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Aldebert
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Voyage à Berlin Ouest/Est DDR – 1984. Chapitre N° 70

Lien permanentde Aldebert le 02 Mai 2015, 23:51

Voyage à Berlin Ouest/Est DDR – 1984.

Au cours d’échanges dans la cadre d’un jumelage Franco- Allemand je fais la connaissance d’une famille demeurant à Kassel (BDR) dont un parent réside à Berlin Est (DDR). Depuis longtemps je souhaitais voir Berlin des deux cotés du mur. C’est une belle occasion qui se présente surtout quand un contact est possible à l’Est pour fournir les informations qui serviront nos déplacements.

1 - Visa DDR Berlin.jpg
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2 - Cooridors d'accès berlin West.gif
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Nous nous y rendons avec voiture et caravane par l’un des trois corridors qui traversent la DDR, celui qui nous mènera au point de contrôle frontalier « Helmstedt-Marienborn - Check point Alpha »




C’est une route à quatre voies. Pour le néophyte, l’impression première en regardant de part et d’autre de la route, c’est de ne constater aucune différence entre la DDR et BDR. L’autoroute qui traverse la DDR est aménagée ainsi que celles de toute l’Europe occidentale, d’accès Sorties – Entrées apparemment non verrouillés. La tentation pourrait être forte de vouloir les emprunter pour entrer dans ce mystérieux pays. Cependant un œil noir te regarde et te suit jusqu’à Check Point Alpha. Sur les bas cotés de l’autoroute, bien cachés, parfois pas toujours très habilement camouflés, recouverts de bâches ou de filets, des véhicules ou des cabanes garnis de gardes frontières Est allemands, sont prêts à intervenir en cas de transgression des interdits. Il faut rappeler toutefois que l’usager est averti au départ qu’il ne doit ni stopper ni faire stationner son véhicule en bordure de la voie routière.
Sans être intense le trafic est continu, il s’écoule sans problème vers la partie libre de Berlin et n’est pas ralenti par de redoutables et pointilleux fonctionnaires de l’Est. Pour atteindre Berlin ouest, un visa n’est pas nécessaire mais nous avons les nôtres pour notre prochain séjour de plusieurs jours de l’autre coté du Mur.
Le 1er août nous arrivons presqu’au terme de notre voyage et nous nous dirigeons suivant l’indication Transit WestBerlin, pour joindre notre point de chute. Là, nous installons notre caravane pour une durée de 4 nuitées. C’est au cœur de Berlin, dans les jardins d’un presbytère d’un temple protestant. Le pasteur est l’ami d’amis allemands de l’Ouest. Il apprécie la bouteille de champagne que nous lui offrons, bien d’autres bouteilles vides sont alignées sur une étagère de la salle à manger, chacune d’elles rappelle un événement heureux.

Nous étions convenus avec le couple Est allemand, Christine et Gerd, de nous retrouver, le 3 août au matin, à la sortie de la station du SBahn Brandenburger Tor à Berlin Est et passer la journée ensemble. Lui est ingénieur électronicien, Elle, travaille dans une librairie. Ce jour là, nous empruntons le rapide transport ferroviaire à partir d’une station du secteur ouest pour nous rendre à notre rendez-vous. Nous découvrons que la station où nous descendons dans la partie Est, est transformée en un sas étanche. Les gardes frontières de DDR présents, sont très nombreux et sont partout. Des soldats en arme postés sur une arche construite par-dessus le train le surveillent en enfilade. D’autres l'inspectent à partir de fosses creusées en dessous des rails. Tous les voyageurs qui descendent sont dirigés vers un étroit couloir où ils présentent leur passeport à un policier placé à un guichet. Ce déploiement énorme de forces de police utilisées pour un contrôle plus que minutieux fait naitre comme un sentiment d’anxiété. Ein Volkspolizist (Vopo) ne sourit que lorsqu’il se pique, son visage demeure fermé. Il est rempli de suspicion vis-à-vis de tout ce qui l’entoure, l’atmosphère est étrange, pesante.
Formalités accomplies, soulagés, nous émergeons dans Unter den Linden où nous rencontrons nos nouveaux amis avec qui nous faisons connaissance. Ils nous emmènent d’abord vers la Parizer Platz. Là, je suis abordé par une femme au demeurant sympathique et souriante, sans doute Française, qui me propose que mon épouse et moi nous nous joignons à elle pour visiter la ville et ensuite déjeuner !!!???. Ce que je décline. Christine et Gerd nous guident ensuite vers la porte de Brandenburg. Gerd désire me montrer l’emplacement de la sortie d’un des souterrains qui menait dans l’antre du Führer, coté gauche de la porte. Nous nous en approchons, quand soudain un policier surgit, râblé, dont le ventre n’a pas ignoré le goût de la bière. Il nous interpelle en hurlant, il nous insulte même, toute cette férocité pour nous avertir de ne pas nous approcher de l’endroit où nous souhaitions aller. Gerd et Christine restent de marbre. Nous poursuivons notre visite.Le Pergamomuseum se situe à quelques pas et nous nous régalons d’arts venus de Babylone. En 1945 les Russes avaient emporté à Moscou une grande quantité de la collection d’objets. Une restitution partielle a été effectuée dans les années 50.

