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Aldebert
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Destination Dresden 1985 - Chapitre 72

Lien permanentde Aldebert le 03 Juil 2015, 18:17

Destination Dresden 1985

Avec nos amis Christine et Gerd de Berlin Est, nous étions convenus, avant de nous quitter en 1984, de nous revoir. Le temps est maintenant venu en cette année 1985. Nous nous donnons rendez-vous en Août à Moritzburg DDR.
1 - Visa Wartha 1985.jpg
1 - Visa Wartha 1985.jpg (81.42 Ko) Vu 557 fois


Avant de franchir la frontière à Wartha, BRD*/DDR*, nous nous arrêtons à Dachau où nous constatons, là aussi, après avoir visité le camp du Struthof en 1967, le camp de Buchenwald en 1968, que les nazis prétendaient avec cynisme, en ces sinistres lieux, que le travail rend libre. ARBEIT MACHT FREI.
* Bundesrepublik Deutschland = Ouest
*DeutscheDemokratischeRepublik = Est

Pour se rendre librement en DDR il faut d’abord payer, encore et toujours payer. En témoignage, ce modeste reçu qui représente une taxe de circulation routière, parmi d’autres, de 40 M/DDR payés au prix fort 1 DDR M = 4,75 FF. Il faut souffrir du porte monnaie pour satisfaire sa curiosité. Souffrance matérielle qui n’atteint pas ma personne, tant elle m’apporte d’enseignements. Ce jour là, dans nos esprits, le régime qui gouverne le pays de nos amis d’ici, sans croire qu’il durerait mille ans comme celui proclamé par A.H., nous laisse toutefois penser que de notre vivant, nous n’en verrions jamais la fin.
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2 - Taxe routière DDR 1985.jpg (35.68 Ko) Vu 537 fois



Frontière DDR à Wartha en 1985. Une des entrées de cette gigantesque nasse qui enserre toute la DDR. Le double réseau de grillage et de barbelés est flanqué ici à gauche d’une haute tour de surveillance.
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3 - Grenzübergangsstelle Wartha 1985 -.jpg (68.95 Ko) Vu 530 fois


Sur sa frontière occidentale et autour de Berlin, le pays est partout clôturé, verrouillé, parsemé de nombreux ouvrages défensifs et d’observation, dont le coût de réalisation et d’entretien, pèse lourdement sur l’économie de cette nation. On ne sort pas sans autorisation de ce pays sans y risquer sa vie à moins d’être racheté au prix fort par la BDR.

Nous nous dirigeons en direction d’Eisenach. Première halte, du 3 au 5 août, sur le camping de Grossbreitenbach, dit « International ». Les autorités d’Allemagne de l’Est ne sont pas chiches en superlatifs et mots pompeux pour orner avec une certaine naïveté choses et événements. Démarche prosaïque qui n’a pas le pouvoir magique de cacher la réalité qui est toute autre.
Après notre installation, nous entamons la visite de l’incontournable Wartburg, forteresse de l’époque médiévale, haut lieu de l’histoire allemande qui renferme des trésors d’arts, tapisseries, tableaux, meubles …. ainsi que la chambre qu’occupait Luther pour traduire le nouveau testament. Puis dans la ville même, les maisons musées de Luther et de J.S Bach font notre admiration. L’excellent musée de l’automobile très bien garni n’échappe pas non plus à notre curiosité. Il faut préciser que le nombre de touristes ici présents n’est pas important, il en résulte un calme bienfaisant tout au long de notre parcours.

Erfurt et Weimar sont nos projets immédiats d’excursions. Nous jetons l’ancre à Weissensee du 5 au 8 août. Pour la seconde fois nous entrons dans ce qui a été le camp de concentration de Buchenwald. Je ne reconnais pas les lieux visités en 1968. Ils ne sont plus tout à fait ceux que nous avions vus, tout au moins, en ce qui concerne les entours. Nous n’apercevons plus les accès, au terrain bouleversé, qui menaient aux ateliers de fabrication d’armement. Le mémorial lui, reste inchangé. La cellule d’Ernst Thälmann, une figure du KPD, ancien membre du Reichstag, mort ici en août 1944 demeure pour les visiteurs, surtout en 1968 et encore en 1985, le premier lieu de recueillement avant d’entrer dans le camp.

