On parle souvent des nazis qui ont sévi pendant la Seconde Guerre mondiale, de ceux qui ont été persécutés et de leur descendance, marquée à jamais. Mais on parle moins des enfants et petits-enfants des nazis. Un certain nombre d'entre eux habitent en Israël, anonymement ou pas. Certains se sont convertis au judaïsme et vivent comme de véritables Juifs, portent la kippa, se sont mariés avec des orthodoxes et envoient leurs enfants fréquenter les écoles religieuses, les yeshivas. Alors que beaucoup n'étaient pas nés au moment de la guerre, ils semblent porter le poids de l'histoire de leurs ancêtres, comme si la culpabilité s'héritait. En Israël, on appelle ça le tikoun, autrement dit, la réparation générale.
Comment supporter le poids d'une faute que l'on n'a pas commise ? Voilà l'une des interrogations qui parcourent ce passionnant documentaire signé Marie-Pierre Raimbault et Michaël Grynszpan, un film aussi inattendu qu'intelligent.
Matthias Goering n'est pas le seul descendant de grands criminels nazis à tendre la main à leurs victimes : la petite-fille de Magda Goebbels, l'épouse du ministre de la Propagande Joseph Goebbels, s'est convertie ; Katrin Himmler, la petite-nièce du chef suprême de la SS Heinrich Himmler, s'est mariée à un juif israélien. Elles n'ont pas souhaité témoigner. On suit donc Matthias en cessant vite de traquer les ressemblances entre ses yeux bleus et le regard en lame de couteau de son aïeul, pour mieux écouter ses indicibles regrets. On découvre d'autres Allemands aux patronymes moins célèbres et qui, eux aussi, se sont détournés de leur terre pour embrasser la cause israélienne. Ainsi Yoram, fils d'un nazi toujours convaincu, qui s'est converti puis a épousé une juive et a eu des enfants juifs, à la fois descendants de victimes et de bourreaux.
Les dignitaires nazis ont tous plaidé non coupables au procès de Nuremberg. A qui donc imputer la mort de 6 millions de juifs ? Existe-t-il une culpabilité collective des Allemands ? Le pays a-t-il vraiment levé tous les silences sur son passé ? A un niveau plus individuel, peut-on aimer sa famille malgré ses crimes ? Doit-on laver les péchés des siens ? Ces conversions répondent-elles à une quête d'absolution ?
Entre repentants et rescapés s'engagent des conversations d'où naît une profonde émotion et qui laissent entrevoir ce grand motif d'espérance : si le mal est banal, le bien l'est tout autant.
Durée : 1h21mn
| Information sur le fichier multimédia | |
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| Date | 02/01/12 à 19h18 |
| Par | webmaster |
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