RoCo a écrit:BonjourFrançois Delpla a écrit:
D'ailleurs l'argument de l'absence de préparatifs d'embarquement visibles d'avion se retourne : c'est bien le moment de couper les accès terrestres du dernier port, tant que l'ennemi ne semble pas comprendre l'urgence de les garder ouverts.
Interprétation intéressante, mais qui rend d'abord nécessaire une réponse à ma question :RogerRoCo a écrit:l'éternel problème de l'encerclement .
Je ne vois toujours pas où il doit se situer et quels sont
les divisions allemandes capables de "fermer la poche" .
alias marduk a écrit:
Vous expliquez en premier lieu de votre livre que ce document fait piètre figure pour qui se livre à une critique externe ( ça serait donc un faux , ,une fabrication selon vos propres mots ) et une critique interne ( critique de cohérence ) ( page 42 )
On va donc commencer par le plus court à savoir la critique externe ( page 43 ) qui ( je cite intégralement ) indique « la critique externe corrobore l’idée que l’arrêt brusque de l’offensive est imposé de l’extérieur au Hgr A : les documents nombreux et cohérents, qui décrivent les préocupations des unités dépendant de Rundstedt entre l’Aufschliessbefehl du 23 et le haltefehl du 24, n’offrent nul jalon entre les deux, nul indice que, de son propre mouvement, le Hgr s’apprêterait à passer de l’un à l’autre ».
Première remarque : ça n’est pas une critique externe mais une critique interne du texte, rien ici ne vient démontrer que le journal du Hgr A est un document forgé après coup.
Deuxième remarque : aucun des nombreux documents n’est cité dans votre livre
Troisième remarque : le Hgr A ne risque pas de passer du Aufschliessbefehl à quelque chose d’autre le 25 puisqu’il perd la 4ième armée ( à qui les blindés sont rattachés ) le 24 au soir
alias marduk a écrit:
Par ailleurs une autre source confirme la véracité du journal du Hgr A quant à la relation de la réunion du 24, en effet le journal de Jodl note :
Führer fliegt mir mir und Schmundt z. H.Gr.A nach Charleville. Ist sehr erfreut über die Massnahmen der H.Gr., die sich ganz mit seinen Gedanken decken. Er erfährt zu seiner Überraschung, dass OKH ohne dem Führer u.d.OKW Kenntnis zu geben, due 4. Armee und eine Reihe ruckwärts folgender Divisionen der H.Gr.B unterstellt. Führer ist sehr unwillig und hält diese Regelung nicht nur militärisch sondern auch psychologisch für falsch. Ob.d.H. wird bestellt und Verlegung der Trennungslinie rückgängig gemacht
Traduction google ( remaniée par moi ) :
Le Fuhrer, Schmundt et moi allons au QG du H.Gr.A à Charleville. Hitler est très satisfait des mesures du groupe d'armées, qui coïncident entièrement avec ses pensées. Il apprend à sa grande surprise que l’OKH donne la 4ième armée au H.Gr. B sans que le chef de l’OKW soit averti. Le Fuhrer est très mécontent, et considère cela une erreur non seulement militaire mais aussi psychologique. L’ordre de O.K.H. est annulé.
Le Führer vole voir le Hgr. A à Charleville avec Schmundt et moi. Il est fort réjoui par les mesures du Hgr., qui coïncident parfaitement avec ses pensées. Il apprend à sa surprise que l'OKH, sans aviser le Führer et l'OKW, place sous le commandement du Hgr. B la 4ème armée et un paquet de divisions qui la suivent. Le Führer est très opposé et tient cette disposition pour mauvaise, non seulement militairement mais psychologiquement. Le commandant de l'armée de terre est convoqué et le déplacement de la ligne de séparation annulé.
A noter aussi ( même source ) le 25 mai :
Vorm. kommt Ob.d.H. und will Genehmigung, dass Panzer und mot. divisionen vom Höhengelände Vimi–St Omer–Graveline in das Niederungsgelände nach Westen vorstossen. Führer ist dagegen, überlässt Entscheidung d. Heeresgruppe A. Dieses lehnt es vorerst ab, da Panzer sich erholen sollen, um für Aufgaben im Süden bereit zu sein
Ob.d.H. ( Brautisch ) vient et demande que les blindés attaquent le terrain élevé Vimi-St Omer-Graveline dans le terrain de plaine ouest avance. Le Fuehrer laisse la décision au Army Group A. Ce dernier refuse car les blindés doivent récupérer pour être prêt dans le sud à de nouvelles taches
En ce qui concerne la critique interne :
vous notez que le scribe prête à Rundstedt le terme « peuvent » et donc que c’est Hitler qui aurait fait passer du « peuvent » au « doivent ».
que l’accord des idées entre Rundsedt et Hitler jure avec le délai d’une heure et quart ( raccourci à une heure plus tard ) qui vous semble tellement court que cela suppose comme seule hypothèse que Hitler soit venu arbitrer à la demande du HGr A le différent entre celui-ci et l’OKH.
Tout cela ne tient évidemment pas la route :
En premier lieu, le scribe prête le terme « peuvent » à Hitler et non à Rundstedt mais surtout que l’un ou l’autre terme ait été employé ne change rien au sens du texte et surtout à l’ordre des interventions établi à la fois par le journal du HGr A et celui de Jodl : c’est bien Rundstedt qui a proposé d’arrêter les blindés et c’est Hitler qui a approuvé.
Rien n’indique que Hitler a imposé quoi que ce soit au HGr A
(...) l'accord parfait signalé au début du texte entre les idées de Hitler et celles du Hgr. A jure avec le fait qu'une heure et quart après l'arrivée du Führer on stoppe net les opérations engagées par ce même Hgr. A sur le front principal. C'est là un délai tellement bref (note : et encore raccourci par les considérations qui vont suivre, p. 47-48) qu'une seule hypothèse pourrait sauver l'idée que Hitler entérine les vues du groupe d'armées : que celui-ci l'ait prié de venir, pour arbitrer entre lui-même et l'OKH sur une suspension de l'offensive, prônée par lui et refusée par l'OKH.

Loïc Charpentier a écrit:Je n'en disconviens pas, car je me fonde, uniquement, sur les documents militaires existants. Néanmoins, l'importance donnée à de possibles divergences & luttes "intestines" au sein du Haut-Commandement me parait exagérée, d'autant que la situation militaire était globalement en faveur des Allemands. Il y avait, alors, deux incertitudes sérieuses, le comportement des troupes ennemies concentrées & acculées à la côte et la situation du front sud, plus une accumulation de "petits" problèmes logistiques, consécutifs à la progression rapide de l'offensive. Concernant ces derniers, on retrouvera une situation un peu similaire, chez les Alliés, en France, fin août-début septembre 1944, après la rupture du Front de Normandie.


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