Une des photos qui composent un dépliant vendu à l’entrée du camp en 1968. Edité par VEB Bild und Heimat, Reichenbach (VEB=Entreprise collective d’état).
Ernst Thälmann
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4 - KZ Buchenwald 1968.jpg (112.77 Ko) Vu 538 fois


Erfurt centre ville 1985
A Erfurt et ailleurs dans toute la DDR, les promeneurs des villes ou ceux des campagnes ont toujours, par devers eux, un sac à provisions qu’ils tiennent à la main ou roulé plus discrètement. Dans un pays de pénurie, surtout pour l’alimentation, des opportunités d’achats peuvent se présenter, il faut alors vite s’installer dans la queue qui s’allonge et avoir de quoi emporter ce qui se vend. Quand une queue se forme on s’y installe par habitude sans parfois savoir se qui est présenté à l’étal.


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Ci-dessus, à Erfurt, une fête foraine qui se repose en cet après midi d’août. Sur la photo, une baraque à l’enseigne Zucker Waren (sucreries confiseries) du VEB Zetti. Ce débit de choses sucrées est évoqué avec dérision par l’inspecteur Martin Wegener, héros du roman «Le Plan D» de Simon Ruban. Un roman à lire. Les initiés pourront-ils peut-être mieux décrypter un langage particulier et ainsi comprendre les descriptions surréalistes et parfois crues, ainsi que le fatalisme dont est affligé ce loyal serviteur d’un pays en état de déliquescence.

Résumé du livre
Si le mur de Berlin avait été reconstruit. Si la réunification allemande n’avait jamais eu lieu.

Octobre 2011. Tandis que Berlin Ouest cède à toutes les sirènes du capitalisme, de l’autre coté du mur, quelque peu surpeuplé, la RDA flirte avec la banqueroute. L’unique espoir du pouvoir vacillant réside dans les négociations économiques engagées avec l’Ouest. C’est sans compter sur le meurtre d’un allié du Conseil d’Etat de la RDA. Tous les indices pointent vers la Stasi. Martin Wegener, simple flic, se voit confier cette délicate affaire dont l’issue pourrait potentiellement compromettre l’avenir économique du pays.


Compte tenu du grand intérêt qu’ils cultivent pour tout ce qui concerne l’ex-Allemagne de l’Est, les Allemands d’aujourd’hui ont inventé un mot. Il faut rappeler que le mot nostalgie a la même signification et la même écriture dans les deux langues, Français/Allemand. Aussi parlent t-il d’ostalgie , « EST» s’écrivant en allemand «OST». L’inspecteur Martin Wegener personnage principal du Plan D, plus célèbre à mes yeux que celui qui l’a fait naître, en prenant connaissance de ce nouveau mot, aurait soliloqué, pris Früchtl à témoin et souri amèrement

Weimar – Monument de Goethe et Schiller, 1985. On reconnait à gauche, sur la photo un groupe de jeunes Pionniers, l’avenir de la DDR, bien formatés par le régime. Bien au centre mon épouse et mon fils.
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De très jeunes Pionniers se recueillent dans une ancienne cellule à Buchenwald, devant le mémorial du Pasteur Paul Schneider, un antinazi qui est déporté en novembre 1937, torturé et finalement assassiné le 18 juillet 1939 ici même, par injection de poison. C’est le premier ecclésiastique tué par les nazis. (Document d’information et de propagande VEB1968)
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Le 8 août et jusqu’au 12 août nous nous installons sur le camping de Moritzburg. Forçant les usages en vigueur, nous nous mêlons, véhicule et caravane, au cœur du populaire Est Allemand. L’étonnement est total de la part des résidents et l’accueil bienveillant. L’administration du camp n’intervient pas et nous ignore. Nos voisins entament la conversation. Elle nous fait savoir qu’elle a vécu à Lyon sans préciser l’époque. Nous supposons, puisqu’elle a mon âge, que petite fille, elle devait appartenir à une famille qui a fui devant l’arrivée des Alliés. Le soir, elle nous invite à participé à une petite fête entre amis. Nous déclinons l’invitation sachant que la soirée se passera en beuverie. Déjà notre voisine est bien éméchée. Elle nous présente divers objets dérobés sur les lieux du travail. Je n’accepte pas d’en acheter. Elle est tout d’abord étonnée par mon refus puis déçue elle me rétorque que nous, les gens de l’Ouest nous avons pourtant beaucoup d’argent. Tard le soir nous entendons de forts éclats de voix venant du lieu de la fête.
Le bouche à oreille du résident coté Européens de l’ouest, nous informe, qu’une proposition de change de monnaie à un taux intéressant nous est offerte. Cette opération ne s’effectue pas sous le manteau. Elle s’opère à la sortie du camp par une personne de l’administration des lieux, dehors au vu et au su de chacun qui passe là. Je suis interloqué méfiant au départ puis ravi quand le taux de change est dévoilé. C’est une dame qui tient un petit guichet, comme un Volkspolizist de Berlin Est. Visage sans expression, elle roule des liasses de billets de banque de plusieurs monnaies occidentales, entourées d’un élastique, c’est impressionnant et surréaliste vu le contexte et le pays où nous sommes. On ne parle pas, on tend son argent, elle compte, consulte des abaques et présente votre dû. Pas de reçu, pas de Danke schön, pas d’Auf Wiedersehen.

