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Question sur la position de Staline et la Guerre d'Hiver

Nouveau messagePosté: 15 Jan 2016, 13:10
de Nicolas PONTIC
Bonjour,

Je me pose une question depuis longtemps.

Comment se fait-il, alors qu'aucun pays ne peut s'y opposer et que ses armées, au final, sont victorieuses, que Staline ne pousse pas son avantage en Finlande en occupant purement et simplement le pays, préférant "juste" obliger les Finlandais à céder à ses exigences d'avant le conflit ?

Il n'hésitera pas pourtant à occuper et garder dans son giron les pays d'Europe centrale et de l'Est... La Finlande étant pourtant en 1939 dans sa sphère d'influence (négocié avec Hitler). Puis Staline pouvait se douter que la Finlande se tournerait vers l'Allemagne pour récupérer ses territoires et donc restait un réel danger sur son flanc nord en cas d'agression allemande.

Quelqu'un à des infos sur le sujet ?

Merci d'avance,

Nicolas PONTIC

Re: Question sur la position de Staline et la Guerre d'Hiver

Nouveau messagePosté: 15 Jan 2016, 13:18
de Prosper Vandenbroucke
Bonjour Nicolas,
Je ne sais si tu trouveras réponse à ta question mais je pense que la consultation de notre Histomag 39-45 en vaut la peine:
portailv2/download/download-98+histomag-39-45-n-84-juillet-ao-t-2013.php
Un autre lien:
http://www.laintimes.com/article-histor ... re-dhiver/
Cependant je pense, et ce n'est qu'un avis personnel, que Staline n'en avait tout simplement pas les moyens au vu des revers de son armée.
Amicalement
Prosper ;)

Re: Question sur la position de Staline et la Guerre d'Hiver

Nouveau messagePosté: 15 Jan 2016, 13:51
de Alfred
Staline était tellement convaincu que l'Allemagne ne l'attaquerait pas tant elle retirait de bénéfices de son accord avec l'URSS car il voyait tout suivant son optique personnelle pragmatique et matérialiste.Lui avait besoin de temps.

Re: Question sur la position de Staline et la Guerre d'Hiver

Nouveau messagePosté: 15 Jan 2016, 14:16
de Dog Red
Bonjour Nicolas,

Je me suis un temps intéressé à la "Finlandisation", terme diplomatique désignant le quasi protectorat de l'URSS sur la Finlande au sortir de la Seconde Guerre mondiale (et bien résumé ici http://www.bibliomonde.com/livre/finlan ... f=infocomp).

Ceci ne répond pas à ta question mais jette un regard sur le particularisme de la relation URSS/Finlande après la chute du III Reich.

Re: Question sur la position de Staline et la Guerre d'Hiver

Nouveau messagePosté: 15 Jan 2016, 14:46
de alfa1965
Un état-croupion bolchévique avait été créé artificiellement en Carélie finlandaise mais la bolchévisation du pays aurait été difficile à mener. L'armée rouge avait fait une piètre impression. Staline se contentera de prendre Vyborg et Hanko.
Déjà, en Pologne en 1920, l'armée rouge avait échoué. Staline contrairement à Lenine, n'était pas intéressé par l'exportation de la révolution.

Re: Question sur la position de Staline et la Guerre d'Hiver

Nouveau messagePosté: 15 Jan 2016, 16:42
de Alcide NITRYK
L'Armée Rouge se relevait à peine d'une "réorganisation" menée par Oncle Joe. L'encadrement survivant fut promu par l'appel du vide.
En septembre 1939, les Russes sont intervenus traîtreusement en Pologne, lorsqu'ils furent certains que l'Armée polonaise en grande difficulté n'aurait pas d'ordres pour répliquer. Aucune gloire dans cette intervention déshonorante.
Leur intervention contre le Finlande et les Pays Baltes, au mépris de tout droit, pas vraiment une glorieuse épopée, façon 1812.
La Finlande s'est magnifiquement défendue, imposant le respect et faisant échouer la reconstitution de l'Empire.
Vers la fin de l'époque bénie du communisme, Brejnev tint ces propos au Président Kekkonen : "Puisque nous sommes bons voisins et nous entendons si bien, pourquoi ne pas créer un seul Etat ?"
Kekkonen : "Merci pour votre offre, mais je ne me sens pas la force de diriger un tel empire."
Toutefois, en 1945, Joe imposa l'annexion de la région de Petsamö, cela lui permettant d'avoir une frontière commune avec la Norvège.
Qu'avait-il en tête ?

Re: Question sur la position de Staline et la Guerre d'Hiver

Nouveau messagePosté: 15 Jan 2016, 17:12
de Christian27
La Finlande a fait brillamment la démonstration qu'un petit pays pouvait se défendre en adoptant certaines tactiques de défense et non d'attaque, telle que le tir de précision. Exemple:

Tiré du livre controversé de Suvorov, "Le Brise glace", cet épisode soviétique en Finlande montre l'efficacité redoutable du tir de précision exercé par les militaires finlandais.

L'Armée rouge se heurta aux embûches de la zone avancée de défense finlandaise. En voici un exemple caractéristique: une colonne soviétique de chars, infanterie motorisée et artillerie suit une route forestière. Impossible d'en sortir: les bas côtés et les abords, de part et d'autre, sont minés. Devant, un pont. Les sapeurs vérifient: il n'est pas miné. Les premiers chars s'avancent et sautent aussitôt, en même temps que le pont qui s'effondre. Les charges explosives avaient été posées dans les piliers au moment de leur construction. Tel un immense serpent, la colonne soviétique, longue de plusieurs kilomètres s'immobilise. A présent, c'est aux tireurs d'élite finlandais de jouer. Ils tirent sans se presser, invisibles, et visent seulement les commandants et les commissaires. Impossible de passer la forêt au peigne fin à cause des champs de mines. Dès que les sapeurs soviétiques s'approchent du pont écroulé ou tentent de désamorcer les mines sur les bas-côtés, ils sont abattus par les tireurs.
La 44e division d'infanterie fut ainsi clouée sur trois routes parallèles qui aboutissaient à trois ponts détruits. En une seule journée de combat, elle perdit son commandement. La nuit tombée elle fut attaquée au mortier. Parfois, elle essuyait de longues rafales de mitrailleuses.
On a souvent dit qu'en Finlande, l'Armée rouge ne se montra pas sous son meilleur jour. C'est parfaitement vrai. Mais qu'aurait pu faire une autre armée dans une telle situation? Battre en retraite? Les tracteurs qui remorquent les énormes canons de plusieurs tonnes ne peuvent pas reculer et les tireurs d'élite abattent les chauffeurs. Tant bien que mal, la colonne réussit, malgré tout, à faire demi-tour, mais derrière elle, un autre pont saute à son tour. Le piège est total. Loin devant, l'Armée rouge se heurte à une ligne de fortifications presque infranchissable. la ligne Mannerheim. Impossible de la percer sans artillerie, sans des milliers de tonnes de munitions qui sont coincées au milieu des champs de mines, des ponts sabotés et du feu des tireurs finlandais.