Daniel Laurent a écrit:
Tiens, voila que vous developpez des theses Delplaiennes, Nicolas ! Je ne me gausse point, je suis simplement content de voir que, pour une fois, nous sommes tout a fait d'accord.
Je rejoins François Delpla sur la manière de voir Hitler comme un manipulateur de génie, lequel s'était doté d'un programme cohérent et constamment mis en pratique. Mais nous sommes en désaccord sur de nombreux autres points, tels que la manière dont le
Führer concevait le sort des Juifs. Pour moi, le dictateur nazi comptait les exterminer, dès 1918-1919. Pour François Delpla, le génocide s'insère dans une haine à long terme mais se révèle également comme un aspect secondaire du programme, lequel met plutôt l'accent sur le retour de l'Allemagne sur le terrain des grandes puissances, aux dépends de l'Europe, et notamment de l'URSS. A ses yeux, l'extermination des Juifs est davantage un moyen qu'une fin : moyen d'épurer le monde d'éléments racialement impurs, tout en mouillant définitivement l'Allemagne et en utilisant les survivants comme des otages. A mon sens, au contraire, l'extermination était une fin en soi. Je pense que Hitler a pu mourir avec la satisfaction d'avoir envoyé à la mort 6 millions de ces êtres dont il avait programmé l'annihilation au sortir de la Grande Guerre.
Citation:
Notons au passage qu'Albert Speer etait a Posen et a passe de nombreuses annees et noirci de nombreuses pages pour essayer de nous faire croire le contraire...
Ah, oui, le national-socialiste à visage humain...
Blague à part, Speer m'intrigue. La biographie qu'en donne Joachim Fest (éditée chez Perrin) me laisse insatisfait. J'ai du mal à y voir un carriériste ambitieux, un arriviste, ou quoi que ce soit. Qu'il soit brillant ne constitue pas non plus une excuse - et bien plutôt une circonstance aggravante. Mais je crois que s'il a passionné moult auteurs, c'est parce que son cas, outre d'être symptomatique de l'attitude des Allemands sous le nazisme, ouvre une fenêtre sur la personnalité de Hitler...