Le petit commerce privé lucratif prend naissance dans ce haut lieu du collectivisme, lézardant de plus en plus le grand édifice d’un système qui va à vau-l’eau. Il faut croire que les autorités locales soient partie prenante dans cette opération, faute de quoi rien ne serait possible. Ce change intéressant représente pour nous une aubaine. Nous en profitons pour nous offrir une jolie porcelaine de Dresden et d’inviter Gerd et Christine au Restaurant.

Nous visitons le château de Moritzburg, puis la fameuse fabrique de porcelaines de Meissen. Nous y retournerons en 2008 avec des amis français tant il est merveilleux de contempler les remarquables pièces exposées et suivre pour certaines d’entre elles leur réalisation et décoration à la main. Une exposition étourdissante de couleur, de beauté fragile, de grâce. Gerd nous dira qu’une modeste pièce fabriquée en ces lieux équivaut pour lui à une année de salaire. (sic)

Lors de notre passage en 2008 l’allure de l’ensemble des bâtiments, l’accueil avaient profondément été modifiés, rafraichis en profitant d’une moderne mise en valeur. Quant au savoir faire, il demeure toujours présent, ignorant les régimes.
Meissen 1985
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Meissen 2008
9 - Meissen - 2008.JPG
9 - Meissen - 2008.JPG (55.9 Ko) Vu 547 fois

https://www.google.fr/search?q=Fabrique ... d=0CCcQsAQ
Le contact est rétabli avec nos amis Gerd et Christine au camp même. C’est avec eux que nous visitons le château de Moritzburg. Nous les invitons ensuite pour le déjeuné dans un restaurant à Dresden. Pour ne pas être mal placés dans une très longue file, où chacun attend dehors que des clients libèrent une table, il faut arriver bien avant midi. A l’intérieur du restaurant, le plateau des chaises ne refroidit pas. Les sortants repus, affichent un visage satisfait toisant quelque peu ceux qui, résignés, attendent d’être repus pour pouvoir afficher, le même regard en sortant. Le repas est nourrissant, servi comme à la cantine, par du personnel au visage sans expression, content ou pas content c’est pareil, d’ailleurs tout le monde semble résigné.

Gerd nous présente sa sœur qui habite dans un appartement collectif à Dresden. C’est un fait récurant, la DDR manque de logements, ainsi les appartements collectifs sont surtout destinés aux célibataires, aux veuves ou veufs. C’est un cauchemar permanent pour beaucoup d’entre eux qui y demeurent. En effet seule la chambre est privée le reste de l’appartement cuisine salle d’eau, toilettes, salon (quand il y en a un) sont communs et sont prétextes à des disputes incessantes pour des raisons multiples : Manque d’hygiène pour certains, temps excessif dans l’occupation de la cuisine, celle des toilettes, de la salle d’eau.

