr 2016, 14:54

Bonjour Aldebert,

C'est assez émouvant de voir ce brave gars essayer d'enjoliver son récit...
Évidemment, il dépasse les bornes quand il prétend de son authenticité
En fait les divers "correctifs" de ses compagnons d'armes, qui reviennent au réel, sont bien plus intéressant que son "roman" !

Bien à toi.
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RE: 11 mois chez les bérets noirs - Chapitre 76

Lien permanentde Aldebert le 15 Avr 2016, 18:36

Merci Alberto de nous apporter ton avis.

Outre les inexactitudes exagérées relevées ce texte est, à mon sens, terni par des descriptions désobligeantes infondées de camarades, de sa hiérarchie mais aussi de civils algériens.

Le coté positif sont les avantages collatéraux dont nous avons pu bénéficier.
Les interventions des camarades qui ont témoigné mais aussi le contact que nous avons pu établir avec le frère du S/Lt Philippe Danchin. Outre sa lettre, François Danchin nous a offert des photos intéressantes, surtout celle exceptionnelle des cercueils placés dans le GMC.

Amicalement

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