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1 – Pariserplatz
2 – Espace où se situaient des souterrains abritant l’Etat Major de Hitler
3 – Parlement
4 – Musée Pergamo

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Nous consommons une bonne glace sur la terrasse d’un café et Laurent notre fils 14 ans découvre en la dégustant, une rondelle d’acier dans le fond de sa coupe. « Le fer est excellent pour la santé » lui dit Gerd en riant. Après avoir bien déambulés dans différents quartiers nos amis nous conduisent avec leur voiture, une Trabant en direction de leur appartement,. Nous sommes cinq et il est interdit de transporter plus de quatre passagers dans ce véhicule, Christine empruntera le Straßenbahn pour nous rejoindre. Nous poursuivons notre promenade et nous nous rendons dans des Berliner Mietskasernen secteur de Prenzlauer Berg. Nous entrons dans des cours d’anciens logements édifiés au 19ème siècle, destinés aux ouvriers, encore habités dans les années 50. Ces habitations à étages et leurs successions de cours intérieures est d’une tristesse affolante. A première vue ils semblent inoccupés toutefois j’en doute tant la pénurie de logements est grande en DDR. C’est une pénurie qui s’ajoute à bien d’autres dans ce pays.

Bundesarchiv_Bild_183-15091-0008,_Berlin,_Hinterhof,_spielende_Kinder.jpg
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Nous gagnons l’appartement de nos amis qui se compose d’un Salon – cuisine- chambre à coucher et salle de bain. Le tout aménagé modestement. Le couple est sans enfant. L’appartement, la voiture, la possibilité de recevoir des étrangers, tous ces avantages font qu’ils appartiennent à mon sens, à une classe privilégiée. Après le repas du soir pris chez eux, je demande à prendre une douche, notre caravane n’offrant pas cette commodité. Christine m’avoue, gênée qu’il n’y a pas d’eau chaude. Tant pis, comme à Prague, l’eau froide rafraichira l’esprit, l’été est une saison sans production d’eau chaude, là s’arrêtent leurs privilèges, s’ils en étaient.
La nuit tombe, il faut nous quitter. Nous n’avons pas encore conscience de la chance qui nous est offerte, pour les occidentaux que nous sommes, d’effectuer une seconde fois une promenade en Trabant à travers Berlin jusqu’à la station du SBahn qui nous mènera à l’ouest. Au portillon de la station frontière qui se présente comme un mur pour nos amis, Christine ne peut retenir ses larmes nous voyant nous en aller, Gerd a aussi le cœur gros. Une journée avec nous, fut pour ce couple comme une journée de liberté. A très bientôt mes amis car nous nous reverrons.
Pour rejoindre notre espace de Liberté bien clos si on considère la situation de Berlin Ouest, nous passons par le même couloir par lequel nous sommes arrivés, à la queue leu leu, devant le guichet au morne locataire. La personne qui nous précède présente son passeport. Le wolskpolizist le consulte, regarde alternativement à plusieurs reprises le document puis son propriétaire, le dévisage assez longuement, regarde aussi longuement le passeport, des minutes s’écoulent pendant cet instant (vrai). Le fonctionnaire ne semble pas satisfait du document qu’on lui présente, il saisit alors un combiné et téléphone. Ce sont encore d’autres minutes qui s'écoulent. Dans le couloir étroit on entendrait une mouche voler. Devant nous, notre homme demeure très calme, moi je pense que le pire peut arriver. Enfin le combiné est replacé sur son support, le passeport est rendu et son propriétaire peut aller. Pour nous, les formalités sont effectuées rapidement. Nous rattrapons notre bonhomme. C’est un Allemand, nous l’interrogeons sur la raison de ce moment de suspense. C’est tout simple, nous dit-il, le visage présenté sur la photo figurant sur le passeport est entouré d’une barbe alors qu’aujourd’hui je suis rasé de près.

Le 5 août au matin nous nous présentons avec voiture et caravane au poste contrôle de Check point Charlie qui se nomme Zimmerstraße pour la partie Est. Il n’y a jamais de contrôle dans la partie Ouest. En prévision de notre départ vers l’intérieur du pays et pour accélérer notre passage à l’Est, nous sommes allés la veille nous munir des devises obligatoires à dépenser, 1 DDRMarks égal à 1 BDRMark. Erich Honecker ne manque pas de souffle. Il le perdra en 1994. En plus il nous faudra nous acquitter d’une somme de 15 marks par passeport pour la taxe des routes.
En compensation notre 505 Peugeot a droit à une auscultation gratuite d’un Vopo qui, muni d’un miroir à roulette l’inspecte sous sa jupe d’une manière impudique. Rien à signaler il n’y a pas d’organe supplémentaire. La caravane subit le même traitement avec fouille intérieure. Les formalités sont remplies avec succès, il y a toutefois un dernier handicap. Avant l’ultime pas pour sortir du tracasserieland, un Vopo me demande par deux fois si j’ai quelque chose à déclarer. Au premier nichts de ma part, étonné et mécontent, il me désigne ma voiture, ma caravane et tout et tout. Au deuxième Nichts il me balance à travers la figure un document incompréhensible à remplir. J’attends plusieurs minutes. Je hèle un de ses confrères au visage bon enfant qui passe opportunément ou peut-être fait-il parti du jeu, je lui désigne le document, il le prend et sans le lire m’autorise à partir. En fait le premier Vopo voulait de l’argent. L’édifice socialiste se fissure, nous le constaterons plus encore à l’occasion de nos prochains voyages.
Pour l’instant nous avons rendez-vous avec des amis Anglais, à Bastei, DDR, frontière Tchèque. Nous devons nous rendre dans les Hautes Tatras, invités par le fils d’un apparatchik Slovaque dans une datcha que son père a le privilège d’occuper. Nous irons ensuite en Hongrie mais bon…..


Albert René Gilmet

Fichiers joints
Dernière édition par Aldebert le 28 Juin 2015, 19:27, édité 4 fois.





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