Les habitants de Dresden sont surnommés, par leurs concitoyens qui ne résident pas là, à peu près en ces termes « Ceux qui ne savent pas, qui ne sont pas informés". Un peu comme les trois singes. En effet, la ville est située dans une cuvette et ne capte pas ou très mal, les signaux radios ou de télévision. Il faut se rendre à l’extérieur sur une éminence pour corriger ce défaut.

Les ruines de la Frauenkirche 1985
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10 - Dresden Frauenkirche 1985.jpg (57.41 Ko) Vu 546 fois


Gerd nous guide d’abord au cœur de ce qui a été un des joyaux de la Saxe, ainsi nous nous retrouvons au pied des ruines de la Frauenkirche où nous nous recueillons. Je découvre cette ville dont certains quartiers ne possèdent plus que la façade de leurs édifices, comme dans les décors de films. D’autres quartiers ne sont que des espaces vides nettoyés de leurs gravats. Je ne prends pas immédiatement conscience de l’importance de ce qui apparait à mes yeux. Les intensifs bombardements de février 1945 ont martyrisé cette superbe ville. Ils ont été responsables d’un nombre effroyable de victimes. Les chiffres avancés oscillent entre 25000 à 300000 morts. Il est certain que celui actuellement retenu de 50000 semble à mon avis encore sous estimé, considérant que cette ville abritait, outre les habituels résidents, un nombre considérable de réfugiés venus de l’Est, poussés par le rouleau compresseur russe et bloqués là. Gerd me dit « il n’y a pas de commémoration en RDA, (devoir de mémoire), concernant les victimes des bombes atomiques jetées sur Nagasaki et Hiroshima, attendu que l’une ou l’autre de ces bombes avait été pareillement destructrice et pouvait se comparer au bombardement de Dresden, prouvant ainsi la supériorité de frappes aériennes classiques d’une manière incontestable des Anglo-américains en 1945. La DDR ne peut pas cautionner ce fait » (sic). Vérité ou intox qui aurait voulu d’un coté comme de l’autre, affirmer un nombre de morts, la guerre froide ne permettant pas d’entamer de discutions sur ce sujet et à présent personne ne veut remuer les morts.

Gerd nous mène ensuite au zwinger dont la restauration a été en grande partie financée par la BDR qui est aussi intervenue financièrement en ouvrant largement son escarcelle pour la reconstruction et l’entretien d’autres édifices en DDR. L’Est ou l’Ouest un patrimoine national commun, pour l’instant dispersé, il ne faut toutefois pas désespérer de l’avenir. L’Allemagne de l’Ouest mise alors à très long terme et pense bien.
https://www.google.fr/search?q=Zwinger& ... d=0CEUQsAQ

Digression et anecdote : Les Allemands de l'Est, souhaitant acheter une automobile, sont obligés de se soumettre à un délai d’attente très long avant de recevoir l’objet de leur désir. L’attente les inspire et l’humour prend le dessus, en voici l’illustration. Les images du billet de banque de Zehn (10) Mark présentent sur une face, une jeune femme et sur l’autre face le portrait d’une dame âgée…c’est le temps nécessaire d’attente pour la livraison d’une voiture.

Un téléfilm sur le rôle de la « Volkspolizei » au service des personnes, en langue allemande non traduite il est vrai. L’équipe de policiers (en grand uniforme) nous promène de jour comme de nuit dans Berlin Est sur les lieux où se situent les différents délits, façon Made in USA. A mon sens le plus intéressant se situe derrière les personnages convenus, c.à.d. sur la toile de fond. Des images intéressantes de Berlin Est en toute vérité. https://www.youtube.com/watch?v=OKy09uuQ7y4

Albert René Gilmet

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Commentaires

Re: Destination Dresden 1985 - Chapitre 72

Lien permanentde alberto le 07 Juil 2015, 13:07

Salut Aldebert,

Car tu m'as fait le plaisir de visiter mon blog, je ne pouvais faire moins que te rendre la pareille :-)

Je suis assez admiratif de ta production !

Admiratif aussi de la qualité des images qui agrémentent tes textes.

J'ai notamment lu ton dernier texte sur la relation de ta visite à Dresde du temps de la RDA, avec des liens bien intéressants.

Bon courage pour la suite !

Bien amicalement : alberto.
"Mépriser l'art de la guerre c'est faire le premier pas vers la ruine." (Machiavel)
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